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par Chacalito
Vendredi 25 janvier 2008
angelini_christophe.jpgSouvent, de l'extérieur, on a la désagréable impression que la politique, en Corse, a un côté opaque! Mais de qui vient cette opacité? Des corses ou de l'Etat?

Jean-Christophe Angelini, Secrétaire général du Parti de la Nation Corse (PNC), parti autonomiste modéré, a été mis en examen et écroué dans le cadre de l'affaire sur la Société Méditerranéenne de Sécurité (SMS). Conseiller nationaliste à l’Assemblée de Corse et conseiller municipal de Porto Vecchio, Jean-Christophe Angelini est accusé "d’avoir conçu et remis un faux passeport au fondateur en fuite de la SMS, Antoine Nivaggioni".

"Balivernes!", assènent "les Verts" ainsi que la fédérations "Régions et Peuples Solidaires" (dont l'UDB est membre). Cécile Duflot ainsi que Gustave Allirol estiment que plusieurs éléments sont troublants et mettent fortement en doute la « présomption de culpabilité » pesant sur Jean-Christophe Angelini. Voici une part de leur argumentaire (voir ici le communiqué original).

1- Jean-Christophe Angelini s’est déplacé à Paris le jeudi 17 janvier à l’invitation d’un proche du pouvoir qui souhaitait s’entretenir avec lui de l’occupation de l’Assemblée territoriale de Corse. A la sortie de cette entrevue, Jean-Christophe Angelini a été interpellé et menotté en pleine rue par plusieurs policiers.

2- Aucun élément ne prouve que Jean-Christophe Angelini ait été en possession du faux passeport qu’il était censé transmettre à Antoine Nivaggioni actuellement en fuite. Si tel avait été le cas, pourquoi les policiers n’ont-ils pas prolonger la filature pour appréhender Jean-Christophe Angelini et Antoine Nivaggioni en flagrance ? De plus le seul lien existant entre ces deux hommes est leur amitié d’enfance, fait totalement déconnecté de l’affaire de la SMS. (j'ajoute entre parenthèse que quand bien même les deux hommes auraient été frères, on ne peut reprocher à l'un les exactions de l'autre!).

3- La perquisition au domicile de Jean-Christophe Angelini à Porto Vecchio a été totalement infructueuse. Face à la foule venue le soutenir, la police lui a ôté les menottes et autorisé M. Angelini à parler aux habitants et aux médias. Comment se fait-il, qu’au mépris des règles de droit, on laisse s’exprimer publiquement un gardé à vue? Si les pouvoirs publics pensaient que Jean-Christophe Angelini était coupable, lui auraient-ils permis de prendre la parole en public en période de garde à vue?

4- Des proches du pouvoir ont contacté des responsables du PNC pour leur proposer le marché suivant : la libération de Jean-Christophe Angelini en échange de livrer Antoine Nivaggioni.

5- L’interpellation de Jean-Christophe Angelini intervient au lendemain de la présentation de sa candidature, dans une dynamique gagnante, à l’élection municipale de Porto Vecchio, citadelle de Camille de Rocca Serra, président de l’Assemblée de Corse et ami proche de Nicolas Sarkozy.

Ce dernier argument massue me laisse perplexe! Le président de la République irait-il jusqu'à confondre un homme politique corse modéré au risque de radicaliser la population? Pousserait-il le vice, suite à l'affaire Colonna (voir ici), jusqu'à détruire la démocratie sur l'île de beauté? Je pense qu'il en est capable: tout sauf un dialogue avec les autonomistes (voir ici). Si ça crame, je karchérise...

Sans jouer la paranoïa, il faut avouer que certaines coïncidences sont étranges: le 14 janvier, François Fillon arrive en Corse et promet une repression accrue. Le 15, JC Angelini lance sa campagne à Porto Vechio avec un beau succès. Le 17, il est arrêté! Ca sent le traquenard cette histoire... et dans le contexte
actuel de repression (en Corse j'entends), la justification d'un délit deviendrait facultative?

Toujours est-il que la mise en liberté de J.C Angelini a été refusée. La prochaine audience aura lieu mercredi prochain. Bref, la leçon de cette histoire est la suivante: choisissez bien vos amis d'enfance! Il se pourrait que vous payez à leur place!

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par Chacalito
Lundi 14 janvier 2008
carte-bretagne-departements.jpgLes lecteurs de ce blog le savent, je suis un fervent partisan de la supression du département et ce n'est pas ma candidature aux cantonales qui me fera changer d'avis!

Progressivement, en France, le débat s'ouvre. Nombreuses sont les personnes qui comprennent que le département ne correspond à rien et qu'il est inutile: trop grand pour traiter des préoccupations locales et trop petit pour agir pour l'intérêt général d'une population homogène!

Les départements sont en réalité une mesure datant de 1790 ayant pour but de garantir l'unité française en bridant les vélléités "provinciales". La Révolution Française a bel et bien été récupérée par les jacobins au détriment des girondins (qui, rappelont le, ont participé à ce changement de régime!). 

Cet échelon fait fi de tout aménagement du territoire comme en témoigne l'organisation originelle (qui a peu évolué): la France, territoire découpé en 83 départements, eux-mêmes découpés en 9 districts, eux-mêmes découpés en 9 cantons. Une organisation cartésienne: des petites boites dans des grandes boites, le tout sous la direction de la capitale: Paris!

Le sol est considéré comme un substrat sur lequel l'Homme agit. Bien loin des notions modernes qui font la distinction entre espace et territoire. Daniel Noin est un peu périmé! Aujourd'hui, le relief est certes pris en compte, mais un territoire se définit par la présence d'Hommes qui l'habitent.

Il est vrai qu'à l'époque de la création du département, les parlementaires bretons étaient plutôt jacobins (club breton)! Aujourd'hui, même si les jacobins sont toujours légion en Bretagne, les chosent évoluent. La Bretagne est la région qui a mis en place le plus rapidement les "pays" subversifs dont l'Etat se méfie tant (les bro traditionnels). Car en relançant l'idée de pays, un bassin de vie cohérent, on sous-entend que le département technocratique ne sert plus à rien.

Ce dernier s'est pourtant révélé être le grand gagnant de la décentralisation. Alors que la plupart des partis politiques se gaussent de "faire de la politique autrement", ils continuent de valoriser les collectivités administratives au détriment des "territoires vécus".

C'est pourquoi, je me réjouis que Jacques Attali ait énoncé dans ses mesures pour relancer la croissance, la supression du département (voir ici). Si mes arguments ne sont pas les mêmes, force est de reconnaitre que le département est coûteux et que nos 36 000 communes sont déjà assez problématiques pour ne pas péréniser un échelon qui complique encore davantage l'organisation de la société française! 

Je finirai en disant que l'argumentaire de Claudy Le Breton (PS) est un peu léger! Justifier le maintien du département par ses compétences est ridicule car rien n'empêche l'Etat de dispatcher ces compétences aux autres collectivités territoriales. En plus d'être moins coûteux, cela serait plus lisible pour les citoyens. Tout est question de choix...
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par Chacalito
Vendredi 21 décembre 2007

 

    M. Le Drian,

    J'ai du respect pour vous. Mon statut de Lorientais n'y est sans doute pas étranger! A l'âge de sept ans, lorsque je rentre au conseil municipal enfant, vous êtes maire. C'est à peu près à cette époque que mon père réalise pour la ville une étude de toponymie en breton que la ville remisa de longues années dans un placard avant de la ranger dans un rayon de la médiathèque.

    Depuis 2004, vous êtes président du Conseil Régional de Bretagne et, fort heureusement, les questions linguistiques vous tiennent plus à coeur. Moi-même, j'ai fait du chemin dans cette ville de Lorient qui vous a vu grandir également! Je termine des études de géographie à l'Université Bretagne Sud où j'ai côtoyé des professeurs de qualité dont M. François Chappé, votre ami, qui nous a quitté récemment et qui laisse un vide dans le petit monde lorientais.

    Aujourd'hui, je souhaite continuer à donner de mon temps pour Lorient et à travers elle, pour la Bretagne. C'est la raison pour laquelle je suis devenu membre de l'Union Démocratique Bretonne. Excusez ce long préambule, mais il me semblait important que vous en sachiez un peu plus sur moi avant de lire ce qui va suivre.

    J'ai lu avec attention la tribune que le quotidien
Libération vous consacra le 14 décembre 2007 et je suis étonné d'y retrouver tout mon argumentaire: des références implicites à Morvan Lebesque jusqu'à la vision moderne que vous entendez donner de la Bretagne trop souvent moquée, caricaturée, méprisée par une capitale repliée sur elle-même. Le progressisme qui sous-tend dans votre article me confirme dans l'idée que l'UDB a bien fait de se rallier à votre cause au second tour.

    Bref, je vous le dis sans prétention: j'aurai
presque pu écrire cette tribune! Presque, car malgré la justesse de vos analyses, je ne vous sens pas assez ambitieux pour la Bretagne! Paradoxal pour l'initiateur de la Breizh Touch!

    Malgré un discours quasi-autonomiste (“autonomie budgétaire”, “autonomie énergétique”, demande de gestion directe des fonds européens, défenseur du droit à l'expérimentation...), vous continuez de penser qu'un simple pouvoir exécutif est suffisant.

    Je crois, pour ma part, en l'idéal européen
“uni dans la diversité”, idéal que la France ne partage pas. Car notre Constitution dit qu'il n'y a de place que pour la culture française. Or, je ne vais pas apprendre au breton que vous êtes que la culture de notre région n'est pas une “bizarrerie” de la culture française, mais qu'elle possède sa propre histoire, son propre développement, sa propre âme.

    Comment pouvez-vous refuser, par principe, l'autonomie tout en enviant les Régions qui en disposent, comme le Pays de Galles ou Euskadi? Comment pouvez-vous, vous qui vous réclamez constamment du CELIB, être en retrait par rapport à certains de vos collègues qui ne sont pas, eux, à la tête d'une région historique, à l'identité si forte? Comment faire vivre cette identité pleinement sans les compétences et les pouvoirs d'une région autonome?

    Refuser l'autonomie, n'est-ce pas refuser d'appliquer totalement le principe de subsidiarité au motif (assez dogmatique convenons-en) que seul l'Etat est garant de l'intérêt général? Refuser l'autonomie, n'est-ce pas limiter la démocratie de proximité? Refuser l'autonomie, n'est-ce pas amputer la Bretagne d'un développement à portée de main, d'un point de vue économique, social et plus encore culturel? Mieux vaut une inégalité corrigée (par la péréquation) qu'une égalité fictive, non?

    Je voudrais, pour conclure, vous faire également part de mes interrogations concernant le modèle irlandais. Comment imaginer que la Bretagne puisse devenir un dragon à l'instar de l'Irlande?
A noter d'ailleurs que le dragon a fait ses griffes à coup de dumping social. Comment imaginer que sans le pouvoir législatif et financier requis, la Bretagne puisse jamais égaler non pas un Etat indépendant comme l'Irlande, mais même les régions autonomes des différents Etats européens?

    En espérant vous voir un jour partager nos convictions autonomistes, je vous prie de croire en mes salutations lorientaises, bretonnes et européennes les plus sincères.

Gael Briand, membre de l'Union Démocratique Bretonne

 

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