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par Chacalito
Mardi 6 novembre 2007
moqueur.jpgVoici le dernier roman que l'on m'a offert: Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, un best-seller américain de Harper Lee publié en 1960! Si habituellement, je me méfie des ouvrages en présentoir, je remercie mon père de m'avoir acheté ce petit bijou!

L'Histoire se passe avant guerre dans le sud de l'Amérique et est narrée par une fillette surnommée Scout! Elle et son frère, Jem, sont élevés par leur père, "Atticus", un avocat brillant qui contraste avec la population bigarrée de la bourgade (analphabètes, bigots, racistes...). 

Sur fond de procès anti-ségrégation, les deux enfants grandissent et se posent des questions, découvrent les contradictions de ce monde et les préjugés. On retrouve dans cet ouvrage les critiques sociales exprimées par Richard Wright dans Black Boy sauf qu'ici l'auteur nie l'idée selon laquelle cette histoire serait autobiographique!

Tintée d'humanisme, cette petite histoire est très amusante même si le fond ne l'est pas! Scout interprête les évènements avec sa vision de garçon manquée un peu décalée du monde dans lequel elle évolue!
Même "innocents", les enfants comprennent tout (mais ne sont pas adultes pour autant).

La postface de Isabelle Hausser est excellente également (éditions Le Livre de Poche). Je me permettrai de citer un petit extrait de ce roman pour une fois (traduction de Isabelle Stoïanov):

- (...) "Non, Jem, moi je pense qu'il n'y a qu'une sorte de gens, les gens" (...)
- C'était ce que je pensais moi aussi, finit-il par dire, quand j'avais ton âge. S'il y a qu'une seule sorte de gens, pourquoi n'arrivent-ils pas à s'entendre? S'ils se ressemblent, pourquoi passent-ils leur temps à se mépriser les uns les autres?
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par Chacalito
Jeudi 1 novembre 2007

alamut.jpgJe crois avoir découvert encore la perle rare! Bon, c'est vrai que je m'intéresse un peu à la littérature musulmane depuis quelques temps (après la littérature sud-américaine) et particulièment à cette période où Obscurantisme et Savoir se sont côtoyés. Le titre de ce chef d'oeuvre est Alamut, du nom d'une forteresse qui aurait existée dans les montagnes d'Iran et tenue dès la fin du XIe siècle par un intellectuel, ami d'enfance d'Omar Kayyam (poète et astronome) et Nizam El-Molk (grand vizir), Hassan Ibn Sabbah.

Ce roman conte les débuts de la secte des "assassins" (vient du mot haschich) et le plan incroyable développé par le "vieux de la montagne" (Hassan) pour renverser les seljoukides au pouvoir (califat de Bagdad). Adepte de la maxime "rien n'est vrai, tout est permis", Hassan et sa prodigieuse intelligence, va créer autour de lui un mythe et renverser la dynastie usurpatrice (conflit sunnite/chiite) grace à ses fedayins. 

J'ai déjà parler de l'histoire des assassins, ces hommes endoctrinés et heureux d'aller à la mort (voir ici), mais jamais je n'avais lu un roman aussi passionnant et distrayant sur le sujet. La lecture des 600 pages se fait d'une traite et les passages philosophiques sont superbes! On en viendrait presque à admirer l'inventeur du terrorisme moderne!  

Il est intéressant de montrer que l'instigateur de ce plan fanatique ne croit pas à la doctrine qu'il prêche! Pour lui, Allah n'existe pas! Mais pour arriver à ses fins, il est prêt à illusionner la foule, les moutons... La meilleure preuve reste les alliances contre-nature que les ismaëliens faisaient avec les chrétiens pendant les croisades. Tous les moyens sont permis!

L'écrivain, Vladimir Bartol, est un slovène qui décrit en réalité les mécanismes visant à eriger une société autoritaire, voire dictaroriale. Tout cela en 1938! Son oeuvre a connu des déboires tout comme lui qui s'opposa aux fascites de Slovénie dans les années 1930. En plus d'être un roman d'aventure, c'est donc un roman philosophique et engagé qui a permis d'échapper à la censure.

Illustration: couverture du livre aux éditions Phébus libretto.


 

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par Chacalito
Lundi 29 octobre 2007
Seigneur-des-porcheries.jpgVoila sans doute la plus grande claque littéraire que j'ai reçu ces dernières années. Si je vous avais parlé de mon admiration pour les romans de Steinbeck (voir ici), je crois avoir trouvé son alter-égo contemporain!

Tristan Egolf, jeune écrivain américain né au début des années 1970, était un styliste de talent. Activiste politique, il a dénoncé la torture dans les prisons d'Abou Graïb et la guerre en Irak avant de se donner la mort en mai 2005 apparemment dépressif. Son roman, le Seigneur des porcheries (sous titrée: le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes), reste une pure merveille!

L'histoire se passe à Baker, une bourgade américaine livrée au racisme, à la bigoterie et à l'alcoolisme (dans le texte). Le héros est un personnage solitaire, marginal qui ne demande qu'à vivre en paix. Malheureusement, étant marginal, John Kaltenbrunner (c'est son nom) va subir la haine de ses concitoyens... et se venger bien des années plus tard!

La trame est simple, mais l'histoire rondement menée avec un style hors du commun. Le narrateur tente en réalité de reconstituer les aventures de notre héros que finalement personne ne connaissait. (Le style assez riche demande de s'accrocher un tout petit peu au début).

Véritable critique de la société de consommation et de la condition humaine, le seigneur des porcheries se lit d'une traite et procure de véritables sentiments d'extases littéraires. Sans en dire trop, les évênements prennent des proportions inattendus et vont de Charybde en Scylla. Un peu comme un coureur qui se prend les pieds dans ses lacets, le lecteur est poussé vers la chute...

Ce roman incontournable s'est pourtant vu refuser par plus de 70 maisons d'éditions. Comme quoi, les jeunes auteurs, tout talentueux qu'ils sont, ne peuvent pas forcément percer! Tristan Egolf est également l'auteur de Jupons et violons que je n'ai pas encore lu car il est difficile à trouver et de Kornwolf, non traduit à ce jour en français.

Illustration: couverture du roman chez Gallimard.
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