A ma connaissance, seuls Dominique Voynet, François Bayrou et Olivier
Besancenot sont favorables à la ratification par la France de la Charte des Langues Régionales. Qu'est-ce que cette Charte? Simplement la reconnaissance par l'Etat de l'existence d'autres langues
sur son territoire. En France, officiellement, il n'existe qu'une langue. Officieusement, bien sûr, personne ne doute de l'existence d'autres langues!
Aux questions posées aux candidats sur ce thème précis, les réponses sont déconcertantes! Ségolène Royal souhaite être "la présidente de la diversité culturelle", mais ne répond pas à la question
qu'on lui pose. Pour ma part, je suis prêt à parier qu'elle ne le fera pas. Le courant régionaliste au PS est mort... ou en voie d'extinction!
Nicolas Sarkozy écrit une longue lettre en disant que "la diversité linguistique a toujours été un facteur de liberté de pensée et la condition du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", que
"le patrimoine linguistique, ce n'est pas seulement le français", qu'"il ne croit pas à la langue unique", qu'ignorer ou laisser disparaître une langue régionale serait "appauvrir aussi la langue
française" (...) MAIS refuse de signer la Charte au motif du pacte national! J'en déduit que ce pacte est fait en douce (sans moi en tout cas) et que tout ceux qui souhaitent voir les langues
régionales reconnues ne remplissent pas les conditions pour être français! Rajoutons qu'en bon jacobin, pour NS (comme pour tous les autres d'ailleurs) il n'existe en France qu'UN peuple! Comme
si les peuples ne pouvaient absolument pas vivre ensemble dans un même Etat! Bref, NS semble dire qu'il se tire une balle dans le pied volontairement! De deux choses l'une: ou NS se moque de
nous, ou il est idiot!
Enfin, José Bové que j'estime pour un certain nombre de ces combats, semble prendre ce problème comme secondaire et remet à plus tard sa décision. Est-ce un vieux relent communiste qui considère
qu'il y a plus urgent que ces questions? Qu'y-a-t-il de plus urgent pour un altermondialiste que de respecter l'Homme dans sa diversité? Le refus des autres candidats ne m'étonnent pas puisqu'ils
sont aussi le plus souvent anti-européens et nationalistes ou partisans d'une France centralisée.
Bref, cette élection nationaliste me dégoûte et j'en ai assez de passer moi-même pour un nationaliste quand je parle de reconnaissance de TOUTES les langues (et pas d'une seule!). A bon
entendeur...
illustration: Logo de régions et peuples solidaires.
Je réfute l'idée selon laquelle voter pour Nicolas Sarkozy, c'est voter Le Pen! Dire cela est faire un amalgame dangereux et diaboliser encore un problème qui n'a besoin que d'être éclairci! Par
contre, je pense que voter Sarkozy, c'est engager le pays sur la même pente que celle que veulent les frontistes: diviser pour mieux régner, gouverner par la peur et non la raison, ne
pas regarder la réalité en face.
Quelle est la réalité? La France est un pays riche qui n'a, au final, que des problèmes mineurs qu'il est possible de résoudre en plaçant l'Homme au centre de la réflexion et non l'argent ou les
chiffres. Ce ne sont pas des rafles aux sorties des Resto du coeur (Sarkozy) ou de la distribution de soupe au porc (Le Pen) qui vont faire vivre et travailler les gens ensembles! Que Nicolas
Sarkozy tente de convaincre les électeurs de Jean-Marie Le Pen, pourquoi pas, mais pas en récitant son discours! Même si beaucoup de sujets rapprochent les deux candidats, c'est plus sur la
méthode à employer que sur le fond qu'ils se ressemblent: fermeté, fermeture, despotisme (forme de gouvernement où l'autorité est confié à une seule personne, soit un individu qui règne avec
un pouvoir politique absolu).
Evidemment, ceux -ci se drapent dans un manteau républicain. Mais encore une fois, la République n'est pas la démocratie. Si l'on doit rogner les libertés pour assurer une sécurité fictive (car
cette politique sécuritaire est issu d'un délire de trouillard!), je dis non! Je compte bien rester libre et faire confiance à l'Homme plutôt que de me méfier de lui. Je dirais simplement, pour
revenir aux deux candidats qui nous concernent, que l'un est plus extrêmiste que l'autre! Tout est une question de nuance... pour ma part, je ne suis pas nuancé en ce qui concerne le projet
qu'ils développent l'un et l'autre: je n'en veux pas!
L'illustration est de Pessin.