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par Chacalito
Samedi 29 mars 2008
Nantes le 21 mars 2008

Monsieur le Président de la République

Palais de l'Élysée 75 000 Paris


Monsieur le Président,


Le 9 novembre 2007, Mme Rachida Dati, Garde des Sceaux, annonçait le retrait du projet de démembrement de la Cour d'appel de Rennes, organisant le transfert des tribunaux de Loire-Atlantique sous la juridiction de la Cour d'appel d'Angers.


Nous saluons cette sage décision sans doute en relation avec la forte opposition des professions juridiques, relayée par les grandes associations culturelles et les principaux représentants politiques des cinq départements bretons. Le fait que le gouvernement a su faire preuve de réalisme sur ce point nous donne espoir en la possibilité d'un dialogue constructif.


Si l'État souhaite aligner la carte judiciaire sur le découpage administratif, cela justifie la réunification administrative de la Bretagne, car les habitants des cinq départements bretons dénoncent avec de plus en plus de force l'incohérence et l'arbitraire d'une partition administrative, sur laquelle ils n'ont jamais été consultés.


La partition administrative et politique du territoire breton entrave l'émergence d'un projet commun à toute la presqu'île, brouille l'image de la Bretagne, engendre une coupure profonde dans la circulation de l'information notamment entre Nantes et Rennes.


En Loire-Atlantique les deux tiers des habitants souhaitent vivre en région Bretagne et donc quitter les Pays de la Loire. C'est un cas unique en Europe au niveau des grandes régions historiques parce que les réformes régionales ont respecté leurs limites territoriales, alors que la Bretagne a été amputée de sa plus grande ville qui est aussi celle où se dresse le château de ses derniers ducs. Une telle situation est génératrice d'aliénation identitaire et culturelle.


En effet la partition administrative nie le sentiment d'appartenance à la Bretagne des habitants de Loire-Atlantique, au mépris des droits culturels reconnus par les grandes conventions internationales.


La politique menée par les pouvoirs publics dans le but d'inculquer une identité « ligérienne » en Loire-Atlantique, se traduit par l'éviction progressive de la culture bretonne de l'espace public. Dans ce département, la langue bretonne vient d'être proscrite à la télévision par la chaîne publique France 3. Il s'agit là d'une situation discriminatoire et d'autant plus choquante qu'elle contredit le message universel de la France au soutien de la diversité culturelle et des valeurs de la démocratie. De telles contradictions entre le discours et les pratiques contribuent à la crise de la conscience universaliste de la France et au délitement du lien social d'une nation fondée sur le respect des plus grandes valeurs, sans compter qu'elles nuisent à l'image de la France dans le monde.


Monsieur le Président, vous avez exprimé votre volonté de faire aboutir les réformes indispensables à la modernisation du pays. La réunification administrative, que souhaitent les habitants des cinq départements bretons, est une exigence démocratique. Elle pourrait être le socle d'une cohérence retrouvée pour l'ouest de la France, autour de régions fortes et chargées de sens parce que respectant les identités et leurs territoires. Par ailleurs, la possibilité d'en réduire le nombre engendrera des économies de gestion administrative qui vont dans le sens de votre action politique.


Cette réforme, il ne tient qu'à vous de l'accomplir. La coordination des juristes de Bretagne et les grandes associations soussignées, expression de la société civile bretonne, vous demandent solennellement de faire initier le processus législatif de réunification administrative, en sollicitant si nécessaire l'avis des populations directement concernées, conformément aux vœux exprimés par le Conseil régional de Bretagne et le Conseil général de Loire-Atlantique.


Il est établi qu'en Bretagne l'enracinement se conjugue avec une volonté d'ouverture sur le Monde, que sa forte identité régionale ne s'oppose pas au sentiment d'appartenance à la France (selon les enquêtes de l'Observatoire Inter-régional du Politique) et qu'elle manifeste son espérance dans l'Europe Unie dont elle a voté le projet de constitution en 2005. Un tel comportement irréprochable mérite que soit prise en compte la forte demande démocratiquement exprimée de mise en cohérence du découpage territorial de nos régions. Monsieur le Président, dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer l'expression de nos sentiments républicains.

 

Pour le Barreau des avocats de Rennes
Me Jean Bouëssel du Bourg, Bâtonnier
Pour le Conseil Culturel de Bretagne
Patrick Malrieu, Président
Pour le Barreau des avocats de St-Nazaire, Me Bruno Denis, Bâtonnier

 

 

Pour l'Institut Culturel de Bretagne Yvonnig Gicquel, Président
Pour la Compagnie des avoués de Rennes Me François Perot, Président

 

Pour le Collectif breton pour la Démocratie et les Droits de l'Homme, Mme Angèle Jacq, Présidente
Pour la Coordination des Juristes de Bretagne Me Yann Choucq, avocat à Nantes Pour Bretagne Réunie
Jean-Yves Bourriau, Président
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par Chacalito
Mardi 25 mars 2008
chtis.jpg
Je suis allé voir ce film avec, je dois l'avouer, pas mal d'a priori et je reconnais que je suis agréablement surpris. Evidemment, on est loin du chef d'oeuvre, mais c'est une comédie sympa dont le but est de valoriser une région qui est souvent méprisée. La seule chose que j'espère, c'est que ce film ne transformera pas le patrimoine en un Disneyland peuplé de parisiens voulant goûter une fricadelle!

Ce qui m'intéresse davantage, c'est d'étudier la vision du parler de là-haut. A vrai dire, je ne saurais dire si le picard est une langue ou un dialecte. Pour ma part, je classerai le picard dans la deuxième catégorie car, même si les différences se creusent entre le français et le picard, je doute que la codification de ce dialecte ait atteint un niveau tel qu'il puisse être considéré comme une langue (j'ai la même interrogation vis-à-vis du gallo). Mais où commence exactement une langue?

Imaginons un instant le même film, mais avec la langue bretonne! Premièrement, n'étant pas une langue romane (bien qu'il y ait eu des mélanges), le public aurait eu plus de difficulté de compréhension donc le film aurait bénéficié de moins de publicité car réservé à ceux qui le comprennent (ou sous-titré). Pire, le film aurait peut-être été qualifié de "nationaliste" (au sens "gros-mot" du terme).

Gageons cependant que chaque région va vouloir son film régionaliste (au sens archaïque du terme). Je crois savoir que la Normandie est sur le créneau (Franck Dubosc ne va pas se laisser voler la vedette par Dany!). Tout celà pour dire que j'ai l'impression qu'en France, les formes dialectales ont plus de reconnaissance que les langues avérées comme le breton, le basque, le catalan, le corse, l'occitan, le flamand.

Néanmoins, j'ai apprécié qu'il soit fait référence aux flamands car on a tendance à oublier que la Flandres s'étend aussi en France! Or, le flamand est, à coup sûr, une langue! Deuxième clin d'oeil qui m'a amusé (mais je dois être un des seuls), la présence au milieu de drapeaux de supporters de Lens d'un drapeau catalan. Je sais bien que les couleurs de Lens sont jaunes et rouges comme celui de la Catalogne, mais rajoutez à ce drapeau un triangle bleu et une étoile et vous obtenez... le drapeau des indépendantistes catalans!

Le drapeau d'une future République de Catalogne dans une comédie française, cela m'amuse terriblement! Dany Boon l'a-t-il fait délibéremment? La question restera en suspens car je ne connais pas le fameux Miloud.

Espérons tout de même que les touristes ne croient pas que le Nord, c'est ch'ti. Sans oublier qu'au départ, le mot "ch'ti" est péjoratif (de même qu'Esquimaux est le nom donné aux inuits par les étrangers, pas leur propre nom). Tenter de le revaloriser, n'est-ce pas faire honneur à Bécassine quand on est breton?

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par Chacalito
Vendredi 7 mars 2008
undefinedVous vous souvenez sans doute de la lettre que j'ai écrite à M. Le Drian, président du Conseil Régional de Bretagne (voir ici)? J'ai reçu sa réponse le 12 février et j'attendais son accord pour la publier. Il me l'a donné hier lors du meeting de la gauche à Lorient et je l'en remercie.

Je note avec un grand intérêt que Jean-Yves Le Drian, président du Conseil Régional de Bretagne, n'est pas opposé à un débat sur l'autonomie! Certes, il ne la soutient pas vraiment, mais l'Union Démocratique Bretonne ne demande qu'à exposer sa vision d'une autre organisation de la République Française de manière équitable... sans préjugé, sans fausse rumeur!


Rennes, le 12 février 2008

Monsieur,

C'est avec un vif intérêt que j'ai lu la lettre ouverte que vous m'avez adressé à l'issue de la publication de ma tribune parue dans Libération.

Cette dernière avait pour objectif d'ouvrir les yeux de nombre de nos concitoyens sur les potentialités bretonnes, présenter notre dynamisme économique, rappeler que la Bretagne n'est pas seulement une terre de repos et de vacances mais aussi une région de production, d'imagination et d'engagement. C'est tout cela que j'ai voulu dire à la France entière car nous devons aussi mener la bataille de l'image et contrer les idées reçues nous concernant.

C'est aussi pour cela que j'ai voulu rappeler mes convictions profondes visant au développement du fait régional, à l'accroissement des compétences administratives et financières de cette jeune institution dans un contexte politique difficile et compliqué.

Votre position sur l'autonomie mérite en effet un vrai débat qui ne peut se satisfaire d'une simple réponse par courrier. La place de l'Etat dans la hiérarchie constitutionnelle est un élément qui ne pourra se suffire de quelques déclarations rapides. Pour ma part, il est plus question de mieux d'Etat que de moins d'Etat, de plus d'efficacité de l'action publique passant par une réorganisation institutionnelle. Je suis un militant de la régionalisation des politiques de l'eau, des politiques économiques car je nous sais plus attentif à notre quotidien que l'Etat central.

C'est aussi cela qui fait la force de la majorité que je conduis; une pluralité d'analyse qui se vit et se construit dans une unité d'action pour la Bretagne.

Nous continuerons à débattre ensemble des meilleurs moyens pour atteindre notre objectif commun, mais ce que je sais, à vous lire, c'est que nous pourrons toujours compter sur votre engagement à nos côtés pour la Bretagne.

Veuillez recevoir, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Yves Le Drian.
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