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par Chacalito
Samedi 18 août 2007
simcity.gifQuand je regarde le développement de nos villes, je ne suis pas loin de les comparer aux villes que je réalisais sur Sim City. Vous savez, ce jeu mythique datant des années 1990 dont le but était de "gérer" une ville! Si ce jeu m'a sans doute influencé dans le choix de mes études, je suis aujourd'hui capable d'en voir toute la monstruosité!

Sim City (et ses petits frères) est un pur produit de la société de consommation. De la consommation d'espace en particulier! Par bien des aspects, ce jeu est l'anti-développement durable! Tout d'abord, il n'est pas possible de se développer sans électricité, ni sans route comme si, pauvres humains que nous sommes, ces deux composantes étaient la base de notre civilisation!

Cette logique équimentière s'exprime également par la facilité avec laquelle n'importe quel idiot, en suivant les conseils d'individus virtuels, peut bâtir sa ville! Je me souviens encore de l'adjoint aux routes qui me disait qu'il y en avait trop. Comment imaginer le contraire puisque, dans ce jeu, les routes apportent le développement (à noter aussi que l'agriculture n'existe pas dans ce monde)!

Le joueur devient ce que, nous autres aménageurs, qualifiont de géomètres (un peu exagéremment je l'avoue) qui font fi de l'environnement et tracent des routes à la règle de même que les frontières de l'Afrique ont été dessinées. A l'instar de cette capture d'écran, on constate que les quartiers sont géométriques (carrés ou rectangles), que les lotissements sont délimités par des routes, mais surtout, surtout, que l'espace est zoné! En effet, qui pourrait imaginer vivre près d'une scierie ou d'une papeterie? Qui imaginerait un monde dans lequel l'Homme vive à proximité d'un petit commerçant?

Comme je le rappelle régulièrement, du zonage, obligatoire dans ce jeu, naît la mobilité, ou plutôt la sur-mobilité (voir ici). Comment réduire les embouteillages? Avec Sim City, c'est facile: il suffit de construire un réseau de bus ou un métro! Comment se fait-il que dans la vraie vie, nos maires n'y ait pas pensé? Peut-être parce que personne ne veut prendre le bus! Pour dissuader la population de prendre la voiture, il faut investir le moins possible dans la route, c'est aussi simple que cela!
Mais dans Sim City, on construit les routes avant les bâtiments.

Du coup, aujourd'hui, nombre d'excités du volant aimeraient que la routes soient droites et sans obstacles comme au temps où la DDE détruisait les lacets pour en faire des pistes d'aterrissage! Aujourd'hui, ces mêmes techniciens construisent des rond-points ou des dos d'âne pour les faire ralentir! Ce sont pourtant ceux-là, ceux qui réfléchissent à court terme et qui osent prétendre fabriquer les villes qui sont des ânes! La spécialisation des zones finira bien par nous retomber sur le pif!


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par Chacalito
Jeudi 9 août 2007
PB-bocage.jpgLe bocage est non seulement joli, mais est en plus utile ce qui, dans un monde utilitariste comme le nôtre, devrait faire réfléchir ceux qui ont subventionné les agriculteurs pour les détruire...

Les années 1960 et la mécanisation agricole de la France ont particulièrement touché les régions agricoles françaises et notamment la Bretagne. Pour faciliter les manoeuvres des machines agricoles (tracteurs, moissoneuses...), une idée lumineuse des politiques parisiens a été de donner des subventions pour rendre le territoire plus pratiquable (autrement dit, transformer un territoire complexe en un espace uniforme, voir ici).

A l'époque, l'ARB a bien fait sauter quelques tractopelles de la DDE (haut fait d'arme pour lequel certains "terroristes" ont été placés à la prison de la Santé), mais personne n'y voyait une contestation suffisante de la mesure. D'autres, bien entendu, se sont élevés contre ces destructions du paysage, mais aussi de la biodiversité. Aujourd'hui que la question est à la mode, peut-être pourra-t-on remettre cette question à l'ordre du jour car, même si les progrès sont certains, nous sommes encore loin de l'aspect d'antan des champs bretons.

Sachez pourtant qu'il n'y a pas que les beaux discours de Nicolas Hulot qui préservent notre environnement. De nombreuses associations locales tentent de reconstruire les bocages (ce qui est très complexe contrairement aux apparences). Ces opérations qui coûtent extrêmement chères (de l'ordre de 300€ les 100m) sont souvent réalisées par des bénévoles. Skol ar C'hleuzioù (l'Ecole des talus) en fait partie (site ici). Les Conseils Généraux et le Conseil Régional de Bretagne mettent eux aussi la main à la patte, mais les efforts ne sont pas égaux partout! Si en Ille-et-Vilaine le bocage retrouve un peu son rang, le pays de Pontivy reste, lui, dénaturé! A tel point que l'on compare ces terres à la Beauce.

Aider ces associations paraît dérisoire, mais s'avère plus que concrêt car les talus sont les lieux où nichent de nombreuses espèces de petits oiseaux, où vivent beaucoup d'espèces d'insectes et même de petits mammifères. Ces talus abritent aussi beaucoup d'essences végétales et notamment des fruitiers qui pourraient être exploités par leurs propriétaires. Au lieu d'abandonner les jachères comme autorise le gouvernement cette année (et gageons les années suivantes), nos agriculteurs feraient bien d'essayer d'être polyvalent et de n'être pas prisonnier d'une culture!

Les talus sont aussi des filtres à pollution et participent à la rétention d'eau ce qui réduit, par exemple, l'impact des innondations et de l'érosion (voir les dégâts dans des villes comme Redon situées dans des zones marécageuses) et permet une meilleure hydratation des cultures en été. Enfin, élément non négligeable, le bocage préserve les cultures des vents et améliore leur rendement (et si certaines espèces d'insectes sont attirées, cherchez à les chasser par des méthodes naturelles!).

De plus, aujourd'hui, l'entretien des bocages pourrait être financé (au moins en partie) par les collectivités qui se fournirait en bois de chauffage pour alimenter des chaudières à bois (comme c'est le cas à Lorient) et éviter ainsi d'être de trop dépendant de l'énergie nucléaire. Indirectement, le bocage participe donc à l'émancipation énergétique de vos régions! Le talus est d'intérêt général...

L'Histoire des bocages bretons doit surtout nous éclairer sur le fait qu'il nous faut réfléchir avant d'agir. L'Etat qui donna des subventions à l'arrachage des talus
("remembrement") en donne aujourd'hui pour replanter. Beaucoup d'argent aurait pu être économisé! Et ces mesures n'ont pas touché que la Bretagne (voir la Normandie)!

Illustration: couverture du magazine "le Peuple Breton" du mois de novembre 2006. Certains éléments de cet article ont été pioché dans celui écrit par Patrick D. Morvan.
D'autres éléments sur le bocage ici.
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par Chacalito
Jeudi 2 août 2007
comparatif-pollution.jpgLe projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a fait couler beaucoup d'encre en Bretagne et je n'ai pas eu l'occasion de m'exprimer sur le sujet. Je profiterai donc de cet exemple pour donner mon opinion sur le transport aérien en général car ce n'est pas cet aéroport précis qui est visé, mais le mode de transport en général.

La première raison pour laquelle je m'exprimerais contre ce projet de Notre-Dame-des-Landes, c'est l'existence de nombreux autres aéroports en Bretagne! Brest, Rennes, Lorient et Nantes sont, me semble-t-il, suffisants pour une région comptant 4 millions d'habitants! Pourquoi ne pas améliorer le site de Rennes ou celui de Lorient plutôt que de réaliser ex-nihilo une nouvelle infrastructure!

Certes, nos politiques bretons voient dans la "libéralisation du ciel" une opportunité de désengorger Paris, mais je doute très fortement que les parisiens accepteront de prendre le train pour ensuite prendre l'avion non loin de Nantes!

D'autant que la localisation me parait étrange! N'arrangeant finalement ni Rennes, ni Nantes, cet aéroport va favoriser des déplacements énormes dans un no-man's land qui nécessitera de nouvelles infrastructures toujours plus consommatrices d'espace tout ça pour un unique aéroport (la différence entre espace et territoire, ça vous dit quelque chose? Voir ici). Certes, l'avion fera moins de distance, mais comme un aéroport est généralement relié par la route, la pollution économisée en vol sera perdue par l'acheminement terrestre!

Autre raison et non la moindre, c'est que la plupart des aéroports bretons ne desservent même pas l'international. Que l'on prenne l'avion pour aller outre atlantique, en Afrique ou en Asie voire en Europe de l'est, admettons, mais je ne comprends pas que l'on puisse prendre un avion Lorient-Paris quand le TGV met 4h pour réaliser le trajet.

En somme, d'un point de vue écologique, en France, les transports aériens internes sont inadmissibles. Nous ne vivons ni aux Etats-Unis, ni au Mexique, ni au Canada! Les vols intérieurs devraient être désincitatifs pour favoriser le train moins polluant et tout aussi efficace (voir graphique). Peut-être pourrait-on augmenter les taxes aéroportuaires sur les vols intérieurs? Mais je doute qu'aucun politique n'ait le courage de désinciter la sacro-sainte mobilité!
Il est aussi amusant de constater que, paradoxalement, ce sont les mêmes politiques qui hurlent à la pénurie de pétrole prochaine, mais qui proposent un aéroport!

En somme, je propose la réutilisation des infrastructures existantes et la révision de nos modes de déplacements d'un point de vue politique et individuel. L'aéroport Notre-Dame-des-Landes, outre le fait qu'il s'implante sur un site "vide", participe à ce système de croissance aveugle alors que l'alternative est possible.

A moins qu'il ne s'agisse d'un symbole politique -comme le TGV Atlantique- et dans ce cas, que l'on cesse de dire que l'on prend en compte la volonté de la population!
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