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Klask

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 11:26
Seigneur-des-porcheries.jpgVoila sans doute la plus grande claque littéraire que j'ai reçu ces dernières années. Si je vous avais parlé de mon admiration pour les romans de Steinbeck (voir ici), je crois avoir trouvé son alter-égo contemporain!

Tristan Egolf, jeune écrivain américain né au début des années 1970, était un styliste de talent. Activiste politique, il a dénoncé la torture dans les prisons d'Abou Graïb et la guerre en Irak avant de se donner la mort en mai 2005 apparemment dépressif. Son roman, le Seigneur des porcheries (sous titrée: le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes), reste une pure merveille!

L'histoire se passe à Baker, une bourgade américaine livrée au racisme, à la bigoterie et à l'alcoolisme (dans le texte). Le héros est un personnage solitaire, marginal qui ne demande qu'à vivre en paix. Malheureusement, étant marginal, John Kaltenbrunner (c'est son nom) va subir la haine de ses concitoyens... et se venger bien des années plus tard!

La trame est simple, mais l'histoire rondement menée avec un style hors du commun. Le narrateur tente en réalité de reconstituer les aventures de notre héros que finalement personne ne connaissait. (Le style assez riche demande de s'accrocher un tout petit peu au début).

Véritable critique de la société de consommation et de la condition humaine, le seigneur des porcheries se lit d'une traite et procure de véritables sentiments d'extases littéraires. Sans en dire trop, les évênements prennent des proportions inattendus et vont de Charybde en Scylla. Un peu comme un coureur qui se prend les pieds dans ses lacets, le lecteur est poussé vers la chute...

Ce roman incontournable s'est pourtant vu refuser par plus de 70 maisons d'éditions. Comme quoi, les jeunes auteurs, tout talentueux qu'ils sont, ne peuvent pas forcément percer! Tristan Egolf est également l'auteur de Jupons et violons que je n'ai pas encore lu car il est difficile à trouver et de Kornwolf, non traduit à ce jour en français.

Illustration: couverture du roman chez Gallimard.

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commentaires

laouen 04/11/2007 19:21

bonjour, et merci de ta visite chez moi.Je suis loin d'avoir fait le tour de ton blog, mais déjà, les petits symboles en bas du blog me correpondent totalement.J'ai souris en lisant ton post sur ce livre: heureusement que tu as cité le nom de la ville (Baker), et du héros, sinon j'aurais pu croire que tu connaissais mon histoire..Parce que c'est fou ce que Baker ressemble à Saint.M sur O, Morbihan...je te cite:bourgade livrée au racisme, à la bigoterie et à l'alcoolisme.Le héros me colle à la peau: personnage solitaire et marginal qui ne demande qu'à vivre en paix.Et logiquement je subis ce qu'il a subi :  la haine de mes concitoyens..L'histoire ne dit pas si je me vengerai un jour... Je crois qu'ils n'en valent pas la peine.. Mais j'avoue être parfois à la limite de péter les  plombs...Ce livre devrait me plaire. Même si il doit laisser un sacré gout amer dans la bouche, en nous montrant encore et encore notre impuissance face à la société que  nous ne pouvons plus changer.

Chacalito 05/11/2007 09:32

Sauf que lui réussit sa vengeance!Pour ma part, je suis constamment en colère, mais je ne crois pas que me "venger" changera quelque chose!Content que mes critiques littéraires servent à qqc! Et curieux d'en savoir plus sur St M sur O! A+Gael.

Roxane 29/10/2007 16:29

salut Gael, je ne suis pas convaincue par ta critique littéraire. Tu dis que c'est génial sans vraiment expliquer pourquoi et on ne sais finalement pas ce qui t'a tant emballé : tu dis même que le style est lourd... Enfin, en tout cas je suis epatée par ton blog...  Ne prends  pas mal  mon commentaire.  Bises.

Chacalito 29/10/2007 17:12

Tu as raison, ce n'est pas "lourd" que j'aurai du écrire, c'est "riche". Je vais le retoucher un peu! En même temps, je l'ai lu voila un an et demi et je n'ai pas le livre sous les yeux, c'est plus compliqué! Tout ce que je peux te dire, c'est qu'une fois dedans, tu ne t'arrête plus! En fait, c'est assez difficile de faire un résumé: disons que la vengence prend la forme d'une grève des éboueurs! J'en dis pas plus, mais ceux qui ont connu ces moments peuvent comprendre le poids que peut prendre cette catégorie socio-professionnelle dans une société qui surconsomme... et donc produit beaucoup de déchets!BizGael.