Lors d'une discussion épique avec mes voisins de pallier à Bruxelles sur les revendications des minorités en Europe, l'un d'eux m'a fait savoir qu'il pensait que mon argumentation n'allait
pas dans le sens de l'Histoire.Je viens de lirevotre réflexion sur le sens de l'Histoire. Je ne partage pas votre analyse. Je me souviens des années 60 où le PC était très puissant et où le Mouvement Breton commençait à poindre. Les esprits imprégnés de marxisme -et ils étaient légion- nous reprochaient de ne pas aller dans le sens de l'Histoire : celle-ci conduisait nécessairement vers la Fin de l'Histoire. Des gens qui se préoccupaient de promouvoir la culture bretonne ou de défendre des industries lcales vouées à leurs yeux au dépérissement contrevenaient à cette Loi qui les broierait fatalement.
Tout cela pour vous dire que la pensée de Marx, dans le droit fil de Hegel, n'accorde à la liberté humaine que le pouvoir de coïncider avec le mouvement de l'Histoire. Telle est l'alternative : où bien on fait preuve d elucidité et on épouse le mouvement d el'Histoire, ou bien on est écrasé par cette loi d'airain.
Quant aux religions, je vous entretiendrais là-dessus une autre fois. Je suis obligé de partir.
quelques remarques supplémentaires
1) sans doute, lorsque vous rédigez un texte élaboré, ne vous contentez-vous pas de formules du genre "je pense que l'histoire n'a aucun sens", mais je ne les ai pas inventés. D'où mon effort pour introduire la notion de signification ou plus précisément "d'îlot d'intelligibilité".
Je reconnais cependant que j'ai trahi votre pensée, lorsque, de la phrase suivante, je n'ai retenu que la première partie : "l'histoire est forcément le produit des choix des hommes". Erreur de distraction. Cela tient au fait que je réfléchis sur l'histoire en philosophe et que la théologie de l'histoire ne m'intéresse pas beaucoup. Cela n'entre pas dans le champ de mes préoccupations. Je considère le déploiement du mouvement historique du point de vue des hommes, et non de Dieu.
2) J'en viens à ma critique du panthéisme. Votre position ne résiste pas à un examen critique. Pourquoi ? parce que vous vous placez dans le champ de la métaphysique. Affirmer que la Réalité entière résulte de la présence organisatrice d'un dieu immanent relève de la métaphysique. Or comment définit-on la métaphysique ? C'est la connaissance des causes ultimes de toute chose à la lumière de la raison. Vous avez bien entendu : recherche des causes. Pas de métaphysique sans la recherche d'un pourquoi.
Il y avait certes la possibilité de critiquer ma position : c'est de se référer à Kant et à la Critique de la Raison pure. Le refus de la démarche métaphysique, l'affirmation que la raison humaine n'est pas habilitée à dépasser l'ordre des phénomènes. C'est une possibilité que vous ne semblez pas envisager. Spinoza est pré-kantien
Je ne saisis pas très bien la deuxième critique. Je m'appuie ici sur les dernières découvertes en macrophysique. Cependant, si vous avez dans vos relations des spécialistes de cette discipline, il vaut mieux leur demander de plus amples informations. Des deux objections que j'avais formulée, c'est certainement la plus discutable. Pourquoi ? tout simplement parce que c'est le propre des "sciences dures" d'être remises en question par telle ou telle découverte nouvelle. Il est toujours dangereux d'atteler le char de la philosophie aux sciences physico-chimiques ou biologiques.
3) comme j'écris tout cela d'un trait , sans doute trouverez-vous des erreurs dans mes considérations.
Par exemple, je ne crois pas que Dostoïevski soit le seul génie littéraire à saisir l'essence du christianisme. Claudel, Bernanos, en ont sans doute une perception aussi aiguë que lui. Cela dit, la Légende du Grand Inquisiteur est un des texte les plus bouleversants que je connaisse.
fétichisation etc.. les fautes ne manquent pas.
Aujourd'hui la pluaprt des historiens ont plutot une conception cyclique de l'histoire.
Pour ma part j'ai la faiblesse de croire que nous tendons plutot vers le mieux, vers une démocratie plus proche du citoyen, et que notre engagement politique va comme bien d 'autres dans le sens de ce mieux ;)
Et d'ailleurs, je ne pense pas que nosu allons forcément vers un mieux! Les preuves sont nombreuses qui contredisent cette thèse! En France ou ailleurs (voir la Russie actuellement qui durcit son régime).
Après bien sûr, étant engagé politiquement, j'espère que mon discours est celui du progrès social et de l'Humanisme. Mais il faudrait voyager dans le futur pour le savoir! L'avenir, c'est le pari du présent...
Gael.