Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
par Chacalito
Samedi 17 mai 2008
La fédération UDB du Morbihan s’inquiète du sort des langues régionales en France. Le récent débat du 7 mai 2008 sur les langues régionales à l’Assemblée Nationale n’a pas eu l’écho escompté par le mouvement culturel et politique breton.

La fédération UDB du Morbihan craint qu’une éventuelle loi, si elle n’est pas accompagnée d’une ratification de la Charte européenne des langues régionales et donc d’une modification de l’article 2 de la Constitution Française, ne se révèle inutile. En effet, si cette loi est votée en 2009, elle donnera peut-être des crédits supplémentaires, mais certainement pas assez pour assurer un avenir au breton.

Le débat de mercredi dernier a démontré que l’Etat n’envisageait aucunement l’extension de la méthode d’apprentissage par immersion et le bilinguisme précoce (jugé trop coûteux pour l’Etat selon Mme Albanel, ministre de la Culture). Pourtant, l’Union des Enseignants en Breton (UGB) rappelait récemment que le niveau exigé en breton à la fin du CM2 par l’Education Nationale est trop faible pour garantir la formation d’un bilingue (niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues). Comment interpréter cela autrement que comme une destruction programmée des langues ?

L’Etat ne nie pas l’existence des langues régionales, mais refuse de donner les moyens nécessaires à leur promotion ce qui tend à prouver qu’il ne considère pas ces langues comme « vivantes ». Le récent succès de la course pour la langue bretonne a pourtant, quelques jours auparavant, démontré le contraire…

M. Laffineur, vice-président de l’Assemblée, rappelait mercredi 7 mai qu’« il est interdit de s’exprimer autrement qu’en français dans l’hémicycle ». Il semblerait que le gouvernement veuille appliquer cette maxime sur l’ensemble du territoire français.

La fédération UDB du Morbihan demande donc à Mme Françoise Olivier Coupeau, députée de la cinquième circonscription du Morbihan et présidente du groupe d’études sur les langues régionales de mettre en avant ces éléments à l’Assemblée Nationale et de mobiliser son groupe politique sur ce sujet. La fédération demande enfin à tous les députés bretons de s’engager sur le sujet.

Gael Briand
Responsable de la fédération UDB du Morbihan.
ajouter un commentaire recommander commentaires (5)   
Voir tous les articles

Commentaires

La Constitution doit être modifiée prochainement. Si la gauche veut prouver qu'elle souhaite réellement défendre les langues minoritaires, pourquoi n'impose-t-elle pas la modification de l'article 2, puisque la Constitution ne peut pas être modifiée sans elle ?
commentaire n° : 1 posté par : Tal le: 19/05/2008 00:11:53

Bonne question. Mais ce n'est pas à moi d'y répondre! Si ça ne tenait qu'à moi...


réponse de : Chacalito (site web) le: 19/05/2008 00:51:54
La révision actuellement engagée vise essentiellement à modifier les relations que les institutions nationales entretiennent les unes avec les autres ainsi que l'équilibre entre leurs pourvoirs. L'article 2 ne rentre pas vraiment dans ce cadre, et je pense qu'il vaut mieux éviter un projet "fourre-tout".
D'autant plus qu'un référendum n'est pas prévu sur cette réforme. Si l'article 2 était révisé par voie parlementaire, les opposants à cette révision (et pas seulement eux) crieraient au scandale (et je pense qu'ils auraient raison).
commentaire n° : 2 posté par : YS1 (site web) le: 19/05/2008 13:05:17
Ce n'est pas un projet fourre-tout Yann! Les partisans de l'ajout "dans le respect des langues régionales" à l'article 2 de la constititution française veulent profiter de la réforme de l'Etat et donc la modification de la Constitution pour intégrer cette demande.

Un référendum, pourquoi faire? Je ne suis pas contre, mais honnêtement, on ne va pas voter séparemment pour chaque réforme! Nicolas Sarkozy a été élu et le parlement aussi (Assemblée Nationale au suffrage universel direct et Sénat indirect). Donc, la parlement est légitime pour faire les réformes... même si j'en critique la plupart!

De toute façon, ne soyons pas naïfs. Les 25 députés présents dans l'hémicycle le 7 mai montre l'intérêt que les députés portent à cette question. Aucune! Mais nous n'avons pas le droit, NOUS, de crier au scandale! Que l'on cesse de me dire que la France est la nation des Droits de l'Homme, de la Diversité Culturelle...

Gael.
réponse de : Chacalito (site web) le: 19/05/2008 13:50:44
Je ne comprends pas cette réaction. Le coup du "ce n'est pas le moment", ça fait des années qu'on nous le fait.
Et on sait que pour la majorité de droite comme de gauche, ce ne sera jamais le moment"
Alors, finie l'hypocrisie !
Et il serait bon de mettre les femmes et hommes politiques de gauche devant leurs responsabilités.
D'autant plus que, Bayrou, lui, a déjà prévu des amendements en faveurs des langues régionales.
Alors, la gauche ?
Encore un effort pour ne plus être hypocrite (je ne parle pas pour l'UDB, encore qu'on aimerais vous voir vous manifester davantage, et en particulier sur cette question. C'est peut-être une occasion unique qui ne se répétera plus jamais.)
Si la gauche n'impose pas la modification de l'article 2 maintenant, elle ne le fera jamais.

commentaire n° : 3 posté par : Tal le: 19/05/2008 13:55:32
Vous avez le droit de vote? Vous savez que l'UDB n'a pas de député! Je sollicite la mienne toutes les semaines. Très honnêtement, j'aimerai que l'on cesse de taper sur l'UDB qui, rappelons-le, est présent actuellement sur toutes les manif' (peuples des dunes, réforme de la carte judiciaire, réforme de la carte hospitalière, manifestation linguistique, réunification, anti-OGM...) et s'est manifestée plus que sur internet lors du débat du 7 mai:
1. Christian Guyonvarc'h a demandé à JY Le Drian de redemander le droit à l'expérimentation.
2. Le même Christian Guyonvarc'h est passé sur France 3
3. Je suis passé sur la chaîne parlementaire
4. La section de Quimper a manifesté devant la Préfecture avec une quarantaine de personnes.
5. La fédé du Morbihan ainsi que la sectiondu Kreis Breizh ont rajouté une couche sur le communiqué de noter porte-parole Mona Bras.
6. Les élus UDB ont fait pression sur les élus de gauche comme de droite. Mais le 8 mai l'a emporté sur la défense des langues!

Est-ce notre faute si nos communiqués ne passent pas dans la presse ou si nous ne sommes pas sollicités par la Télévision? Sans doute ne faisons-nous pas assez, mais vus les moyens que nous avons, nous faisons déjà beaucoup. Il ne tient qu'à vous de nous rejoindre pour amener votre pierre à l'édifice.

Bayrou, tout député qu'il soit, n'obtiendra rien de plus que les députés de gauche ou de droite qui se battent pour les langues régionales! Ceux qui défendent les langues sont minoritaires (à droite comme à gauche). Cela dit, je suis d'accord avec vous: c'est le moment!

Gael.
réponse de : Chacalito (site web) le: 19/05/2008 14:12:02
Je n'ai pas chercher à "taper" sur l'UDB.
La réaction que je ne comprenais pas était celle de Yann disant que ce n'était pas le moment !

L'UDB fait partie de la majorité au Conseil régionale, mais j'ignore quelle influence réelle elle a.
Si l'UDB a une rélle influence, c'est le moment où jamais de mettre la pression.
Quand Madame Lebranchu disait, en réponse à une interpellation de droite, que la Charte n'avait pas été ratifiée à cause du président de l'époque, c'est peut-être vrai, mais je pense qu'il y a de sa part une certaine hypocrisie, car avec la modification de la Constitution qui se prépare, la gauche peut imposer la modification de l'article 2.
Si les femmes et hommes politiques de gauche ou de droite en Bretagne ont un poids dans leurs parties, ils faut qu'ils en usent, et s'ils n'en ont pas, qu'ils en tirent les conséquences.
commentaire n° : 4 posté par : Tal le: 19/05/2008 14:32:05
Autant pour moi, on croise souvent des contestataires sur internet et je suis un peu excédé de justifier toujours nos actions sous prétexte que nous communiquons mal.

Je crois que nous sommes conscients de nos faiblesses. Quel bilan en tirer? Augmenter notre force! C'est ce qui se passe actuellement, mais trop lentement... la pression, nous la mettons constamment, mais certaines municipalités sont plus receptives que d'autres.

Pour moi, vu le poids des régions, c'est avant tout un problème étatique. C'est l'Etat qui a le pouvoir de changer. Mais il évident que cela ne changera pas si nos élus locaux ne s'investissent pas dans la bataille.

Gael.
réponse de : Chacalito (site web) le: 19/05/2008 14:59:33
Je ne prétends pas du tout que "ce n'est pas le moment", mais simplement que "ce n'est pas la bonne méthode". La modification de l'article 2 suggérée n'a rien à voir avec les modifications actuellement étudiées. Il n'est donc pas opportun de les coupler, pour trois raisons au moins, que j'exposerai plus loin. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille différer encore cette modification (même s'il est vrai qu'il est difficilement envisageable que deux réformes distinctes soient sur les rails en même temps).

Premièrement, agir ainsi, ce serait traiter cette modification comme quelque chose d'annexe, alors que nous sommes, je pense, tous d'accord pour dire qu'il s'agit d'un changement de cap essentiel. Peut-on sérieusement demander aux parlementaires de gauche de "troquer" la reconnaissance des langues régionales contre le droit pour le président de s'exprimer devant le parlement, ou contre la non-introduction de proportionnelle à l'Assemblée ?

Ensuite, introduire cette modification de cette manière, à la sauvette, sans mettre en lumière son importance, c'est prendre le risque qu'il ne s'agisse que d'une modification du texte, alors que ce sont à mon avis les mentalités qu'il faut faire évoluer. En effet, les formulations proposées que j'ai lues çà et là restent relativement générales (ce qui est normal s'agissant d'une constitution), et il serait facile à un parlement, un gouvernement, un président ou un conseil constitutionnel "jacobin" d'interpréter l'article modifié de manière extrêmement restrictive (ie. le limiter à un respect, une reconnaissance purement formelle).

Enfin, agir ainsi (par le biais d'un amendement sans lien évident avec l'ensemble du projet et sans recourir à un référendum), c'est donner du grain à moudre à ceux qui prétendent que de telles modifications aboutiraient inévitablement à l'affaiblissement de la souveraineté nationale/populaire.
commentaire n° : 5 posté par : YS1 (site web) le: 20/05/2008 11:18:28
Référendum??? Pour la réunification, je veux bien, pour la reconnaissance des langues, c'est une autre affaire! Autant je suis souvent qualifié de "légaliste", autant j'estime que certaines choses ne sont pas négociables. Les Droits de l'Homme, c'est ce qui n'est pas négociable. Or, la diversité culturelle est un pan essentiel des droits de l'Homme. Donc, pas négociable. Pas de référendum.

Pour le reste, l'argumentaire est censé, mais ça ne se passe pas aussi simplement que cela. Sinon, le mouvement culturel aurait déjà obtenu une modification. J'ajouterai que le sujet sera evoqué lorsque les médias daigneront faire une place importante à ce sujet dans leurs colonnes.

Gael.
réponse de : Chacalito (site web) le: 20/05/2008 11:25:39

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Klask

Blog : Voyages sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus