Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Klask

Archives

23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 01:57

Jeudi 22 mai 2008:

Une info qui tombe bien pour mon 400e article!

Je ne voudrais pas jouer le rabat-joie face à l'euphorie du milieu culturel breton suite au vote d'un amendement de l'article 1 (et pas 2) de la Constitution Française, mais tout n'est pas encore joué! Comme le rappelle le député Jean-Jacques Urvoas, "nous ne sommes qu'au début d'un processus dont le terme demeure incertain".


Je suis allé chercher l'article 1 de la Constitution car contrairement à un de mes amis (un jacobin), je ne connais pas la Constitution par coeur:

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race, de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée". (source).

On se souvient que les lois de décentralisation Raffarin (2004) avait permis l'ajout de la dernière phrase (qui, entre nous, est une blague à laquelle je ris encore!).

L'amendement voté cet après-midi se traduirait donc (sous réserve d'un vote défavorable au Sénat) par une phrase libellée comme suit: "les langues régionales appartiennent à son patrimoine".

Je ne sais qu'en penser! Pourquoi l'article 1 et pas l'article 2 puisqu'il s'agit des langues? Parce que l'on ne touche pas à la NATION FRANÇAISE qui transpire dans le deuxième article. La présence du terme "indivisible" rappelle que la Bretagne n'est juridiquement PAS une nation.

Ce qui me fait craindre que le terme "patrimoine" ne soit interprêté que comme "une chose à préserver". Langues musées? Vieilles pierres? J'espère me tromper, mais pour l'instant, je persiste: la France donnera les moyens nécessaires à la préservation des langues, mais donnera-t-elle assez pour promouvoir ces langues? (voir ici
) Au final, Claude Nadeau se posait la même question!

Illustration: François Laforgue.
Ce qu'en pense l'UDB:
voir ici.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Kerrain François 09/07/2008 22:37

Salut GaelJe ne pense pas que F Broudig soit idiot mais c'est un des valets d'Etat parmi les plus efficaces durant les dernières décennies. Il a sévi sur FRIII pendant de nombreuses années, choisissant délibérément les émissions les plus fades et les plus dénuées de sens, interrogeant délibérément les personnes dont le breton était le plus contaminé par la langue française, le breton le plus abâtardi que l'oon puisse imaginer. Il a pondu une thèse de doctorat qui a été publiée par les Presses Universitaires de Rennes (avec l'aide de l'Institut Culturel sic) sous le titre de "La Pratique du breton de l'Ancien Régime à nos jours", une thèse dont l'objectif consistait à minimiser le rôle de l'Etat républicain et de l'école de la République dans l'effondrement de la langue bretonne. Je me souviendrai toujours de la présentation, sur la télévision régionale, de ce jour de gloire où il soutint cette thèse. Je vois encore les visages illuminés de ses deux compères universitaires brestois Le Berre Le Du, ses deux "souteneurs", applaudissaant à tout rompre. Comme s'ils avaient conquis la Toison d'or !Parler de F Broudig m'oblige à introduire le concept de désinformation. Un concept que le Mouvement Breton ne prend pas suffisamment en compte dans ses analyses. A ce sinistre personnage il faut reconnaître le "mérite" (si l'on se place du point de vue de l'appareil d'Etat) qu'il a été un excellent désinformateur et que, probablement, jusqu'à la fin de ses jours, il continuera de jouer ce rôle, présentant régulièrement la courbe du déclin de la langue bretonne avec toutes les apparences de l'objectivité. Le but final de tout ce manège consistant à insinuer le doute dans les esprits des militants de la langue bretonne. Pour faire bref, plutôt que de me répandre en considérations longues et compliquées, je me réfèrerai au mythe du serpent dans le livre de la Genèse. Un désinformateur digne de ce nom a tous les artifices, toutes les ruses, tout le mépris de la vérité qui anime ce serpent tentateur.Pour moi qui me suis attelé à ce travail depuis de nombreuses années, je daterai des années 80 la mise en place de la pratique de la désinformation en Bretagne,au sens technique du terme, car, bien évidemment, avant que cette technique désormais bien rôdée, ne fonctionnât, l'Etat pratiquait la désinformation, d'une manière empirique, en quelque sorte : l'affaire du Barzaz Breiz, qui a scandé l'histoire du mouvement culturel breton depuis la parution de ce recueil de chants populaires, en est la parfaite illustration. La désinformation est inscrit dans son code génétique! Mais dans les années 80, on est passé à un stade supérieur avec "l'apparition "d'une étudiante de Cambridge du nom de Marion Mac Donald. Pendant des années, elle va vécu en Bretagne, contactant de nombreux militants bretons, exerçant des ravages dans tous les sens du terme. Une femme remarquablement douée, payée grassement par l'Etat pour forger cette idéologie mortifère dont s'emparera Fanch Broudig. La thèse de ce dernier est puisée dans l'oeuvre de cette désinformatrice patentée, devenue par la suite professeur d'anthropologie à Cambridge.Je m'arrêterai là aujourd'hui. Mais sur ce sujet, j'aurais beaucoup de choses à raconter. J'ajouterai même, que ce Philippe qui utilise un ensemble d'arguments "historiques" et se rapporte, pour couronner le tout, aux écrits de Fanch Broudig, pourrait, lui aussi, appartenir à cette engeance.a galon.

Chacalito 10/07/2008 10:44


Salut Fanch,

N'étant pas bretonnant moi-même encore, je ne fais que répéter ce que j'ai entendu de la bouche de bretonnants en qui je place ma confiance. Fanch Broudic ne m'a jamais inspiré confiance et j'ai
effectivement du mal à comprendre sa stratégie. Pourquoi apprendre une langue si c'est pour la dénigrer par la suite?

Broudic est un de ces communistes qui mériteraient une place au Sénat! Il date de la IIIe République.

Concernant la désinformation, Trefina m'a dit que tu en connaissais un rayon! Elle aussi s'intéresse à cela paraît-il. C'est effectivement primordial pour les politiques comme moi qui doivent
dénouer "le vrai du faux". Le débat historique notamment est assez virulent là dessus.

Nous parlions de toi hier avec Herri Gourmelen. J'étais de passage sur St Malo.

Gael


Tal 31/05/2008 10:57

"Une politique linguistique répressive ne peut pas avoir d'effet si la volonté d'un peuple est de continuer à parler sa langue" C'est oublié que le français a été la langue d'un Etat puissant et ... colonisateur.Dans les cours d'Europe, au XVIII siècle, il me semble que l'on parlait pas mal le français. Et si il existe une "francophonie", ce n'est pas parce que des peuples se sont levés un matin avec un amour immodéré du français, c'est parce qu'une administration française (ou belge !) s'est imposé à eux un jour.Une langue exclue de l'école dans un pays où l'école est obligatoire est en danger de disparaître. L'Etat français le sait pertinemment, et c'est pourquoi il a toujours chercher le plus possible à marginaliser l'enseignement du breton (et d'autres langues) quand il ne pouvait plus l'interdire complètement.Le catalan et le basque, au nord des pyrénées, seraient tout autant menacés que le breton, s'il n'y avait pas la Catalogne et le Pays Basque au sud des Pyrénnées.Quand à l'Alsace, qui parle un dialecte allemand et où il y a eu une université de langue allemande (à Strasbourg), l'exploit n'est pas mince de les avoir fait parler le français et quasi abandonner l'allemand qui n'est pas vraiment une langue minoritaire !Quant aux Flamants, un certain nombre d'entre eux sont passés au ... français dans leu élites, et il existe un bout de Flandre en France, où le flamand est lui aussi en grande difficulté.Les français ne cesse de dénoncer l'anglais comme langue dominante sans admettre que le français a lui aussi été une langue dominante et continue de l'être !

Chacalito 02/06/2008 02:04


Tout à fait d'accord. Les bretons n'ont pas abandonné leur langue parce que quelques uns enn avaient honte. Si Fanch Broudic dit cela, c'est qu'il est vraiment idiot!

Gael.


Richard 30/05/2008 16:09

Ah ouaih, le luxembourg. Juste pour rire, imaginons que l'on impose le Breton en seconde langue partout en France, ils en diraient quoi les partis bretons?
Ce n'est pas forcément absurde puisque c'est une langue celtique et que les Français ont une origine celtique. Et que les bretons sont partout en France...

Non? Ok, je sorts d'un pot au boulot alors j'aurai peut-être dû boire que des jus de fruits ;)

Philippe 30/05/2008 15:23

Je n'ai jamais nié qu'il y avait eu une politique répressive sous la 3e République. Politique pas seulement linguistique qui toucha tous les français:

- Répression des langues régionales
- Politique anti-cléricale sévère
- Mobilisation des masses vis à vis de l'alsace lorraine
- Politique coloniale accelérée et durcie dans les colonies

(le 1er et les deux derniers points étants finalement des caractéristiques retrouvées dans l'ensemble de l'Europe)

Donc oui, la IIIe République a eu des excès, mais elle a aussi eu des succès, et pour remonter plus loin, la révolution française qui a supprimé les privilèges, a aussi profité aux bretons...
Je suis pour l'égalité de tous les citoyens, ce qui n'implique pas pour autant que ceux-ci ne puissent pas être libre de s'exprimer dans leur vie en Alsacien, Corse ou Savoyard. Mais je pense aussi qu'il est nécessaire que tout le monde parle le français comme il est nécessaire de parler Allemand en Allemagne ou l'Anglais au Royaume-Unis. Ceci va encore me faire traiter de Jacobin mais la Belgique nous montre que si 2 populations ne maitrisent pas un langage commun alors les tensions et incompréhensions se creusent. Les luxembourgeois ont fait un autre choix. Tout le monde doit parler Allemand, Français et Luxembourgeois. Cela évite finalement les problèmes.

Pierre 30/05/2008 13:42

Une politique linguistique répressive ne peut pas avoir d'effet si la volonté d'un peuple est de continuer à parler sa langue (Québec, Flamands de Belgique, etc.). Sauf, bien entendu si le nombre de locuteurs est initialement faible (mais dans ce cas il est inutile d'avoir une telle politique répressive).

Le cas de la Louisiane est aussi sans doute très intéressant. Je ne le connais pas assez pour en parler même si je sais qu'il y a eu de la part des américains une politique d'éradication des francophones.

La Bretagne pour sa part porte en elle une ambiguïté. En effet, elle n'a jamais été bretonnante entièrement, elle porte en elle une culture bretonne (de l'ile de Bretagne) par les colons qui sont venu et une culture "française" diffuse en basse-bretagne et réelle en Haute Bretagne (où les mêmes apports que le reste du territoire gaulois, romain, francs, normands...).
De cette dualité sort une dualité dans les mouvements bretons politique et culturelle. Comment se positionner? Certains considérent que la Bretagne est la langue bretonne et inversement. Le celtisme marketé fait oublier que l'identité celte n'est (malheureusement?) pas celle de la majorité des bretons.
Il en est ainsi aujourd'hui mais demain? Est-ce que les haut-bretons, qui n'ont finalement plus droit de citer sauf s'ils acceptent de se "celtiser", devront toujours se taire? Personnellement je commence à me demander si je ne devrais pas aller barbouiller les panneaux Naoned que l'on m'impose sur ma terre.

Ok, je m'emporte, mais cela risque bien d'arriver un jour.