Quel talent, quel tribun! Une ou deux tournures vagues du Président de la République et voilà la France en ébullition. Pourtant, réécoutez bien les paroles de Nicolas Sarkozy. Que dit-il objectivement? Qu'il ne "redessine pas la carte", qu'il ne "choisit pas entre départementalistes et régionalistes" (autrement dit qu'il fait le jeu du département), que "Nantes est en Pays de Loire". Voici les seules phrases qu'il assène.
Bref, voici ma réaction à cette petite "bombe médiatique" qui je l'espère mènera à quelque chose de positif (la réunification). Qu'on se le dise, que ce soit Nicolas Sarkozy, Martine Aubry, Olivier Besancenot ou Jean-Luc Mélenchon, peu m'importe qui parvient à mettre le sujet sur le tapis et faire en sorte que la Loire-Atlantique retrouve la place qui est la sienne... en Bretagne! Force est de constater que Nicolas Sarkozy est le premier, même s'il utilise pour se faire un discours flou... à nous de rebondir sans être naïfs.
En commençant par la Normandie, Nicolas Sarkozy ne prend pas trop de risque: cette question est relativement simple à régler et je ne doute pas que les deux conseils régionaux fusionneront (pour n'en faire qu'un à seulement 5 départements). Puis, le Président évoque le cas de l'Alsace qui pose moins de problème également que le cas breton puisqu'il s'agit d'un problème de départements (alors que chez nous, c'est un département qui intégrerait une Région administrative). Cependant, dans le cas alsacien aussi les choses risquent d'être moins roses que l'on s'y attend, j'y reviendrai un peu plus bas.
Enfin, celui qui ose tout sans se soucier des conséquences évoque la Bretagne. Je tiens tout de même à faire remarquer qu'il introduit en disant que la Bretagne compte 4 départements ("magnifiques"... je ne vois pas le rapport mais c'est gentil)! Alors, réunification ou "grand ouest"?
Depuis 2003, l'expérimentation est possible sur la question du redécoupage territorial. Toujours est-il que ce droit n'a jamais été accordé, ni aux régions, ni aux habitants d'un territoire désireux de créer une structure organisationnelle cohérente (je pense ici aux basques qui demandaient un département basque).
Je souhaite donc que ce soit bien la réunification que Nicolas Sarkozy envisage, mais de même que j'ai joué au rabat-joie dans ma section de Lorient, je vais le refaire ici pour essayer d'aller plus loin que les apparences.
Qui est Nicolas Sarkozy? Le Président, mais surtout un homme qui fut et reste encore, dans les faits, le chef de l'UMP (alors qu'une fois élu, il aurait du se transformer en Président des Français!). On a pu le voir récemment, même lorsqu'il est en voyage à l'étranger, il pense au parti socialiste et au moyen de le détruire complètement.
Je constate aussi que la Région Bretagne est devenue une terre de gauche et que l'UMP n'y a aucune place. L'honnêteté intellectuelle nous permet de dire que si la "région technocratique des PDL" est à gauche, c'est aussi à cause de la Loire-Atlantique. Ceci jouerait en notre faveur puisque Nicolas Sarkozy ne serait pas opposé à récupérer une Région. Dans l'hypothèse de découpage proposée par l'UDB (comme Bretagne Réunie), la Région Bretagne resterait à gauche et il est fort probable que ce qui resterait des PDL bascule à droite.
ça, c'est le scénario qui me conviendrait (même si la méthode est franchement criticable). Je doute cependant que ce soit l'intention du Président malgré ses visées électoralistes perpétuelles. Très honnêtement, je redoute la fusion B4-PDL. Mais j'avoue avoir du mal à imaginer comment cela pourrait se faire sachant que ni les bretons, ni Le Drian, le Président de la région Bretagne, n'en veulent.
Par contre, je conçois nettement mieux comment Nicolas Sarkozy pourrait annihiler la timide régionalisation en cours. Pour cela, il suffit de ne pas choisir entre départements et régions. Imaginez que lorsque vous votiez aux cantonales (scrutin uninominal), le vainqueur devienne à la fois conseiller général ET conseiller régional. Dès lors, le bipartisme serait une réalité: de même qu'au Sénat, la diversité politique n'existerait plus. UDB, Emgann, Parti Breton, Verts, Modem et NPA... aux oubliettes, retour à l'âge de pierre! Ce scénario est tout autant machiavélique, mais il est beaucoup plus crédible et les rumeurs de couloir à propos de la commission Balladur en disaient longs. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy, dans son discours, n'a-t-il pas dit que "personne de vivants n'arrivera à supprimer les départements"?
De même, je tiens à souligner que l'histoire des plaques d'immatriculation est un faux débat! Le vrai problème n'est pas que l'on ne puisse pas associer le 44 et le Gwenn-ha-Du, mais que le département soit obligatoire. Le département est le principal frein aux réformes instututionnelles et le pire ennemi de la régionalisation.
Côté politique "locale", il y a
de quoi être dubitatif:
M. Auxiette, normal, botte en touche en prétextant qu'"il y a des sujets bien plus graves à traiter que de perdre son temps dans des polémiques stériles". On trouve toujours plus grave c'est un fait, est-ce une raison pour ne pas en parler?
Idem pour Jean-Marc Ayrault, député et maire PS de Nantes qui compte pourtant des élu(e)s UDB au sein de sa majorité : "M. Sarkozy aime les dérivatifs. Ce qui préoccupe les Français, ce ne sont pas les débats institutionnels, qui ne sont pas d'actualité, auxquels je n'entends pas participer. Mais les questions économiques et sociales, dont le Président ne parle pas beaucoup".
Dans la famille bêtisier, je demande Philippe de Villiers, président MPF du conseil général de Vendée qui "approuve les déclarations du Président de la République. Une grande Région Bretagne-Pays de la Loire sera à la bonne échelle pour traiter les grands dossiers d'avenir. D'autant que nous avons entre nous un lien commun : l'océan. Un or bleu insuffisamment exploité".
L'ex chevênementiste qui va et vient au PS, Joel Batteux, maire de St Nazaire pour qui "l'hypothèse soulevée par le Président est une provocation, à deux ans des élections régionales. C'est une question surannée sauf à envisager de réunir trois voire quatre Régions".
Jean-Luc Harousseau, leader de l'opposition de droite à la Région nous relance son discours fade et non-argumentée: "Je dis non à la question dépassée du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Je dis par contre oui à une fusion des Pays de la Loire et de la Bretagne, pour avoir une visibilité à l'échelle européenne et atteindre la masse critique nécessaire, au plan économique, de la recherche et de l'université".
Ah! Enfin une réflexion intéressante du côté de la Sarthe! Roland du Luart, président UMP du conseil général de la Sarthe: "Il est certain que l'on se dirige vers un redécoupage des Régions. Pierre Mauroy proposait dix à douze Régions, je trouve que l'idée est bonne. La Sarthe ne se sentait pas toujours très bien en Pays de la Loire. Elle pourrait se regrouper, par exemple, avec la Mayenne, le Maine-et-Loire, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, pour constituer une Région Centre-Ouest".
Pour ma part, je pense que les réponses aux angoisses des français (et des bretons) viendront des questions institutionnelles. L'autonomie est LE moyen de faire mieux sans rien y perdre. Le conservatisme français sclérose la République qui n'a que faire de ses territoires. Une région bien découpée serait nettement plus compétitive que des régions tracées au rotring sur une carte IGN par un parisien! Et la compétitivité n'a rien à voir avec la taille M. Sarkozy... en tout cas, je l'espère pour vous!
Depuis le "face à face" d'avant le deuxième tour des présidentielles, je n'avais jamais écouté Sarkozy plus de deux minutes. Quand j'ai fait ce petit montage, j'ai bien été obligé de les dépasser!
Et je me suis dit: qu'est-ce qu'il a dit de concret ? pour aboutir en gros aux mêmes conclusions que toi.
Je lui reconnais un peu plus une grande habileté machiavélique.
Bon, il faut tout de même sauter sur l'occasion mais même en cas de consultation référendaire (ie revendique le droit de rêve!), il faudra sacrément serrer les boulons...
Jakez
Très bon article, j'aime beaucoup ton analyse.
Honnêtement après avoir entendu ces quelques phrases de M. Sarkozy, la première chose que je me suis demandé c'est s'il parlait d'une possible réunification de la Bretagne ou si c'était d'une fusion BZH-PDL... Enfin en tous cas ce n'est pas une mauvaise chose de sa part que d'avoir abordé le problème de la Loire Atlantique, si ça peut permettre de faire avancer les choses tant mieux.
Ken+ Pauline
L'autonomie de la bretagne, je ne vois pas trop ce que cela nous permettrait d'avoir en mieux ou moins bien d'autant plus que l'Europe est de plus en plus impliquée dans la vie des citoyens. D'ailleurs il n'y a qu'à voir ce que sont les régions autonomes en espagne ou en grande-bretagne. Des pôles de crispation identitaire, où, dés que la situation économique est bonne on assiste un replis égoïste aux dépend des autres régions. La catalogne est un merveilleux exemple de cet égoïsme. La Ligue du nord en italie en est la représentation la + caricaturale. Le régionalisme serait-il la victoire de l'égoïsme?
Je vais me faire taper dessus mais je suis plutôt favorable à des "supers régions". Pour une raison simple, la taille joue, contrairement à ce que tu sembles penser. La France a un peu plus de 60 millions d'habitants. L'IDF pèse pour 12 millions d'habitants à elle seule. Le contre poids et un rééquilibrage régionale qui passe par un poids démographique similaire. Ainsi 1 région = 1 autre région en population, donc une représentation égale au parlement, sénat. Je suis donc pour la création de 6 régions d'environ 10 millions d'habitants. Il faut des grands ensembles, qui pourraient avoir, eux des subdivisions sur des bases culturelles (ex: une entité Basse-Bretagne qui a tout sont sens pour la culture).
On peut parler de l'histoire, de la culture bafouée. Mais où est l'unité culturelle de la bretagne? Qu'elle est la date gravée dans le marbre qui définirait de manière imprescriptible les limites des régions dites historiques. Cette date est-elle universelle? Soyons sérieux. Pourquoi ne pas reprendre les régions romaines qui ont prouvées leurs succès économique? Croire que la bretagne B5 serait mieux qu'une bretagne B4 ou pourquoi pas B6 est une bêtise. D'ailleurs, à la création des régions dans les années 50 (et non pas sous vichy comme on entend partout), Laval souhaitait être incorporée dans la même région que Rennes car économiquement c'est un axe qui a toujours existé, culturellement il n'y a pas la moindre différence entre les natifs des deux villes, etc. Alors qu'entre rennes et carhaix c'est un autre monde. Et ce ne sont pas les panneaux bretons que l'on nous met en dépis du bon sens qui changeront 1000 ans d'histoire.
Je trouve que dans ce débat on regarde un peut trop le passé. Toutefois l'UDB, qui défend des idées que je partage souvent sur certains sujets de société, a au moins le mérite de débattre contrairement à d'autres partis (dits bretons) qui eux, sont beaucoup plus dogmatiques et jettent des oukases à ceux qui ne pensent pas comme eux.
Francis,
Merci pour le compliment sur le parti. ça change un peu. Pourtant, je pense que tu fais une grave erreur économique en pensant qu'une technorégion aura plus de poids qu'une région pertinente territorialement. L'économie n'est pas une question de mathématiques.
L'économie endogène est une réalité qui évite les délocalisations... donc, de telles régions permettent d'avoir une cohérence dans l'action et une lisibilité du projet. Je crois pour ma part que les journaux insistent sur les "crispations identitaires" parce que cela ne plait pas au pouvoir en place. Jusqu'à preuve du contraire, un Etat existe parce que le peuple le veut. Si un peuple veut changer d'Etat, c'est son droit. C'est l'autodétermination. Nous sommes toujours dans cette logique en demandant un référendum en Loire-Atlantique.
Je finirai par dire que la séparation de la Bretagne s'est faite sous Vichy, mais Pétain n'a pas inventé les Pays de Loire! Cela dit, Nantes, c'est 1000 ans d'histoire bretonne. Personne ne le nie donc pourquoi vouloir prendre comme légitimité une trentaine d'années? Parce que c'est nouveau? Le progrès, ce n'est pas forcément ce qui est nouveau...
Amitiés
C'est vrai que mon blog attire AUSSI des gens qui ne pensent pas comme nous. Mais c'est un peu le but! Pourquoi? Parce que je tente de débattre et de dépasser le combat bloc contre bloc sur ce sujet. Crois-moi, je n'ai pas peur de la non-argumentation des partisans des PDL. Donne moi une tribune, une écoute et je démonterai ces dogmatiques sans sourciller. Ici, c'est autre chose: ceux qui viennent cherchent le débat, cherchent souvent à être convaincus. Ceux qui viennent déverser leur haine, je les méprise et généralement, ils ne reviennent plus. Les autres ont le droit de s'exprimer car il est clair que la réunification n'est pas partagée par tous... malheureusement! Maintenant, je suis tout à fait d'accord avec ce que ton message vient de dire. Notamment sur le fait que souvent, ceux qui sont contre la réunification se contentent de répéter un discours officiel.
Gael.
Les arguments de "l'interlocuteur" avaient une réelle rationalité. Je ne la conteste pas. C'est tout simplement celle de la technocratie française et de leurs sbires. Je n'ai jamais prétendu que les "Princes" qui nous gouvernent, les Giscard, Mitterrand,Chirac,Sarko, Balladur ou autres manquaient d'intelligence ou que leur "certaine idée de la France" était stupide. J'ajoutais même que ce discours est tellement pertinent du point de vue, non de la morale, mais du cynisme jacobino-étatique, que les médias nous inonderons prochainement de tels discours.
Edouard ne semble pas avoir compris le sens de mes propos.
Il ne s'agit pas de réconcilier des considérations antagonistes, mais de penser correctement. A "l'interlocuteur" je faisais trois objections que notre Edouard s'est bien gardé de prendre en compte :
- je soulignais le caractère contradictoire de sa référence à l'histoire
- j'affirmais que l'un des signes les plus authentiques de la démocratie, c'est le respect de la souveraineté populaire manifestée dans le vote. Si les Catalans, les Basques, les Ecossais votaient pour l'indépendance, quelle devrait être l'attitude des Etats vis-à-vis de cette aspiration collective ?
- la dimension des régions n'est pas un critère pertinent. Il suffit de sortir de l'Hexagone pour le vérifier.
Plutôt que de recourir à l'insulte, notre Edouard ferait mieux d'écouter les propos de l'autre et de répondre à ses objections.
En fait ce que propose l'UDB, c'est de remplacer le jacobinisme "à la française" par un jacobinisme "à la bretonne". Il suffit d'ailleurs de voir que 90% des élus de l'UDB sont fonctionnaires pour se rendre compte que vous n'avez pas l'intention le moins du monde de changer quoi que ce soit au système. Vous y lover, c'est tout, en tenant des discours dignes de la pire langue de bois de ce que vous « combattez ». Un p'tit contrat, une p'tite C4... Et surtout récupérer le désapointement des Bretons qui seraient susceptibles prendre leur envol sans vous... ou de faire de l'ombre au PS en Bretagne.
Quand on voit l'analyse de votre groupuscule sur la société bretonne, il y a de quoi se taper le derrière par terre. Tout faux ! Trois ans pour réagir à propos de la montée des prix de l'immobilier en Bretagne. Une analyse sur le référendum de 2005 en Bretagne à se pisser parmi (Leprohon incapable de reconnaître que la Mayenne, la Vendée et le Maine-et-Loire ont aussi voté oui).
Vous faites aujourd'hui semblant d'entrendre dans le discours de Sarkozy autre chose qu'un discours de Sarkozy. Du flonflon. Vous vous effrayez de la fusion Bretagne-PdL (que je ne souhaite pas), mais dont personne, absolument personne n'a jamais parlé, à part les gens de l'UDB. Vous ne seriez pas un peu effrayés de perdre votre fonds de commerce, des fois ?
Moi, je préférerais voir les commentaires des gens de l'UDB sur les positions de Claudy Lebreton sur la place des départements par rapport aux régions. Silence de l'UDB ! Ou encore l'abstention de 50% dans les villes bretonnes aux dernières municipales. La déculottée du PS en Finistère et l'absence de progression électorale de l'UDB, encore une fois (ça fait 44 ans quand même !). Ou l'UDB alliée habituelle d'un PS moribond qui fait honte à tout le monde. L'UDB qui « n'a plus besoin des Verts » à Rennes.
Ah messieurs, si vous saviez ce que les Bretons pensent de vous...
"90% des élus de l'UDB sont fonctionnaires!" Je ne sais pas d'où vous sortez ces chiffres? Mais admettons. La plupart des militants politiques ou syndicaux aujourd'hui le sont. C'est une réalité. Nous sommes ouverts aux pêcheurs, agriculteurs, ouvriers, salariés, ... La plupart des militants culturels bretons le sont aussi (ds impôts à l'Education Nationale).
"Un petit contrat, une petite C4". Oui, vous n'avez qu'à voir la porsche garé devant chez moi. Je l'ai acheté à crédit sur les 900 prochaines années. Avec 950€ de salaire mensuel, je peux me permettre le meilleur!
"Trois ans pour réagir à la montée des prix de l'immobilier en Bretagne". Intéressant. Avant de critiquer, il faut voir l'augmentation. Cela dit, la réflexion de base, le Peuple Breton la tient depuis des décennies.
Personne n'a parlé de la fusion des régions? Soit vous ne lisez pas la presse, soit vous ne voulez pas entendre. Concernant ma position sur le département, elle est claire: je suis contre. Et Claudie Lebreton ne me fera pas changer d'avis.
Retournez donc sur vos petits forums si ce que nous disons vous perturbe. Entre vous, vous pourrez refaire le monde comme lorsque je jouais au lego. C'est bien les logos, ça n'a aucune incidence sur la réalité. Je ne sais pas vraiment ce que les bretons pensent de l'UDB, mais peu de personne m'ont craché dessus en tout cas!
Un bref commentaire de ce récit fantasmatique.
L'interlocuteur ratiocinait
Edouard élucubrait
Marcello délire.
A tout prendre je préfère le délire.
L'interlocuteur nous sert une argumentation recuite que nous retrouverons prochainement dans les propos de la commisssion Balladur. C'est le Précurseur préparant la voie aux Polichinelles d'Etat qui se prennent pour des Sauveurs.
Les élucubrations d'Edouard pourraient à la rigueur intéresser quelque bénédictin érudit passionné par le Haut Moyen-Age.
Mais je dois l'avouer, j'ai un faible pour les délires. Non pas qu'ils nous apportent des renseignements sur quoi que ce soit. Dans le cas présent, il ne nous informe ni sur l'UDB ni sur la Bretagne ni sur un quelconque objet. En revanche nous sommes renseignés sur les hantises secrètes, les obesessions et les fantasmes du sujet. Avec Marcello, nous sommes dans le vide du sujet.
Pour un redécoupage des régions françaises : Mondialisation économique et taille des régions
de Pierre Grou, Joëlle Cicchini, Gérard Hamard, Dominique Mertens-Santamaria
Il date de 2007. Je ne l'ai personnellement pas lu.
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=13275
(200 millions divisés par 4,4 millions de bretons divisés par 12 = 3,7... Euros/breton/mois)
C'est donc cela l'autonomie promise? A trop vouloir tout faire pour contrer paris (dont on ne sait pas très bien de qui l'on parle), le projet autonomiste est souvent incohérent. En tout cas les "parisiens" (dont beaucoup sont bretons) payent aussi pour la relance de l'économie en bretagne. N'en déplaise aux autonomistes qui eux ne veulent surtout pas payer pour les auvergnats, les basques, les corses, etc.
On peut ériger en loi que le mode de fonctionnement institutionnel le plus injuste est le système centralisé. On pourrait dire que dans un système centralisé, plus vous vous éloignez du centre et plus apparaît l'inégalité. Je me souviens d'un voyage en Ecosse au moment où la Grande Bretagne était centralisé : cette inégalité était frappante. Dès que l'on quittait l'Angleterre, l'état des routes, des infrastructures en général était très significatif. En Bretagne, il sufft de prendre le soi-disant TGV de Brest à Paris ou de comparer les quatre voies bretonnes à l'auto-route qui lui succède pour le vérifier. Et ne parlons pas d'un voyage de Lannion à Vannes ou Lorient ! C'est très simple : dans un système centralisé, le centre accumule les richesses aux détriment des diverses périphéries qui ne sont plus que des "culs-de-sac ou des "Finistère". Le Centre ou certaines Régions : essentiellement la bordure du Rhin et du Rhône. En gros, à l'est d'une diagonale qui va de Dunkerque à Marseille. Gael a raison de souligner que Paris garde la part du lion. Bien entendu, comme il n'y a aucune transparence, il est bien difficile de donner des chiffres précis. Il faudrait que le budget soit régionalisé. On peut attendre longtemps ! Mais est-ce nécessaire ? Un simple coup d'oeil sur les investissements d'Etat en matière d'infrastructures routières, ferroviaires, etc.. nous renseigne suffisamment sur la nature, sur la perversité d'un tel modèle de société. Bien qu'elle mette la devise Egalité au fronton de ses édifices publics, la France ne respecte pas les règles élémentaires de la justice en ce qui concerne les Régions.
La position d'un Parisien, même de bonne fois, ne m'étonne pas trop. Il n'est pas forcément au courant de telles données. Celle de Sylvain me surprend beaucoup plus. Il ya un aspect du problème qui semble lui échapper totalement, c'est l'importance du sentiment collectif. La prise de conscience par les Bretons de leur appartenance à une même communauté est d'une importance extrême. Il faudrait évoquer les grandes manifestations qui ont permis aux Bretons de gagner des "batailles" contre Paris. Je pense particulièrement à Plogoff. Sans les milliers de manifestants qui ont lutté la-bas contre les CRS, nous serions devenus les champions du nucléaire avec une centraele de 3000MW ! Et si une certaine solidarité bretonne se manifestait à Carhaix, là encore l'Etat reculerait. Carhaix est d'ailleurs une illustration de l'importance du sentiment breton dans le développement d'une région dévitalisée. Est-ce un hasard si le maire de Carhaix déploie tant d'énergie et d'imagination pour l'essor de son "pays" ?
C'est justement pour briser cette conscience collective que la Bretagne a été départementalisée. Mais je ne peux dévelpper ce point.
ken prestik
FK