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Klask

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 10:15

Les Chrétiens-Démocrates Allemands voudraient-ils copier la France dans le non-respect des minorités? Telle est en tout cas l'impression que donne le projet de loi soumis par le CDU qui souhaite inscrire dans la Constitution Allemande (voir ici), à l'article 22: "la langue de la République Fédérale est l'Allemand".

Pour le lecteur lambda, c'est une évidence, mais cette inscription fait débat en France car elle exclue du même coup toutes les autres langues parlées sur le territoire. L'Allemagne est pourtant reconnue comme étant très respectueuse des minorités (voir ici).

En Allemagne, on parle Allemand certes, mais aussi Danois, Sorabe, Frison. Nelly Maes, présidente de l'Alliance Libre Européenne, a dénoncé ce projet: "C'est un retour inacceptable à la discrimination sur une base linguistique et culturelle. Honte sur vous démocrates-chrétiens allemands!".

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commentaires

Jean P. 10/12/2008 14:18

Une réflexion qui est nourrie par la crise économique actuelle car le système décentralisé Allemand semble poser des problèmes pour des actions coordonnées et efficaces :"L'organisation fédérale de l'Etat accentue encore la lenteur de la prise de décision. Le gouvernement central n'a qu'une influence limitée sur la gestion de l'économie, la répartition de la fiscalité et l'aide aux entreprises. Les Länder sont jaloux de leurs prérogatives même s'ils n'hésitent pas à s'en remettre aux institutions fédérales quand une gestion trop laxiste les place dans des situations délicates. Plusieurs banques régionales ont ainsi fait appel à l'Etat pour échapper à la banqueroute mais d'autres, comme en Bavière, veulent se sauver elles-mêmes."Il n'est donc pas étonnant, face à l'échec d'une décentralisation poussez, que des politiques veuillent plus de pouvoir à l'état. Ceci concerne aussi la langue. Le problème de l'Allemagne est la présence de "barons" locaux. Le cas le plus marquant est Edmond Stoiber qui longtemps fut le n°1 faisant la pluie et le beau temps en bavière.

Chacalito 10/12/2008 17:49


Croyez le ou non, je suis d'accord avec vous. C'est ce que j'explique en parlant du fédéralisme (l'autonomie est une forme de fédéralisme d'ailleurs):

Il y a plusieurs modèles: allemand dans lequel les länders ont plus de pouvoirs que le Budesrat, et américain dans lequel si une  loi est votée à Washington DC, elle s'applique ailleurs (ex de
la peine de mort). L'autonomie que je désire serait plus sur un modèle où les régions/nations auraient un droit de légiférer sur certaines compétences, pas sur d'autres (ou dans le cadre d'une loi
déjà établie). En étant limité un peu, on évite les baronnies.


YS1 08/12/2008 18:35

Si seulement c'était là le pire des projets de la CDU-CSU !Ce parti, avec la complicité du SPD (au niveau fédéral) a tenté de faire adopter un texte organisant la surveillance et l'"enregistrement préventif" des données privées des Allemands (jusque depuis leurs disques durs !), et ce sans l'intervention d'un juge.À l'initiative des Jeunes Socio-Démocrates de Saxe, cette version du texte devrait être bloquée au Bundesrat. Le ministre de l'intérieur Schaüble (CDU) a alors proposé de changer les règles de vote de cette assemblée !

Thierry 08/12/2008 11:33

Cette proposition est intéressante et il faudrait en étudier les causes car il y a en allemagne un débat latent sur l'identité nationale. En tout cas la "reconnaissance" de droits (que certains qualifient là-bas de privilèges) n'est pas sans poser des problèmes dans certains länder ce qui est la source d'incompréhension pour le citoyen lambda. D'ailleurs, le rôle de l'Allemagne est ambigüe à bien des niveaux, la FUEV ayant longtemps été perçu comme un moyen de soutenir les populations allemande dans les anciens territoires perdus à l'est. Aujourd'hui, ces territoires étant Européens, il semble que l'allemagne désire moins s'impliquer dans le devenir des minorités Allemande et éviter les tensions inutiles (implication que la pologne, à vivement dénoncée pas toujours à tord).Il n'est donc peut-être pas étonnant, qu'au niveau national, les Allemands, aujourd'hui faces à une nouvelle situation tant vis à vis des allemands de l'extérieur qu'après avoir appliqué la charte européenne des langues minoritaires et constaté les difficultés et problèmes rencontrés s'interrogent sur son maintient.