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Klask

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 10:35

Février / Miz c'hwevrer 2009

 

Le Peuple Breton est dans les kiosques. Ce mois-ci, votre mag' titre sur l'avenir de la télévision publique régionale. Suite à la suppression d'une édition du journal de France 3, remplacée par des publicités (un comble!), le Peuple Breton se demande si, après notre histoire, c'est notre présent que l'on voudrait retirer aux bretons?

Cette photo de l'antenne du Roc'h Tredudon est hautement symbolique dans l'histoire de l'Emsav et nous rappelle qu'il n'existe encore aucune télévision régionale en Bretagne contrairement à la Corse qui dispose désormais de Via Stella.

Le reste de l'actualité se décompose en plusieurs thèmes:
L'édito du rédac' chef, Ronan Leprohon, fait écho aux mouvements sociaux du moment.
L'invité du mois est Pierre Péan, journaliste et écrivain.
Un papier intitulé "Comment aller vers un pouvoir régional?"
E brezhoneg, les articles principaux traitent de Bilbao, de Martial Ménard et des OGM.
La désormais célèbre rubrique environnement de Patrick D. Morvan.
Un jour avec... Red Cardell.
A l'international, c'est évidemment l'éternel conflit israëlo-palestinien qui ressort + un article sur le Kurdistan.
Un mot sur la production littéraire en breton par Riwanon Kervella.
A noter un article historique très intéressant sur la chasse en Bretagne.
Et en prime, une super caricature de Nono.

Une information de qualité qui a besoin de votre soutien. Alors, en complément du bouquet ou du restaurant de la St Valentin, si il ou elle aime la Bretagne, offrez un abonnement à votre petit(e) ami(e) ou votre mari/femme! 35€ les 11 numéros et 17,5€ pour les chômeurs ou étudiants. C'est moins cher qu'un bon petit déj au lit par mois!

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commentaires

kerrain 06/02/2009 14:24

Salut GaelTon texte aborde trop de questions à la fois. Mais c'est une tentative courageuse pour élucider un problème bien difficile. Je n'ai plus le courage de traiter cette question, pour la simple raison que je l'ai travaillée en langue bretonne ces derniers mois.  Dans les derniers numéros d'Al Liamm, je développe le thème en lui donnant comme titre : "penser Dieu en notre temps". Dans la revue Aber, j'aborde la question de Dieu chez Aristote, dans Al Lanv j'aborde la question du commencement de la philosophie en présentant la figure de Thalès. Au bout de quelques temps, on a envie de passer à autre chose. J'ai réalisé ce travail, non parce qu'aurais la prétention d'apporter quelque chose de neuf à la pensée universelle, mais tout simplement pour contribuer à forger des outils intellectuels et langagiers en langue bretonne destinés à tous ceux qui s'intéressent à ces "maudites questions éternelles " dont parlait Dostoïevski, et surtout à ceux qui préparent le baccalauréat à Diwan. Mon ambition es limitée : contribuer, en fonction de mes compétences, à permettre aux jeunes bretons de demain de pouvoir manier les idées à un niveau auquel spontanément ils ne sauraient accéder. J'ai toujours refusé de considérer une langue comme un ghetto mental. On ne doit pas être incarcéré dans les contes et la prédication religieuse, comme nos aïeux, ni davantage dans un discours purement littéraire. Le Breton doit être capable d'accéder aux niveaux les plus élevés de la pensée et disposer d'une langue assez complexe et développée. Et à ce sujet, je dois reconnaître qu'un travail prodigieux a été accompli depuis une centaine d'années pour "activer" la langue" selon la belle expression du poète Brodski.Quelques remarques qui me viennent spontanément à l'esprit.1) A mes yeux, le problème de Dieu, en tant que problème philosophique, est l'apanage de l'Occident, ie de la philosophie grecque au point de départ. C'est pourquoi je ne suis pas d'accord avec tes considérations sur les "sociétés primitives", les Incas, les bouddhistes et tutti quanti. Bien entendu, tous les peuples depuis la préhistoire adoraient les dieux ou du moins croyaient au Sacré. Mais l'interrogation philosophique en tant que telle est datable : elle se forme dans une opposition au mythes et à la religion. Il s'agit d'une tradition grecque instaurée à partir de Thalès et de ceux qu'abusivement on qualifie de Présocratiques, une tradition qui culminera avec Platon et Aristote. Après Aristote, la pensée grecque connaît une régression : les philosophes accorderont désormais le primat au "bien-vivre", ils se tournent vers la morale , une morale dont les fondements métaphysiques me paraissent déficients : l'atomisme d'Epicure d'un côté, le panthéisme stoïcien de l'autre. J'ai du mal à me représenter ce "dieu immanent", ce "logos intérieur au monde" et qui serait le principe de son organisation. Encore s'agit-il d'un principe spirituel, alors qu'aujourd'hui l'on rencontre fréquemment des panthéistes de tout poil qui attribuent cette merveilleuse organisation de l'univers, perçu dans son immensité et sa complexité infinie, à une force aveugle qui ne relèverait même pas de l'ordre de la pensée. Comprenne qui pourra. Cela dépasse mon entendement. Conçoit-on le moindre pennti advenant à l'être sans avoir été pensé ?2) Une autre critique : il faut distinguer deux plans que tu as tendance à confondre.  Il faut distinguer le plan de l'existence et de l'essence. Ta réflexion est basée sur le concept d'infini. N'est-ce pas aborder la question de Dieu selon la perspective de l'essence ?. Il faut les dissocier : Dieu existe-t-il ? Qu'est-ce qu'il est ?Concernant la question de l'existence de Dieu, la grande majorité des philosophes s'accordent pour affirmer que Dieu existe. De Thalès, Socrate, Platon, Aristote à Epicure, Epictète, Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Leibniz, Kant etc.. Ils sont véritablement peu nombreux ceux qui professent un athéisme radical. L'un des plus éminents est Sartre. Athéisme  fondé sur un volontarisme prométhéen, faustien. "Si je suis libre, pleinement libre, il est intolérable que Dieu soit". Sartre me fait penser à cette parole du psalmiste : "l'insensé dit dans son coeur "il n'y a point de Dieu". Ce refus passionné, inconditionnel, sans même daigner examiner quelque argument que ce soit, alors qu'il possédait une capacité dialectique prodigieuse, c'est un phénomène assez exceptionnel dans l'histoire de la pensée. On rencontre des épigones de Sartre chez nos contemporains -les post-modernes-, mais de moindre envergure.Reste la question de l'essence. Comment penser Dieu ? Peut-on le penser ? Je suis très admiratif d'Aristote qui dans sa Métaphysique, qualifie Dieu de "Pensée de la pensée" ou encore "une pensée qui se pense auquel est suspendu une pensée qui ne se pense pas". C'est à mes yeux le sommet de la pensée antique. Whitehead dit que, par les seules ressources de la raison, l'homme ne peut aller plus loin.Le "saut qualitatif", à mes yeux, est accompli par la traditon judéo-chrétienne qui va introduire le concept D'Etre Absolu, Créateur de toutes choses.  S'adossant au texte biblique de l'Exode où Yaweh se désigne à Moïse comme "Celui qui est", la pensée médiévale va graviter autour du concept de l'Etre pour déterminer l'essence de Dieu. Dieu comme l'Etre Absolu dont dépend toute créature..C'est une notion à laquelle je suis attachée. Il m'est arrivé quelquefois, dans mon existence, de faire " l'expérience de l'être". Entendons-nous bien : il ne s'agit pas d'une révélation du divin. Je ne saurais dire comme André Frossard : "Dieu existe, je l'ai rencontré". Il ne s'agit pas de cela, mais tout simplement de la conscience étonnée, émerveillée -ce que d'aucuns appellent l'étonnement philosophique - que les choses sont. Non pa au sens  où je serais entouré d'étants ( die Seiende, dit Heidegger) mais au sens où "il y a (es gibt, dira encore Heidegger). Cette expérience, on la rencontre dans la "Nausée " de Sartre, malheureusement il l'a escamotée.Comme promis, je m'arrête là.a galonFK

Chacalito 06/02/2009 17:46


Première remarque: tu commentes l'article d'avant! Ici, c'est le Peuple Breton... mais tant pis.

Deuxième remarque: pffffuuuiii.. tu parles d'une réponse!

Troisième remarque: je ne peux être que d'accord avec toi en ce qui concerne ta vision de la langue: "le breton doit être capable d'accéder aux niveaux les plus élevés de la pensée".

Sur le fond lui-même. Avant de dire si Dieu existe, je me pose la question de savoir ce qu'est Dieu? S'il est quelque chose alors non, je ne crois pas à son existence, s'il EST (en somme, une vue
de l'esprit, la pensée de la pensée comme tu rappelais à propos d'Aristote), alors oui, je peux accepter son existence.

Je m'exprime mal par "primitif". Selon moi, polythéisme ou monothéisme, cela reste de la religion autrement dit plus schématiquement une vision qui estime qu'il existe un ordre, une puissance
supérieure quelque soit sa forme. Je n'oppose pas les deux, je dis simplement qu'à mon avis, la conception polythéisme est plus proche de la Nature que ne l'est le monothéisme. Puisque je pars du
principe panthéiste selon lequel Dieu EST la Nature, j'ai donc tendance à penser que le polythéisme est plus proche de Dieu que ne peux l'être la Bible, le Coran ou la Torah.

Cela étant dit, j'ai conscience du peu de rigueur théologique de ces quelques lignes. C'est tellement vulgarisé que c'est de la soupe pour un philosophe. Mais cela peut faire partir quelques
réflexions pour les béotiens tels que moi et même, qui sait, faire naître des vocations?

Gael.