Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Klask

Archives

6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 10:44
Garp n'aimerait sans doute pas ce que je m'apprête à dire, mais j'ai toujours aimé lire l'oeuvre d'un auteur pour en savoir plus sur lui, l'homme ou la femme qui est derrière. Quelle est sa vision du monde? Au contraire, selon Garp, il faut juger l'oeuvre, pas l'auteur ce que je m'efforce de faire tout de même.

Les livres de John Irving m'ont toujours intrigué, si nombreux sur les étagères des librairies d'occasion (je me fournis généralement chez "Histoire d'en Lire" à Lorient).
Irving a des marottes: l'Autriche, le New Hampshire, les ours... les titres de ses oeuvres sont souvent bien trouvés ou en tout cas bien traduits. J'en ai même acheté un rien que pour le titre ("l'épopée du buveur d'eau") bien qu'il ne m'ait pas laissé une grande impression.

Le monde selon Garp est... bizarre! Franchement étrange et pourtant très familier. Il faut dire qu'histoire oscille entre absurde, tragique et comique! Roman très drôle, il vire soudain à la catastrophe. Roman semi-autobiographique, c'est sans doute la clef de son succès: il est plus vrai que nature!

Le début laisse le lecteur un peu décontenancé: Jenny, la mère de Garp rêve d'avoir un enfant, mais déteste le sexe et refuse de s'encombrer d'un homme. Infirmière, elle profite donc d'un soldat en phase terminale pour se faire mettre enceinte! Garp ne saura qu'en lisant le livre de sa mère, bien des années plus tard, la vérité sur son histoire... comme des millions d'autres personnes voyant en Jenny (sa mère) une féministe assumée. Si l'on peut penser que Garp (qui n'a pas de prénom autre que les initiales S.T) va souffrir de cette situation, il n'en ait rien: Garp est "normal" même si son angoisse du monde frôle le pathologique dans son quotidien (il course les chauffards dès qu'il entend des pneus crisser devant chez lui par exemple).

La maîtrise du style n'est sans doute pas pour rien dans le fait que j'ai pris du plaisir à lire ce livre. D'un bout à l'autre du roman, on perçoit l'angoisse profonde que ressent Garp en pensant au monde: un monde dangereux où les siens risquent le pire! Et Garp a beau être le meilleure père au monde, il n'évite pas la catastrophe comme s'il attirait ce qu'il redoutait. "Le crapaud" comme l'appellent Garp et sa femme surgit n'importe quand, n'importe où alors que le héros ne rêve que d'un monde sûr.  C'est de son état d'esprit dont dépend aussi sa prose puisque Garp, tout comme sa mère, est écrivain.

Bref, une description aussi décousue de vous donnera peut-être pas autant d'envie de lire le livre que cela, mais je peux vous dire simplement qu'en tant que bibliophage, je le classerai dans les bons!

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Ólöf 08/04/2009 08:34

Moi aussi, j'ai bien aimé ce livre, cela dit, j'aime bien Irving en général!

Chacalito 10/04/2009 03:59


Je n'ai que deux ouvrages d'Irving à mon actif de lecteur. Un peu juste pour avoir du recul...