Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Klask

Archives

17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 20:33
L'agroalimentaire, l'euro et Le Pen

L'agroalimentaire breton vit des jours sombres. La perspective de l'écotaxe a mis le feu aux poudres d'une profession déjà en difficulté. Dans ce vent de révolte, on entend bien des choses. Certaines m'ont sérieusement inquiété et c'est sur l'une d'entre elle que je voudrais m'étendre ici.

 

Au milieu d'un antiparlementarisme qui commence à devenir habituel (mais toujours aussi détestable), certains sont tentés - même en Bretagne - de voter Le Pen. "Marine" surfe en effet sur les drames sociaux pour expliquer que les gouvernemens, de droite comme de gauche, ne font rien.

 

Petit décryptage de la position économique du Front National: la solution se résumerait d'une part à un protectionnisme et d'autre part à une sortie de l'euro. Je ne suis pas économiste, mais quelques années d'économie que j'ai pu suivre au lycée et à l'université me sont suffisants pour battre en brèche ces deux superbes fausses bonnes idées!

 

Sur le protectionnisme, doit-on rappeler aux salariés que les filières agroalimentaires bretonnes n'existent que parce qu'elles exportent? Fermer les frontières ne se fait jamais dans un seul sens! Le protectionnisme dont parle Marine Le Pen aboutira à coup sûr à une réduction drastique de la production agroalimentaire et donc aux besoins de main d'oeuvre soyons honnêtes.

L'agroalimentaire, l'euro et Le Pen

Pire encore, la sortie de l'euro. Hier, j'entendais dire que l'Italie réfléchissait sérieusement à cette option. Pour les français, c'est la même chose: comme la mémoire est courte, on se dit que, finalement, le responsable, c'est l'euro, c'est l'Europe! Mais combien fallait-il de lyre pour acheter une baguette? Déjà qu'à l'époque, la monnaie italienne ne valait rien, sortir de l'euro, c'est assurément lancer la machine à misère! Pourquoi?

 

INFLATION. "L'inflation est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix". Phénomène naturel de toute monnaie, cette inflation peut être plus ou moins forte. Le cours de la monnaie étant lié à la confiance, il faut, pour construire une monnaie forte, construire une image forte de son économie. Je suis assez vieux pour me souvenir que le franc était plus faible que le mark. Quand à la lire, n'en parlons pas! L'Italie sort de l'euro? Elle perdre du même coup la confiance des marchés que l'euro garantit. Pourquoi l'euro garantit la confiance des marchés? Parce que l'Europe est la première puissance économique du monde. Ne jamais oublier ça!

 

Donc, à ceux qui continuent de convertir l'euro en francs, je dis: arrêtez! On ne peut pas comparer une monnaie en cours à une monnaie morte, qui n'a plus cours! Aujourd'hui, qui sait ce que vaudrait un euro? Avant 6.5... francs, aujourd'hui peut-être 100 francs?

 

Bref, le défi de l'agroalimentaire breton n'est pas impossible à résoudre, mais il suppose PLUS D'EUROPE SOCIALE pour imposer un salaire minimal dans chaque pays de l'Union. Sans cela, c'est le dumping social assuré et la compétition de tous contre tous! La solution Le Pen, c'est une forteresse de riches assiégée en permanence, c'est une Corée du Nord à venir. Au secours!

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Aurélien 22/11/2013 21:10

Vous décrivez bien la dangerosité économique du programme du Fn. Il faut dévaluer l'euro pour permettre pour faire face à l'inflation. Rien n'empêche aussi de développer certaines monnaies régionales dans certains secteurs (dans la gastronomie par exemple). Je ne suis pas pour le protectionnisme mais je reprends l'idée de Jean-Christophe Cambédélis qui dans un entretien face à Arnaud Montebourg, disait qu'il faudrait des taxes pour les produits qui ne respectent les normes de l'Omc.

Gael 04/11/2013 10:11

Désolé pour mes lecteurs, mais Over-blog, ça n'est plus ce que c'était (c'était déjà bien pourri, mais maintenant, ça devient vraiment inutilisable!). Bref, je n'ai pas encore trouvé comment.... répondre aux commentaires autrement que comme vous le faites vous-mêmes!

@ Yvonne: je me marre comme un bossu! Merci!

@ Virginie: bien sûr que je suis contre le protectionnisme. C'est une fausse bonne idée. Le protectionnisme ne peut se faire que dans un sens. Autrement dit, le protectionnisme à court terme, c'est la garantie de voir supprimer la plupart de l'industrie en France. Crois-tu que les voitures françaises sont vendues à des français? Que l'agro est destinée au marché intérieur?...

Pour moi, le seul protectionnisme qui vaille, c'est le "local" et ça n'a rien de "français". Il faut favoriser les circuits courts (c'est tout à fait possible via les appels d'offre). Un alsacien pourra consommer allemand étant entendu que le Rhin n'est pas une frontière infranchissable!!!

La seule alternative à la délocalisation, c'est l'augmentation des niveaux de vie ailleurs. Et en premier lieu en Europe. Ok, la Chine, mais toute l'industrie française ne se déplace pas en Chine, soyons sérieux. Par contre, en Europe de l'est... Commençons donc par construire un bloc européen qui tire vers le haut (et non vers le bas comme c'est actuellement le cas). L'Europe doit protéger.

On pourrait être aussi plus bourrin en supprimant les droits à ceux qui s'exile pour payer moins d'impôts. C'est un choix certes, c'est aussi un choix pour l'Etat de continuer à leur offrir les services publics au tarif préférentiel. Quand ces mecs devront se payer des opérations aux Etats-Unis, ils reviendront...

yvonne 22/10/2013 15:32

(juste un interlude musical, ou un envol de jolis oiseaux ;-) combien faut-il de lyres ? mais, revenons sur terre, hélas : des lires... moins poétique..)
;-))

Virgiine 20/10/2013 18:49

Tu es contre le protectionnisme au niveau national et pour tous les secteurs ? Comment penses-tu qu'on puisse endiguer l'hémorragie industrielle française, alors ? Près de 1.100 usines et entreprises fermées depuis 2009 avec une très forte aggravation en 2012. Sans un minimum de protectionnisme (comme le prône Montebourg), combien d'usines et d'entreprises mettront la clef sous la porte ou délocaliseront hors UE (avec les conséquences sur l'emploi), à ton avis ?