Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Klask

Archives

24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 15:18

 

J'aimerai parfois annoncer autre chose que la pluie. Etre positif quoi! Mais c'est à croire qu'ils le font exprès! Comme si notre boulot, à nous militants UDB, était de répéter constamment la même chose.  Cette fois-ci, c'est le Comité Régional du Tourisme, organisme du Conseil régional de Bretagne, qui est en cause.

Apparemment, le concepteur de cette nouvelle pub est le directeur anglais: Michael Dodds. Assurément, il a du talent. Avec un ton jauni pour faire authentique ou au contraire très net pour réaliser un visuel sublimé. Du vrai travail de pro: ça ressemble à une pub pour une thalasso! C'est d'ailleurs la même clientèle qui est visée: golf, cheval, thalasso, parachute... c'est le quotidien des Bretons ça?

Passons sur ce côté bourgeois auquel on me rétorquera qu'il faut des capitaux pour développer une région (sous-entendu "de béotiens comme vous"). Moi, cette pub, ça me fait l'impression d'un Kinder, mais sans le jouet à l'intérieur. Du chocolat sans cacao. Bref, une sorte d'erzatz de culture où l'esthétique est un mensonge. "Be Breizh", il fallait l'inventer. Remarquez, après la "Glaz économie", la "Breizh Touch"... le "Breizh" est vendeur!

Mais si le mot Bretagne en breton est vendeur, pourquoi ne pas tenter l'expérience du breton carrément? "Be Breizh, mais pas trop brezhoneg quand même", voilà le slogan tel qu'il devrait être. Faire de la pub pour la mer n'a aucun intérêt: c'est une rente naturelle! Avec ou sans pub, les touristes seront là pour se baigner. Autant miser sur l'invisible, ce qui fait la richesse de notre pays, non? Je serai concepteur de pub, c'est ce que je ferais. Si ce n'était quelques paysages (la côte de granit rose, st malo), cette pub pourrait  être celle de n'importe quel coin en Irlande ou au Pays de Galles. M'enfin...

L'explication du slogan est encore plus nulle: "Be Breizh !" est une invitation au monde à être transformé par la Bretagne. C'est un processus unique qui permet à toute personne foulant le sol breton de retrouver la force qui est en elle en puisant dans celle de la Bretagne. "Be Breizh !" peut ainsi être utilisé pour souhaiter "bon courage ou bon vent !" à quelqu’un. Pour les aficionados de Star Wars, "Be Breizh !" est la déclinaison bretonne de "Que la force de la Bretagne soit avec toi !"

Aux reproches tels que le mien (demandant du breton), voici ce que dit Maria Vadillo, vice-présidente au tourisme:

« Je suis d'origine espagnole. Mickaël [le concepteur], lui, est Britannique. La Bretagne est une terre d'accueil et d'ouverture. Pourquoi opter pour un slogan breton qui immanquablement aurait ramené à l'idée d'un repli identitaire » (Le Télégramme 9 août 2010).

Je suis certain que cette réplique plaira à sa collègue Léna Louarn, vice-présidente aux langues de Bretagne et fervente défenseur du breton depuis 40 ans ou même à l'actrice de leurs petits clips (un peu plus drôle), Goulwena an Hénaff qui anime des émissions en breton et joue dans Ken tuch.

Sympa les petites phrases assassines du genre. En gros, le breton, c'est le repli, vive l'anglais! Qu'attendons-nous pour nous y mettre donc? Here we go! "Speakomp" in english and stop french! Ah, mais non, le français, "c'est pas pareil". Alors, pour souhaiter "bon courage", je dis "kalon vat" et pas "Be Breizh". Ce n'est pas parce que la TV nous transforme en âne sque la pub payée par la Région doit s'y adapter: les Bretons ont plus de deux mots de vocabulaire, essayons donc de tirer vers le haut!

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Julien 13/10/2010 12:47



Ce qui me dérange plus c'est le rapport contenu et commanditaire de la pub càd le conseil régional. Après qu'une thalasso ou un golf X ou Y fasse ce genre de pub ça ne me dérange pas



Chacalito 14/10/2010 15:38



Oui, moi de même.



ronank 02/09/2010 23:34



Bonsoir,


Je viens enfin de regarder la pub qui fait débat et j'ai été moi aussi déçu, même si le slogan "Be Breizh" ne me dérange pas et je le trouve même pas si mal. D'ailleurs, sur ce point, je trouve
l'intro du texte de Christian Le Meut sur la signification du terme et sa valeur lexicale complètement délirante. Enfin bon, chacun son point de vue...


Par contre, je suis moi aussi assez choqué par les propos de Maria Vadillo et si effectivement un slogan tout en breton n'était pas nécessairement le plus indiqué pour une communication
"internationale", je trouve que la langue bretonne aurait pu apparaître de manière détournée, pour renforcer le caractère de ce film. La toponymie et la signalétique bilingue participent aussi
fortement au dépaysement et j'ai déjà entendu pas mal de non bretons faire ce constat de manière très positive, donc au détour de quelques images, c'était assez simple à introduire. C'est assez
révélateur de la voir préciser qu'elle est d'origine Espagnole et Michael Todd Britanique, plutôt que de préciser leurs régions d'origines respectives (pourtant tout le monde identifie très bien
la Castille, l'Andalousie, la Catalogne, etc, et c'est encore plus vrai pour les régions britanniques). Ca montre un certain décalage intellectuel avec le fait de promouvoir une région autrement
plus singulière, que bien d'autres régions françaises...


Ensuite, le coup du parachute, du golf ou du cheval, là je suis aussi surpris. Certes, avec une telle mise en scène, on ne pourra pas leur reprocher de vouloir développer le tourisme de masse,
mais c'est clair que ça n'est pas plus réjouissant de voir que l'alternative proposée, c'est de faire de la Bretagne un terrain de jeu pour nouveaux riches.


Ensuite, il n'y a pas une seule goutte de pluie et là ça relève presque de l'escroquerie. Comme si la pluie c'était forcément moche et repoussant pour le touriste potentiel, alors que même pour
mettre en valeur des paysages ou autres, ça peut être parfois magnifique. En tout cas, s'ils comptent attirer des touristes l'été, ils ne risquent pas d'en voir beaucoup revenir l'été suivant.


Et je suis aussi d'accord sur le fait que ça manque de bretons. La seule scène vraiment animée, ça m'a plus l'air d'un ceili que d'un fest noz. Vu qu'on entend rien, je ne suis pas sûr, mais
c'est peut être la scène qui me parait la moins bretonne, même si les autres sont quand même très "clichés" pour parisiens.On a l'impression d'une pale copie dans l'idée de ce que font les
Irlandais, qui à mon sens, même s'ils jouent à fond sur les clichés, le font nettement mieux (peut être que si j'étais Irlandais je penserai l'inverse...).


Enfin, la musique, si à la première écoute, elle ne m'a pas trop choquée et si je n'y ai pas prêté vraiment attention, en voulant me repasser le film, j'ai commencé à la trouver agaçante et
finalement ne dégageant rien de particulièrement breton (Air France aurait très bien pu utiliser la même pour une pub). C'est peut être une grosse différence avec les pubs Irlandaises, où la
musique joue à fond son rôle à tous les niveaux, alors que là elle semble ne servir qu'à rythmer l'enchainement des images. Et quand je vois que Ridley Scott avait choisit pour la BO de "la chute
du faucon noir", "Gortoz a ran" de Denez Prigent accompagné de Lisa Gerrard, je me dis qu'une musique de ce type, y compris et peut être même plus encore en breton, aurait eu 10 fois plus de
force, y compris pour une diffusion internationale. Allez, pour la prochaine pub, la musqiue, ce sera les Ramoneurs de Menhirs avec Louise Ebrel !


 



Hugo 31/08/2010 19:59



Je n'ai pas dû tout comprendre sur ces histoires de langue bretonne parce que dans la pub personne ne parle alors où est le problème? Il y t'il une autre pub où les gens parlent?



Chacalito 01/09/2010 11:33



C'est le slogan que nous trouvons pourris. Particulièrement fade et commun (à tel point que l'occitanie a elle aussi une pub "Be Occitan"). Or, une politique touristique se doit d'être originale.
La langue bretonne l'est.


 


Et oui, sinon, il y a d'autres pubs (mini-clip). Mais encore une fois, ce n'est pas tant l'usage de la langue bretonne que la pauvreté intellectuelle qui ressort de ce clip qui m'effraye. Si j'ai
parlé de la langue bretonne, c'est que Maria Vadillo avait fait une bévue!


 


Cette pub, ça pourrait se passer en Cornouailles, en Irlande, au Pays de Galles, voir même en Normandie. Trois détails nous disent le contraire, mais est-ce cela la Bretagne?



Michel 27/08/2010 12:31



Si je comprends bien, les touristes sont des enculés de fils de pute de merde qu'il faut haïr car ces gros cons sont des enculés de bourgeois qui jouent au golf et ne parlent pas breton. Ah les
fils de pute de merde qui viennent en Bretagne alors qu'on ne les veut pas ces connards de merde. Mais qu'ils y laissent quand même un peu leur argent...


 


A propos la majorité des bretons qui partent en vacances en Corse, en Alsace, Occitanie, au Pays-Basque, ils en pensent quoi des langues minoritaires dans ces contrés? Et des pubs dans ces
langues?


 


Arrêtez de faire polémique où il n'y a pas à en avoir. C'est de la pub pas de la politique. La pub citée dans l'article est ciblée. C'est du marketing, pas de la politique ou de la culture. La
cible est un certain public, est-ce un mal? Je ne le pense pas ou alors je n'ai rien compris au marketing. Et franchement parler de 2 ou 3 étrangers qui parlent bretons et pas français, cela ne
fait pas venir les touristes. D'ailleurs s'ils connaissent le breton, ils connaissent la Bretagne et donc il n'est pas utile de leur en faire la pub. Non?



Chacalito 27/08/2010 14:51



L'argent de ces touristes, c'est aussi ce qui créé notre perte, l'exode des jeunes incapables d'acheter sur le littoral, la défiguration de nos côtes. CE n'est donc
pas LE tourisme que je critique, mais une certaine forme de tourisme promu politiquement par la majorité!


 


Car que je sache, une pub financée à 100% par le Conseil régional via le CRT, c'est un peu de la politique tout de même! Je ne demande pas que la pub soit entièrement en breton, mais que l'on
parle des bretons dedans. Or, là, on a franchement l'impression que les concepteurs de la pub promeuvent une Bretagne sans bretons.



eluca 26/08/2010 22:33



Vous croyez qu'elle en a quelque chose à fiche des Bretons et de leur culture, votre clientèle "golf, cheval, thalasso, parachute" ?


Cette campagne de pub vise uniquement les citadins aisés de plus de 50 ans, au cas où vous ne vous en seriez pas aperçu. Pas vraiment le genre de gens à apprendre à danser la gavotte. Ils
viennent en Bretagne pour les paysages, la nature et la qualité de l'accueil (hôtels, gastronomie, tarifs...). Les Bretons pourraient bien crever qu'ils s'en taperaient complètement.


Ces mêmes gens et leurs cousins très proches (les résidents secondaires) ont passé les 15 dernières années à s'approprier le littoral breton, à contraindre les jeunes ménages à s'installer à
l'intérieur des terres. A faire comme qui dirait un bras d'honneur aux Bretons. Ils ont transformé une bonne partie des communes cotières en musée de la Bretagne. Des villages avec une
mono-industrie touristique, vides 10 mois sur 12. Un échec sur toute la ligne.


Vous remarquerez qu'à la remarque faite aux gens du Comité Régional du Tourisme que "tout ça manque un peu de culture bretonne", ils ont ressorti comme toujours le vieux truc du risque de repli
sur soi. Ben voyons ! C'est vrai que promouvoir le golf, le cheval et la thalasso, c'est une grande preuve d'ouverture culturelle. Enfin d'ouverture vers la culture des 5% de la population qui
peuvent se les payer.


Ces gens-là vivent entre eux, en fait...