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Klask

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 18:37

PB-culture-et-politique.jpg

 

Depuis quelques semaines et suite à des discussions assez intéressantes avec des militants et militantes, j'ai élaboré une théorie qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui, je pense, mérite bien un article de blog, pour réflexion. Cette théorie, je l'ai testée auprès de quelques amis qui n'ont rien trouvé à y redire bien que je subodore quelques critiques une fois ces lignes parcourues...

 

Tout est venu d'une discussion sur les politiques et la communication avec une militante d'EELV. Cette dernière me parlait de "réseaux" et je lui rétorquais que ni eux (EELV), ni nous (UDB) n'avions de "réseaux" chose qui la chiffonnait un peu (EELV étant prompt à signer toutes les pétitions possibles). Et pourtant, lui rétorquai-je, ce n'est pas parce que quelques uns de vos militants ou des nôtres sont membres d'asso environnementales ou liés à la culture bretonne que nous avons du "réseau". Pour tout individu politisé normalement constitué, il est indéniable que le seul parti à avoir du "réseau" - autrement dit des relais suffisants pour peser dans des assemblées générales et vice-versa - c'est le PS. A Rennes, n'importe quel habitant du Blosne (quartier populaire) qui parle politique est membre du PS!

 

Pourquoi? L'une des raisons (mais pas la seule), c'est que le plus gros parti de France est aussi celui qui a le plus d'élus locaux! Or, les associations vont rarement à l'encontre des élus qui distribuent les subventions, sauf certaines dans lesquelles, justement, on retrouve nos militants! "Baise la main que tu ne peux couper" dit le proverbe. Je ne juge pas, je constate: combien de "têtes de réseaux" (syndicalistes, associatifs...) se retrouvent dans les conseils municipaux sur les listes socialistes?

 

De ce point de vue, la Bretagne diffère de tous les autres pays comptant des mouvements d'émancipation. Partout ailleurs, le mouvement culturel et le mouvement politique marchent main dans la main, avec un objectif commun. Chacun son travail certes, mais une confiance s'établit et des relations se nouent. En Bretagne, non! Je ne veux pas dire que les relations n'existent pas (preuve en est le forum des langues organisé par l'UDB auquel participait justement Ai'ta et Diwan pour ne citer qu'eux), mais c'est dans le rapport au Politique (avec un grand "P") que cela bloque. Diwan "ne fait pas de politique", Ai'ta "ne fait pas de politique", les asso écolo "ne font pas de politique". Etonnant! Moi j'avais cru comprendre qu'officialiser le breton, c'était faire de la politique, que revoir les façons d'habiter, de se loger, de se nourir, de se déplacer, c'était faire de la politique, j'avais aussi cru comprendre que revendiquer des pouvoirs régionaux ou la réunification, c'était de la politique. En confondant a-politique et a-partisan, le mouvement associatif se tire une balle dans le pied!

 

Alors, pour être tout à fait honnête, ce rapport n'est pas propre à la Bretagne, c'est un travers très français en réalité. Ce qui me fait dire que tout bretons (et même indépendantistes) que soient certains militants, ils pensent hexagonal! D'ailleurs, il n'est point besoin d'être sorti de St Cyr pour savoir que les lycéens Diwan, en sortant de Carhaix (où on peut imaginer qu'ils n'ont pas été formatés par le gavage républicain de l'Education Nationale), se tournent volontiers vers les idées écolo plus qu'autonomistes. Là encore, ce n'est pas un jugement. Etre breton ne se résume pas à porter une coiffe fort heureusement et ces jeunes ont tout à fait le droit d'exprimer leur personnalité dans un monde moderne... qui reste, selon eux, français! On en est toujours là...

 

L'UDB malgré ses prises de position n'est pas sorti dans la tête des bretons (les 4.5 millions, pas les 50000 qui votent breton) de ce carcan folklorique qu'il a souhaité dépasser en quittant le MOB en 1964. C'était justement la raison d'être de gauche pour l'UDB. Ce fut aussi le cas pour Emgann en 1982 et aujourd'hui pour Breizhistance. Le Peuple breton, c'était le marin pêcheur du Guil' ou l'ouvrier de Doux, c'était les chantiers navals de St Nazaire ou le paysan de Glomel. L'Etat, lui, nous traite comme des militants d'une autre époque, qui s'éclairent à la bougie et marchent en sabot. Il a magnifiquement réussi son coup d'ailleurs: combien de cartes politiques dans les bagadoù et autres cercles? Cherchez bien, elles ne sont pas nombreuses!

 

La société est ainsi faite que les partis bretons (quels qu'ils soient) n'ont jamais bénéficié de la sympathie populaire ou pour être plus précis (car les idées de l'UDB sont plutôt appréciées) de la CONFIANCE des gens. En termes clairs: les gens ne votent pas pour des partis minoritaires, ils n'aiment pas les perdants. Hélas, en politique comme à la bourse, c'est la confiance qui détermine la crédibilité! On peut avoir un parti le plus incapable possible, si les gens sont persuadés qu'il peut gouverner, alors il gouvernera. A l'inverse, tout compétent qu'il soit, un parti auquel personne ne croit restera attaché à son électorat traditionnel. C'est ce qui arrive à peu près à l'UDB. A peu près car il serait bien prétentieux de dire que nous n'avons aucun tort (après 50 ans bientôt, c'est logique).

 

anonymous.jpgDans ce rapport "Politique et culture", j'ai retrouvé un Peuple breton qui traitait de la question (juin 2006). Ronan Leprohon y expliquait justement que "la culture bretonne [au sens très large du terme] parce qu'elle possède un côté militant non contestable, a aussi un besoin vital du soutien politique" et vice-versa. Je pense, comme Ronan, que le mouvement associatif doit cesser d'avoir peur du Politique*  et s'emparer des outils qui existent, en adhérant certes, mais aussi en relayant l'info (pour nous via Le Peuple breton), en contribuant à la réflexion, en marchant parallèlement à l'action politique. Certes, beaucoup d'anciens du milieu breton sont critiqués par les jeunes (je pense à Tangi Louarn par exemple), mais eux avaient compris ça et à défaut d'être encartés conseillaient. Aujourd'hui, les jeunes bretons sont tout aussi désabusés par la politique que les autres jeunes de France et tentent de réinventer la poudre! Indignés, Anonymous, maintenant Pussy Riots, autant de mouvements éphémères qui, en voulant légitimemement démontrer les faiblesses de la social-démocratie, détruisent la légitimité du Politique donc du peuple.

 

Moi, je suis très clair, je fais de la politique, mais il est impossible d'avoir des résultats sans être soutenu. Ma prière est simple: aidez-nous à faire pression sur cet Etat castrateur. N'attendez pas que les choses arrivent, tout se gagne. L'Etat n'est pas disposé à nous faire des cadeaux "parce qu'on est gentils"! Réfléchissez à ce morceau de texte car la Politique sans les gens (ou avec des gens anonymes) = la loi du marché.

 

 

* Pour moi, l'adhésion au PS n'est pas majoritairement un engagement socialiste en témoigne la démocratie descendante qui existe chez eux, mais plutôt un engagement opportuniste. La base militante du PS que j'ai eu la chance de cotoyer (car ce sont des gens sincères) fait une confiance aveugle aux "élites" du parti. Leurs congrès en témoignent puisque le militant est relégué à adhérer à une motion quand, chez nous, tous les militants quels qu'ils soient, participent à l'élaboration du texte du congrès. Deux méthodes, deux philosophies...

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commentaires

Tietie007 13/01/2013 08:39


Passez un bonjour de ma part au proprio du seul bar de la Feuillée, si vous y passez. Merci.

yvonne 30/10/2012 09:40


(bon, ça fait un peu salon privé : il n'y a que moi comme contradicteur sur ce post-là ! mais , bon, un p'tit dernier commentaire quand même ;-)


"et personne ne les détruit! Le public-privé se fait partout, même pour les choses les plus élémentaires comme la distribution d'eau" : d'abord, je ne suis pas pour la destruction physique, mais
pour la réorganisation politique de la Cité. Il faudrait beaucoup mieux encadrer les accords public-privé ; et les exclure dans la gestion des besoins primaires, comme l'eau (bravo UDB à Rennes !
car peu de politiques, en France, du moins, ne s'en soucient ; alors qu'en Amérique Latine, de grandes avancées démocratiques ont eu lieu - suite à de vrais scandales, il est vrai). Et dans le
cas de cet aéroport, des accords signés il y a plusieurs dizaines d'années devraient être revus et réactualisés en fonction de la situation économique, politique, environnementale, actuelle !

yvonne 29/10/2012 09:57


(bizarre, mon message s'écrit en gras, et la touche ne fonctionne pas pour retour à une écriture simple - mille excuses)


ok, mais tu ne réponds pas à la question : sur un des espaces occupés par un des 14 aéroports "scandaleux", qui pourrait être réorganisé différemment, surtout si l'argument est passage ou non à
Paris : là, ce n'est pas le terrain qui est en cause, mais la politique d'aménagement du territoire. D'ailleurs, j'ai constaté en réservant un train que dorénavant, je ne peux plus prendre
l'intercités vers Bordeaux, et avoir une correspondance vers Biarritz sur un tgv qui arrive de Paris. Il faut maintenant faire lorient-paris et paris-biarritz : si ce n'est pas un retour à la
centralisation !


Et je pense que le basculement (tiens, le minuscule "revient" ?!!) d'une ligne de crédit vers une autre est aussi un choix politique, et donc il ne faut pas se satisfaire du "de toutes façons, ce
n'est pas possible". La politique sert à ça : changer les choses ! Surtout que dans l'histoire, c'est surtout une affaire très jûteuse pour le groupe Vinci et consorts, et c'est sans doute là que
le noeud du problème se situe : de grosses-très grosses pressions et intimidations pour honorer des contrats déjà signés, avant que toute la procédure démocratique ne soit entièrement validée,
non ?? en tout cas, cela ne m'étonnerait pas :-(

Chacalito 30/10/2012 09:15



Si, je l'ai dit plus haut. Et pour la réorganisation et pour la centralisation. Là où je te rejoins, c'est que ce projet d'aéroport a été fait à tort et à travers, surtout ces dernières années.


 


Mais concernant Vinci, l'argument ne tient pas: à Rennes, les parkmètres sont de chez eux et personne ne les détruit! Le public-privé se fait partout, même pour les choses les plus élémentaires
comme la distribution d'eau. A Rennes, nous (UDB) agissons, à la mairie, pour que l'eau soit gérée par le public. Et c'est en passe de réussir.


 


Oui, basculer une ligne de crédit est politique, mais ceux pour qui les gens votent ne font pas ce genre de choses: ils gèrent. Cela dit, ce projet a été validé démocratiquement... mais il y a de
nombreuses années! D'où les réactions.



yvonne 28/10/2012 19:33


bon, là, je ne te comprends plus : pourquoi, mais alors : POURQUOI encore construire une grosse merde de béton, plutôt que réhabiliter un des 14 machins existants (sans blague : 14 ?!)? Et ces
milllions économisés pourraient savamment commencer à travailler sur les mentalités des générations futures (contre pub, et information, formation, éducation, etc)....

Chacalito 29/10/2012 09:24



1. On ne peut pas opposer les budgets! Si cet aéroport ne se fait pas, ça ne fera pas plus d'enseignants, ni plus de crèches. Et avec une telle logique, pourquoi financer du breton? Il y a des
gens qui dorment dans la rue. Les priorités sont différentes selon les gens. Pour nous, le breton est important, mais si on faisait un sondage sur les priorités, promouvoir les langues
arriveraient loin derrière donner du travail à tout le monde. Cela veut-il dire qu'on ne doit pas le faire? 


 


2. je préfère deux aéroports que 14. Privilégier l'existant, je suis pour, mais quand l'existant est scandaleux et lamentable, pourquoi continuer le scandale? Ce sont aussi des millions qui
partent en fumée chaque année pour rien. Moi, je refuse de passer par Paris pour aller à Lyon, je refuse de passer par Paris pour aller en Afrique ou pour aller en Asie. ça n'a pas lieu d'être
(lis donc mon dernier article de blog sur le Grand Paris que personne ne dénonce).


 


3. Un jour, mon père m'a dit qu'à son époque, l'UDB "faisait comme si". Comme si l'autonomie était déjà là, avec un gouvernement qui soit autonomiste et dans nos idées. Ce n'est pas le cas et ce
n'est pas le gouvernement qui va s'adapter à nous, c'est à nous de s'adapter à cette réalité et de faire du mieux que l'on peut... jusqu'à ce que nous puissions prétendre à décider nous-mêmes.


 


Rassure-toi, le congrès de l'UDB approche. Normalement, il est prévu un vote sur le sujet. Connaissant les militants, le "non" l'emportera. Pour ce que cela changera...



yvonne 27/10/2012 16:18


ah, non pas d'accord, là ! "discriminatoire" : ah non et non !! le jour où les passagers paieront le vrai prix de leur carburant, et du coût écologique, et des constructions subventionnées des
avions (probablement encore plus que les automobiles). si une vraie politique du transport étaient organisée avec ces critères écologiques, le train serait plus attractif ; il y a aussi un
imaginaire collectif, façonné par 50 ans de pub, à modifier...


Et puis, c'est quoi cet argument "tant que je serai vivant, il y aura du pétrole" : mais à quelles conditions ? les gaz de schistes, les forages hyper-profonds, aux pôles, sans avoir aucune idée
précise des dégâts irréversibles que cela provoquera ?  Si c'est pas la politique économique du néolibéralisme  là ?!!! (après nous, la fin du monde). Faire un aéroport intercontinental
pour recevoir les milliardaires chinois, américains, ou russes : non merci, ce n'est pas le développement économique dont je rêve pour la Bretagne, la France, ou l'Europe !

Chacalito 28/10/2012 13:27



Justement Yvonne! Si on payait le vrai prix, il faudrait fermer des aéroports. Or, je n'entends AUCUN écolo le demander. Ni même critiquer l'aggrandissement de Roissy! Il ne s'agit pas d'accepter
le libéralisme donc, mais de faire la transition entre deux modèles (l'existant que je critique et l'idéal que j'ambitionne).


 


Dans l'idéal, je rêve d'un monde qui ressemble au tien. Mais je t'arrête tout de suite: ce monde-là ne se fera pas si on ne cherche pas à y arriver. Pour y arriver, il faut
partir de l'existant et pas de l'idéal. Les 50 ans de pub comme tu dis ne se déferont pas par l'opération du St Esprit.


 


Je pense que la pénurie de carburant ne doit pas être l'argument qui nous pousse à faire mieux. ça, c'est une contrainte économique et écologique, pas un changement de conscience comme celui
auquel aspire Rabhi par exemple. Moi, je veux faire évoluer les transports pour que chacun puisse vivre sans être dépendant d'une voiture. Car la voiture est nécessité pour beaucoup. A nous de
changer cela et ça ne se fera pas en disant "stop aux routes".


 


Donc, deux choix:


1. "se laver les mains" en acceptant que d'autres fassent ce que nous ne voulons pas faire. Pendant que nous débattons, les chinois colonise l'Afrique à coup de fric.


2. Construire la transition et démontrer par A + B que notre système est viable et généralisable à l'ensemble de la planète.


 


En gros, je ne vois pas bien en quoi je suis moins écolo qu'EELV quand je dis que je veux 2 aéroports en Bretagne plutôt que 14. Le "changement", ce n'est pas maintenant, le changement, ça se
construit.