Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Klask

Archives

12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 16:25

revolution.jpgQu'elle est pauvre l'époque dans laquelle nous vivons! Les intellectuels sont jetés aux oubliettes ou baillonés au profit de quelques sophistes, finalement pas si gênants, ou en tout cas labellisés par l'Etat pour faire les marioles sur les plateaux télé. C'est le cas d'un certain philosophe, Michel Onfray pour ne pas le citer, qui critiqua récemment BHL, trop médiatique à son goût pour être un "vrai" écrivain. C'est l'hôpital qui se fout de la charité... lui qu'on dit "philosophe" et chouchou des médias! Si philosopher, c'est savoir parler, alors je connais plus d'un philosophe!

 

Dans un article du Monde du 10 juillet (lire ici avant de poursuivre), le plus célèbre vulgarisateur de France, celui que tout le monde respecte parce qu'il a ouvert des cours de philo populaire à Caen, nous démontre qu'on peut avoir une bonne idée, mais dispenser des idées nauséabondes. Je lui conseille de plancher sur un sujet: tolérance ou respect?

 

La tolérance, c'est accepter ce qu'on désapprouve. Le respect, c'est considérer la chose ou la personne. En réalité, drapé dans sa vertue de républicain de gauche (caviar), M. Onfray est un petit Robespierre. Grands discours sur l'amour et contre la peine de mort, mais juge de ce qui doit être et ne pas être. Pour M. Onfray, soi-disant athée, il y a le bon et le mauvais (1). Moi, je dis: Démocratie ne vaut que si les gens sont éduqués... ou plutôt instruits (pour qu'ils s'éduquent eux-mêmes). Je crois l'être suffisamment pour critiquer cet âne qui montre jour après jour qu'il fait de la République une Religion et la langue française une sur-langue, vecteur de civilisation?

 

Assurément, les langues régionales, c'est mal. A nouveau j'oserai la comparaison avec Robespierre à ceci près qu'au XXIème siècle, croire aux "ennemis de l'intérieur" (2) avec une telle foi est un signe de déficience mentale: paranoïa on appelle ça! Ah, mais M. Onfray ne veut pas changer, c'est vrai que, pour lui, tous les psy sont des charlatans (voir son dernier livre). De même que, c'est bien connu, tous les profs sont des fainéants, tous les politiques sont pourris... une réthorique bien connu du FN et popularisée par Le Pen. Je me permets d'y aller franco puisque, selon ses dires, je suis (parce que je défends les langues régionales et, pire, que je pratique le breton) "un cheval de troie de la xénophobie", que "j'exclue l'étranger"...

 

Nous, les méchants, autonomistes, indépendantistes, on les connait vos discours! Ce sont eux qui dressent les uns contre les autres les langues au profit du français. Vous qui ne parlez ni esperanto, ni gallo, mais qui tentez de leur faire croire que si ces langues ne décollent pas, c'est de notre faute. Jeu de dupes puisque vous ne parlez aucune de ces langues. Elles sont simplement "pratiques". Un vrai roman d'intrigues où les alliances improbables se nouent... franc mac' à la con! Vous savez pertinemment que pour détruire une culture, il suffit de détruire sa langue. Détruire une langue, c'est détruire le rapport d'un peuple à son territoire, c'est déraciner un sentiment d'appartenance. Et quoi de plus facile quand l'Etat permet de le faire légalement, doucement, mais sûrement?

 

Les ennemis de l'intérieur! Paranoïa qui me donne envie de plonger dans les livres d'expertes de la Révolution Française: Mona Ouzouf et Suzanne Citron. Ah, c'est vrai qu'ils sont fortiches nos gardiens du temple, les Charasse et Mélenchon, véritables pastiches des révolutionnaires d'antan, mais qui n'ont pas évolué! Onfray nous taxe de "dinosaure", je me marre!

 

D'où la langue bretonne serait une menace pour la Nation française? Diwan, "une secte" dixit le Sénateur de l'Essonne au Sénat en 2008 (lire ici)? Je connais peu de bretons qui ne soutiennent la France dans les compétitions internationales (excepté l'équipe de football, mais cela est lié à leur qualité). Construire son identité au détriment d'autres, voilà bien votre rôle de péquenots, craintifs que vous êtes de voir s'effondrer votre beau chateau de sable. La France est un mythe, elle s'est construite dans le sang et le mépris d'Autrui. Suis-je anti-français en disant cela? Je ne crois pas. Car chaque nation est un mythe. Elle se construit parce que des hommes et des femmes y croient.

 

Mais tous ces fanatiques - et j'emploie du vocabulaire religieux à dessein - comprennent-ils la complexité du monde? Soucieux, eux les laïcards, de défendre les valeurs de la République (lesquelles? Liberté? Egalité? Fraternité?), ils pactisent avec l'Abbé Grégoire (voir ici) et tendent à l'uniformisation.

 

Jacobinisme est certes un mot désuet, mais il est toujours d'actualité. Un mot désuet pour individus désuets! Le jacobinisme s'accorde très bien de l'uniformisation capitaliste... dès lors que la langue française reste la tête hors de l'eau. Ne comprennent-ils pas que défendre la diversité linguistique et donc le breton, le corse, le basque, c'est aussi défendre le français dans le monde, fut-il la langue du colon? Un poids deux mesures pour ces Justes!

 

europe-langues-continent.gif

 

Je ne sais pas sur quel piédestal ils placent le français, mais il serait temps de leur apprendre que chaque langue est le produit d'une réflexion humaine. Que le breton n'est pas un dialecte, mais une langue distincte du français. Qu'il puisse co-exister des cultures en France n'était pas dans leur schéma de conquête du monde. Minus et Cortex de pacotille! Il existe effectivement divers breton comme il existe divers français, mais l'essentiel est que la communication puisse avoir lieu. Et le breton dit "unifié" est compréhensible, croyez-le! Cela doit-il empêcher les dialectes de vivre? Non. Mélenchon et Onfray ne font que colporter des ragots qui ont fait leur temps. Moi qui ne parle pas si bien breton que cela, je comprends un vannetais ou un léonard, un cornouaillais ou un trégorois!

 

Alors, oui, Monsieur Onfray, je suis tribal! Oui, je suis un farouche anti-universaliste car ce sont les gens comme vous, les missionnaires (qu'ils soient religieux ou laïcs), qui ont décimés des cultures entières! Indiens d'Amérique, d'Amazonie, peuples primitifs en Afrique ou en Asie, cultures minoritaires en Europe. Vous participez à l'extinction, comme M. Arthus Bertrand hostile aux langues régionales, d'une diversité aussi importante que la biodiversité! Car une langue est le reflet d'une idée du monde et un philosophe devrait comprendre ça. Et, pour le clin d'oeil, je reprendrais à mon compte une citation de Robespierre: « La plus extravagante idée qui peut naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à mains armées chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés… ».

 

C'est bien ce que vous faites non? Vous entrez chez les gens et leur imposez votre vision uniformisée du monde. Vous êtes un guerrier de la pensée. Vous niez l'individu et son droit d'exister tel qu'il est.

 

fardeau_des_privileges.gifJe passe sur vos conceptions politiques, elles mériteraient un article entier tant c'est risible! Que vous souteniez Mélenchon comme candidat en 2012 n'est pas étonnant, mais que pensez de vos positions publiques: post-anarchiste? Finalement, l'Etat n'est pas si mauvais? Personnellement, j'estime qu'il n'est qu'un outil et dès lors que cet Etat ne répond plus aux exigences du peuple, il doit disparaître comme a disparu la monarchie (quoique?). Et puis, finalement, le capitalisme n'est pas si mauvais? Et l'Etat peut être vecteur de positions libertaires! J'en parlerai aux punks que je connais, ils apprécieront la blague! Moi, j'en reste à l'idée initiale de l'échange, comme un bon barbare (celui qui n'est pas grec romain français). Sortir du système marchand est une utopie, mais cela veut-il dire qu'on ne doit pas y tendre?

 

Vous seriez révolutionnaire? Quel clown! Si c'est cela être révolutionnaire, alors je ne donne pas cher de notre planète. Je ne suis pas de cette révolution-là! Celle que vous adulez a troqué les nobles contre les bourgeois. Vous êtes moulé dans un conformisme ringard et avez peint la tolle en un camaïeu de rouge, noir et rose. Soit vous manquez d'imagination, soit vous êtes conditionné... plutôt problématique pour un "philosophe".

 

Gâgeons que ma prose ne vous arrivera jamais entre les mains et que, si c'était le cas, vous hausseriez les épaules en vous disant que je suis un jeune coq. Sans doute le suis-je, mais je déteste la fange intellectuelle et j'essaye, chaque jour qui passe, de faire en sorte que mes pattes ne pâtaugent pas dans le fumier! Difficile en France.

 

 

 

(1)  y a deux peuples en France : L'un est la masse des citoyens, pure, simple, altérée de justice et amie de la Liberté: c'est ce peuple vertueux qui verse tout son sang pour fonder la République qui en impose aux ennemis du dedans et ébranle les trônes des tyrans. L'autre est ce ramassi d'ambitieux et d'intrigants, c'est ce peuple babillard, charlatan, articificieux, qui se montre partout, qui persécute le patriotisme, qui s'empare des tribunes et souvent des fonctions publiques ; qui abuse de l'instruction que les avantages de l'ancien régime lui ont donnée, pour tromper l'opinion publique ; c'est ce peuple de fripons, d'étrangers, de contre-révolutionnaires hypocrites, qui se place entre le peuple franças et ses représentants, pour tromper l'un et calomnier les autres, pour entraver leurs opérations, pour tourner contre le bien public les lois les plus utiles et les vérités les plus salutaires.  (Robespierre, sur les ennemis de la Nation).

 

(2) « Domptons nos ennemis du dedans et ensuite marchons à tous les tyrans de la terre… » citation de Robespierre.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

nationalistejacobin 28/02/2011 11:54



@jean


1) Pourquoi se limiter aux députés bretons? Des députés normands, girondins, lyonnais... ont été "divisés" en deux. Voulez-vous faire de la guerre civile de 1793 une guerre "nationale" entre
Français et Bretons? Soyons sérieux... Les "nationalistes jacobins" ont défendu la France à un moment où, faut-il le rappeler, les armées étrangères étaient aux portes du pays. Se révolter quand
la patrie est en danger, ce n'est pas du courage, c'est de la haute trahison, nuance. Mais je suis bien sûr qu'il s'est trouvé des milliers de Bretons pour servir la Convention. J'ajoute que si
un pays en reste à ses guerres civiles (tous les pays en connaissent), aucune nation n'existerait...


Nous sommes responsables de la division de la Bretagne? Mais les différences culturelles et linguistiques entre Basse et Haute-Bretagne existent ou non? Nombre d'historiens s'accordent à dire que
la "coupure" était bien réelle avant même l'union avec la France... Le problème des nationalistes bretons, c'est qu'ils font la même chose qu'ils reprochent aux nationalistes français: ils ont un
problème avec la diversité de leur région... Et ils oublient qu'il y a plusieurs dialectes bretons distincts et non une langue bretonne celtique...


La France est partie d'un meilleur pied précisément parce qu'elle s'est choisie une langue véhiculaire. La Bretagne l'a-t-elle fait? Jamais. Et vous ne changerez rien au fait que les ducs ont
choisi le français, laissant de côté leurs sujets bretonnisants. C'est bien triste (pour vous), mais c'est ainsi. 


2) Et alors? La langue française est la langue véhiculaire du territoire français. La question de l'anglais et du recul du français à l'international est une autre question, ne mélangeons pas
tout. Mais on voit bien comment certains Bretons comptent utiliser l'affaiblissement du français dans le monde pour faire avancer leurs revendications. Je ne leur en veux pas: c'est de bonne
guerre après tout. Mais comprenez que pour les gens comme moi, il est aussi de bonne guerre de jouer sur les divisions entre Bretons...


3) Il est inutile de m'attirer sur le terrain des Cajuns ou autres. Je le répète, il y a une différence fondamentale entre la place du français sur le territoire de la République et son
affaiblissement au niveau mondial. Le débat portait sur la Bretagne qui aux dernières nouvelles faisaient encore partie de la France...



Chacalito 28/02/2011 15:41



Vous vous prenez les pieds dans le tapis assurément. "Ce n'est pas pareil".


 


Quand aux différences entre haute et basse-Bretagne, elles existent... un peu! Aujourd'hui, un breton est un breton. Et vos vieilles histoires de l'après-révolution semblent bien archaïques à
défendre aujourd'hui: quel est donc le risque pour la france, la nation française et sa langue de donner une place aux langues régionales?



nationalistejacobin 28/02/2011 11:32



Tout projet politique rencontre des oppositions. Cet argument est donc un peu faible.


Pour ce qui est de la langue bretonne, ses défenseurs font preuve d'une certaine paresse et d'un certain illogisme: ils attendent de la République française qu'elle sauve leur langue! Mais la
République française doit se préoccuper de promouvoir la langue française, sur le territoire national et en-dehors. Ensuite, vous semblez ignorer que vous disposez d'un certain nombre de
possibilités: création d'associations, voire d'écoles privées, de clubs... Prenez-vous en charge! N'attendez pas tout de l'Etat. Sur l'obligation de parler français, elle n'empêche nullement
vos entreprises et vos commerces de proposer des informations, notices, menus... bilingues.


Mais surtout, ne faites pas comme si la question linguistique était distincte de la question politique: quand je lis que certains groupes défenseurs du breton recréent de toute pièce une langue
bretonne fictive à partir de dialectes anciens sensiblement différents les uns des autres, je m'interroge sur l'honnêteté intellectuelle de cette démarche. Je pense qu'il s'agit d'une
instrumentalisation de la question linguistique à des fins politiques, mais ce n'est que mon avis.


"Génocide culturel", "ethnocide"... Le problème n'est pas MON dictionnaire ou le votre. Le problème est qu'une langue obéit à des principes. L'un de ces principes est que les mots ont une
histoire, et on ne saurait les employer dans n'importe quel contexte selon son humeur du moment. Le suffixe "-cide" vient du verbe latin "occidere" (occire en français, emploi vieilli) et
contient l'idée concrète de meurtre d'une personne. De plus le mot "génocide" apparaît au XX° siècle et fait référence à des épisodes précis: la Shoah, le génocide rwandais... Par conséquent,
parler de "génocide", même en ajoutant le mot "culturel", c'est placer les Bretons dans la position des juifs ou des Tutsis, et la France dans le rôle des nazis ou des Hutus. Comme vous l'avez
dit, "pas d'anachronisme". Et bien les anachronismes concernent aussi l'usage des mots...


Soyons sérieux: l'histoire de l'humanité est une litanie ennuyeuse de "génocide culturel" ou d'"ethnocide". Et pourtant, c'est ainsi que les civilisations naissent et se développent. Ce que vous
nommez "génocide culturel" n'est rien d'aute qu'une acculturation. Dans le processus d'acculturation, on perd quelque chose, mais on reçoit aussi. Au demeurant, les Bretons sont-ils moins bretons
parce qu'ils parlent français et sont Français? Il est probable que les Bretons d'aujourd'hui connaissent mieux l'histoire de leur région que les paysans illétrés qui parlaient le "bon" breton il
y a trois siècles...


Sur l'arrivée des Bretons, ce n'est pas un détail et vous avez raison de l'évoquer. Les Bretons s'installent avec l'accord des autorités romaines, en tant que réfugiés ou soldats sujets de
l'Empire romain (la Bretagne étant romaine). Là où la population autochtone est peu nombreuse, à l'ouest de l'Armorique, leurs dialectes s'imposent effaçant au passage la langue gauloise ou le
bas-latin utilisés auparavant. C'est donc un "ethnocide"...



jean 27/02/2011 11:11



@"nationalistejacobin". Pour en revenir à votre premier post, d'autres éléments de réponse à vos questions:


1) Des bretons à la Convention? En 1793, quand les "nationalistes jacobins" ont pris le pouvoir, ils ont destitué presque la moitié des députés bretons de la Convention. Cela prouve de maniere
irréfutable qu'il y avait bien des députés bretons à la Convention!


Pour les "nationalistes jacobins", tout se divise (sauf le peuple francais et la France qui sont eux indivisibles). En 1793, ils ont ainsi divisé en deux plusieurs députés bretons de la
Convention (des non bretons aussi évidemment). Et aussi les 26 membres du Conseil Général du Finistere. Aujourd'hui, ils adorent "diviser" la Bretagne entre l'Ouest bretonnant et l'Est gallo.
Mais leurs démonstrations me rendent sceptique sur la notion d'"unicité du peuple français". Ben, si la Bretagne est partie d'un mauvais pied pour constituer un seul peuple, alors que dire de la
France qui l'englobe?


2) lingua franca vs "langue vernaculaire". Sure, man. But French is no longer Europe's lingua franca. I know it, you know it, everybody does. So, is it time for our legislators to write in the
new lingua franca? Is it time for us to force English down their throats? How should we punish recalcitrant legislators? By having them wearing wooden shoes round their necks? I guess some
"backwards " jacobin politicians would protest, but as you said... there is no such thing as "cultural genocide"! :)


3) Le francais officiel sous les Ducs. La réponse à votre question dans cette interview de Ronan Le Coadic.


http://rkb.podcast.stalig.net/rnn/Audio%20files/RNN_2010_01_27.mp3


Vous vouliez la réponse d'un breton et elle est en breton! J'espère que vous comprenez. A vrai dire je m'en tape un peu (ou plutôt I don't give a damn, vu que parait-il c'est mieux d'utiliser une
langue véhiculaire pour que tout le monde comprenne bien :-). Pea vo grwaet, e-giz-nahe 'ma an traou/qu'est ce qu'on y peut, c'est comme ça. Une de mes grand-mères ne parlait pas français et
elle, c'était le Code Civil qu'elle pouvait pas comprendre...


Et pour finir, un lien vers l'article sympa d'un cajun qui se désole de ne pas parler français, et qui analyse les raisons du recul du francais cajun (ou comment amener une langue au bord de
l'extinction sans jamais l'interdire dans la sphère privée). http://okpolicy.org/blog/capitolmatters/je-ne-parle-pas-francais (hey, c'est écrit en langue véhiculaire!
Chouette, tout le monde pourra comprendre! :-)


ps: je vous retourne aussi votre question sur les immigrants bretons: leur culture est-elle moins légitime que celle des Romains ou des Francs?



RonanK 26/02/2011 17:12



Plutôt que de parler de génocide culturel, il est plus précis de parler d'ethnocide...


Sinon, l'existence d'un peuple ou d'une nation ne se définit à mes yeux pas par sa langue, mais par la conscience commune de former un peuple (encore fortement présente en Bretagne quoi que vous
en pensiez et ce en base bretagne comme en haute bretagne) et le fait d'être reconnu comme tel à l'extérieur (assez fréquemment le cas la aussi, quoi que vous en pensiez également). En avançant
ceci, vous vous contredisez pas mal en grand défensuer du peuple français, puisque d'une part il n'y a pas non plus une seule langue en France et que la langue française est parlée par bien
d'autres peuples...


Sinon, il n'y a plus de loi interdiant de parler breton, mais il reste encore un paquet de lois, ou règlementations, qui obligent à parler français, ce qui indirectement revient au même. Pour
qu'une langue, quelle qu'elle soit, reste vivante, son usage ne peut être confiné à la sphère privée. La politique de l'Etat Français en Bretagne aujourd'hui (et d'une bonne partie des autorités
politiques bretonnes aussi, il faut le reconnaître), c'est de considérer qu'il n'y a plus besoin d'interdire, que l'essentiel est fait et que comme la langue bretonne va cesser d'être une langue
vivante, on peut s'autoriser des soins palliatifs, donnant un visage "humain" à une politique accompagnant sa disparition.


 



Chacalito 26/02/2011 17:44



Rien à ajouter à ta réflexion Ronan.



nationalistejacobin 26/02/2011 11:54



"Quel rapport?" C'est simple: les Bretons ont pris part au projet de construction nationale de la France depuis la Révolution. Ils ont versé leur sang pour le pays. Tout n'a pas été parfait sans
doute, mais qui niera que la Bretagne a connu un développement économique important au XX° siècle? Aujourd'hui, certains Bretons veulent tourner le dos à un projet politique dans lequel ils se
sont longtemps investis. Je trouve cela dommage, mais ce n'est que mon avis.


Génocide: extermination d'un peuple par un autre peuple


Génocide culturel: ??? Cela n'existe pas. Doit-on faire un procès aux Romains pour avoir romaniser les Gaules? Doit-on poursuivre les Alsaciens pour avoir arracher l'Alsace à la culture
gallo-romaine? D'ailleurs les Bretons ne sont jamais que des envahisseurs arrivés au V° siècle. Leur culture est-elle plus légitime que celle des Romains ou des Francs? En tout cas, j'aimerais
qu'on me présente la loi qui interdit totalement et explicitement (y compris dans la sphère privée) l'usage d'une langue régionale.


Enfin, pour parler de génocide, il faut qu'il y ait un peuple. Or qu'est-ce qui fait un peuple? Sa langue, entre autres. Avec deux langues très différentes, les Bretons ne partent pas d'un bon
pied.


Qu'est-ce que les harkis viennent faire dans le débat? Ce qui est certain, c'est que "les livres" racontent des choses bien différentes selon les auteurs! Tous les livres publiés sur le sujet ne
donnent certainement pas la même vision des choses. Et puis la recherche historique évolue...


Clovis n'est pas qu'un mythe. Il est le fondateur d'une dynastie qui a gouverné un espace immense, des Pyrénées à l'Elbe, de la mer du Nord à la Provence, excusez du peu. Le mythe consiste à
faire croire qu'il est le premier roi de France, ce qu'il n'est pas. Mais il fonde une monarchie catholique dont les rois de France se sont toujours réclamés, en se faisant sacrés à Reims, la
ville du baptême. On ne saurait prétendre que Clovis n'a rien à voir avec la France, il est l'un des précurseurs. Mais l'histoire aurait pu prendre un autre chemin.


Je suis d'accord avec vous sur la "mythification de certains personnages". Ces personnages pouvant aussi être des figures de l'histoire bretonne... 



Chacalito 26/02/2011 15:31



Vous voyez, on arrive finalement à s'entendre sur certains sujets. Clovis a existé, je ne dis pas le contraire, ma critique vise la construction nationale faite autour de lui.


 


De même, je suis parfaitement d'accord avec vous: les Bretons ont participé au projet de construction nationale de la France depuis la Révolution. Mais "les Bretons", ce n'est pas un tout
homogène et il y a toujours eu des critiques. D'autre part, je ne fais pas d'anachronisme, je ne dis pas "l'Histoire, ce n'est pas ça", je me pose la question du futur et de la pertinence de
concept à mon sens dépassé.


 


Je connais le sens du mot "génocide" et je l'utilise à dessein. Je me fous pas mal que le terme "génocide culturel" n'existe pas dans VOTRE dico. Je constate que si j'utilise "génocide", je suis
excessif. Or, du point de vue strictement culturel et linguistique, le jacobinisme a la volonté de ne faire exister qu'une culture: française.


 


Il n'y a certes pas de lois qui interdisent individuellement de parler breton, mais collectivement si: c'est encore l'Etat qui ouvre les classes de breton, qui donne les moyens à une langue
d'exister ou non. Et ce n'est pas avec le traitement auquel la langue bretonne a le droit que je vais revenir sur cette idée.


 


Pour finir, mais c'est un détail, les bretons arrivés de Bretagne (Grande) se sont établis en paix avec les peuples en place. Même si c'était l'inverse, je n'ai jamais prétendu que les Bretons
étaient un peuple "über alles".