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Klask

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 14:52

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François Hollande nous promettait " un véritable acte 3 de la décentralisation", on se dirige plutôt vers un "nouvel acte de la gestion publique" fidèle à la conception que se fait l'Etat de ses "régions", des exécutants. Cette belle carte de magnets que l'on trouve dans les sachets Père Dodu (une pensée pour les salariés de Doux au passage) reflètent finalement assez bien l'expression "diviser pour mieux régner" ou quand la technocratie gouverne! De jour en jour, dans la gazette des communes, dans des réunions ou par la bande, on reconstitue un puzzle qui nous confirme dans l'idée que la démocratie, en France, est très descendante et qu'on peut patienter encore quelques siècles avant d'aboutir à une République qui fait confiance à ses territoires!

 

Marylise Lebranchu qu'on imagine assaillie par les lobbies de tout poil à commencer par les départementalistes, a annoncé que "le projet était prêt". Nous sommes ravis de l'apprendre! Et la consultation des élus dans tout ça? Le Sénat dit s'en être chargé par le biais d'énigmatiques états généraux de la démocratie où les sénateurs ont écouté les élus (leur corps électoral) émettrent leurs doléances. Sauf que les réunions ne sont pas terminées... ça donne envie de travailler, non? On aurait pu aussi imaginer que la société s'empare de ces sujets, non? Quand la réunion de demain aura eu lieu, on pourra alors dire que l'UDB s'est faite entendre dans les réunions de tous les départements bretons, élus ou non d'ailleurs. Pour ma part, je suis intervenu hier devant Edmond Hervé, Virginie Klès, Dominique de Legge et Jacky Le Menn (sénateurs d'Ille-et-Vilaine) pour faire valoir les préconisations de l'UDB à savoir réunifier la Bretagne, faire de la région le pivot de l'action public en lui conférant un pouvoir législatif (ou à court terme au minimum un pouvoir normatif), supprimer les conseils généraux au profit des pays...

 

Je n'ai pas l'intention de faire ici de grands discours sur la méthode, mais en tant qu'autonomiste, je trouve que le "véritable acte 3 de la décentralisation" semble petit bras par rapport aux ambitions premières. Une compétence économique renforcée, un pôle emploi/formation/orientation, quelques avancées culturelles (malgré tout)? La dernière chance reste l'expérimentation, véritable opportunité pour la Bretagne de pouvoir expérimentée si... si le président des départements de France n'était pas Claudie Lebreton, le président du Conseil général des Côtes d'Armor (on met donc de côté une nouvelle organisation territoriale qui aurait pu reposer sur les pays plutôt que les conseils généraux inutiles), si l'ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, n'était pas un farouche opposant à la réunification (on met donc de côté une nouvelle organisation territoriale de l'ouest de la France), si si si...

 

Résultat, d'Acte 3 on est en passe de nous servir de la rationalisation de l'action publique qui n'a rien à voir avec une quelconque ambition. On a les élus qu'on mérite me rétorquera-t-on! Et pendant qu'on nous sert l'argument de la péréquation pour nous faire passer, nous autonomistes, pour des égoïstes qui ne pensent qu'à la Bretagne, le Grand Paris se porte bien, merci, avec ses milliards investis dans de nouvelles gares SNCF et suffisamment de logements pour accueillir l'ensemble des bretons d'ici 25 ans! De quoi conforter la centralisation pendant 30 ans... Paradoxal, non?

 

On compte donc sur le groupe de travail régional sur l'expérimentation (piloté par l'UDB d'ailleurs) tout en se demandant si on ne se fouterait pas un peu de notre tronche? Allez Marylise, un petit effort... pense à tes votes au Conseil régional en faveur de la réunification administrative de la Bretagne! Rien n'est joué, mais on sent déjà que, comme pour le Grenelle de l'environnement sous Sarko, il y a des tabous sur lesquels on ne peut pas débattre. Ah, la démocratie française...

 


Voir mon précédent article sur le sujet

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commentaires

jean 31/10/2012 18:52


Je voudrais bien que Julien m’explique comment, avec ces régions fortes qui « gaspillent les fond publics » et dépensent à tort et à travers « sans se soucier de
rien », l’Espagne avait au début de la crise un déficit public global de seulement de 36% du PIB (contre >70% en France) et reste encore inférieur à celui de notre République
centralisée….


Il faudrait aussi que Julien m’explique par quel tour de passe-passe il peut présenter la Catalogne comme débitrice du gouvernement de Madrid alors que chaque année, le montant des taxes
prélevées par le gouvernement central en Catalogne excède de plus de 10 milliards les sommes que celui-ci redistribue en Catalogne....

Julien 01/10/2012 14:40


La crise économique n'arrange pas les choses car les pays avec de fortes régions comme le Royaume-unis, l'Espagne et l'Italie ont malheureusement des comptes publics locaux très déficitaires. La
Catalogne est l'exemple flagrand d'une région largement autonome qui a gaspillé les fonds publics sans se soucier de rien et aujourd'hui fait un chantage à l'indépendance à Madrid pour être
renflouée. Comme si ce n'était pas la gabgie généralisée en Catalogne qui n'était pas la première responsable.

Chacalito 01/10/2012 15:58



Qu'il y ait eu du gaspillage, c'est très probable, que ce soit ce gaspillage qui soit la raison de la crise (plus forte qu'ailleurs) en Catalogne, je ne suis pas d'accord. Si on raisonne avec le
système français, il est évident que c'est incompréhensible, mais la Catalogne paye tout et est amputée d'une partie (énorme) de ses recettes.


 


C'est l'intransigeance de l'Etat (de Madrid en particulier) qui pousse les gens à se déclarer indépendantiste. Quand un Etat ne protège plus, pourquoi s'y soumettre?