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Klask

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 01:32
Lola.jpgJ'ai appris la sortie de ce petit polar par l'intermédiaire du Peuple breton et la curiosité m'a vite gagné: d'abord parce que l'auteur est un de mes camarades de Loire-Atlantique, Pierre Emmanuel Marais, mais également parce qu'il traitait d'un sujet pas évident  (même plutôt casse-gueule) puisque "Ne m'appelle pas Lola" traite du nationalisme aveugle et du terrorisme et de la manipulation qui peuvent en découler.

J'entends d'ici les huées criant à l'amalgame! Je conseille à ceux à qui il viendrait cette idée de se procurer ce roman et de le lire. D'une part parce que cela se lit très bien (style efficace, rapide) et ensuite parce que le thème est abordé sans complexe. Il ne condamne absolument pas le fait de vouloir l'indépendance, mais met en évidence le cheminement intellectuel du héros, Malo, vers la conscience que la violence est une impasse.

Principalement située à Nantes, l'intrigue nous fait voyager entre Lorient, Groix, Vannes, mais aussi Bruxelles et Dusseldorf. Entre un héros qui parle à son amour perdu, un ami obsédé par le Rivage des Syrtes de Julien Gracq (Nantais) et l'indépendance de son pays, un flic rongé par cette "affaire Askolenn", la course poursuite dure, mais ne nous ennuye pas. Surtout si les basques s'en mêlent. Et Lola qui ne répond pas...

Violence absurde comme est absurde l'attente d'une guerre contre l'ennemi chez Gracq. Conflit ouvert qui n'existe plus, conflit larvé plus dur que jamais entre l'Etat et la Bretagne, ce livre a plus d'un niveau de lecture et c'est aussi ce qui fait sa richesse. Ponctué de phrases en breton, le roman est un plaidoyer pour la prise en considération d'une langue méprisée par un Etat borné, mais aussi d'un territoire coupé de son giron historique. Le mépris créé la violence. A l'heure où l'identité nationale refleurit, l'épouvantail du communautarisme n'est pas loin...

Merci donc aux éditions Yoran Embanner d'avoir publié ce bouquin, il vaut le détour.

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