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Klask

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 21:02

autonomie-etre-soi-parmi-les-autresPourquoi être autonomiste? Quelle idée saugrenue émerge dans nos têtes d'illuminés? Pour les uns ersatz d'indépendantiste, pour les autres - ignares se complaisant dans le cliché - poseurs de bombes, un autonomiste est réputé avoir le cul entre deux chaises. Ne serions-nous que des types qui essayent de concilier chèvre et chou? N'est-ce que cela l'autonomie, un marche-pied vers l'indépendance? Qu'elle est maigre l'imagination humaine! Pour ma part, je soutiens que l'autonomie est un concept bien plus révolutionnaire que l'indépendance, idée somme toute banale qui consiste, dans un monde dirigé par les États, d'avoir le sien propre pour que puisse s'exprimer la voix d'un peuple. Je reviendrai plus tard sur l'idée d'indépendance qui ne doit pas être caricaturée non plus et qui est bien mal acceptée en France, État jacobin par essence.

 

J'imagine que certains se marrent bien en lisant ces lignes. Les indépendantistes d'abord se disant qu'un parti qui aspire à gouverner ne peut pas être radical, confondant « radicalité » et « désordre », les jacobins ensuite qui disposent de tout l'arsenal médiatique pour dévoyer l'idée d'autonomie, prétextant que nous sommes anti-égalité voire - injure suprême - anti-républicain, confondant qui plus est « république » et « démocratie ».

 

Pourquoi donc ne pas être indépendantiste? D'abord parce que l'indépendance est un concept identitaire ce que n'est pas l'autonomie ("identitaire" ici ne doit pas être confondu avec le groupuscule raciste: l'indépendance n'est pas un concept raciste). Un indépendantiste souhaite créer un État-Nation. Pour lui, la nation et l'État ne font qu'un. Il ne peut donc supporter l'idée d'un État français, persuadé que la Bretagne est une nation (notez que je ne le nie pas) et que donc la France ne peut se définir comme une nation en intégrant la Bretagne, la Corse, la Catalogne, le Pays basque, l'Alsace, l'Occitanie, la Savoie (…). Au final, les limites territoriales de l'État français sont réduites à peau de chagrin! On m'a déjà reproché un jour de me sentir de plusieurs nations. Et bien oui, pour moi, la Bretagne est une nation... de même que la France, dans son périmètre actuel l'est aussi. Deux nations peuvent coexister sur un même territoire comme deux calques glissés les uns sous (ou sur) les autres. En réalité, on appelle ça une « carte mentale ». Pour certains, le territoire est breton, pour d'autres il est français. Qui détient la Vérité? Ne peut-on appartenir à plusieurs peuples? Quelle loi l'interdit?

 

Pause anecdote. Je me souviens un jour de décembre il y a quelques années avoir discuté avec Nadine Thouvenin de l'asso « Idées détournées ». Celle-ci m'expliquait qu'ils avaient pour projet de faire des marchés de Noël sur le modèle de « ceux de l'est ». Je ne voyais pas à quels marchés elle faisait allusion et m'imaginais l'Ukraine ou la Roumanie. Quand elle m'a dit « l'Alsace », j'ai compris que ma carte mentale était européenne et que les points cardinaux n'avaient franchement aucun sens s'ils n'étaient suivis d'un point de référence (sommes-nous oueston ou breton?). Quand je dis « Nord », je pense côte nord (Perros Guirec) et pas Lille! Fin de la pause anecdote.

 

L'autonomie donc n'est pas un concept identitaire car il ne repose pas sur une différenciation. L'autonomie est simplement un mode d'organisation de la vie publique, un moyen de rendre plus efficace la Politique en rapprochant la décision du citoyen. On peut donc être tout à fait autonomiste sans se sentir breton! D'ailleurs, j'ai en tête deux jeunes qui sont entrés à l'UDB et qui, malgré le fait qu'ils partageaient toutes nos idées, en sont partis car « ils ne sentaient pas breton ». C'est tout le challenge de l'UDB mod-nevez: conserver son identité bien sûr, mais réussir à garder dans ses rangs des gens qui ne se sentent pas breton.

 

Alors me direz-vous, pourquoi, si l'autonomie n'est pas un concept identitaire, n'y-a-t-il pas de mouvements autonomistes (ni d'ailleurs indépendantistes) dans le Béarn ou en Sologne? Bonne question. Avez-vous remarqué qu'en Europe de l'Ouest, les mouvements comme les nôtres sont situés aux périphéries de la capitale dite « nationale »? Bretagne, Corse, Alsace, Ipparalde, Catalogne nord et dans une moindre mesure Occitanie, mais aussi Euskadi, Galice, Catalogne sud, Pays de Galles, Ecosse, Cornouaille... Ailleurs, ç'aurait pu être un relatif isolement (la Kabylie ou le Kurdistan sont des peuples de montagne par exemple). Bref, en situation de périphérie (terrestre) ou de relatif isolement, ces territoires ont été plus épargnés par la centralisation. Disons moins soumis à l'attraction parisienne si bien que l'identité du pays a perduré et s'est aujourd'hui affirmée. Le fait que nous nous disions « périphériques » d'ailleurs, est quelque chose d'assez nouveau. Il est révélateur d'une pensée qui ne parvient pas à s'extraire d'un schéma hexagonal, une pensée qui affirme que Paris est le centre (même si elle critique ce fait). C'est pourtant nous le centre. « Nous ne sommes pas la province » écrivais-je il y a quelques années sur ce même blog. D'un point de vue maritime, nous ne sommes pas périphériques, nous sommes au contraire un véritable carrefour (inexploité soi-dit en passant).

 

avenir-radieux.jpgParadoxalement, contrairement à ce que j'ai affirmé plus haut, c'est pour échapper à l'uniformisation culturelle que ce sont créés les partis autonomistes. Pourquoi? Parce que l'autonomie permet de réduire l'influence politique d'une capitale tentaculaire, de réfléchir par soi-même plutôt que de penser machinalement. Autonomie, autonomos, est la capacité pour une personne ou un groupe d'avoir ses propres lois. Bien évidemment, le groupe doit avoir à l'esprit de vivre en société. Mais d'une certaine façon, ce qui est plus révolutionnaire dans l'autonomie que dans l'indépendance (on arrive au cœur du sujet), c'est cette idée que l'autonomie est une forme d'autogestion. Pour une société donnée, c'est s'émanciper d'un État qui décide à la place du citoyen et qui travaille non pas au bien-être d'autrui, mais à justifier son existence. Le communisme et le capitalisme se sont servis de l'Etat pour imposer leur idéal et ce, à n'importe quel prix, au détriment des peuples. L'État rend dépendant! Pourquoi donc en vouloir un de taille réduite?

 

A ce stade de l'argumentaire, il est nécessaire de rappeler qu'il existe une distinction entre « Etat » et « service public ». Un service public n'est pas nécessairement dispensé par l'État bien qu'à ce jour, ce que j'affirme n'existe pas. Et pourtant, ne pensez-vous pas qu'il serait souhaitable de théoriser le « post-étatisme ». Le bilan des Etats-nation est-il si folichon pour vouloir le conserver? Je ne suis pas certain d'avoir les capacités de définir seul ce concept que j'appelle de mes vœux, mais l'important n'est-il pas d'emprunter le chemin. Entre l'Idéal et la Réalité, il y a le militantisme!

 

L'autonomie n'existe qu'en complémentarité de l'Europe et, plus généralement, d'une gouvernance mondiale. Sans Europe, sans idée de dépassement de l'État-Nation, l'autonomie n'a pas vraiment lieu d'être à vrai dire. L'autonomie s'inscrit dans le principe de subsidiarité. A chaque échelon, sa capacité d'action. Je n'ai jamais été partisan de la gestion exogène, mais plutôt d'un aller-retour entre le local et le global. Or, en France, c'est l'État qui fait absolument tout. Et qu'on ne me parle pas de la décentralisation, d'un pseudo-régionalisme qui équivaut ni plus ni moins à faire faire par les Régions (administratives) ce que décide l'État! Comme le dit si bien Christian Guyonvarc'h, nos Régions ressemblent davantage à des chambres d'enregistrement qu'à de véritables gouvernement. Pourtant, il y a fort à parier que nous ferions mieux que l'État dans bien des domaines.

 

paternalisme.jpgL'idéal politique, n'est-ce pas de donner aux citoyens des outils pour comprendre le monde par eux-mêmes? Comprenez moi bien, je ne dis pas qu'un parti politique ne sert à rien puisqu'il représente pour moi un projet de société, mais en aucun cas, un parti ne doit gouverner pour dire ce qu'il fautfaire. Le paternalisme a vécu et il convient au contraire de donner des clefs de compréhension, d'élever l'intelligence collective afin d'améliorer le sort de cette planète tant socialement qu'écologiquement parlant. Au final, n'est-ce pas dans un sens l'idée anarchiste? Celle qui consiste non pas à refuser l'ordre comme il est couramment admis, mais à refuser l'autorité? Un homme est capable de réfléchir sans qu'on lui donne des coups de bâton. Pour cela, il doit être débarrassé de ce qui entrave l'élévation intellectuelle à savoir « le pain et les jeux » distribué par l'État pour endormir les consciences.

 

Vous riez? Vous trouvez sans doute que j'exagère? Mais tous ces citoyens, éternels mécontents, connaissent-ils les institutions qui régissent leur sacro-sainte République? Quand ils raillent les autonomistes, c'est la plupart du temps parce qu'ils raillent ce qui est différent d'eux, ce qu'ils ne comprennent pas. Bien peu tentent de comprendre notre point de vue. La curiosité est un défaut qui me plait à moi!

 

Notre point de vue est pourtant assez simple. Il part d'un principe de réalité qui constate que l'égalité que proclame la devise française est une utopie et que l'organisation et le fonctionnement actuel de l'État ne peut y mener. De même, la liberté ne peut être atteinte dans un État qui fait à la place de ses « administrés ». L'État Providence est sécurisant, il est aussi aliénant. Il faut donc trouver autre chose car l'État ne remplit plus le rôle qu'il parvenait à remplir aux 19ème et 20ème siècle. Le tout est de trouver un « modèle » territorial qui assure le bien-être de la population sans le contraindre de trop. Pas évident. L'autonomie est une première étape.

 

L'autonomie est une des formes du fédéralisme. Comme le dit la fédération Régions et Peuples solidairesà laquelle appartient l'UDB, « l'autonomie, c'est le fédéralisme différencié » autrement dit, c'est une forme de fédéralisme qui ne donne pas les mêmes prérogatives à tous les territoires. En fonction de la demande, le territoire se saisit de compétences nouvelles. On avance au rythme des gens. Cependant, je me méfie de la notion de « fédéralisme » en France depuis que j'ai lu il y a peu quelques articles où les journalistes certifiaient que la France était plus fédéraliste que l'Allemagne parce que l'Allemagne jouait le jeu d'une Europe politique et que la France souhaitait une Europe des États. Le fédéralisme à la française, c'est l'État! On croit rêver. Mais cela s'explique par le fait que le fédéralisme est une organisation de l'État quand l'autonomie est endogène, elle est une émanation non pas d'un État, mais d'un peuple. L'autonomie n'est pas propre au peuple breton, mais à tous les peuples qui désirent prendre en main leur vie et ne pas se faire dicter la loi par une autorité qui se fout complètement d'eux. 

 

MAK-kabylie-autonome.jpg

 

Selon nous, l'autonomie permet de libérer les initiatives, de gérer au plus près les problèmes et d'être plus à l'écoute des besoins des citoyens. En Bretagne comme en Kabylie!

 

Allez hop, le débat est ouvert. Il n'y a qu'en échangeant qu'on perfectionne sa pensée!

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commentaires

Visan 25/11/2011 12:43


Les Gallois et les catalans n'obtiennent pas ce qu'ils veulent CAR le peuple VEUT ! C'est surtout du fait du dynamisme des partis catalans et gallois que les choses avancent... ils disposent de
médias non assujetis au pouvoir et qui sont très prisés ; mais leurs avançées ne sont dues qu'à la dynamique des "autonomistes" et "indépendantistes", qui eux, dans ces pays là, savent s'unir


- pour créer un parlement


- pour obtenir des privilèges, des droits, des avançées


 


Ce dont les partis bretons sont incapables, UDB en tête.  

Chacalito 26/11/2011 00:58



1. Tu dis n'importe quoi, tu es un ignare complet. Les catalans ou les gallois ne s'allient pas entre droite et gauche.


 


2. Je vais être plus clair: je supprimerai tous tes futurs messages qui traiteront ou même évoquerons une hypothèse d'union. Et ne vient pas crier au scandale, je t'ai prévenu 100 fois.



paotr garz 17/11/2011 20:35



Je reconnais ne pas être un lecteur assidu du blog .


 


Tu dis que le laminage de la culture bretonne (langues comprises) n'est pas quelque chose de spécifique à la France. Je suis convaincu du contraire. Ce qui m'autorise cette certitude, c'est
l'évolution moderne des minorités d'Europe Occidentale intégrées dans des Etats de taille importante ayant eu un passé impérialiste. En effet, que l'on se penche sur l'Allemagne, l'Espagne, la
Grande-Bretagne, ou l'Italie, dans tous ces pays, les minorités nationales sont protégées par des statuts politiques, leurs cultures et langues connaissent une vitalité que nous ne pouvons
qu'envier. C'est cette constation simple qui me fait dire que nous nous sommes retrouvés dans le pire Etat européen. Donc si, la France est pour beaucoup dans le laminage de la minorité bretonne.


 


Par rapport à la réflexion que tu soulèves dans le dernier paragraphe, je crains malheureusement qu'on puisse substituer le terme "d'indépendantisme" par celui "d'autonomisme", sans que cela ne
choque. Les Bretons, en effet, ne veulent actuellement pas plus de l'indépendance que de l'autonomisme. Cela suffit-il à discréditer définitivement ces deux idées ? On conviendra évidemment que
non. 



Chacalito 18/11/2011 14:11



Pas grave pour l'assiduité! Et puis, je n'écris plus assiduement non plus puisque j'ai de quoi faire avec le Peuple breton.


 


Je dis, moi, que le laminage de la culture bretonne n'est pas quelque chose de spécifique à la France? Où ai-je écrit ça? En tout état de cause, pour préciser ma pensée: la France opère un
véritable génocide culturel aujourd'hui (j'utilise le terme génocide à dessein car c'est prémédité). Ce que je dis en revanche, c'est que ce n'est pas l'Etat en soi, mais la politique mené par
ceux qui le dirigent. Je dis aussi que le fait d'avoir un statut spécifique n'empêchera pas le breton de décliner (voir l'Irlande ou l'Ecosse). Nos voisins gallois et catalan n'obtiennent des
succès que parce que le peuple a envie de gallois, a envie de catalan ce qui n'est pas encore le cas du breton. A nous de faire changer ça!


 


Quant à ce que tu dis sur l'autonomisme, en es-tu si sûr? J'ai toujours pensé pour ma part que les gens étaient autonomistes, mais qu'ils avaient peur du mot. En tout cas, un récent sondage
SOFRES me donne raison puisque 64% des français seraient favorables à plus d'autonomie pour les régions (je ne savais pas qu'elles en avaient déjà!).


 


Bien entendu, je partage l'idée selon laquelle ce n'est pas parce qu'un combat n'est pas populaire qu'il ne faut pas le défendre (si tant est qu'on le trouve juste). Et en cela, je ne reproche à
personne d'être indépendantiste.



paotrgarz 16/11/2011 21:10



Disons qu'être autonomiste en Bretagne, sans se sentir breton, est à mon sens une singularité. La logique, qui est à l'oeuvre dans les autres nations minoritaires d'Europe Occidentale, veut que
cette revendication d'autonomie soit sous-tendue pour une bonne part par des arguments culturels et identitaires. Je ne vois pas en quoi l'autonomisme breton ferait exception.


Concernant la coexistence de deux nations, je précise ma pensée. Pour moi, c'est quelque chose qui existe déjà (je pense à des Etats plurinationaux, comme la Suisse), donc cela peut être
envisageable, en théorie, pour la Bretagne (Etat plurinational breton / français / gallo). En revanche, l'Etat français, par nature, ne peut accepter qu'une seule nation, une seule réalité
nationale. De là découle une politique assimilatrice redoutable. Accepter la République, c'est de fait adhérer à ce présupposé d'une seule nation, à l'exclusion de toutes les autres. Parler de
coexistence de nations dans l'Etat français est donc totalement illusoire.


Je ne me mettais pas, en revanche, sur un plan général. Je pense que deux nations peuvent tout à fait coexister sur un même territoire, si les conditions s'y prêtent (en gros, s'il n'y a pas de
relation de dominant-dominé). Mais ces conditions sont évidemment impensables en France.


Faire de la subordination entre nations un phénomène relevant juste de la subjectivité de l'opprimé, revient à nier la relation de domination qui existe entre nation majoritaire et nation
minoritaire (comme dire que la domination masculine sur les femmes ne relève que de la subjectivité féminine... la négation n'est pas loin), et donc à nier tous ces petits dégâts collatéraux que
je mentionnais précédemment, sur le plan du statut politique de la minorité, sa culture, ses langues, son histoire, etc. Dans le même ordre d'idée, se borner à dire que les Bretons auraient été
libres s'ils l'avaient voulu, c'est occulter tous les mécanismes de domination politique, voire d'aliénation, qui sont à l'oeuvre dans l'Etat français.


On pourra effectivement me reprocher de baser mon indépendantisme sur la haine que j'éprouve envers la République. Certes. Mais tous les peuples qui ont acquis leur indépendance, qui se sont
décolonisés depuis 150ans, avaient-ils des motifs plus élevés que les miens ? Est-ce que rétrospectivement on accusera les Algériens, et tous les autres, d'avoir juste été mus par la haine de la
puissance coloniale et occupante ? C'est là une des vérités de l'indépendantisme : la négation de la nation minoritaire par la majoritaire est le seul, mais largement suffisant en soi, ressort de
l'indépendantisme. La violence du majoritaire (qu'elle soit concrète ou symbolique, comme sur le plan de la culture) appelle la violence du dominé (qu'elle soit concrète elle aussi, ou oratoire
comme mon positionnement). Je précise à toute fin utile que ma haine de la France cilble uniquement l'Etat français, et non les Français.


Pour finir, je dirais, à la suite de John Holloway et de bien d'autres, que la critique a un potentiel émancipateur, et qu'elle n'est en rien un frein à la créativité. Je pense au contraire
qu'une critique radicale de la domination de l'Etat français, comme de la modernité capitaliste, en permettant une conscience claire de ces problématiques, est une invitation à l'action politique
et militante. C'est du moins ces réflexions qui guident mon action quotidienne (de la défense de la culture bretonne au refus de la logique consumériste, en passant par la défense de
l'environnement).


 


 



Chacalito 17/11/2011 17:10



Je vous accorde que je connais peu d'autonomistes ne se sentant pas breton. Mais j'en ai déjà trois autour parmi mes fréquentations! C'est pas mal quand même.


 


Je crois pour le reste que vous ne fréquentez pas assez mon blog car dire que je fais abstraction de la "domination" française, c'est oublié les articles (et les commentaires) dans lequel j'ai
pris la défense de la langue catalane accusée par l'Espagne d'être dominatrice parce qu'elle avait une radio réservé aux catalonophones. Je suis parfaitement conscient de ce que vous avancez.


 


Mais je ne pense pas que ça est quelque chose à voir avec la France en l'occurence. Je suis pour un statut officiel pour la langue bretonne, mais est-ce suffisant? Non évidemment. Quand on voit
les élèves des classes bilingues ou même ceux de Diwan qui n'utilisent pas le breton en dehors de l'école, on a de quoi se poser des questions.


 


Pour finir, notre grande différence, c'est que pour moi l'indépendance ne sert à rien dès lors que le peuple n'en veut pas. Ce que les indépendantistes ont du mal à comprendre, c'est que les
bretons ne le soient pas. C'est pourtant une réalité de le dire. ça ne fait pas de moi un opposant aux indépendantistes. Et je confirme que si 70% des bretons étaient indépendantistes, les choses
ne se passeraient pas ainsi. Il y a donc une forte dose d'acceptation dans la société bretonne. A nous de jouer par la pédagogie, mais vous l'avouerez, ce n'est pas une mince affaire!


 


 



paotrgarz 16/11/2011 12:44



Je partage les critiques de Ronan. La vision de l'indépendantiste dans ce texte est à mon sens bien trop caricaturale (vu comme un partisan farouche de l'Etat-nation, alors que nombre d'Etat
plurinationaux existent à travers le monde). La distinction entre l' autonomisme, en dehors du fait idenditaire, et l'indépendantisme identitaire par nature, me paraît à moi aussi fumeuse.


 


Mon rapport à l'Etat français se rapproche également de ce que dit Ronan. Quand l'auteur de l'article dit que "deux nations peuvent coexister sur un même territoire", je pose la question :
certes, mais à quel prix ? Et je peux d'ores et déjà apporter une réponse : non, deux nations ne peuvent, par nature, coexister dans un cadre tel que celui de l'Etat français. Parce que
concrètement, le processus "naturel" est celui de la liquidation de la nation dominée (dont les scores de l'UDB sont un des multiples signes) par la nation dominante. L'histoire de Bretagne offre
un cas d'école sur ce plan. Il me semble que l'auteur, dans son désir d'inscrire son discours dans un cadre politique pacifié, oublie que fondamentalement, le lien qui unie nation française et
nation bretonnante est un lien de subordination. Avec des conséquences évidemment importantes : les Bretons se retrouvent amputés de leurs langues, culture, histoire, privés de toute possibilité
politique d'agir sur leur présent ou leur futur. Il est là, le prix réel de la coexistence avec la nation française. L'attitude la plus cohérente, et la plus logique, est donc pour moi le refus
de cette domination de l'Etat français, donc la volonté de sortir du cadre français.


 


Alors, la faiblesse de la conscience nationale bretonne est telle qu'on ne peut évidemment baser une communication politique sur un tel raisonnement. D'où l'importance de l'autonomisme, dont on a
tout à gagner à populariser le concept. Parce qu'il est une solution modérée, ce qui le rend bien plus acceptable aux yeux des Bretons. Il est donc stratégiquement plus efficace dans les
conditions actuelles.



Chacalito 16/11/2011 17:19



Avez-vous lu mes réponses à Ronan? Pour ma part, je suis identitaire dans la mesure où je me considère comme breton, mais en soi, vous n'allez pas nier qu'on peut être autonomiste sans se sentir
breton, si?


 


Quand aux deux nations pouvant coexister, c'est vous qui prenez comme référentiel la France! D'ailleurs, vous vous contredites entre le premier et le deuxième paragraphe. Vous me reprochez dans
le premier paragraphe de caricaturer la vision indépendantiste qui veut SON Etat-Nation. Et dans le deuxième, vous vous empressez de dire que deux nations ne peuvent pas cohabiter sur un même
territoire? Alors?


 


Je n'ai pas dit dans l'Etat Français actuel. J'ai dit qu'on peut imaginer que la cohabitation soit possible à condition de réserver des espaces de libertés à la nation "dominée" comme vous
l'appelez. J'ai en tête des problèmes qui se posent en Catalogne entre locuteurs.


 


La subordination, elle est uniquement dans la tête de celui qui se sent opprimé. La Bretagne serait "libre" si tant est que les bretons voulaient l'être. Votre volonté d'indépendance ne semble
rien de plus qu'un rejet de la France! C'est cela que je critique. Pas ceux qui construisent, ceux qui se construisent en critiquant.


 


Amitiés,



RonanK 14/11/2011 09:24



Effectivement, j'ai toujours un peu de mal à faire court et du coup, la fin de mon message n'est pas passée. Je remets du coup mon dernier paragraphe :


"PS : Dans ton point sur la différence entre "service public" et "Etat, tu indiques qu'aujourd'hui, en France, il n'existe pas de services publics à un autre niveau, prenant l'exemple, pour le
coup assez pertinent, du rôle de la Région, dont les marges de manouvres sont si étroites qu'elle ne dispose pas d'une véritable capacité à développer ses propres services publics. Pour autant,
si la Région est la collectivité la plus faible du mille-feuille administratif français, les communes (surtout les grandes villes) disposent quand même de marges de manœuvres qui sont assez
intéressantes, pour décider de la manière dont ils développent différents services publics (transports collectifs, crèches, restauration scolaire, logement social, distribution de l'eau, police
municipale, etc). Je trouve donc ton propos là aussi très exagéré… "


Concernant ta réflexion Visan et la démarche que tu proposes de rejoindre, je bloque juste un peu en tombant sur la page du groupe en question. D'un côté je vois les délires du mégalomaniaque
cinglé YB Tillenon et d'un autre je vois que des militants et dirigeants d'Adsav sont partie prenante de la démarche. Autant je suis favorable à ce que certains compromis soient faits pour
avancer, autant il n'est pas question que je puisse donner ma voix aux représentants d'un parti xénophobe comma Adsav, désolé... 



Chacalito 14/11/2011 09:30



Je dis au contraire que je suis pour imaginé un autre service public qui ne soit pas uniquement étatique. Mais quoi qu'on en pense, crèches, cantines scolaires et cie sont de l'argent public qui
correspond à des dotations d'Etat. L'argent passe donc d'abord par Paris puis est "redistribué" théoriquement équitablement.


 


Quant à Visant, oublie moi par pitié!