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Klask

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:41

meluche-le-pen.jpg La démocratie s'effrite et LE peuple a besoin de champion. Ah, la belle élection que voilà favorable aux mégalo de tous poils. Parmi eux, Mélenchon!

 

Dans cet océan de minables, j'aurais pu faire la peau à Sarko encore une fois, mais je ne suis pas sûr qu'il ait besoin de moi pour être impopulaire bien qu'il soit un vrai athlète en ce qui concerne la lutte des places. J'ai déjà craché ma bile sur Marine Le Pen et son programme ridicule figé dans une France mythifiée qui serait source de bonheur pour chacun (voir aussi le tract de l'UDB Jeunes). Aujourd'hui, j'ai choisi aujourd'hui de faire la peau à Mélenchon car il me fait flipper et pour annoncer la couleur, j'ai volontairement utilisé la caricature de Plantu qui avait fait scandale et dont je partage le message. Le populisme n'est pas l'apanage de la droite!

 

On me reprochera sûrement cet article car "Mélenchon est de gauche". Certes, il l'est, mais désolé, nous n'appartenons pas à la même gauche. Issu de l'organisation communiste internationale puis du PS Mitterrandien, Jean-Luc Mélenchon est un opposant au PSU courant socialiste qui, en tant qu'autonomiste, me plait plus que cet idéal faussement égalitaire qui s'auto-persuade que la République française est universelle. Je préfère le "décoloniser la province" à ce ramassi de légendes pour enfants. Quoi de plus normal que de s'opposer au socialisme de la décentralisation pour un jacobin. Oh, inutile de lever les yeux, "jacobin" n'est pas une insulte pour lui et il s'assume comme tel (voir la vidéo de France 3 Corse). Je constate juste nos différences.

 

Alors oui, je pourrais parler de son antipathie pour les langues régionales qu'il dit "aimer comme Jaurès aimait l'occitan". Oui, mais Jean-Luc Mélenchon aime tellement les langues qu'il souhaite les étouffer dans ses petits bras. En bref, après l'épisode de la "secte" pour parler de Diwan au Sénat en 2008 (voir ici), la blague des 5 langues bretonnes (voir ici) et son opposition à l'immersion qui est pourtant la seule option pour sauvegarder et développer nos langues... je n'ai plus envie de parler de cet aspect du personnage. Après tout, il n'est pas seul à penser ainsi malheureusement.

 

Le héros Mélenchon est évidemment contre l'autonomie (là encore il n'est pas le seul) et continue de véhiculer des idées selon lesquelles nous voudrions casser le code du travail. Quand on confond Etat et service public, il est logique de penser ainsi. Mais vous qui dénoncez l'Europe libérale, n'oubliez pas qu'elle l'est car c'est une Europe des Etats et que les Etats sont libéraux. Et en l'occurence, ceux qui cassent le code du travail ne sont pas autonomistes aujourd'hui. Certes, nous voulons des lois adaptées aux territoires, cela n'empêche nullement la péréquation et la redistribution. Aujourd'hui, le mythe de la France redistributrice et égalitaire, plus personne n'y croit! Celle-ci est centralisée et promeut les "pôles d'excellence" dont "la France a 22 vitesses" que dénonce Mélenchon (sous-entendu, pas question de réunification, mais on s'en serait douter).

 

Passons aussi sur cet aspect, mais restons sur les questions institutionnelles. Mélenchon souhaite une 6ème République parlementaire. Dingue, comme nous! Sauf que ce n'est pas exactement la même. En guise de 6ème, il ferait mieux de parler de la 3ème, celle qui lui ressemble le plus avec ses hussards noirs, sa laïcité qui ressemble plus à une nouvelle religion qu'à une vraie séparation du culte et de l'Etat! Je serais curieux de savoir ce qu'il pense de Jules Ferry, ce grand républicain laïc pour l'expension coloniale et principal adversaire des communards.

 

Vous l'aurez compris, le souhait du candidat, c'est une France Une et Indivisible. Ils ont beau dos les militants à parler de diversité culturelle en Bretagne ou ailleurs quand leur candidat ne reconnaît qu'une culture officielle. On notera aussi tout l'ambiguïté d'un type qui parle de parlementarisme, mais qui, sur son nom et sa gouaille (car il est talentueux reconnaissons-le), réunit 100000 personnes à la Bastille et 20000 à Lille. Etonnant comme paradoxe, mais le Front de Gauche ne tient que parce que son leader est bon...

 

... et contestaire! Car qu'est-ce qui lie les différents partis entre eux si ce n'est un slogan "unité de la gauche"? Avez-vous déjà écouté un discours de Mélenchon? De belles tournures, des bons mots, du lyrisme même, mais quoi sur le fond? Sur le nucléaire, le PCF est pour et le Parti de Gauche contre. Côté écolo, Mélenchon fait beaucoup d'effort, mais la plannification écologique n'est guère crédible! Sur la centrale à gaz de Landivisiau le PG se dit contre et le PCF vote pour au Conseil régional.  Et oui, le gros problème du Front de Gauche, c'est le PCF car il joue sur deux tableaux: élus dans les majo socialistes et indépendant aux élections. Je ne dis pas que c'est impossible puisque nous-même le faisons, mais encore faut-il être cohérent dans ses votes (et nous le sommes). Le PCF a donc deux choix: suivre une logique Die Linke avec un projet qui n'est pas clair. Ceci suppose de refuser de siéger avec le PS et ainsi perdre tous les élus locaux qui font la force du plus vieux parti de France (ou presque). L'autre choix, c'est de rester le partenaire privilégié du PS et continuer le déclin. Choix cornélien!

 

Quelques anecdotes quand même, juste par méchanceté. Mélenchon qui se targue de faire de la Politique avec un grand "P", Mélenchon le Juste est-il si clean? Il n'aime pas beaucoup qu'on le titille comme le fait Jean Quatremer, sur son temps de présence au Parlement européen où il se classe parmi les bonnets d'âne (voir ici). Mais après tout, encore une fois, il est cohérent avec lui-même puisqu'il est clairement anti-européen. Et qu'on ne me dise pas qu'il est juste "contre cette Europe-là" car il est contre l'idée même d'Europe qui remet en cause la souveraineté nationale de la Frrrance! Là encore, je ne suis pas de cette gauche nationaliste-là!

 

Allez, une autre, pour le plaisir et parce que je participais récemment à une action pour dénoncer la dictature en Biélorussie (voir ici). Mélenchon, lui, ne dénonce pas les dictatures communistes! Ainsi, il refuse de dénoncer la dernière dictature (même si le caractère démocratique de certains autres Etats reste à prouver) d'Europe (voir ici). Faut dire qu'on peut difficilement dénoncer les crimes de types qu'on prend en modèle pour ses affiche (Lénine, Staline...). Sauf que voilà, on peut être de gauche et affirmer qu'une dictature n'est pas de gauche, fusse-t-elle d'obédience communiste!

 

On pourrait continuer comme ça en disant que Mélenchon est un produit du système qu'il dénonce (n'a-t-il pas été sénateur et même ministre?), qu'il joue sur les peurs des gens et promet une France qui n'existe plus et qui n'est pas prête de se relever.

 

On devrait surtout retenir de ces bons sondages pour Mélenchon que LE peuple a besoin de rêver. Certes, moi aussi, j'ai besoin de rêve, mais pas de Messie. L'homme providentiel, fusse-t-il à l'UDB, je n'y crois pas. Et Mélenchon n'aura pas ma voix. Comme je sais qu'il aura celle de personnes que j'apprécie, je tiens malgré tout à dire que ce n'est pas eux, ni leur engagement que je dénonce, mais l'homme qui les porte. Le Christ avait lui aussi un message révolutionnaire: le Pardon! Si lui peut le faire, j'en ferais autant...

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commentaires

yvonne 04/04/2012 12:04


http://www.netoyens.info/index.php/contrib/02/04/2012/gouverner-ou-se-coucher


http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/03/30/discours-pour-une-defense-souveraine-et-altermondialiste/


http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/03/31/face-a-lartillerie-lourde/#more-11455


"régions à gauche" : ?? oui, si on parle du PS, mais le problème est bien que le PS est devenu libéral depuis un bon bout de temps : vous vous souvenez : "la crise, quelle crise ?" dès le
deuxième septennat de Miterrand ?? La rupture est là, la soif du pouvoir, et on oublie tous les idéaux de la gauche, la vraie !! Et cette "gauche" libérale, en voulant ménager le néo-libéralisme,
que peut-elle faire, qu'a-t-elle fait en Espagne, en Grèce ?? vous voyez le résultat ! Il faut un gouvernement qui défend son peuple, avant que celui-ci, acculé par la misère, la faim, la peur,
ne prenne les armes et cède à la violence. Même en Allemagne, notre "modèle" (?), on trouve des smics à 450 euros, et des gens contraints à faire plusieurs petits boulots pour s'en sortir : ça ne
pourra durer longtemps. Die Linke en est conscient et commence à structurer une force alternative aux syndicats classiques, trop proches du pouvoir sans doute...


Il ne faudrait pas attendre de nouveaux cataclysmes sociaux et mondiaux pour en arriver à de nouveaux accords du CNR !! qui pourtant, une fois appliqués, ont montré leur efficacité - et sans
décapiter les aristos (humour !!).


Pour les langues régionales, j'ai constaté que plusieurs messages sur des textes de JLM y faisaient référence. Je pense que les craintes du FG pourront disparaitre avec une bonne discussion
faisant la part entre la langue au sens culturel, et l'usage politique libéral supposé des régions...


Mais de grâce, pas de mépris pour un homme politique convaincu, et, sauf preuve du contraire : qui n'est pas un "faux-cul" ; ce qu'il dit, il le fera ; il ne veut pas juste la place (d'ailleurs,
il ne ferait qu'un passage, en attendant la 6è rép)..

Chacalito 04/04/2012 16:06



Mélenchon est contre Diwan puisqu'il s'oppose au système immersif. Il est donc contre des langues régionales vivantes. Combien étaient-ils ceux qui ont manifesté tant d'intérêt
pour les langues samedi 31 à Quimper? 2-3?


 


Pour le reste, la "gauche" ne veut dire quelque chose que si on a un programme cohérent. Mélenchon, c'est "ni vu ni connu, je t'embrouille", "lisez mon programme", "plannification" et "pouvoir au
peuple", bref, de superbes slogans.


 


Je ne classe pas ce mec à gauche. Je le classe au rang des populistes, des boulangistes! Boulanger:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Boulangisme


 


je ne crois ni en ses promesses, ni en son projet de société, ni en sa supposée intégrité (député européen du sud ouest, mais ancien conseiller général de l'Essone... sympa le parachutage). J'en
passe et des meilleurs.


 


Croire que Mélenchon va gauchiser le PS, c'est oublier que c'ets le PC qui récupérera son score aux législatives!



KJ 28/03/2012 23:01


"Qui peut croire sérieusement que Jean-Luc Mélenchon a l'UDB à l'esprit lorsqu'il expose le danger que la dévolution de pouvoir réglementaire soit utilisée par les "libéraux" pour casser le code
du travail, alors qu'il lie cette question avec celle de la "république contractuelle" de M. Hollande ? Qui dirige les régions, qui serait à la manœuvre si un pouvoir réglementaire leur était
confié ? L'UDB ? Non, mais les libéraux de diverses couleurs, oui. Et, eux, saisiraient cette opportunité de casser le code du travail région par région."


 


Lorsque je lis ça, je me demande un peu dans quelle région du monde il faut avoir vécu les 10 dernières années pour ignorer que si le gouvernement fr est à droite, en revanche la quasi totalité
des régions fr sont à gauche. bref qui fout en l'air le code du travail en ce moment ?


J'attaque le fond dès que j'ai fini de rigoler, promis : - )))

YS1 28/03/2012 21:36

Quel populiste étrange que celui dont on ne crie pas le nom dans ses meetings ! Quel blogueur étrange que celui qui reproche à celui qu'il combat son soi-disant caractère haineux tout en indiquant
vouloir lui faire la peau !

Je ne reviens pas sur l'utilisation particulièrement regrettable de l'inepte dessin du sieur Plantureux ; d'autres que moi ont très bien traité ce sujet. Mais tout de même : qui a cloué le bec à la
fasciste sur un plateau de télévision, qui la ridiculise presque à chaque intervention, qui la combat, qui la bat désormais dans les sondages (même s'il reste à concrétiser cela le 22 avril) ?

Quelles contrevérités, quelle légèreté dans l'argumentation !

Si l'on ne trouve pas la planification écologique crédible, que met-on en place ? Le capitalisme vert ? Le problème, ce n'est pas la couleur !

Qui peut croire sérieusement que Jean-Luc Mélenchon a l'UDB à l'esprit lorsqu'il expose le danger que la dévolution de pouvoir réglementaire soit utilisée par les "libéraux" pour casser le code du
travail, alors qu'il lie cette question avec celle de la "république contractuelle" de M. Hollande ? Qui dirige les régions, qui serait à la manœuvre si un pouvoir réglementaire leur était confié ?
L'UDB ? Non, mais les libéraux de diverses couleurs, oui. Et, eux, saisiraient cette opportunité de casser le code du travail région par région.

Qui peut sérieusement se demander si le Front de Gauche est du côté des communards, lorsqu'il organise et réussit la plus grande manifestation politique de ces dernières décennies précisément en
hommage à la Commune et pour la 6è République ?

Comment peut-on sérieusement reprocher au Front de Gauche et à son candidat, forts de leur conviction que la 5è République et le présidentialisme sont dangereux, de faire campagne efficacement,
c'est-à-dire dans le cadre actuel, pour y mettre fin et passer à une 6è République ?

Est-il sérieux d'écrire que la seule chose qui lie les partis du Front de Gauche est un slogan, lorsqu'il dispose d'un programme partagé, l'Humain d'abord, qui permet le dépassement des différences
qui existent entre les positions de ses membres, dont il a vendu 300 000 exemplaires et dont il organise l'enrichissement par les citoyens eux-mêmes au travers des assemblées citoyennes qu'il met
en place partout et qui voient venir des gens qui n'ont jamais fait ou ne faisaient plus de politique ?

Comment peut-on honnêtement prétendre que Jean-Luc Mélenchon serait anti-européen, alors que le Parti de Gauche a co-initié en 2009 le "Front de Gauche pour changer d'Europe" (et non contre
l'Europe), que celui-ci propose une constituante européenne pour avoir une véritable Constitution (et non l'affreux texte de Giscard) ?

Comment peut-on se laisser abuser par les fumées de l'imbuvable Quatremer ? Je laisse JLM répondre : http://europe.jean-luc-melenchon.fr/2011/01/24/vote-sur-la-bielorussie/

Entre la marginalité politique, l'inféodation au PS et la dissolution à l'allemande dans un parti qui n'a fait qu'internaliser des divisions entre organisations, il existe une voie pertinente : la
participation au Front de Gauche, initialement une coalition électorale qui dépasse désormais cette nature et se renforce progressivement au rythme des organisations et militants qui le
composent.

Différents comme les cinq doigts de la main, unis comme le poing ; unis dans la diversité, un et indivisible !

Chacalito 29/03/2012 11:14



La différence entre Mélenchon et moi, c'est que je n'ai pas l'ambition de diriger la France.


 


La plannification écologique, parlons-en. A ceux qui croit sérieusement qu'une loi française a déjà changé quoi que ce soit en matière environnemental, je dis que oui, ils ont de gros progrès à
faire avant d'être qualifié d'"écologistes". La plannification écologiste, c'est l'argument qui veut que le nucléaire soit omniprésent en France. L'écologie ne peut être dissocié des territoires.


 


Donc Yann, je me doutais de ton intervention, je vois que tu as bien appris ta leçon (on dit catéchisme en catholique). Mon bréviaire n'est juste pas le même. Et j'ai mis mes tripes contre un
type qui me fait peur. En même temps, j'admets que ces sondages sont inéluctables avec une gauche si complexée.



Lucie Chenu 28/03/2012 14:25


Plutôt d'accord avec toi, même si les premiers arguments qui me viennent en tête ne sont pas liées aux régions, plus à la politique étrangère et, oui, à la laïcité.
Et même si un déferlement de voix pour le front de gauche est tout même assez jouissif...