Je relaye un communiqué de l'UDB passé complètement inaperçu. Ce communiqué m'est d'autant plus précieux que j'ai
participé à sa rédaction puisque j'en avais fait part lors de mon stage à l'ALE (voir ici).
Un rapport de l’ONU sur les discriminations à l’encontre des minorités en France pose le problème de l’identité à la française.
En septembre dernier, l’Alliance Libre Européenne relayait l’information selon laquelle une experte indépendante de l’ONU, Mme Gay McDougall, enquêtait sur le sort réservé aux personnes issues
de minorités en France. Ce rapport vient de paraître et il met en cause fermement l’Etat.
L’Union Démocratique Bretonne précise que ce dernier s’adresse principalement aux minorités dites « visibles » (autrement dit issue de l’immigration) et qu’il fait suite aux violences urbaines
de 2005. Cependant, l’experte a également reçu des témoignages de délégations juives, tziganes, basques, bretonnes, catalanes et occitanes ce qui tendrait à prouver que c’est l’identité à
la française qui pose problème.
Mme McDougall note que la France n’a pas ratifié la Convention cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe, ni la Charte européenne des langues régionales ou
minoritaires. Par conséquent, l’Etat ne reconnaît pas de droits collectifs pour les minorités. Cette reconnaissance serait jugée incompatible avec la Constitution et les principes de la
République qui accordent la priorité aux droits individuels, à l’égalité, à l’unité et à l’universalité.
L’Union Démocratique Bretonne dénonce la vision rigide de l’identité nationale française et fait valoir la multi-appartenance comme alternative. En effet, les
nombreux témoignages recueillis par l’experte mettaient en avant que « l’assimilation totale » exigée par la France pour être un citoyen français à part entière nécessitait l’abandon d’aspects
essentiels de l’identité des minorités (religion, langue, culture).
Des représentants de la communauté bretonne ont rappelé que le nombre de personnes parlant le breton est passé de 1,3 million en 1900 à 200000 aujourd’hui et que les écoles Diwan ne sont
toujours pas reconnue au motif que « la langue de la République est le français ». Comme s’il était impossible d’être breton et français à la fois !
C’est la première fois que l’ONU dénonce aussi explicitement les discriminations vis-à-vis des minorités faites par l’Etat français. Alors que la France ne cesse de vanter la diversité
culturelle, l’Union Démocratique Bretonne constate que celle-ci n’est pas prise en compte sur le territoire de la République et réitère sa demande légitime de reconnaissance officielle des
minorités en France.