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Klask

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 13:31
Etrange paradoxe que celui qui m'est venu ce week-end au cours d'une discussion au bar: les enfants d'aujourd'hui ne sont plus du tout insouciants tandis que les adultes se comportent comme des enfants! Au début du siècle, voir après-guerre, les enfants étaient rapidement adultes pour des raisons économiques car il fallait travailler jeune. Aujourd'hui, ils sont vieux avant l'âge car ils comprennent que le monde va mal. Ajoutons à cela les enfants dont les parents sont séparés, ceux qui vivent dans des ménages pauvres, ceux qui ont connu des drames, qui ont immigré, qui sont marginalisés... tous ceux-là grandissent aussi trop vite, conscients de leur différence et souhaitant faire face à leur responsabilité.
 
C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité de faire un article sur le sujet puisque j'ai été moi-même, à 9 ans, conseiller municipal enfant à Lorient et que j'étais l'opposé du syndrome de Peter Pan (voir ici), mais cet article me tenait à coeur tout de même... même si je n'ai pas peur de la mort, ni de vieillir, contrairement à bon nombre des gens que je fréquente, sans doute raisonne-je moi aussi parfois comme un enfant. Décrit comme naïf par certains et comme donneurs de leçon par d'autres. Les deux sont vrais sûrement.

  

Bref, en voyant cette vidéo, je me dis que l'éducation civique était bien précoce. J'entendais récemment des gens demander qu'il y ait des délégués de classe en primaire et je trouvais ça bien tôt pour assumer des responsabilités. A cet âge, on devrait laisser les enfants jouer et leur expliquer ce qui se passe. Leur laisser aussi l'opportunité d'aider, mais en tant qu'enfants et pas comme des adultes. Ils sont loin d'être cons les gamins et comprennent bien plus vite que leurs parents certaines choses car ils n'ont peur d'affronter la réalité en face. Si on leur laissait un peu d'insouciance, on éviterait de les frustrer et de créer des adultes aux aspirations d'enfants. Moi qui ai toujours voulu être adulte, il faut remonter bien loin dans ma mémoire pour me souvenir d'une époque où le stress n'existait pas dans ma vie. Peut-être à l'âge de 5-6 ans?
 
Paradoxalement donc, on fabrique des enfants-adultes, mais on infantilise les adultes, on leur retire toute responsabilité (les médias nous bourrent le crâne, la publicité nous explique ce qui vous rendra heureux, nous nous fions aux machines sans savoir comment elles fonctionnent, nous rendons grâce à l'Etat providence...). J'irai jusqu'à dire que nos dirigeants-enfants se comportent parfois comme des enfants gâtés qui jouent avec nos vies comme si c'était des LEGOS. Doit-on voir chez les adolescents la période de la vie la plus "sérieuse" en ceci que le moindre fait et geste est décortiqué et analysé par l'ado? La plus malheureuse aussi car c'est un passage généralement difficile à vivre? Être adulte, c'est être malheureux?
Il y a toute sorte d'enjeux et de luttes à mener sur Terre, mais la première serait sans doute de faire comprendre aux enfants que l'Homme n'est pas une nuisance, qu'il peut être aussi bon que mauvais. Ainsi, cela lui donnerait envie d'aider la civilisation! Or, les médias et leurs faits divers ne font qu'augmenter la suspiçion que l'Homme est une mauvaise herbe et que la terre se porterait mieux sans lui. Que nous sommes trop nombreux sur Terre alors que la cause principale des maux de la planète est la redistribution des richesses. Ce sont des valeurs qu'il faut inculquer aux enfants (le respect des autres et de la nature, le partage...), pas leur fait jouer le rôle du papa et de la maman! Pas leur donner nos vies, mais bien leur faire vivre la leur...
Avis aux parents, moi je n'ai pas d'enfants. Je suis ouvert au débat bien entendu.
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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 11:42

alain-minc.jpgIl y a des gens comme ça que l'on voit partout, sur toutes les chaines, sur tous les plateaux TV, qu'on entend partout aussi, sur toutes les radios. Des hommes de l'ombre pourtant très visibles. C'est le cas d'Alain Minc, conseiller politique parisien (entre autre de N. Sarkozy), économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise.

 

Sa présence n'est sans doute pas fortuite eût égard à la connivence existant entre ses discours et ceux du gouvernement UMP. Lui a au moins le mérite de dire tout haut ce que pense l'UMP tout bas.

 

Sa dernière sortie arrive en plein pendant le débat sur la réforme des retraites avec en toile de fond une idée des plus cyniques: la vie aurait un prix! Voilà une belle vision comptable. Sur france info, l'animal a affirmé que soigner les plus vieux était un "luxe" et que ces soins devraient être pris en charge par le particulier (ou sa famille).

 

Pour ma part, je trouvais qu'on y allait un peu fort dans le dernier Koulmig (à télécharger ici) en suggérant de liquider quelques vieux directement, mais finalement ce qui paraîssait exagéré hier n'est plus que banalité aujourd'hui. Faudrait-il lever le ton? Radicaliser un peu plus le discours devant tant de débats qui ne devraient pas être si notre république était véritablement démocratique? Par pitié, dites oui!

L'UMP et ses compères mettent un prix à la vie humaine... C'est cela le plus grave dans tout ça. Car nécessairement, il y aura ceux qui valent et ceux qui ne valent rien. Après les vieux, les pauvres, les difformes, les moches... une forme d'eugénisme dissimulé. Certains croient encore que nous vivons dans la "Nation des Droits de l'Homme". Comme dirait un de mes proches: "dans certains régimes, on fait payer à la famille la balle qui a servi à l'exécution".

 

Bref, je fais mienne l'analyse du Post (voir ici) qui dit qu'il est surtout honteux que l'on débatte d'un sujet dont on ne devrait pas débattre. Croyez-moi, les politiques de droite en cours savent très bien qu'augmenter les durées de cotisation salariale va réduire le niveau de vie. Ils sont donc prêts, "pour quelques dollars de plus", à offrir un morceau de vie d'autres pour payer leur train de vie et assurer un avenir à leur système économique capitaliste honteux, inéquitable, anti-écolo...

 

Trop nombreux sont ceux qui tombent dans le piège de l'acceptation: "c'est vrai, on ne peut pas faire autrement". La prochaine étape sera de faire passer une autre pillule: incénérer les vieux pour en faire du carburant. On commence par le grand-père de qui?

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 18:08

sarko-autonomie.jpg


Voici la nouvelle affiche de l'UDB, sortie quelques jours avant le débat sur la réforme territoriale, réforme tout ce qu'il y a de plus détestable, mais dont personne ne se soucie car le peuple ne comprend rien aux institutions (d'ailleurs, le gouvernement le sait bien!). Lors de nos tro-breizh, nous avons remarqué que c'était bien des institutions françaises dont il fallait parler car à la question "qui fait quoi?", le silence est plutôt assourdissant.


Nous autres autonomistes sommes souvent catalogués comme anti-républicains. La vérité, c'est que je prétends mieux connaître le fonctionnement de la République Française que ceux qui ont peur de mon identité bretonne! Où étaient-ils pendant les cours de propagande nationaliste française d'éducation civique ceux qui crient comme des orfraies quand on propose une autre organisation des institutions?


Pour être un peu plus clair, voila ce qui se passe actuellement:


L'Etat profite de la "crise" pour parler de "gel des dépenses publiques". Ce gel doit se traduire évidemment par une suppression des postes de fonctionnaires et, soyons plus précis, de profs car, tout le monde le sait, l'Education est improductive et qu'elle permet de comprendre le monde. Or, nos élites le veulent de moins en moins. Comprendre, cela veut dire pointer les dérèglements du doigt, dérèglements qui profitent à une minorité. Ce gel qui se traduira par une augmentation de la durée de cotisation pour pouvoir prétendre à la retraite alors que les machines ne cotisent pas, que l'on pourrait réduire encore le temps de travail et partager le travail, taxer les dividendes... Gel qui se traduira surtout par une prise en charge des collectivités territoriales qui, de plus en plus, remplacent l'Etat... sans budget! J'entendais récemment sur RFI un journaliste qui posait la question provocante de savoir si la Culture était utile en temps de crise! Nos 4 malheureux musées nationaux en Bretagne (de mémoire) disparaîtront avant que Paris ne soit emmerdée, soyez-en sûr!


Je vais en choquer quelques uns, mais à quoi servent nos impôts nationaux puisque l'Etat laisse payer les Régions, Départements et communes? Payons donc directement les impôts aux Régions! Rééquilibrons en tout cas! Car aujourd'hui, c'est vraiment indécent de voir que les impôts (vous les payer en ce moment et moi aussi) sont si inéquitablement répartis géographiquement et socialement parlant.


Cette affiche parle donc de la réforme des institutions, mais le chapeau pourrait être remplacé à l'infini tant Nicolas Sarkozy propose de réformes scandaleuses. L'argent, il y en a, la France pue le fric, mais il n'est juste pas pour tout le monde.

 

Bref, l'autonomie, je le rappelle (mais toute pédagogie est répétitive) permet de faire soi-même ce que l'on pourrait mieux faire! Et profitons-en aussi pour supprimer les conseils généraux. Ce ne sont pas des clopinettes que l'on gagnerait, mais des milliards d'euros qui pourraient servir à payer les retraites, augmenter le SMIC, investir dans l'Education et la Santé...

 

Vous l'aurez compris, plutôt que la recentralisation au détriment de tous, l'UDB propose du fédéralisme au profit de chacun.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 12:01
Ci-dessus, sans doute la vidéo la plus pro que j'ai vu de la Redadeg. Elle a été réalisée par un parent d'élèves de Diwan, Christophe Hoyet, qui d'ailleurs a milité pour l'ouverture de la filière bilingue de Merville de Lorient avec la famille Chevrel de l'UDB. De dépit contre l'Education Nationale et ses services, Christophe et sa femme ont choisi Diwan et en sont ravis.
Merci à Christophe pour ce militantisme par l'image. Cette vidéo montre l'ampleur de l'évènement et la force du militantisme breton. Cette journée du 15 mai était une vraie réussite. Vivement la prochaine édition...
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 13:10

gouel-erwan-2010.jpgAujourd'hui, c'est la Saint Yves! Bonne fête donc à tous les Bretons d'ici ou d'ailleurs.

 

Dans le cadre de la Fest-Yves/Gouel Erwan justement, l'association Skeudenn de Rennes organisait hier une représentation, la première en Bretagne et donc "la première mondiale" (dixit Glenn Jégou), d'une nouvelle troupe de théâtre en breton: Piba.

 

Ma première impression fut de dire qu'on m'avait trompé sur la marchandise car plutôt que "théâtre", je qualifierai plutôt cela de "performance". La performance donc s'attache à retranscrire sur scène un poème de Youenn Gwernig: An diri dir, poème trilingue anglais, breton, français.

 

Youenn Gwernig était un ami de Jack Kerouac si bien que son poème adapté est tout à fait dans l'influence du mouvement beatnik. La pièce a des allures de Festin Nu de William Burroughs, complètement barré. Le metteur en scène décrit cela aussi comme une espèce de "slam" ce qui est parfaitement vrai.

 

Comme je suis partisan des créations en langue bretonne, je n'ai pas l'intention d'être trop critique. Cela dit, l'objectif tant des acteurs que des réalisateurs est d'être un laboratoire (labourva) donc je me permettrais quelques remarques en espérant que cela puisse faire aussi évoluer la pièce.

 

Pour ma part, j'ai trouvé dans cette pièce un théâtre "contemporain" qui m'interroge et que je n'apprécie pas forcément. Dans ma bouche, ce mot sonne comme une forme de classicisme. Le contemporain, vous voyez, c'est un mélange de lenteur interminable puis de frénésie et forcément un passage nu ou déshabillé. En tout cas, c'est l'impression d'un néophyte. Osons donc la création en breton! Ai'ta! Mais gaffe à ne pas trop calquer un théâtre bourgeois trop intellectualisé. 

 

Cependant, pour finir sur du positif, j'ai trouvé la musique très sympa, parfois un peu forte par rapport aux voix. Les acteurs aussi étaient très bons, notamment une scène que je qualifierai de "primate" dans lequel l'acteur (désolé pour les prénoms) récite un passage en breton de façon plus qu'originale et avec un jeu du corps disons... burlesque. La jeune femme (une galloise qui, entre parenthèses parle breton, mais pas encore français!) a un sacré talent également. Elle chante superbement et, en plus, est jolie! Il ne m'appartient pas de dévoiler sa vie, mais elle sort tout juste d'une formation de six mois à Carhaix chez Roudour de même qu'une copine et camarade, Gwennoline. Je le précise pour montrer la performance, là aussi!

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 16:37

redadeg-foule-4.jpg

 

- Soeur Anne, ne vois-tu rien venir?

- Si putain! Des centaines de personnes courant et chantant en langue bretonne!

 

Elle était belle cette arrivée à Pontivy samedi dernier. Après 1200 kilomètres de course (environ!) sans interruption, la fête finale de la Redadeg était une superbe réussite. Au menu: animations en langue bretonne (théâtre sous l'oeil attentif de Goulc'han Kervella), musique avec Dom Duff ou les parrains de l'opération, j'ai nommé les incontournables ramoneurs de menhirs, danse avec un fest-noz un peu plus tard dans la soirée. Je ne sais pas trop combien de personnes étaient à l'arrivée, mais j'aurais bien dit 2000. C'est bien simple, sur cette photo, la foule s'étendait jusqu'à la pharmacie, tout au fond... et il y avait déjà du monde au palais des congrès!

 

Des Gwenn-ha-du, des militants, des slogans (il fallait nous entendre le poing levé "brezhoneg, brezhoneg, yezh ofisiel"), de la rigolade et des enfants partout. Une kermesse géante! Après l'effort, le réconfort. Et mise à part quelques frictions avec deux ou trois nazillons tardivement, la soirée fut des plus belles. Basques et gallois étaient de la partie aussi et on sentait une réelle fraternité dans l'assemblée.

 

Merci aux organisateurs pour ce grand moment. A tous les bénévoles dont certains de mes camarades. Des T-shirts Redadeg partout ha brezhoneg e bep lec'h. Komzet 'm eus e brezhoneg hepken! Gant fazioù evel just, met ur blijadur oa. Dans deux ans, c'est sûr, je m'engage dans l'organisation!

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:12
Kroget eo ar Redadeg ha redet em boa dec'h dek kilometr evit ar yezh... Ha torret eo ma zroad bremañ!

Malgré la pluie, l'ambiance était au rendez-vous et le départ à Rennes auquel j'ai participé avait de la gueule! Pour ma part, j'ai couru en compagnie de Lionel Henry de la place de la mairie jusqu'au stade de Rennes où nous avons été accueillis par un panneau géant "Degemer Mat - Redadeg a di da di". Puis, 5-6 kilomètres vers Guipry, en campagne. J'ai terminé mon tronçon, mais mon pied et mon genou sont dans un état déplorable. Et je suis censé courir demain matin à l'aube à Lorient!

N'hésitez pas à participer! Financièrement, mais également physiquement... Et retrouvez les animations sur la route. Courage à ceux qui courrent en ce moment!

Retrouvez chaque jour la course sur Gwagenn TV comme vous l'explique Gael.
Plus d'info: http://ar-redadeg.org
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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 12:10

capitalisme-max-havelaar.jpg

Le Projet de Loi "portant engagement national pour l'environnement" s'est ouvert au débat hier si j'en crois l'agenda officiel de l'Assemblée Nationale. J'entendais, dimanche soir, un débat radiophonique sur RFI entre un député UMP et Paul Ariès, spécialiste de la mondialisation et l'un des porte-parole du courant de la décroissance. Enfin, j'écoutais ce matin une lycéenne dans le bus disant à sa copine qu'elle allait "acheter la nouvelle bouteille de coca-cola parce qu'elle est belle". Tout ceci m'a donné envie d'écrire un petit pamphlet anti-capitaliste!

 

J'ai donc pensé à "Babylone", une chanson d'un excellent groupe lorientais aujourd'hui dissous: Freedom For King Kong. Babylone est le symbole, dans la culture rastafari, de "la société occidentale mercantile, décadente, déshumanisée et pervertie". Cette conception biblique n'est pas étonnante puisque les rastafaris jamaïcains rendent hommage à un empereur d'Ethiopie de 1930 à 1974, Hailé Sélassié. Or, l'Ethiopie est fortement chrétienne. Je trouvais qu'utiliser ce mot "Babylone" dans son sens religieux correspondait plutôt pas mal à cette autre religion qu'est le capitalisme avec son chapelet de dogmes! Bref, par ce titre, je souhaitais matérialiser tout ce système pourri qui ne doit pas "exploser", mais bien "imploser" car c'est d'une révolution interne dont nous avons besoin.

 

Pour rester sur le registre révolutionnaire, je regardais hier "Marie-Antoinette", le film de Sofia Coppola. Outre le traitement de l'adolescence, ce film fait un parallèle très clair entre ces deux époques que sont le XVIIIème siècle et notre époque contemporaine. Car après tout, qu'est-ce qui a changé en terme de hiérarchisation des individus? Auparavant, il y avait trois ordres: la noblesse, le clergé et le tiers état. Aujourd'hui, il y a des bourgeois privilégiés vivant autant dans une bulle que les nobles en leur temps, une caste d'intouchables médiatiques (protégés par le Dieu Télévision) et le tiers état qui, s'il ne meure pas de faim, subit (voir la Grèce).

 

Point de discours gauchiste dans ma prose, mais un dégoût profond et un mépris de ce système capitaliste soi-disant indispensable. Un capitalisme soutenu par le lobby des armes, celui de l'agrobusiness sans parler des autres. Quand je réfléchis à une sortie de crise, je me pose la question: sommes-nous condamnés à la croissance? Sommes-nous condamnés à détruire la branche sur laquelle nous sommes assis, comprenez la planète?

 

sarkozy-pour-un-capitalisme-nouveau.jpgPour détruire ce système, il faut l'attaquer au coeur: la Bourse (le veau d'or)! Complètement irraisonnable, la Bourse est un jeu basé sur la confiance. Le critère principal est la croissance économique matérialisée par la liberté donnée aux investisseurs. Un peu comme si l'Ancien Régime ne dépendait que des largesses dispensées aux nobles! Regardons par exemple ce qui s'est passé lors de l'arrivée au pouvoir de divers chefs d'Etat démocratiquement élus. Prenons deux emblèmes de résistance: Allende et Mandela. La nationalisation des banques par Allende, à son accession au pouvoir, fait fuir les investisseurs et les ennuis économiques commencent, orchestrés par les Etats-Unis. Le second, à peine arrivé, a du rassurer le monde économique. Quand le tiers-état se révolte, les nobles fuit.

 

L'hommage au capitalisme serait donc nécessaire pour gouverner?

 

Sarkozy n'a pas besoin de plier le genou, il est un produit du capitalisme, un illuminé qui pense que l'on peut le verdir. Et la marée noire en Louisiane qui va s'engluer dans les mangroves, elle se lave avec de la lessive peut-être? Le Grenelle 2 est une farce qui ne convint plus personne. Les préfets continuent de signer, localement, tous les projets productivistes comme la maternité porcine de Trébrivan, les élus locaux continuent de penser avec un mode d'emploi où rien n'est possible que suivre la Volonté des investisseurs (le suffrage universel ne serait donc qu'une caution?).

 

Ce n'est pas d'un capitalisme nouveau dont nous avons besoin, mais d'une alternative qui ne peut fonctionner que si on lui accorde sa confiance! Pas de résignation, pas d'acceptation non plus, soyons révoltés car ce système est révoltant.

 

(Pour les amateurs de musique, je conseille le titre "Révolution" interprêté par FFKK).

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 18:27

Demo_Bzh_fr.jpg


Voici une carte (crédit: Gwenael Henry pour l'UDB) qui illustre bien un des problèmes majeurs en Bretagne: le déséquilibre de plus en plus affirmé entre l'est et l'ouest. Urbains contre ruraux, c'est l'inverse de la logique des "pays" dont la Bretagne est héritière depuis... pff... depuis toujours? La réforme des institutions mod-Sarkozy se fout bien de l'aménagement du territoire puisque les pays seraient purement et simplement supprimés et les grands centres urbains (Nantes et éventuellement Rennes) pourraient devenir des "métropoles" aux compétences plus larges qu'un conseil régional!


Bref, quand je vois l'intervention d'Eliane Leclercq à la communauté d'agglo de Rennes Métropole (oui, car Rennes n'est qu'une agglo qui veut se faire passer pour une ville à dimension internationale), je suis fier d'être à l'UDB (encore!). La section de Rennes que je fréquente désormais a pris la décision de voter CONTRE le voeu proposé par les socialistes. Pourquoi puisque Delaveau, le maire de Rennes, affirme que "cela n'a rien à voir avec la réforme des institutions"?


Mais qui est dupe? Pourquoi vouloir agrandir l'intercommunalité rennaise (qui se confondra bientôt avec le département!) si ce n'est pour atteindre la taille critique des villes pouvant accéder au statut de "métropole" (version Sarko). 450000 habitants, Rennes ne les a pas contrairement à Nantes. Horreur pour la "capitale" qui ne peut souffrir ce camouflet!


Ras-le-bol de cette concurrence inter-urbaine! C'est tout sauf de l'aménagement et tout sauf de la solidarité de gauche. J'attends donc que les socialistes qui sont majoritaires en Bretagne prennent position contre cette réforme Sarkozy! Et pas simplement du bout des lèvres. La recentralisation en projet va supprimer la clause de compétence générale aux Régions et aux Départements (sans les supprimer) réduisant son pouvoir déjà faible à peau de chagrin. Fin de la diversité politique aussi et fin de l'accès aux femmes à des reponsabilités (sisi!).


Mais j'arrête là ma diatribe. Lisez donc le Peuple breton en premier lieu et Koulmig, l'info des jeunes de l'UDB où cette réforme est constamment critiquée. Mais le silence qui règne en Bretagne dans le milieu politique est flippant: serions-nous les seuls à craindre pour la démocratie?

 

Rennes pourrait-elle un jour être un peu moins rennaise et un peu plus bretonne? Comprendra-t-elle un jour qu'elle n'est rien sans le reste de la Bretagne qui la fournit en étudiants, en travailleurs, en penseurs... et sans l'Etat qui la fournit en administrations? Pourquoi donc reproduire un modèle centralisé à l'échelle de la Bretagne? Je ne parlerai même pas de Nantes qui, en abandonnant politiquement l'idée de rejoindre la Région Bretagne, se construit autour d'elle-même, comme une forteresse. Mais ce sont les autonomistes que l'on traite de féodaux! 


Je vous invite à faire connaître le texte qui suit puisque les médias rennais nous ont snobé. On parle de ceux qui s'abstiennent, mais pas de l'unique personne à voter contre! Zéro pointé aux journalistes dans cette affaire!

 

 

"Monsieur le Président, chers/chères collègues,


Le vœu qui nous est présenté ce soir nous invite à continuer la réflexion sur la réforme de l'intercommunalité et ses conséquences pour Rennes Métropole, dans le cadre du projet de réforme territoriale.


La réforme de l'intercommunalité ne peut pas être dissociée du projet global dans lequel elle s'inscrit. Or, cette réforme territoriale voulue par le Gouvernement organise un véritable recul de notre démocratie territoriale.


- On attendait l’acte III de la décentralisation ; on nous a servi l’acte I de la recentralisation. Avec la suppression de la clause de compétence générale, les territoires et les Régions en particulier risquent de perdre leurs capacités d’action. C’est paradoxal parce que dans le même temps chez nos voisins européens (Espagne, Royaume-Uni, par exemple), l’évolution démocratique donne de plus en plus de moyens aux Régions pour améliorer le quotidien des habitants.


- On attendait que la parité entre enfin dans les habitudes. Au lieu de quoi, avec le mode de scrutin choisi, seulement 20 % des futurs conseillers territoriaux seraient des femmes.


 - On attendait que la diversité politique soit, enfin, mieux représentée dans nos assemblées régionales et départementales… on pourra toujours attendre ! Avec le mode de scrutin des nouveaux conseillers territoriaux, la droite met en place les conditions d’une reconquête des Régions et des Départements. Curieuse conception du jeu démocratique, où l’on change les règles quand on perd des élections !


Le projet de création des nouvelles Métropoles n’échappe pas à cette série noire d'autant que le projet de loi prévoit que ces Métropoles puissent s'approprier les compétences économiques des Régions et des départements car, je cite : « les compétences économiques sont en effet prioritaires pour la réussite des métropoles françaises dans la compétition urbaine européenne et internationale ».


L'idéologie sous-jacente est claire : celle de la mise en concurrence des territoires, au mépris des équilibres à l'intérieur des régions. Cette réforme signifie donc la casse du modèle breton d’équilibre territorial. Créer les Métropoles et supprimer les Pays, c’est reproduire à l’échelon régional un déséquilibre entre une ou deux grandes villes, qui concentreraient l’écrasante majorité des ressources et des activités, et les territoires périurbains ou ruraux, réduits aux fonctions de villes-dortoirs ou de lieux de villégiature.


Jusqu’à présent, le maillage du territoire par les villes petites et moyennes, qui fait la particularité de la Bretagne, est encore une réalité - malgré les menaces de fractures territoriales que l’on connaît. Il constitue un des facteurs clés de la qualité de vie en Bretagne.


Mais qu’en sera-t-il demain si nous décidons que Rennes et Nantes doivent acquérir toujours plus de compétences ? Nous ne savons pas, a priori, dans quel sens les vases communiqueront. L'aire métropolitaine va-t-elle "irriguer le territoire", ou bien va-t-elle capter le dynamisme breton au détriment de la Bretagne occidentale ou rurale ?


L'expérience nous a plutôt habitués à ce que les ressources bretonnes soient aspirées hors de nos territoires, lorsqu'il n'existe pas de perspective d'activité locale. L'exode des jeunes diplômés bretons est un phénomène tristement connu.


Nous qui définissons Rennes comme "capitale de la Bretagne", nous avons donc la responsabilité de penser aux conséquences de nos stratégies d’affirmation métropolitaine. Comment voit-on la métropolisation rennaise depuis le Centre-Bretagne, comment la voit-on depuis Redon ou Fougères ? Et à quoi nous servirait-il d’être la capitale d’une Bretagne fragilisée et déséquilibrée ?


Le dynamisme de Rennes est en partie dû à la centralisation sur son territoire des emplois administratifs et à la présence de l'université. Elle a donc un devoir de solidarité vis-à-vis du reste de la Bretagne. Son développement ne doit pas se faire au détriment des autres équilibres territoriaux de la Région et des autres solidarités qui fonctionnent autour de Rennes Metropole.



Le vœu de ce soir insiste sur la nécessité de placer l'avenir de notre agglomération sous le signe de la coopération et de la solidarité. C'est tout à son honneur, et vous l'aurez compris c'est ce que souhaite l'UDB.


Nous voulons que chacun puisse vivre dans son bassin de vie, sans avoir à subir des déplacements toujours plus coûteux pour aller travailler ou accéder aux services publics. Il s’agit bien, comme le dit l’UDB depuis longtemps, de « vivre, travailler et décider au pays ». Ce slogan est totalement en phase avec les préoccupations de notre société, consciente de l’urgence sociale et écologique de la relocalisation des activités.


Accepter la création des métropoles c’est se soumettre à un modèle de société inégalitaire, où l’aménagement des territoires renforce les discriminations liées au niveau de revenus. C'est bien la qualité de vie au quotidien qui est menacée. Ce qu'il faut c'est réduire la mobilité subie des habitants, c'est rapprocher le travail du lieu de résidence, c'est choisir la coopération plutôt que la compétition. Parce que etre attractif et rayonner sans être une mégalopole c'est possible, pour cela il faut avoir une réelle originalité à faire valoir : L’exemple de Fribourg nous l’a assez prouvé. Et pour cela il faut renforcer la dynamique régionale et aménager les territoires à l'échelle de la Région.


L'Union Démocratique Bretonne est favorable à un équilibre des territoires à l'échelle de la Bretagne et pense réellement qu'à trop renforcer l'un des territoires, fût-il celui de Rennes Metropole, par rapport aux autres, on risque de créer de nouveaux déséquilibres. C'est pourquoi je ne voterai pas ce voeu.


Eliane Leclercq, Rennes Métropole, le 29 avril 2010."

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 11:08

 T-shirts-Redadeg-2010.jpg

 

Nous sommes le 28 avril. Le 10 mai (soit le lendemain de mon anniversaire!) commence la Redadeg, course en langue bretonne initiée en 2008 sur le modèle de la Korrika basque. Départ de Rennes à 10h30 et arrivée probable à Pontivy à 17h, le tout sans arrêt. Le principe est de symboliser la transmission de la langue par un passage de témoin chaque kimomètre. Cette année, les bénéfices reviendront à Diwan, mais également à certains projets en langue bretonne, triés sur le volet. Vous trouverez toutes ces infos sur le site de la Redadeg 2010.

 

Lors de la première édition, j'avais couru sur l'ensemble de la commune de Lorient dont un kilomètre au nom de la section UDB de Lorient. Cette année, je courre jusqu'à ce que mes forces me lâchent! Départ de Merville où je débute mon premier kilomètre acheté par la section à nouveau (symboliquement, partir devant une école pour laquelle nous nous sommes battus et nous battons encore, ça me plait), puis passage de témoin à Raphaël Yven pour Europe Ecologie Bretagne qui me passe à nouveau le témoin pour que je courre pour... la fédération UDB du Morbihan devant mon ancienne fac! Je dois aussi dire que Yann Syz, adjoint UDB à la santé, me passe le premier témoin et qu'il est fort probable qu'il entame la course sur la commune de Lorient. Bref, l'empreinte de l'UDB dans la commune sera palpable!

 

Quoiqu'il en soit, cette course est avant tout destinée à dégager des fonds pour la langue bretonne, fonds que l'Etat renacle à octroyer. J'invite donc sportifs du dimanche et professionnels, famille et associations à se joindre au cortège (gratuit) car plus il y a de monde, plus l'ambiance est géniale. Cette année, la course passe à Lorient vers 7h environ.

 

Pour les bretonnants et amis de la langue bretonne et de la diversité linguistique, n'hésitez pas à participer financièrement à cette course soit en achetant un kilomètre à 100€ (sponsorisé), soit en vous cotisant pour l'acheter (5€ entre voisins), soit en achetant un T-shirt Redadeg (différentes tailles). C'est important, il ne reste que quelques jours encore et l'ensemble des 1200 kms n'est pas encore vendu.

 

Ai'ta! Redomp evit ar yezh. Pouezus tre eo!

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