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Klask

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 21:23

rouge.jpg 

J'ai ouïe dire qu'on me reprochait de temps à autre de "défendre ma chapelle", de "servir le parti". A ceux-là, je dis oui. L'UDB, c'est mon couteau Suisse, l'outil que je trouve le plus efficace pour prôner nos idées et le prisme de lecture le plus juste selon moi (en ce moment). Ce couteau Suisse, je le porte entre les dents puisque c'est l'image d'Epinal qui ressort dès lors que l'on prononce ce mot "parti" (voir image)! Défendre ma chapelle, c'est exactement ce que je fais car en me mettant au service du parti, c'est avant tout au service des idées que je dédie mes actions. "Seules les idées comptent" écrivais-je en juin 2007 sur ce blog (ici) et je le pense toujours.

 

J'aimerai écrire cet article pour expliquer aux sceptiques ce qu'est un parti politique. Car il est clair qu'en France (et la Bretagne ne fais pas exception même si le tissu associatif est important), la politique a très mauvaise presse.

 

On oublie souvent de le dire, un parti politique, c'est d'abord un lieu où des gens qui partagent les mêmes sensibilités se réunissent pour élaborer un programme commun. Il n'y a donc, selon moi, pas 15 façons de "faire de la politique":

 

1. Etre à plusieurs car on ne bâtit pas un projet de société seul.

2. Ecouter les attentes.

3. Avoir de l'imagination pour proposer des actions qui répondent aux attentes.

4. Convaincre que son système de pensée est pertinent.

 

Un parti politique, c'est aussi un vocabulaire. Si nous utilisons toujours le terme de "jaconisme", c'est parce que la vie politique française est toujours sous l'influence des courants révolutionnaires de 1789. Un peu périmé pour certains, mais je rappelerai tout de même que la République dans laquelle ils vivent est issu de cette Révolution.  

 

Pourtant, les partis politiques sont assez récents finalement. Avant la fin du XIXème siècle, des groupes d'influence étaient constitués autour de personnalités fortes (certains me diront, ça existe encore!). Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les partis sont un peu plus anciens qu'en France où le premier parti fut le parti radical en 1901 puis le SFIO en 1905. Complexification, on passe d'un système de plébiciste individuel (sur la base d'un homme) à celui de consolidation d'un projet autour d'idées et non plus forcément d'hommes. Evidemment, ça, c'est la théorie! Et c'est justement la dérive du débat publique en cours que je dénonce régulièrement, cette peopolisation progressive de la vie des idées. Les leaders ont toujours existé, mais ce qui est grave, c'est que l'idéologie se résume à eux...

 

chantierPS.pngEn France, les partis sont très mal vus. Sans doute les scandales, les exemples déplorables de certains hommes ou femmes politiques n'y sont pas pour rien, mais je pense que le quinquenat et la campagne permanente qu'il suppose n'y est pas étranger non plus (cela surévalue les ambitions). J'ajouterai à cela le capitalisme et l'apologie de l'individualisme, mais force est de constater que mon argumentaire n'est pas suffisant. Sinon, comment expliquer que nos partenaires du Plaid Cymru réunissent 8000 adhérents quand nous plafonnons à 700? Le Royaume-Uni est réputé plus libéral que la France, non?

 

J'entends d'ici les adhérents d'autres partis qui se tiennent les côtes de rire. Je leur ferai volontiers remarquer qu'aucun parti en Bretagne ne compte autant d'adhérents qu'un Plaid, un BNG ou un ERC: ni PS, ni UMP! C'est la même rengaine pour les syndicats. Les parades, ce sera le jour où l'une de nos formations sera capable de mobiliser des masses de gens comme en Catalogne ou au Pays Basque...

 

Le français est méfiant. Ou trop absolutiste! Il adhère le jour où un parti lui convient parfaitement, autrement dire jamais! A ce moment de mon article, il convient d'ajouter un petit mot pour ce que l'on appelle les "sympathisants". Ce statut est censé être transitoire, le temps de la découverte. Mais certains trouvent finalement qu'il est plus pratique de l'être: constamment courtisés et jamais obligés de quoi que ce soit. Pour ma part, je pense que la vie est faite de choix et que les non-choix ne font pas avancer. Ceci pour dire aux sympathisants (de quelques formations politiques que ce soit) qu'ils n'ont pas à avoir peur d'adhérer. Un parti n'est absolument pas une prison, c'est un lieu de créativité où la seule règle est de respecter la décision collective et la charte. Droits et devoirs, c'est ainsi que fonctionne la démocratie. Et si cela ne convient plus, on le quitte. Un parti, c'est un outil.

 

UDB---ptit.jpgPour raconter un peu ma vie, je dois dire que je suis rentré à l'UDB en tout point d'accord sur la charte, mais pas sur les stratégies. Sauf qu'après 4 ans dans un autre parti breton, j'ai pu mesurer l'action concrête que j'avais réalisé. L'éternel recommencement a des limites. Au bout d'un moment, la question qui prime est: comment être efficace? Créer un nouveau parti? C'est toujours envisageable, mais il est très difficile de bâtir un réseau et d'acquérir une confiance. Cette solution n'est pas forcément souhaitable pour la cause que l'on défend non plus. L'Emsav le sait, mais c'est aussi le cas pour le Modem qui n'a pas su faire comprendre son intérêt. De trop nombreux partis ont peur d'assumer une idéologie et font de moyens des buts à atteindre. 

  

Me voilà donc "camarade", ce mot qui fait peur également alors que sa définition est si sympa. Un camarade est un compagnon avec lequel on partage une activité commune. Les mots qui lui sont associés sont "fraternité" et "solidarité". Il y a pire non? On est loin du stalinisme rassurez-vous! Il y a un fonctionnement interne, certes, mais comme dans toute vie en société. La liberté, ce n'est pas faire n'importe quoi! Etre libre suppose de savoir ce que l'on veut!

 

Bref, un parti politique, c'est un lieu où l'on peut causer d'abord. C'est aussi un lieu où l'on peut se former ce que beaucoup ont oublié. A ce propos, je ne partage pas l'idéologie communiste et pourtant, j'ai du respect pour le parti des anciens qui, à une époque, était une école de la seconde chance pour ceux qui n'avaient pas fait d'études. C'est aussi un lieu où l'on peut créer à condition d'avoir de la suite dans les idées ce qui fait défaut aux partis les mieux installés: beaucoup d'adhérents, mais peu de militants.

 

Certains ne comprennent donc pas que je sois contre des alliances sans queue ni tête (gauche-droite). Pourtant, c'est assez simple à expliquer: un parti politique représente une vision du monde, de même qu'une langue. Associer deux partis, c'est regrouper deux visions du monde qui peuvent être complémentaires ou qui, durant un moment, peuvent faire avancer dans la même direction. Mais en associer trop brouille le message politique, l'idéologie. Or, c'est bien l'idéologie qui est primordiale. L'autonomie ou l'indépendance (pour ceux qui le sont) ne sont qu'un moyen, pas une fin. Vouloir l'un ou l'autre sans projet derrière, c'est finalement se tromper de cible. Car les ennemis idéologiques sont la pauvreté, la pollution, l'uniformisation. Lutter contre ceux qui les portent d'accord, mais en se souvenant du pourquoi!

 

Pour conclure et rire un peu, je m'amusais à dire à ma meilleure amie que j'étais un "révolutionnaire légaliste". Je viens de trouver cette phrase sur wikipédia: "Pour les révolutionnaires et pour leurs héritiers, il n'existe de fait que deux partis légitimes : le progrès et la réaction". Je ne sais plus trop du coup! Tout dépend de ce qu'on met derrière le mot "progrès". Et moi, je ne suis pas sur que la mode des "mouvements", des "collectifs" ou de la "politique autrement" soit un progrès (voir ici)... pour moi, un chat est un chat, pas un quadrupède qui miaule!

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 17:50
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Rebelotte! Ur wec'h ouzhpenn! On a remis ça: un Tro-Breizh pour promouvoir notre idée d'autonomie. Il était temps que mon blog se réveille, mais que voulez-vous, j'ai privilégié une semaine de militantisme de terrain à quelques heures sur le net.
 
Le Tro-Breizh des Jeunes de l'UDB, ça paraît simple et pourtant, c'est un joyeux merdier à mettre en place. Jugez plutôt: un mini-bus à louer, des camarades à mobiliser, des salles à réserver, des invités à trouver, des textes à rédiger, des journalistes à contacter, des résumés à envoyer, des conférences à animer, des sous à gérer, des repas à trouver... Et toute cette organisation a commencé pendant la campagne électorale d'Europe Ecologie Bretagne, campagne à laquelle nous avons largement contribué! Bref, même pendant le tour, c'est stressant... et pourtant, ça vaut le coup!
 
En plus de resserrer les liens de camaraderie entre nous, ce Tro-Breizh forme et permet des rencontres fabuleuses comme celle de Patrick Emzivat, agriculteur bio de Loperhet ou celle d'Anne de Belon (nom de scène!) à Riec.
 
Je vous invite à visionner la vidéo du reportage de France 3 ci-dessous. Mais aussi les articles journaliers du Tro-Breizh: Dimanche, Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Digwener, Samedi
 
 
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:46

ober-sevenadurel.pngLabour zo! C'est le pôle emploi en langue bretonne... je me permets ici d'en dire un mot en français pour bien montrer l'utilité de la langue bretonne et des langues dites "minoritaires". Aujourd'hui, n'en déplaisent aux sceptiques, dans un monde complexe comme le nôtre, mieux vaut parler deux langues plutôt qu'une!

 

Aujourd'hui, en Bretagne, il est possible de trouver du travail en langue bretonne et ceci n'est pas négligeable dans une société où le taux de chômage frôle l'indécence! Le breton est donc "utile" même si je réprouve cette conception utilitaire des choses.

 

Conçu par catégorie d'emploi, le site "LabourZo.org" répertorie les emplois nécessitant une connaissance en langue bretonne: tourisme, enseignement, animation, crèche, activités culturelles...

 

Brezhoneg 'm eus komzet e-pad ar sizhun gant Re Yaouank an UDB hag aesoc'h eo bremañ. Kalz labour 'm eus c'hoazh evit bezañ brezhoneger flour ha marteze kavout ul labour, met komz yezh ma zad a blij din kalz!

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 23:52

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Le Tro-Breizh commence dimanche et je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager notre premier document de militantisme de la tournée: un deuxième Koulmig sur le thème des algues vertes. L'idée du Tro-Breizh, je le rappelle, est de donner du contenu au concept d'autonomie.

 

Happenings à Plestin puis à Binic avant la conférence prévue à Ploufragan (salle de la Poterie) sur les algues vertes. Entre temps, passage par Lannion au pot annuel de la section UDB (centre savidan) et détour par la Côte de Granit Rose.

 

Je remercie moi-aussi Goutal pour son superbe dessin! Le gars Kergrist est bien croqué, non?

 

Téléchargez l'invitation.

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 21:33

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On r'met ça? L'année dernière, les Jeunes de l'UDB initiaient une nouvelle action de militantisme: à bord d'un 9 places, ils sillonnent les routes de Bretagne afin d'expliquer aux Bretons ce concept méconnu d'autonomie. L'opération ayant porté ses fruits, ils décident de retenter l'expérience du 11 au 17 avril, mais en prenant en compte les "ratés" de l'année dernière.

 

Résultat, l'organisation est plus ambitieuse encore! Moins de quantité, plus de qualité. Et des conférences plus concrêtes car malheureusement, le côté très institutionnel des conférences de l'an dernier était assez lourd et indigeste pour le public. Alors, rassurez-vous, la pédagogie est toujours le maître mot et le public de cette année n'échappera pas à un brossage rapide du concept et de ce que cela représente concrêtement, mais il nous semblait important de décliner l'autonomie par thèmes.

 

6 conférences publiques auront donc lieu.

 

Le dimanche 11 avril:

 

Salle de la Poterie à Ploufragan (22) – de 17h00 à 18h30 Apéro-Débat « Un Vigipol contre les algues vertes ? » avec Jacques Mangold, Directeur de Vigipol et Robert Pédron, Vice-président UDB de Saint-Brieuc Agglomération.


Lundi 12 avril :


 

Maison des associations de Bruz (35) à 20h00, Salle Tilleul – « Situation de l’enseignement bilingue en Ille et Vilaine » - avec Ana Sohier, Conseillère municipale UDB de Rennes – L'association Divskouarn Virginie Pronost et Grégoire Mazo et un représentant de Diwan Rennes.


 

Mardi 13 avril :


 

Nantes, Salle C, Maison des syndicats à 20h00 –  « Quelle stratégie pour la réunification? ».


 

Mercredi 14 avril :


 

Salle des mille clubs à Plescop (56) à 20h30 – « Vivre et faire vivre notre culture en Bretagne » Avec Claude Nadeau, Musicienne – Dewi Sibéril, militant associatif – Conférence introduite par Nelly Fruchard, Maire de Plescop.


 

Jeudi 15 avril :


 

Concarneau, Abri du Marin à 20h00 - « Cette Bretagne qui tourne le dos à la mer » avec votre humble serviteur comme "expert" sur le transport maritime en Bretagne.


 

Vendredi 16 avril :


 

Brest, Maison de l'Europe, 20h30 à 22h -  « Identité(s) Bretonne(s): les enjeux de la diversité pour la cohésion sociale » avec Anne Marie Kervern, adjointe au maire chargée de l’insertion par le dialogue des cultures, Yannig Bigouin, conseiller régional Europe Ecologie Bretagne et  membre de Strollad ar Vro Bagan, Abdourahman Mohamed Habib dit « amigo », Djibouti Bretagne et Eskemm et Seynabou Badiane, collectif Breizh Africa.

 

Le Samedi, jugez vous-mêmes! Après l'effort, le réconfort.

 

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Bien entendu, le planning n'est pas encore complet et nous réservons encore quelques surprises durant la semaine. Le programme s'étoffe de jour en jour.

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 18:58

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Que de noms d'oiseaux j'ai reçu quand j'ai annoncé que je partais à Venise pour l'Assemblée Générale de l'Alliance Libre Européenne (et ALE jeunes). A vrai dire, l'imaginaire qui enveloppe cette ville est hallucinante eut égard à la réalité. Je ne vais pas cracher dans la soupe, mais je donne néanmoins un conseil aux amoureux qui désirent partir en voyage romantique: préférez Brugges ou Gand à Venise, à moins que vous n'aimiez les ballades nocturnes et dans ce cas, vous serez ravis.

Car cette ville mythique est pire qu'Albion! Le pont des soupirs et une partie de la place St Marc étaient couverts de publicité (Lacoste ou Belgarius), que de grands magasins Dolce & Gabbana, Prada ou autres grands marques vestimentaires  et la moindre pause dans un café vous coûte un bras! Les vaporetto quant à eux sont hors de prix (6,5€ la traversée) quand nos gentils bateaux-bus lorientais ne valent que le prix d'un ticket soit 1,20€ (il me semble). Maintenant, je dis ça car je suis un bourgeois qui peut voyager et pour celui qui n'a pas de point de comparaison, il est indéniable que les ruelles et canaux sont jolis.

Côté politique, nous tombions la semaine du vote aux régionales si bien que les panneaux électoraux fleurissaient. Un peu compliqué à comprendre car il semble y avoir plusieurs élections à la fois si bien que les panneaux n'étaient pas les mêmes selon les endroits de la ville.
La Liga Veneta Republica (à ne pas confondre avec la Liga veneta tout court, membre de la Ligue du Nord), membre de l'ALE, préparait elle aussi son élection ce qui me fait d'ailleurs penser que j'ai entendu hier à la radio que je ne sais plus qui du clergé italien avait appelé les fidèles, pendant le sermon, à battre la gauche! Il n'y a que l'Italie où il existe encore ça...

Un nouveau bureau de l'ALE jeunes a vu le jour. J'ai laissé ma place, ne sachant pas le temps que me prendra à l'avenir le Peuple breton, ici, en Bretagne. Mais je ne perds pas de vue les relations internationales. D'ailleurs, la nouvelle présidente,
Irati Aizpurua Alquezar, membre de Gazte Abertzaleak et moi nous sommes très bien entendu. J'ai d'ailleurs passé la majeure partie de mon séjour avec la délégation Basque d'Eusko Alkartasuna (parti mère) ainsi que la délégation catalane du PSM (Majorque). En témoigne cette photo souvenir sur la place Saint Marc avec Pello Urizar, le porte parole d'EA ainsi que mes amis Antoni (JEN-PSM) et Aitziber (EA). Une amitié qui dure avec ce parti basque puisqu'outre le fait que la section d'Ipparalde est membre de R&Ps, on se souvient que Gwennoline (responsable adjointe de l'UDBy) avait répondu présente à l'invitation au congrès de GA.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 14:39

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Evidemment, vous l'aurez compris, ces chiffres ne sont pas ceux de la "Bretagne", mais bien de la "Région Bretagne". Je tenais à le préciser avant qu'un allumé me reproche d'être anti-réunification. Sait-on jamais! Je ne suis pas responsable des conneries de Wikipédia!

Voici donc un petit aperçu de mon analyse des élections de mars 2010 et particulièrement du second tour car j'ai déjà évoqué le premier (
voir ici). Je n'ai pas spécialement envie de m'étendre sur les raisons de la non-fusion entre la liste Europe Ecologie Bretagne et la liste du PS: c'est fait, mais ce rejet va avoir des conséquences évidentes sur la sociologie politique en Bretagne administrative.

Les faits:

Trois listes étaient présentes au second tour:
 
La liste du PS-PC-Bretagne écologie menée par Jean-Yves Le Drian (favori). Aucune liste à ma connaissance n'a appelé à voter pour lui au second tour puisque Gérard Perron (Front de gauche) a appelé à faire barrage à la droite et que C. Troadec a finalement appelé EEB. Je n'ai rien vu de LO ou du NPA.

La liste UMP menée par Bernadette Malgorn (battue d'avance). Le Modem ne sera pas présent au Conseil régional car ils ne se maintiennent pas et refusent d'appeler à voter, fidèle à leur stratégie d'arbitre.

La liste Europe Ecologie Bretagne regroupant Verts-UDB-monde associatif menée par Guy Hascoët (le trouble-fête).

Les chiffres:

Une abstention plus faible qui, apparemment, n'est pas propre à notre région administrative, mais qui peut aussi s'expliquer par la configuration inédite du second tour.

Avec 50,27%, la liste de Le Drian remporte cette élection. Le Ouest-France titrait "haut la main", mais je ne dirai pas ça. Car si sa victoire est incontestable, il règne ici un sentiment d'incompréhension que le PS breton va devoir gérer après la campagne. A peine 50%, c'est une victoire molle quant le président sortant (et nouveau président) aurait pu s'assurer une victoire à 65% (je n'additionne pas les %, ça ne fonctionne pas ainsi). Du coup, il va devoir gérer une région avec deux oppositions: une de gauche (qu'il n'avait pas avant) et une de droite (affaiblie). J'ai une pensée solidaire avec les services de la Région pour qui la tempête va arriver (nouvelle mandature = nouvelle façon de travailler).

Bernadette Malgorn prend une belle fessée. La représentante du Sarkozysme en mission en Bretagne n'a pas trouvé son créneau. Il faut dire que le tribun que l'on attendait a plutôt laissé place à une vision préfectorale de la politique: un peu moisie. Un préfet exécute, il ne décide de rien. Les discours de Mme Malgorn tenait plus de la IIIème République que d'une stratégie de communication pour tous. Du coup, la presse a vite transformé le duel Le Drian-Malgorn en une compétition Le Drian-Hascoët. Avec 32,36%, elle peut se targuer d'avoir fait beaucoup moins que le duc De Rohan en 2004 (41,21%). Une façon pour les chiraquiens de dire que la droite bretonne n'est pas sarkozyste! Attention donc au nouveau parti de MM. Villepin et Goulard. Si ce peut être un épiphénomène ailleurs, il peut percer en Bretagne. Deux partis de droite, deux partis jacobins! Où va aller le Modem?

Le score de Guy Hascoët (le nôtre) est plutôt bon. Honnêtement, je pensais moins. Avec 17,37%, la liste a donné un espoir nouveau à tout ceux qui refusent le bipartisme. A ce titre, si quelques journalistes ont attribué le score du premier tour aux Verts (on se demande comment on peut le savoir, mais bon. Peut-être un jour les journalistes s'intéresseront vraiment à l'implantation militante de l'UDB), le report de voix au second tour est essentiellement dû à mon avis à l'UDB. Les voix de Christian Troadec (de l'Emsav) se sont reportées un peu sur nous, mais également une partie de celle du Front de gauche avec qui nous entretenons de bons rapports militants (manif...). Quelques abstentionnistes ici ou là et un peu de Modem sans doute puisque certaines sections ont appelé à voter EEB. Le côté fédéraliste? Effet Cohn Bendit?

Christian Troadec a joué les girouettes, ce n'est nouveau. Après avoir appelé à voter PS, il appelle à "battre la droite" puis à voter EEB (mais "personnellement"). Les cantonales approchent Christian? A moins que tu n'imagines une alliance avec Richard Ferrand!!! Merci en tout cas aux électeurs de Troadec qui ont fait le choix de porter leurs voix sur la liste Europe Ecologie Bretagne. Etonnante la décision du Parti breton de ne pas donner de consignes de vote: est-ce par anti-UDB ou parce qu'ils sont à droite? Je le dis tout net, je n'aurais pas appelé à une liste Parti breton au second tour même s'il est clair que leur projet institutionnel est plus proche du mien que de celui du PS. Mais puisque le Parti breton se dit "ni-droite, ni-gauche", l'unique critère devrait être le nationalisme! Or, cette liste de gauche était la seule à porter un projet autonomiste. L'honnêteté intellectuelle me force à dire que beaucoup de membres du parti breton que je connais ont joué le jeu et voté Europe Ecologie Bretagne. De toute façon, comptez sur les 4 élus UDB pour porter les idées sur lesquelles nous sommes sur la même longueur d'ondes.

L'avenir:

11 élus Europe Ecologie Bretagne dont 4 UDB. Deux groupes distincts toutefois car nous voulons conserver notre identité UDB aussi. Europe Ecologie n'est pas un parti, mais un rassemblement. Il constitue aujourd'hui la troisième force politique en France (et en Bretagne) et une alternative crédible au PS comme force de gauche. Celle-ci n'est cependant pas suffisamment forte (la gauche) pour se taper dessus et il faudra donc voir jusqu'où peuvent aller les compromis. En attendant, la position d'Europe Ecologie Bretagne au conseil régional ne pourra être que constructive, mais critique. En nous renvoyant dans nos buts, Le Drian a redynamisé l'UDB et nous force à durcir le ton avant 2014. Dans l'affaire, je ne suis pas certain que nous soyons les perdants de cette élection. Il nous donnait 10 élus, nous en gagnons 11, tout seul et sans prime majoritaire! Symboliquement, c'est une victoire!

De son côté, JYLD a gagné, mais dispose d'une majorité de 52 élus contre 58 en 2004. A noter d'ailleurs que, comme prévu, ce n'est pas le PS qui joue ses postes, mais les autres composantes qui écoppent. Et oui, c'est cela l'union des forces: un programme PS et aucune remise en cause du parti majoritaire. C'est toujours les autres qui sont les variables! Ceux qui analysent le triomphe de la gauche aux régionales comme une belle promesse aux présidentielles (l'obsession électorale alors que ce sont les législatives qui comptent!) feraient peut-être mieux de changer leur fusil d'épaule. Il est encore temps de faire son autocritique!!!

Le PC va devoir gérer aussi sa crise interne car il est clair que de nombreux militants ont mal digéré l'alliance dès le premier tour avec JY Le Drian. 6 élus au lieu de 7 pour eux. Quant à Bretagne écologie, ce sera une opposition dans la majorité sur les questions environnementales. En tout cas, il faut l'espérer. Sans cela, ça n'aura été qu'un coup monté du PS pour détruire la dynamique Europe Ecologie Bretagne (raté!).

Pour nous, le travail continue. L'UDBy relance un deuxième tro-breizh, plus ambitieux encore que celui de l'année dernière. Les premières infos sont disponibles sur le blog des Jeunes de l'UDB. Car quoi qu'il en soit, le plus dur reste à faire: convaincre. Et de ce point de vue, il va falloir mettre le paquet car (et ce n'est pas la première fois que je le dis), l'UDB a de grosses carences en communication si bien que nous ne valorisons pas bien notre travail. Les scores urbains d'Europe Ecologie me conviennent moyennement car je prône une écologie pour tous et pas une écologie bourgeoise. Un autre système, ce n'est pas aux détriments des plus pauvres et j'aimerai que les campagnes entendent ce discours. D'où l'importance de conserver aussi une place pour l'UDB, plus appréciée dans les campagnes.

Voilà quelques pistes de réflexion. En attendant, félicitations aux élus d'EEBzh. Vous comprendrez bien que je suis ravi qu'Herri, Christian, Mona et Naig soient élus.



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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 10:00

Guy Hascoët Tête de liste Europe Ecologie Bretagne
envoyé par Europe_Ecologie_Bretagne.

Croyez bien que je regrette cet article! J'ai combattu jusqu'au bout pour la fusion car il vaut mieux être dans la majorité pour agir. Mais il y a des choses qu'on ne peut accepter en courbant l'échine. Jean-Yves Le Drian nous proposait 10 places soit moins qu'en 2004 alors que nous faisons 2,5 points de plus qu'à l'époque et lui 1,5 points de moins.

D'aucuns diront que nous n'en voulons qu'à nos places et je leur rétorquerais que la gauche plurielle partage toujours les places entre les petites formations, mais que le PS ne remet JAMAIS en cause sa suprématie donc qui se bat pour ses places? Ce n'est donc pas une question de places, mais bien de respect. Respect de partenaires de gauche, mais aussi respect du projet de société qu'ils portent et que des milliers de Bretons ont validé dans les urnes dimanche dernier.

C'est quand on est fort qu'on tend la main et JY Le Drian nous la refuse. D'ailleurs, tout était déjà décidé puisque les affiches étaient collées dès hier soir sans nos logos. Quel mépris! Le Drian, diviseur de la gauche. Et comment se justifie-t-il auprès de ses adhérents et des Bretons? En mentant purement et simplement ! Il dit nous avoir proposé 14 postes ce que nous demandions selon les règles de la proportionnelle (le plus juste et le plus démocratique), c'est archi-faux. Il comptait son propre quotat d'écolo!

Je n'oublie pas que le véritable ennemi reste la droite, cette droite dure et sans complexe qui doit se frotter les mains de la décision du PS. Elle n'a aucune chance de passer, mais nous ne ménagerons pas nos coups non plus car nous sommes une réelle force de gauche.

A vos drapeaux camarades, la semaine s'annonce excitante! Nous allons battre la campagne et prouver au PS que les petites formations portent un projet de société que les bretons attendent, que la politique suiviste n'a que trop duré. Qui a privatisé France Télécom, c'est nous peut-être? Alors d'où aurait-il "le monopole de la gauche"?

Je garde toute ma sympathie envers les militants socialistes que je connais! Mais cette semaine, je serais occupé à défier leur appareil sclérosé. War sav!
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 17:00
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Le deuxième évènement de ce week-end après la mort de Jean Ferrat (un grand chanteur engagé) était l'élection régionale. Je le dis dans cet ordre car il est clair qu'à part dans le micro-cosme politique, cette élection n'a pas été suivie. Voici donc mon analyse après une nuit de sommeil et les chiffres à ma disposition. Le tableau fait apparaître ceux de la Région Bretagne. J'ajouterai des commentaires pour la Loire Atlantique evel just.

L'abstention.

Rien de bien original pour qui a suivi les élections, c'est l'abstentionnisme le grand vainqueur. Je ne sais pas ce qui passe par la tête de ceux qui ne vont pas voter, mais je ne vois honnêtement aucune forme de contestation dans cette méthode! Premièrement parce que cela ne sert à rien (pas constructif), deuxièmement parce que ça affablit la démocratie et nous fait rentrer dans une spirale infernale d'opposition "peuple VS élus" (comme si les élus n'appartenaient pas au peuple!). Je ne vais pas faire un laïus sur le fait que la démocratie n'est pas éternelle et que nombre de peuples opprimés se battent pour le droit de vote (les femmes en particulier), mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque.

Bravo donc les abstentionnistes! Je prends le pari que l'immense majorité n'a même pas lu un tract ou été à un meeting. Comment donc se faire une idée sur les listes? Dans mon bureau de Lorient, un ancien est sorti en disant "qu'il n'y a que des cheveux blancs qui votent". C'est d'ailleurs ainsi que je pourrai qualifier le Parti socialiste en Bretagne (le parti des cheveux blancs). Certes, hégémonique, toujours présent, mais ce n'est pas glorieux car la moyenne d'âge des votants faisait peur. Les maisons de retraite ont voté massivement (en témoigne d'ailleurs l'excellent vote du FN). L'ancien monde (sans aucune méchanceté pour nos anciens). Le nouveau, lui, s'est contenté de rester à la maison. C'est encore pire!

Nous (Jeunes UDB) qui avions fait une campagne contre l'abstention, nous qui demandions aux électeurs (dans un Koulmig) de voter pour crédibiliser l'échelon régional, c'est l'inverse qui s'est passé et je prends ça pour un échec. Car quel a été le premier commentaire de la droite en déroute? "Le taux d'abstention prouve que la réforme institutionnelle est nécessaire" (dixit Fillon et Chatel). Comprenez en langage non politique: "l'échelon régional ne sert à rien, les gens n'en veulent pas donc notre volonté de réduire encore son pouvoir est légitime". L'autonomiste que je suis a de quoi flipper! La recentralisation serait donc demandé par les Bretons aussi? Quelle pitié! J'espère au moins que Jean-Yves Le Drian s'opposera fermement à ce manège.

Les scores en Région Bretagne.

Une élection à deux tours, c'est un choix de société au premier et un vote de confirmation au second. Force est d'admettre que la multiplication des listes a été bénéfique à Jean-Yves Le Drian, socialiste à la tête de la Région et rassurant. De ce point de vue, sa victoire est écrasante (37,19). Son pourcentage est 1,5 points inférieurs à 2004 avec une concurrence accrue. L'électorat socialiste s'est donc mobilisé, en réaction à Sarkozy et en réaction au score des européennes. Mais aussi sur la base du bilan même si je doute que ce bilan soit attribuable au président, mais plutôt à sa fonction. Le réflexe de Pavlov: gauche = PS. Quelle pauvreté intellectuelle! Quelle manque d'imagination! C'est bien l'ensemble des sortants qui ont été plébiscité en France. TER, formation professionnelle, lycée... ces thèmes ont-ils joué? Je ne saurais le dire tant je doute de plus en plus que les gens lisent les programmes. Mais à nous aussi de nous remettre en cause et d'admettre que nous ne parvenons pas à parler à tout le monde.

Pour Europe Ecologie Bretagne, le score est décevant, mais pas catastrophique du tout. L'édito du Ouest-France de ce matin (de Michel Urvoy) parle même de réussite ("les vrais gagnants") car nous parvenons à concerver le nombre de voix des européennes sans affaiblir le PS (nous avons donc trouvé des voix). Une véritable force se met donc en place à côté des socialistes. Par rapport à 2004 (UDB-Verts-gauche alternative), notre score est de 2,5 points supérieur (12,2 au lieu de 9,7%). Décevant, ce n'est donc pas notre score, mais bien la capacité de négociation que le score socialiste nous laisse. Décevant aussi car nous avons prouvé que le score d'EEB était un vote urbain. Nous parlons de la campagne à la ville! Ce n'est pas mon ambition personnelle. Seul point positif et pas des moindres: une liste ouvertement autonomiste dépasse enfin les 10%. Nos idées se démocratisent un peu.

L'autre surprise du scrutin, c'est le retour du FN evel just. Certains de mes camarades le pressentaient comme Robert Pédron ou Jean-Paul Chevrel et cela s'est avéré exact. Pour ma part, je ne les attendais pas car Malgorn était plutôt représentante d'une droite dure. Le fait qu'elle soit inaudible car incapable de porter un discours attirant pour les Bretons a du jouer. Ce que je ne m'explique pas, c'est la capacité de mobilisation du FN alors qu'ils étaient invisibles!

On savait le Modem affaiblit, mais peu de pronostic prévoyait une telle bérézina pour le Modem! Avec un tout petit peu plus de 5%, ils ne se maintiendront pas au second tour et ne donneront d'ailleurs pas de consignes de vote. Résultat: ils disparaissent de la scène régionale. Seule consolation pour Bruno Joncour, le tête de liste, il existe en Côtes d'Armor et particulièrement à St Brieuc où il est maire.

Dans l'ordre arrive ensuite Christian Troadec avec 4,29% soit à peine plus de voix que le parti breton aux européennes dernières. Pour le baron du Poher, hyper médiatique, ce n'est pas une gloire. D'autant qu'avec un score de 6,82 en Finistère, il prouve que son implantation est très locale. 42% à Carhaix, moins de 3% à Brest. J'en profite d'ailleurs pour féliciter mes camarades UDB du Kreizh Breizh qui ont fait une sacré campagne. Contre le maire, il était difficile de rivaliser! Bref, sous la barre des 5% alors qu'il visait 10%. Premier commentaire radio entendu était pour lui: grand perdant. Mais force est de constater qu'il a été une force de nuisance pour Europe Ecologie Bretagne même si ses voix (et cela se voit en comparant Brest à Carhaix) venait aussi un peu du PS, mais surtout de l'UMP. Sans sa liste, EEB aurait pu prétendre à 2 points de plus à mon avis et les résultats électoraux du Finistère aurait été proche de celle d'Ille-et-Vilaine pour EEB (pour d'autres raisons).

Le Front de gauche obtient 3,5% et prouve que le parti communiste n'est pas mort vis-à-vis du NPA (surtout chez les jeunes). NPA d'ailleurs sacrément ringardisé depuis les européennes alors que d'aucuns voyaient déjà un parti d'avenir à sa création. Je ne juge pas, je constate. Drôle de situation pour les communistes d'ailleurs puisqu'ils étaient sur deux fronts à la fois (FG et Le Drian). Finalement, une scission stratégique qui, à court terme, leur permet de garder des élus, mais à long terme pose des questions sur l'avenir du parti.

Les paysans de Terres de Bretagne (qui finance? la FNSEA?) s'en sorte pas mal mine de rien, mais doivent payer leur campagne. Moi qui pensait qu'il n'avait pas de bulletin, je les plaçais bien en dessous. Comme quoi, l'agriculture était un vrai thème de campagne, comme l'écologie.

Les scores en Loire Atlantique.

Autant j'étais plutôt lucide en Région Bretagne, autant je me suis planté dans mes pronostics en Pays de la Loire. Car Auxiette remporte aussi largement le premier tour. Europe Ecologie s'en sort mieux qu'en Région Bretagne avec 13,64% et 16% en Loire-Atlantique il me semble.

Je ne surprendrais personne en fustigeant l'arrogance de Troadec en Loire-Atlantique. Autant en B4, faire une liste pouvait avoir du sens (demain, on rase gratis), autant en LA, elle en avait aucun. J'avais prévenu que cela décrédibiliserait l'idée de réunification et cela a commencé. Nous allons devoir panser les plâtres de l'arrogance de l'Emsav qui ressemble plus, en Loire Atlantique, à une bête traquée qui mord avant de mourir plutôt qu'à un félin calme et habile. Je pense qu'il faut revoir toute la stratégie en Loire Atlantique et passer d'une stratégie de défense à une stratégie de reconquête. Cela nécessite de voir la réalité en face ce que l'Emsav refuse obstinément. 2,62%, c'est minable pour "la seule liste pro-réunification" (dixit Troadec). Les paroles sont entendues et réutilisées.

La suite (le deuxième tour).

Pour l'instant, les négociations sont difficiles entre Le Drian et EEB. Troadec, le dur à cuire, a déjà décidé d'appeler à voter pour Le Drian sans attendre de savoir si Europe Ecologie Bretagne (autonomiste rappelons-le) se maintenait ou pas. Quel courage! Lui qui se disait indépendant des partis de gouvernement appelle à voter PS sans même attendre une heure. Une chose me rassure, Troadec perd sa place de conseiller régional. Il l'a bien mérité car son bilan au bout de 6 ans est merdique et c'est nous qui l'avons mis là! En voilà une belle casserole de l'UDB...

Le conservatisme des français nous place dans une situation pas terrible! Le Drian (à l'heure où j'écris) refuse de jouer la calculette (mathématique comme il disait avant la campagne). Certes, son poids est important, mais il oublie de rappeler que le rapport de force est en notre faveur (l'écart s'est réduit depuis 2004). Il n'aimait déjà pas que l'on se présente face à lui (logique, mais bon, la démocratie, ce n'est pas forcément le projet de société socialiste), mais là, il refuse l'union de la gauche et préfère laisser de côté 12,21% des voix de côté soit 134112 électeurs de gauche.

Fusionnera-t-on? S'il joue au plus malin, Le Drian risque de perdre gros. Gagner mollement en premier lieu et payer sa décision localement. Nous perdrons une capacité d'action car dans l'opposition, les marges d'action sont plus faibles. Nous demandons simplement une répartition équitable, c'est à dire proportionnellement au nombre de voix.

Evidemment, j'appelle au vote blanc en Loire-Atlantique. Même si cela ne fera pas frémir Auxiette, il est clair qu'à force de nous mépriser, il ne faut pas s'attendre à ce que l'on soit sympa. Nous ne représentons sans doute pas grand monde, mais il est clair que tant que le président de région sortant en PdL refusera le débat sur la réunification bretonne, je ne le qualifierai pas de démocrate.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 15:21
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Tout inscrit sur les listes doit, je l'espère, avoir désormais reçu ses professions de foi dans sa boîte aux lettres. Je me suis donc amusé à les décortiquer. Je n'ai pas l'intention ici de faire une analyse détaillée des professions de foi (vous savez lire), mais plutôt de noter ce qui m'a interpellé. Merci de me corriger si jamais j'ai fait des erreurs ou des oublis...

La première chose concerne l'écologie. Quasiment toutes les listes ont trouvé un soutien écolo quelconque: le Modem a "Ecologie et Démocratie" (kesako?), le PS a "Bretagne écologie", le NPA a "Bretagne décroissance" et "les objecteurs de croissance" (la carpe et le lapin, des décroissants avec des productivistes!), le Front de gauche a "la fédération" et le meilleur, Christian Troadec, a "l'Alliance écologiste indépendante". Pour ceux qui se laisseraient abuser par ce nom joli, sachez que ce rassemblement compte dans ses rangs 
la France en action, un parti qui a quelques controverses au cul sur ses liaisons avec des sectes). Moralité: l'écologie est le grand enjeu de cette campagne électorale. A ce jeu là (mais je ne suis pas objectif), je ferais plutôt confiance à des partis comme les verts et l'UDB engagés depuis des décennies (et pas sur le tard) sur ces thèmes.

La seconde concerne les thématiques de l'Emsav (langue bretonne et réunification): seules les listes de Troadec et d'Europe Ecologie ont inscrit un peu de breton sur leur profession de foi. Le Drian a signé "Bevet Breizh"! La liste FN s'engage à "cesser de subventionner les associations à caractères communautariste, ethnique ou politique" (sous entendu les associations bretonnantes comme Diwan), LO, Solidarité et Progrès, le NPA ne tiennent pas compte de ces thématiques. La réunification est abordée par EEB, Troadec, Le Drian, le Modem, Malgorn (pas clair, mais on lui laisse le bénéfice du doute). Le Front de gauche qui a un couplet sur la langue bretonne ne dit mot sur la réunification.

La palme des mensonges revient à Solidarité et progrès catalogué à gauche par des journalistes qui ne font pas leur boulot. Ce n'est pas parce qu'on appelle à voter Royal qu'on est à gauche. A vrai dire, S&P est même une sorte de secte d'extrême-droite qui se présente sans complexe aux élections. J'invite ceux qui seraient tentés à lire le texte de Damien Perrotin sur le sujet, ça vaut le détour. J'ai moi-même rencontré le tête de liste à la sortie d'un débat et l'ai gentiment prié de ne pas me vendre sa soupe. Cette lecture est nauséabonde car elle cache sous des mots clefs une vision limite nazie de la société. Ma seule question: tous les candidats de cette liste savent-ils qui est LaRouche?

Le second menteur, mais moins grave, c'est Christian Troadec passé maître dans le populisme. Indépendant des états majors parisiens? Allez, on va dire que oui, mais l'Alliance écologiste indépendante est un parti français que Diable! Je me marre. La 3ème raison de voter pour lui, ce serait la seule liste qui dans les faits se positionne pour la réunification de la Bretagne. Il suffit de lire deux paragraphes au dessus pour constater que, dans les faits (puisqu'inscrit sur la profession de foi), d'autres listes s'engagent à y travailler. Rappelons que l'ami Troadec a eu 6 ans pour réunifier la Bretagne et que sa collaboration a été... invisible. 4ème raison: c'est la seule liste ambitieuse qui dit clairement (je résume) que les pouvoirs politiques et financiers de la Région sont insuffisants. Ah bon? Je crois que votre serviteur passe son temps à le dire et qu'il est une voix de l'UDB et d'EE. Enfin, le pompon! Ce serait grosso-modo la seule liste revendiquant l'autonomie! Amusant de lire ça quand Europe Ecologie Bretagne a fait venir un gallois du Plaid Cymru pour expliquer aux Bretons que l'autonomie est une voie vers la résolution de leurs problèmes et que la notion est inscrite noire sur blanc sur la profession de foi. Pourquoi donc M. Troadec souhaite-t-il être toujours "celui qui", "le seul"?

Viennent enfin les mots clefs, mais là je ne m'apesantirai pas. Ce sont toujours les mêmes. EE n'est pas exempt de cette critique, mais je me marre en imaginant une liste soutenue par Didier Super qui veuille une Bretagne "moche, polluée, anti-sociale et réactionnaire".

Sur le reste, on rentre dans l'idéologique ou le listing de mots (généralement preuve que le programme est vide) donc je ne vais pas développer. Il ne s'agit pas de dire bien ou mal, mais de donner quelques faits. D'ailleurs, en parlant de faits, que vois-je sur le tract de Christian Troadec? Une adresse belge? La maquette est faite à Pacé, mais dois-je déduire que le tirage a été sous-traité en Belgique? J'attends la réponse. M'enfin, si c'est avéré, peut-être faudra-t-il revoir le discours d'une "Bretagne qui défend ses industries..."? Le minimum, c'est de faire travailler les imprimeries locales! Chez nous, c'est Cloître il me semble, comme pour le Peuple breton. 

Sur ce, faites votre choix pour dimanche. Vous savez déjà ce que je vote!

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