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Klask

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 16:21
tintin_au_congo.jpg

La polémique! J'ai beau m'être défendu de l'être, il n'y a pas à dire: je suis polémiste. D'ailleurs, je suis un "pur" produit du milieu dont je suis issu et que je critique. Le mot polêmikôs concerne la guerre. Pour un anti-militariste, dur d'encaisser ça. Un copain lecteur me faisait d'ailleurs remarquer que j'ai fait un lapsus dans mon dernier article ("guerre" au lieu de "guère"). Et pourtant, vérifiant les définitions de wikipédia dans un dico étymologique, je confirme, je suis polémiste. D'ailleurs, il semblerait que cette pratique est spécifique à la Politique: une opposition.

A bien y réfléchir, il est vrai que je n'aime pas le consensus. Je préfère mettre les choses sur le tapis quitte à m'engueuler plutôt que jouer les faux amis et passer sous silence les divisions. C'est le cas avec l'Emsav avec qui je règle régulièrement mes comptes, soucieux que je suis de balayer certaines formes de pensées que je déplore (ex: la rhétorique: "les partis français", "plus breton que..."), ça l'est aussi avec les écolos dont je suis proche. Parlons de tout plutôt que de fermer nos gueules.

J'ai d'ailleurs plus de respect pour un adversaire avec qui je peux débattre intellectuellement que pour un type dogmatique (qui ne remet rien en cause) et qui parle sans avoir réfléchi au préalable ou qui répète des rumeurs sans en avoir vérifier les fondements. L'opposition n'empêche nullement le respect ou l'amitié (pour ceux qui en doute, j'ai des amis de droite et même des amis jacobins).

Donc, oui, la polémique est une guerre. Guerre contre les préjugés surtout, guerre contre l'ignorance aussi, guerre enfin contre le capitalisme et sa propension à simplifier la complexité pour son seul profit. Je suis adepte du pamphlet, j'aime la satire, je rédige des manifestes et je fais de la propagande comme TOUT parti politique (propaganda est l'adjectif verbal de propagere signifiant littéralement "ce qui doit être propagé").

Comment me sont inspirés ces coups de gueule polémistes? Par l'accumulation d'indices, par une rhétorique tant de fois entendue depuis mon enfance, par des serpents de mer pénibles à la longue et qui nous empêche d'avancer. Quand je disais par exemple que le milieu breton vivait dans une mythologie de la Bretagne, voici ce que j'ai reçu dans ma boîte (extrait du mail d'un type sympa qui n'a rien d'un militant d'Adsav):

"Moi je suis breton et druidiste, je serais un breton de trop breton ? Non, je suis pas moins breton que Glenmor ou le Uther Pendragon mais toujours plus que toi... chaque jour je deviens plus breton à être moins français... je ne peux pas être les deux, la France est une fantaisie et renier un certain romantisme dans le nerf breton est une erreur..."

Je m'affaiblis à me justifier sans cesse. Mais j'ai peur d'être mal compris. En l'occurence, je déplore une certaine dérive nationaliste du milieu breton et l'opposition systématique entre breton et français. Ceux qui cherchent à me convaincre perdent leur temps comme je perds le mien à essayer de les convaincre de ma bonne foi. Je ne parle que pour ceux qui se cherchent encore. Et j'affirme que l'on peut appartenir à deux pays. Est-ce si difficile à concevoir pour des gens qui prônent la diversité?

Illustration: Tintin au Congo (sous-entendue la polémique autour de cette BD).
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 11:10

Gael-poing-leve.jpgJe l’ai déjà dit : je suis nationaliste. Pour beaucoup, ce mot fait peur et c’est bien normal puisque l’Etat l’a rendu responsable de la seconde-guerre mondiale. Pour moi, il n’en est rien. Seule la bêtise de deux Etats-Nations et le laissez-faire des populations a rendu possible cette boucherie. Etre « français », être « breton », être « allemand » ou « basque », « marocain » ou « kabyle », c’est se revendiquer d’une nation. Car une nation n’est guerre plus qu’un territoire approprié par un peuple qui a conscience de lui-même. Si les bretons ont peur de ce mot, c’est qu’ils sont multi-appartenants (ne se sentent pas QUE bretons, c’est mon cas) et craignent l’indépendance. De mon point de vue, les nations se chevauchent et c’est l’Etat-Nation qui est périmé. Ce que nous nommons dans notre jargon « Emsav » (mouvement politique breton) refuse de l’accepter. Seule l’UDB l'accepte et en paye le prix de la part des « nationalistes » qui ne rêvent que d’une Bretagne indépendante. Et le reste on verra après !

 

Seulement voilà, la Bretagne n’est ni le Pays de Galles, ni l’Ecosse, ni le Pays Basque, ni la Catalogne (pour prendre des exemples proches), la Bretagne est la Bretagne et les bretons sont ce qu’ils sont. Il ne sert à rien de le déplorer et il ne sert à rien de faire « comme si » (de ce point de vue là, Françoise Morvan a raison) les bretons étaient autrement. Les bretons se sentent AUSSI français pour la plupart. Doivent-ils être abreuvés de nationalisme français pour autant ? Je ne le crois pas et c’est la raison pour laquelle je ne débattrais pas sur « l’identité nationale » imposée par Eric Besson. On voit déjà à quoi nous mène ce débat complètement illégitime (puisque l’Etat ne doit promouvoir aucune identité de mon point de vue) : à la chasse aux sorcières ! La fameuse lutte contre le « communautarisme » revient au galop au nom d’un Etat un et indivisible. Et le projet de loi sur les langues régionales est enterré. Bel exemple d’ouverture aussi chez les jacobins !

 

Ras-le-bol des leçons d’histoire que des élèves complètement déboussolés doivent apprendre tel un catéchisme : « la Bretagne est une région qui compte quatre départements » dans la bouche de millions de gamins pour qui territoire rime avec administration ! Comment pouvons-nous lutter ? Comment expliquer, displegañ, déplier et mettre à jour, la vérité : l’Etat se construit autour d’une mythologie.

 

Messie mais nonLe hic, c’est que tous les militants de l’Emsav le savent, mais que beaucoup d’entre eux choisissent de prendre à contre-pied cette mythologie en en créant une autre : une Bretagne éternelle pour les uns, la Celtie pour les autres… tous ces romantiques en quête d’Absolu cherchent à mettre en pratique des idées qui nécessitent bien plus que de belles paroles pour être réalisées. Nombreux sont les militants à rejeter le réalisme de l’UDB et son acceptation des règles démocratiques pour se réfugier derrière des partis « rassembleurs » et souvent guidés par une personnalité charismatique. Pour ma part, je n’ai jamais cru aux Messies et ni Le Drian, ni Cohn Bendit, ni Granville ou même mon camarade Ronan Leprohon ne constituent pour moi des modèles. Chacun mérite le respect, mais seuls les partis comptent. L’idéalisme est un chemin à suivre, pas un but à atteindre. Le monde parfait n’existe pas et personne ne peut y mener.

 

J’entends de plus en plus fréquemment des argumentaires visant à dire que « l’important, c’est la Bretagne ». Je suis effrayé par ces discours et je vais m’en expliquer ici. La Bretagne ne constitue en rien un projet de société. La Bretagne est un territoire où vivent des bretons, mais également des non-bretons. Ces gens désirent vivre ensemble. Mais chacun d’eux a une vision bien à lui de quel monde il veut. Les partis représentent théoriquement chacun un projet de société (l’UDB est autonomiste, socialiste et écologiste) et c'est ce projet là qu'il faut défendre. Je dis "théoriquement" car en ces temps d’élections régionales, le vieux serpent de mer de l’union bretonne a refleuri. Comme une odeur nauséabonde, ce relent de préférence nationale a de quoi effrayer par le fait qu’il met en second plan l’idéologie pour se concentrer sur une vague idée  ou plutôt un archétype d’une Bretagne idéale ("ni de droite, ni de gauche"*). Résultat, pour ce genre de liste, est breton celui qui vote breton ! C’est dire si nous sommes peu ! Quoique l’UDB, alliée aux Verts, n’est qu’un parti de traitres puisqu’il pactise avec l’ennemi : les partis français. Vous noterez l’ouverture de ces types pour qui un électeur du PS, de l’UMP, du NPA, du PC, du Modem ou des Verts (…) n’est pas breton. Pour vous, c’est quoi être breton ?

 

d-fense-hopitaux-et-maternit-s-de-proximit-.gifCeux qui s’intéressent à la politique ont peut-être suivi le duel des Christians. D’un côté, Christian Guyonvarc’h, vice-président du Conseil régional de Bretagne qui semble animé par une foi sortie d’on ne sait où tant on reste béat devant la quantité de travail qu’il abat à lui seul. De l’autre, Christian Troadec, maire de Carhaix et icône du Poher pour son engagement dans diverses luttes dont celle de l’hôpital. Il convient avant tout de rappeler que Christian Troadec était membre du groupe UDB et qu’il l’a quitté suite à l’affaire de l’hôpital de Carhaix nous reprochant de vouloir « négocier ». Grand bien nous a pris de négocier puisque c’est cette négociation, rendue possible par le soutien populaire auquel l’UDB a participé activement, qui a permis à l’hôpital de ne pas se transformer en centre gérontologique. Ce qui distingue CG de CT, ce sont surtout les méthodes : le premier se fie à une réalité donnée pour parvenir au meilleur résultat possible, le second lève le poing, râle, hurle, mais ne propose rien au final. Dans ce combat, je pense que le romantisme du second l’emporte auprès du public et c’est pourtant cette passion qui risque de mener notre idée de la Bretagne à sa perte. Cette quête de l’Absolu explique aussi la désaffection des gens pour la Politique et les partis : on ne rentre dans un parti que si l’on est d’accord avec tout. Quelle connerie ! Croyez-vous que je sois toujours en accord avec le mien ? Construit-on un monde seul ?

 

Concrètement : Christian Troadec officiellement par idéal, officieusement parce qu’il s’est fait jeter des partis auxquels il a rendu visite (PS, Verts, UDB + Europe Ecologie et même Bretagne écologie), a monté sa liste aux régionales. La première chose qu’il entreprend est de taper sur l’UDB car il sait que nos électorats se chevauchent. Soit. Christian Guyonvarc’h le tacle, agacé par son populisme et désirant un minimum d’honnêteté intellectuelle. Il faut dire que son départ et ses attaques injustes nous ont touché car qui a payé les campagnes de Troadec aux législatives ? aux sénatoriales ? Qui a permis à Troadec d’être conseiller régional ? Qui a médiatisé son combat pour l’hôpital de Carhaix et lui a offert des tribunes un peu partout en Bretagne ? Qui si ce n’est l’UDB dont les combats ne sont jamais reconnus par personne.

 

L’idéologie est donc souvent laissée de côté au nom d’un nationalisme (assaisonné d’individualisme) complètement crétin car ce n’est pas le nationalisme qui compte, mais la vie des bretons donc l'idéologie (voir ici les conséquences d'une non-clarification idéologique). Ce qui est vrai du mouvement breton l’est aussi de l’environnementalisme. Au sein d’Europe-Ecologie, certains voudraient un rassemblement alliant Verts (de gauche), UDB (de gauche), Cap 21 (de droite), MEI (de droite)… Ceci est inacceptable et rejeté par l’UDB. La liste Europe Ecologie Bretagne, pour ceux qui en douterait, sera bel et bien de gauche, elle ! Qu'il y ait des individus de gauche au sein de CAP 21, je n'en doute pas un instant, mais leur parti est à droite. S'ils souhaitent rejoindre EEB, qu'il le fasse individuellement, sur la base d'un engagement de gauche.


Quoiqu'il en soit, la tête haute et le poing levé, je le dis: je suis membre de l'Union démocratique bretonne, un parti sincère et honnête, qui dit ce qu'il sait et qui propose une alternative à ce monde ravagé par l'individualisme et la quête du profit. Je suis membre d'un parti qui sait qu'il ne gouvernera pas seul et qu'il vaut mieux faire passer ses idées au plus grand nombre plutôt que de vouloir les mettre en place seul. Je suis simplement membre d'un parti démocratique. Avoir un regard d'enfant, pourquoi pas! Avoir des réponses d'enfant, pas question! 



* Pour aller plus loin, voici ce que dit Raymond Debors à propos du "ni-droite ni-gauche":

(...) déplorer que la gauche fasse (presque) la même politique que la droite et ne se situer « ni à gauche, ni à droite », ce n’est pas la même chose. La gauche étant historiquement identifiée au socialisme et au pouvoir des travailleurs, l’idée d’une « troisième voie » entre elle et une droite identifiée à la bourgeoisie et au capitalisme, a toujours appartenu à l’extrême droite fasciste. C’est le « ni droite ni gauche » de Le Pen. Cette formule est naturellement une escroquerie dans la mesure où il n’y a pas d’autre choix qu’entre celui de mener une politique favorable à la finance ou une politique favorable au monde du travail. L’histoire contemporaine nous a malheureusement démontré à de trop nombreuses reprises que le fascisme a toujours fini par choisir le capital contre le travail et par écraser dans le sang la gauche pour la plus grande satisfaction des groupes industriels monopolistes.
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:50

J'étais invité jeudi soir dernier à une conférence de la liste de gauche à laquelle l'UDB participait en 2008 ("St Malo avenir" siège dans l'opposition), afin de dresser un portrait des ports en Bretagne et des stratégies à mener. Cette invitation m'a été proposée par Herri Gourmelen qui savait que j'avais réalisé mon mémoire de Master 2 sur la thématique portuaire bretonne (Nantes-St Naz' comprise evel just). Je comptais au départ mettre mon intervention en téléchargement sur ce blog, mais vue la période électorale qui s'annonce et le peu d'idées de certaines listes, j'aime autant m'abstenir. Je roule pour l'UDB donc pour Europe-Ecologie moi!

En tout cas, j'étais très satisfait de l'accueil puisque la salle était comble (60 personnes dont beaucoup de professionnels). Bien évidemment, je sais que le public était venu écouter Gérard Lahellec, chargé des transports au Conseil régional de Bretagne et qui a suivi mon intervention. Allez, je le dis ici, mais M. Lahellec est mon communiste préféré à la Région!

Représentation mentale, logique portuaire, stratégie portuaire, développement économique, conflits d'usage... les sujets sont variés! Je tiens d'ailleurs à dire, suite à une intervention d'un membre du comité des pêches, et ce même si je ne suis pas spécialiste du sujet, qu'en terme de conflits d'usage, les ports de pêche sont soumis à la même problématique que les ports de commerce. N'en déplaise à ce conseiller municipal UMP qui, grand sourire, nous disait qu'il n'y en avait pas puisque, plaisancier lui-même, "il saluait toujours les pêcheurs". Et de rétorquer que dans le plan portuaire, il avait été arrangé "la possibilité pour les bateaux de pêche de passer"! On croit rêver... la pêche qui passe après le tourisme!

C'est Yves Lebahy qui aurait apprécié cette conférence!

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 15:48


Le groupe Verts-ALE au Parlement européen a lancé un petit site humoristique afin de faire le point sur les actions en faveur du climat de divers Etats (+ Union Européenne) dans le monde. Au menu: UE, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Etats-Unis, Canada, Russie, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suisse.

Pour rappel, les deux représentants des collectivités qui iront à Copenhague dans le cadre de la négociation sont Ronan Dantec, adjoint à Nantes (Verts) et Christian Guyonvarc'h, vice-président aux affaires internationales de la Région Bretagne (UDB).

En attendant les actions d'Europe Ecologie Bretagne sur le sommet de Copenhague, ce site est dynamique et pédagogique, je vous invite à y passer. Cliquez donc sur l'image!

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 09:15

Je rebondis sur un article de Christian sur Rezore dans lequel il parle du nouvel attrape-couillons appelé "Breizh banque" et créé par le Crédit Papates. Quand on se rend sur le site, non seulement, la Bretagne est considéré comme une région à 4 départements, mais en plus, il n'y a pas un mot de breton. Bref, un folklorisme franchement mauvais dont je me demande quel breton il pourra séduire! Sûrement pas les militants...

Rajoutons, car cela Christian ne l'a pas noté, que ce site, pour être lu, nécessite une application publiée par Dassault Systèmes. Tout pour me faire adhérer... Quand, en plus, cette fumisterie est estampillée "Produit en Bretagne", ça laisse songeur... Je préfère une banque non bretonne, mais plus éthique qu'une banque bretonne complètement amorale. A ce propos, je tiens à dire que je suis très déçu par l'attitude du Crédit Mutuel de Bretagne qui, pour je ne sais quelle raison, a décidé de ne plus sponsoriser la Redadeg!

Bref, cet article me donne l'occasion de rappeler à quel point ce folklorisme ambiant est pénible. Avez-vous remarqué que quasiment une voiture sur cinq arbore la petite bigoudène de la marque A l'Aise Breizh. Le point positif, c'est que cela veut dire que le fait d'être breton n'est plus une tare. Mais par pitié, vous qui achetez des T-shirts de cette marque, faites du forcing pour qu'ils aident la langue bretonne: des écoles Diwan à la presse militante! Leur site est traduisible en anglais ou en espagnol, mais pas en breton. On ne peut pas dire que la marque est frappée par la crise pourtant! Une traduction en breton par Ofis ne coûterait pas grand chose...

Cette logique est omniprésente. Aujourd'hui fleurissent les Breizh bâche, Breizh Eolienne, Elektra Breizh... qui n'ont de Breizh que le nom et qui jouent sur un sentiment d'appartenance sans faire le moindre effort. A tel point que le marquetting d'aujourd'hui privilégie le mot "Breizh" à une phrase complète en breton. Rares sont les marques vestimentaires comme Stered a faire un réel effort linguistique. D'ailleurs, le faire relève plus du militantisme que du choix mercantile comme le rappelle Ronan dans le Peuple breton.

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 01:03

Objet : le représentant de l’Etat courra-t-il lors de la deuxième édition de la Redadeg, course pour la langue bretonne ?

 

 

 

Lorient, le 20 novembre 2009

 

 

 

Monsieur le Sous-Préfet,

 

Vous n’êtes pas sans savoir que nombreux sont les Bretons à demander pour leur langue un statut de co-officialité avec le français comme cela se fait un peu partout ailleurs en Europe. Ce statut permettrait de fixer un cadre juridique clair et donnerait ainsi la possibilité aux bretonnants de revendiquer de réels moyens permettant de développer la langue bretonne dans l’espace public, mais également à l’école, à la télévision, à la radio et dans la presse en général.

 

En attendant, l’Etat mène toujours un bras de fer avec les citoyens bretons désireux d’inscrire leurs enfants dans les classes bilingues. Les écoles Diwan jouent, de ce point de vue, un rôle exemplaire pour réussir le pari de sauver la langue bretonne, mais leur situation financière n’est pas reluisante. C’est la raison pour laquelle, en mai 2008, avait été organisée sur le modèle basque la première édition de la Redadeg, une course de relais sponsorisée de 3 jours au profit de la langue bretonne. Le succès était au rendez-vous en 2008 et j’espère qu’il le sera en 2010, du 10 au 15 mai, pour les 1200 kilomètres de cette course. Les bénéfices seront entièrement reversés à Diwan et à divers projets en langue bretonne.

 

La raison de mon courrier est la suivante : puisque l’Etat refuse de financer la langue (et notamment Diwan) par le biais de l’Education Nationale, ne le pourrait-il pas par le biais du Ministère de l’Intérieur ? À moins que vous, M. le Sous-Préfet, ne vouliez courir ? Il est vrai que le passage de la course à Lorient le 12 mai est matinal, mais ne dit-on pas que l’avenir appartiennent à ceux qui se lèvent tôt ? Votre participation permettrait de montrer que l’Etat est complexe et que tout espoir n’est pas perdu de ce côté-là…

 

En espérant courir à vos côtés, M. le Sous-Préfet, je vous prie de bien vouloir accepter mes salutations citoyennes bretonnes les plus sincères.

 

Gael Briand

Militant de la section UDB du Pays de Lorient.

 

 

Pour plus d’informations sur cette course :

http://ar-redadeg.org/drupal/fr/node/46

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:45


Cette vidéo a déjà fait le tour de la blogosphère bretonnante et jette le discrédit sur l'Etat français incapable d'en faire autant. On ne peut pourtant pas dire que les conditions scolaires des enfants kenyans sont plus reluisantes qu'en France!

Tout cela pour dire qu'internet est un formidable outil pour remettre sur un pied d'égalité les langues. Il est possible aujourd'hui d'apprendre le breton un peu partout, de manière pédagogique ou en tout cas, d'en entendre ce qui est tout aussi important que l'enseignement scolaire.

Un ami de l'île de Man m'a également envoyé récemment ce petit dessin animé destiné à entendre du Manx. Ecrit par Adrian Cain, l'un des plus fervent défenseur du Manx, ce dessin-animé n'est certes pas la panacée, mais a le mérite d'exister:



Internet semble donc un lieu de créativité incroyable, linguistiquement parlant, mais le plus dur est de travailler avec très peu de moyens comme le fait Gwagenn TV. Allez, une dernière pour la route... en voilà une bonne pub de recrutement à Skol an Emsav!

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 22:58


Le dernier commentaire que j'ai reçu d'une copine voulait en savoir plus sur la "destruction progressive, méthodique et préméditée des contre-pouvoirs" que j'ai évoqué dans mon article sur le roi soleil. Cette caricature de michaelski en donne un petit aperçu.

Mais d'abord qu'est-ce qu'un contre-pouvoir? Pour en parler, je me réfère à Montesquieu et la nécessaire séparation des pouvoirs d'une démocratie. Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. On pourrait remonter à Aristote d'ailleurs car cette évidence que beaucoup ne connaissent plus est très ancienne. Ces pouvoirs répartis permettent de partager les tâches et ainsi éviter de concentrer les pouvoirs dans les mains d'un monarque.

Qu'est-ce qui me fait dire que la séparation des pouvoirs est en danger en France, mais également la démocratie? Un autre pouvoir dont on parle: les médias. Et j'affirme que cette destruction est méthodique, commanditée par un type qui n'a de politique que la prétention, mais qui est assoiffé de pouvoir. Une conception du pouvoir bien étrange, quasi messianique, qui ne connaît pas la contradiction, seine en démocratie.

D'Hadopi au directeur de France télévision, de la chasse judiciaire aux chiraquiens (que je n'aime pourtant pas beaucoup) à la réforme territoriale, chacune des attaques faites est un poinçon enfoncé dans le cuir de la démocratie. Et celle-ci n'est pas éternelle. Silvio Berlusconi a montré le chemin à ne pas suivre (corruption, cynisme...), mais Sarkozy lui emboîte le pas, la tête bien haute, décomplexé.

Le fait que les médias se concentrent sur des broutilles prouvent à quel point l'idéologie est has been. Je suis sans doute ringard en défendant un ancien monde. Aujourd'hui, tout le monde souhaite faire une autre politique, mais on attend beaucoup le mode d'emploi de cette nouvelle politique! Où est le plan B? Chacun crache sur le politique et fait confiance à telle ou telle personnalité ne représentant que lui même, mais censé mener le peuple vers le bonheur.

Aujourd'hui, de Besancenot à Sarkozy, de Mélenchon à Ségolène Royal, de Cohn Bendit à Bayrou, chacun prétend être le porte-parole d'un cri du peuple, d'un rassemblement. Une association n'est pas forcément plus démocratique qu'un parti. Et le mien l'est! Moi, je reste sur ma position. Je ne veux pas d'une autre politique. Je veux rétablir les principes fondamentaux de ce qu'est LA politique.

Et je suis révolté que personne à droite ne se lève contre ce tyran qui s'en prend tantôt aux juges, tantôt aux instits ou profs (l'éducation est la condition sine qua non de la démocratie), tantôt au corps hospitaliers pas assez rentable... un détail est généralisé pour pouvoir surfer sur la rumeur, la vox populi, le ragot. Et c'est ainsi que se banalise le racisme, les clichés et c'est ainsi que l'on oppose les corps de métier les uns aux autres, que l'on individualise toujours plus la société.

Je m'enflamme et me rends compte que j'effleure simplement le sujet. Il faudrait que je prenne l'habitude de faire une revue de presse à ce sujet.

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 17:50

Désolé pour les lecteurs de ce blog, mais mon emploi du temps a été pas mal chargé et je n'ai guère eu l'occasion d'écrire sur mon blog. La campagne d'Europe-Ecologie commence tranquillement, mais s'annonce déjà enthousiasmante en témoigne les 350 personnes réunies à Rennes samedi dernier.

Mais revenons à nos moutons et le Peuple breton du mois qui signe encore un bon cru! L'invité, Yann Le Meur, explique avec brio la catastrophe qui s'annonce pour les régions si la réforme institutionnelle de Sarkozy venait à passer. Il est talonné par un édito de Christian Guyonvarc'h sur le même thème, mais avec un angle d'attaque différent. A noter, à gauche de l'édito la présentation de Bruno Le Clainche, attaché parlementaire européen membre de l'UDB. Et oui, la campagne européenne continue pour l'UDB... pendant 5 ans!

Un article sur l'affaire du château des ducs que d'aucuns voudraient assimiler à un château de la Loire, un autre sur une expo consacrée aux ducs de Bretagne justement (à Nantes), un article sur les algues vertes, un autre sur la bataille de Chaffoteaux à St Brieuc et le dossier du mois sur la crise du lait: trois pages écrites par Patrick D. Morvan qui nous donne une image très complète de la problématique des éleveurs bretons en ce moment.

Un article d'histoire signé Jean-Yves Eveillard sur le plus ancien armoricain connu à ce jour, un article d'Yves Jardin sur la situation de la minorité hongroise en Slovaquie, un article signé votre serviteur mettant en valeur la marque bretonne
"Stered", une interview de Lisardo Lombardia, directeur du festival interceltique que j'avais rencontré en début de mois dernier.

Enfin, les pages musicales, littéraires, artistiques (Nono) et services, les rubriques d'Iffig et le Pobl Vreizh consacré au Ramoneurs de Menhirs ainsi qu'au sentiment de désocialisation (par Paol ar Meur), Leurre de vérité intitulé "mortel travail", la page internet...

Tout ça pour la modique somme de 3,5€! 35€ l'abonnement plein tarif. Et moitié prix pour les étudiants ou chômeurs... préparez donc votre liste de Noël, le PB qui vient sera bon...

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 17:15

Superbe action que celle que proposait Ai'ta un peu partout en Bretagne samedi (Lorient, mais aussi Brest, Vannes, Auray, Pontivy, Guingamp, Plouaret, Lesneven, Bégard ou Lannion). Malgré les assises d'Europe Ecologie à Rennes, il me fallait soutenir cette action et j'ai donc voté à Lorient pour du "bilinguisme breton-français dans des postes sous statut public".

Je suis resté peu de temps, mais j'ai pu constater que la plupart des gens semblaient réceptifs à cette demande. Signalétique bilingue, guichets, possibilité de s'exprimer en breton avec les employés... autant de demandes que formulent le collectif Ai'ta.

Un grand bravo pour ce militantisme... Bevet hor yezh ha kalon vat deoc'h evit hor labour!

Au passage, je fête mes 400000 pages vues et mes 120000 visiteurs. Espérons que tout ce petit monde aurait voté "Ya".

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