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Klask

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 12:33
Le pigeon de Patrick Süskind est un OVNI littéraire. Un homme sans histoire, accroché à son quotidien rassurant, bascule le jour où il découvre, sur son pallier... un pigeon! Tout son monde s'écroule car le pauvre homme, allez savoir pourquoi, craint cette "bête atroce".

Je me permettrai de citer un passage pour vous confirmer le bizarre de cette novella (plus que roman):

Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lumière blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées sur le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: le pigeon.

Paranoïa d'un homme solitaire, angoisse insensée suite à un élément déclencheur grotesque, cette fable poussée à l'extrême pourrait être celle de chacun de nous qui avons une peur intérieure. Qui ne s'est jamais projeté dans un futur hypothétique? Qui, suite à un évènement, n'a jamais bâti de scénario improbables en espérant toucher en pensée l'avenir réel?

Ce livre est très court, mais pas forcément très fluide à lire pour la simple et bonne raison que Süskind est un styliste et que ses descriptions sont au service de l'atmosphère qu'il veut donner au livre. Le pigeon est simplement l'élément qui fait basculer une vie, mais son rôle s'arrête là! Au contraire, les délires mentaux de Jonathan Noël sont précis car ce sont eux qui l'entraînent jusqu'à un point ultime (vers la fin du livre) où il prononce une phrase avant de se coucher. On notera d'ailleurs le fait que c'est une des seules paroles du livre et il se la dit à lui-même.

En langage moderne, outre le fait qu'il n'ait pas la tête du héros idéal (est-ce la marque de fabrique de Süskind?), on dirait de ce protagoniste qu'il "se fait des films"!

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 16:49

Ceux qui suivent ce blog savent que je suis attaché au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. J'ai été assez choqué, mais pas tellement étonné, de voir le reportage intitulé "les derniers maîtres de la Martinique" dans lequel on constate que la richesse est plus qu'inégalement répartie et que la vie aux Antilles n'est pas une mince affaire. Certains même dans ce reportage parlent "des bons côtés de l'esclavagisme"!


Depuis quelques semaines, un mouvement de protestation inédit souffle sur les Antilles. Au départ de cette grève, la constatation que la vie n'est plus possible avec un SMIC. Il faut dire que les prix en Martinique ou en Guadeloupe sont affreusement chers. On a souvent imputé ce prix excessif à une insularité, mais force est de constater que ce n'est pas le seul argument puisque même les bananes sont plus chères en Guadeloupe ou en Martinique qu'en France.

 

La réalité est tout autre: les peuples antillais (de même que d'autres peuples dans le monde) sont écrasés par le système capitaliste mondial. Un marché plutôt fermé contrôlé par une oligarchie insupportable (quelques familles qui détiennent l'essentiel des richesses).

Mais outre la revendication légitime de 200€ supplémentaires, ceux que trop de bien-pensants imaginent assistés luttent au contraire aujourd'hui pour que cesse l'assistanat. Car les DOM sont gérées comme des quasi-colonies en témoignent les renforts de sécurité envoyés par le gouvernement. Si les fonctionnaires de la République disposent d'une prime à la vie chère, pourquoi ceux qui touchent le SMIC n'en bénéficieraient pas? N'est-ce pas un aveu implicite de l'Etat pour dire que la vie est différente là-bas?

Cette lutte est pour moi autrement plus profonde qu'une simple contestation salariale. C'est un vent de décolonisation qui souffle. Comme je l'ai écrit dans un récent communiqué (voir ici): si la Bretagne a besoin d'un statut d'autonomie, les Antilles plus encore! Ce n'est qu'ainsi que les Martiniquais, Guadeloupéens ou Guyanais pourront choisir. Ce n'est qu'ainsi qu'ils auront un réel levier d'action sur leur vie et qu'ils éviteront de passer d'une domination ethnique à une domination économique et culturelle!

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 18:43


Depuis quelques jours, voire semaines, je commence à trouver que le sempiternel débat sur la réunification de la Bretagne avance dans les esprits. Après avoir distribué des tracts sur la réunification à Saint Nazaire mercredi, participé au procès des six jeunes barbouilleurs au palais de justice de Nantes, j'ai pu constater que le "front uni" auquel Mona Bras, porte-parole de l'UDB, a participé, a fait un peu de bruit dans la presse (photo).

Moi qui était sceptique suite aux propos de Nicolas Sarkozy (voir ici), je trouve que ses propos ont évolué. Tout d'abord, je l'ai entendu clairement rejetter l'idée d'une fusion Région Bretagne-PDL ce qui est déjà un soucis de moins. De plus, le fait que l'association Bretagne Réunie ait été reçue par le conseiller du Président est positif tout comme le fait de ne pas arriver les mains dans les poches, mais avec une proposition de redécoupage de l'ouest de la France. La même mise en avant par l'UDB en 2007 lors d'une campagne d'affichage géante en Loire-Atlantique! Près de 20000€ et alors moins de débats malheureusement... Ajoutons à cela que des villes votent des voeux en faveur de la réunification (Rennes, Redon, Lorient).

Cette délégation crédibilise cette idée de réunification qui, de toute façon, est soutenue par les bretons, où qu'ils vivent. Ce n'est pas pour dire, mais même ma grand-mère m'a appelé à ce sujet et me dit qu'à son époque, on apprenait en classe que Nantes était en Bretagne! La course médiatique ainsi que l'intérêt que M. Balladur semble porter à cette revendication fait naître des espoirs encore plus vifs que M. Sarkozy n'a pas intérêt de décevoir sous peine d'être définitivement détesté de  centaines de milliers de bretons.

Vous me direz, que représentent quelques articles de journaux face au catéchisme des manuels d'histoire-géographie qui nous rabâchent que la Bretagne compte quatre départements, face aux moyens dont disposent Auxiette pour "ligérienniser" les petits bretons en Loire-Atlantique, face aux murs de propagande vantant un découpage incohérent? Qu'est-ce que cela représente? Et bien, beaucoup! Cela veut dire que malgré tout cela, le sentiment d'appartenance à la Bretagne résiste, voire se confirme chez les jeunes preuve que l'identité n'est pas affaire d'argent, ni de dogmatisme. L'identité ne se décide pas, elle se construit par un long processus et quelques décenies ne peuvent annihiler le résultat. La pseudo-région sait pertinemment qu'elle n'a ni histoire, ni identité, mais persiste dans son aveuglement.

Reste à savoir si la commission Balladur prendra en compte ces revendications. Elles sont certes bien construites, sérieuses, mais il existe des blocages, à droite comme à gauche: les jacobins périmés, mais aussi les farouches technocrates! Ce qui me permet de dire que je ne pense pas que le maire de Nantes, JM Ayrault, en fasse partie. Je pense plutôt que son schéma d'aménagement est différent. Il se fout de la réunification car en réalité, il se fout du sentiment régional. Son schéma de pensée est urbain et se base sur des réseaux de villes qui font fi des limites administratives de toute façon. J'ai l'intention de rédiger quelque chose sur ces perceptions mentales bientôt.

Bref, je pense qu'il est plus utile de convaincre ce type de personne par le verbe que ce type de vision est individualiste et qu'une réelle solidarité entre villes passe par une coordination régionale plutôt que de leur râbacher un "Naoned e Breizh", bon slogan, mais peu argumenté. Je félicite cette petite délégation, les gens de gauche comme de droite, pour ce front uni. Preuve que l'union est possible quand les sujets dépassent les clivages.
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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 14:53

En jetant un petit coup d'oeil sur la liste des signataires de l'appel anti-EPR, je me suis rendu compte que les Bretons s'étaient assez mobilisés par rapport à d'autres régions sur internet. En additionnant les signataires des cinq départements bretons (voir ici) à l'instant T où j'écris cet article, on obtient 3547 signataires sur 28538 particuliers ayant signé par internet (66230 en tout)! Soit 12,43% des signataires. Cela dit, je pense que les anti-nucléaires en Bretagne (et ailleurs) sont nettement plus nombreux que cela... J'invite donc ceux qui n'ont pas encore signé à le faire (cliquez sur l'image):

NON à l’EPR, OUI aux alternatives au nucléaire

Alors que notre pays est déjà largement suréquipé en centrales nucléaires et qu’il est urgent à la fois de maîtriser les consommations d’énergie et de développer les énergies renouvelables, le gouvernement français a demandé à EDF de construire un nouveau réacteur nucléaire de type EPR (European Pressurized Reactor) à Flamanville dans la Manche.


L’intention du lobby est de nous mettre une fois de plus devant le fait accompli et de nous imposer à terme le renouvellement de tous les réacteurs existants par des réacteurs EPR.


Pourtant, la construction d’un réacteur EPR est une mauvaise décision à tous les points de vue :

  • Au point de vue énergétique : la France est en situation de surproduction électrique et n’a donc besoin d’aucune nouvelle centrale avant plusieurs décennies. Le nucléaire représente certes 78% de l’électricité consommé en France, mais seulement 15% de notre consommation totale d’énergie, et... 4% de la consommation énergétique mondiale ! Il ne peut pas non plus se substituer à l’usage du pétrole dans les transports. Il n’est donc pas une réponse au réchauffement climatique.
  • Au point de vue économique : ce chantier de plusieurs milliards d’euros entraînera un retard dommageable dans les nécessaires investissements de l’industrie française vers d’autres solutions énergétiques, sans résoudre les difficultés inhérentes au secteur nucléaire.
  • Au point de vue social : les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie sont bien plus créatrices d’emplois et porteuses d’avenir. A investissement équivalent, un programme éolien produirait deux fois plus d’électricité et créerait près de 5 fois plus d’emplois - comme le montre l’étude “Eole ou Pluton ?” réalisée en 2003 par l’association Détente.
  • Au point de vue environnemental : l’EPR n’apporte aucune amélioration notable quant à la sûreté nucléaire ou à la gestion des déchets radioactifs, dont le fardeau continuera à peser sur les générations futures.

Parce que nous refusons la perpétuation des risques du nucléaire ;
Parce que nous refusons que le lobby nucléaire nous impose un nouveau réacteur ;
Parce que nous refusons la confusion entre service public et intérêt du lobby nucléaire ;
Parce que nous savons que cet investissement inutile restera finalement à la charge des clients d’EDF et des générations futures ;
Parce que nous voulons que l’avenir s’ouvre à des énergies renouvelables, décentralisées, propres et sans risques ;

Ensemble, nous disons NON à l’EPR, OUI aux alternatives, et nous signons cet Appel. 

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 12:18


Etant issu du milieu "prof", je ne peux que compatir à la détresse qui touche les enseignants. Vilipendés par beaucoup sous prétexte que le nombre d'heures intra-scolaires est plus faible que dans les autres professions (c'est sans compter la "réunionite aiguë", la correction de copies et la préparation des cours), le prof' est l'un des souffre-douleur d'une société qui ne sait plus reconnaître l'intellect'. Critiquer un prof qui gagne 1500€ par mois pour transmettre un savoir serait justifié, mais critiquer un footballeur qui gagne dix fois plus pour le loisirs et la paix sociale ne le serait pas? Etrange société!

Bref, je pourrai passer des heures à défendre ce METIER (car c'est un vrai métier quoi qu'on en dise), à m'insurger contre la privation de l'Education en France, contre le recours à de plus en plus de vacataires qui, eux, sont moins regardant sur les droits du travail... En attendant, j'invite ceux d'entre les prof qui souhaitent se détendre et rire à lire cette excellente BD de Soph', découverte dans les Toujours Ouvrables sur internet.

Chaque prof a des anecdotes, mais il fallait l'humour de Soph' pour en faire un petit bijou: ponctuée de silence, de grands moments de solitude, de pensées dévastatrices, de notes de désespoir et de fote d'hortograf, cette BD expose le décalage qui peut exister entre l'adolescent et son professeur. Et ce décalage est tristement hilarant!

Quoi de plus jouissif pour un prof de voir que d'autres prof sont plus mal lôtis encore? Car Emilie est "le Saint Graal" du prof... un concentré de ce qui se fait de mieux en matière d'élèves.

Allez, juste pour rire et une petite vengeance (gentille), je vous invite à lire ce strip: cliquez!
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 10:35

Février / Miz c'hwevrer 2009

 

Le Peuple Breton est dans les kiosques. Ce mois-ci, votre mag' titre sur l'avenir de la télévision publique régionale. Suite à la suppression d'une édition du journal de France 3, remplacée par des publicités (un comble!), le Peuple Breton se demande si, après notre histoire, c'est notre présent que l'on voudrait retirer aux bretons?

Cette photo de l'antenne du Roc'h Tredudon est hautement symbolique dans l'histoire de l'Emsav et nous rappelle qu'il n'existe encore aucune télévision régionale en Bretagne contrairement à la Corse qui dispose désormais de Via Stella.

Le reste de l'actualité se décompose en plusieurs thèmes:
L'édito du rédac' chef, Ronan Leprohon, fait écho aux mouvements sociaux du moment.
L'invité du mois est Pierre Péan, journaliste et écrivain.
Un papier intitulé "Comment aller vers un pouvoir régional?"
E brezhoneg, les articles principaux traitent de Bilbao, de Martial Ménard et des OGM.
La désormais célèbre rubrique environnement de Patrick D. Morvan.
Un jour avec... Red Cardell.
A l'international, c'est évidemment l'éternel conflit israëlo-palestinien qui ressort + un article sur le Kurdistan.
Un mot sur la production littéraire en breton par Riwanon Kervella.
A noter un article historique très intéressant sur la chasse en Bretagne.
Et en prime, une super caricature de Nono.

Une information de qualité qui a besoin de votre soutien. Alors, en complément du bouquet ou du restaurant de la St Valentin, si il ou elle aime la Bretagne, offrez un abonnement à votre petit(e) ami(e) ou votre mari/femme! 35€ les 11 numéros et 17,5€ pour les chômeurs ou étudiants. C'est moins cher qu'un bon petit déj au lit par mois!

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 11:58
Il est certaines choses qu'il est difficile d'imaginer, d'autres quasiment impossibles. L'infini en fait partie. Parfois représenté comme un huit horizontal, parfois comme une boucle, d'autres fois avec une simple couleur unie dans laquelle aucun point de repère n'existe ou encore comme ce noeud tibétain ou par le fameux π, l'infini a toujours été un problème insoluble pour l'Homme, quelque soit la civilisation dans laquelle il évolue.

Et pourtant, il est possible de concevoir (au sens "se représenter par la pensée") le mot "infini". De même que nous ne savons pas sonder notre cerveau, ni comment exactement fonctionne l'intelligence, il est possible de mettre un cadre au mot "infini" dès lors que l'on sait que ce cadre est lui même compris dans un autre cadre plus large et ce de façon infinie. C'est l'immense avantage de la parole que de fixer l'infixable! Et Dieu créa le verbe!

Ainsi, le concept de Dieu, inventé par l'Homme, exprime de mon point de vue, une représentation de ce qui n'est pas entendable par l'esprit humain. Il faut aller au-delà de la conception réductrice du Dieu créateur (même si l'on pourrait sans doute faire des parallèles entre l'Ancien Testament et certaines philosophies païennes). Dieu est d'abord un concept philosophique: Dieu, c'est à dire la Nature, disait Spinoza, dépasse notre entendement, notre niveau intellectuel pour que nous puissions l'appréhender. Inutile donc de chercher l'existence de Dieu ou non. Mieux vaut se concentrer sur l'élévation de l'esprit humain.

Si, de manière panthéiste, on part du principe que chaque chose a une place et qu'il existe un ordre naturel à l'univers (ce qui ne veut pas dire que les choses sont figées: le concept de "Temps" mériterait d'être abordé aussi), alors on peut dire que pour comprendre Dieu (l'infini), il suffit de se connaître soi-même pour reprendre l'expression d'un autre philosophe. Dieu est dans chaque chose: chaque chose est une constituante de l'infini et, parce qu'elle fait partie de cet infini, l'infini est dans chaque chose. Y-a-t-il un fond à notre esprit?

Certains savants en tout cas ont mis à jour certains paradoxes de l'infini. C'est le cas de Zénon d'Elée, un philosophe grec, qui énonce que la somme d'un nombre infini de longueur est un nombre fini. Pour démontrer cela, il imagine Achille parcourant une distance finie. Il doit d'abord parcourir la moitié de la distance qui le sépare de la ligne d'arrivée (1/2) puis la moitié de la distance restante (1/4)... jusqu'à l'infini. En divisant par deux chaque distance, on obtient jamais la distance finie et pourtant, Achille franchit la ligne! De même, l'infini profondeur de notre esprit est contenu dans un cerveau. Serait-ce une démonstration qui prouverait que l'univers est fini?

Il est troublant (et je suis admiratif) de constater que la plupart des sociétés dites primitives avaient une conception nettement plus précise, et nettement plus littéraire aussi, de l'infini.  De la philosophie bouddhiste en passant par la conception indienne du monde ou celle des aborigènes, des incas (...), bref des peuples ayant vécu au contact direct de la Nature, comment expliquer une telle proximité de pensée pour des peuples ne s'étant jamais croisés? Comment ne pas constater qu'à mesure que l'Homme se dé-territorialisait, sa conception du rapport Homme-Nature évoluait? D'un homme égal de l'animal, on parvient à un homme au-dessus de toute chose!

Je concluerai ce simple exercice neuronale par une citation d'Einstein: "Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine ; mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue".
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 15:05

Trouvée un peu par hasard, cette image illustre parfaitement ma vision à savoir que les "huloteries" des Etats du monde sont le camouflage vert d'une usine à charbon. C'est plus esthétique, mais ça pollue toujours! Un peu comme ces émissions télévisées qui "compensent le carbone"...

Ma question est simple et ma réponse encore plus: non! Pourquoi? Simplement parce que le capitalisme est basé sur le productivisme, sur une demande croissante, sur le "toujours plus". Expliquez-moi donc comment les objectifs politiques de Kyoto qui entendaient réduire les gaz à effets de serre au niveau des années 1990 pourraient être atteints?

Par la technologie? Certes, la technologie peut améliorer la situation, mais si, dans le même temps, le nombre d'appareils continue à augmenter quantitativement, l'équation est impossible. Imaginons (une pollution 1000 - une amélioration technologique 100) x une demande croissante dans les pays en voie d'industrialisation, disons 1,5 = cela donne une pollution 1350. Soit 1,3 fois plus de pollution. Etc...

A la chute du monde soviétique, alors que le système capitaliste s'est généralisé, le problème environnemental ne s'était pas posé ou très peu. Depuis quelques années, chacun est conscient que l'écologie est passée sur le devant de la scène. L'Allemagne
a très vite intégrée ces questions. Est-ce parce qu'elle était anciennement divisée entre deux systèmes? Toujours est-il que cela ne la rend pas moins capitaliste.
 
Il existe une théorie environnementale que j'apprécie tout particulièrement car elle est d'une simplicité enfantine: celle des 3 R: réduction, réutilisation, recyclage. Sans doute est-ce réducteur de réfléchir ainsi, mais je pense que le capitalisme ne peut intégrer ces trois R sans se remettre en cause intrinsèquement. En effet, il est coutûme de dire que le capitalisme intègre tout. Le formidable film "Good Bye Lenin" nous en donne l'occasion. Le capitalisme est joueur puisqu'il est basé sur l'offre
suscitée par... la publicité! Résultat: Marx vend du Coca Cola aujourd'hui!

Bref, pour revenir à ma théorie, le capitalisme tente laborieusement d'intégrer le recyclage, troisième "R". Je pense qu'il peut y parvenir puisque le recyclage ne remet pas en cause le productivisme. On fabrique pour jeter, on recycle ce qui est jeté... Le deuxième "R" est plus problématique déjà: la réutilisation (concrêtement le consignage, l'économie de l'occasion ou les systèmes d'échanges locaux) donne déjà un coup de frein brutal à la fabrication puisqu'il s'agit de ne plus jeter ou en tout cas, le moins possible. Quand au troisième, le capitalisme ne pourra jamais l'intégrer sous peine de se tirer une balle dans le pied. La réduction est l'anti-thèse du productivisme: la chasse au gaspillage dans un premier temps et la fabrication de ce qui nous est essentiel.

Le capitalisme peut-il survivre sans le superflu? Sans les Tour Eiffel en plastique?

Cela paraît insurmontable lu ainsi et pourtant, faire le premier pas n'est pas sorcier: faire la chasse au gaspillage au sein des collectivités, au sein des foyers aussi. Commencer par décroître jusqu'à ce que nous touchions à ce qui n'est pas négociable. A ce moment là, on verra quel chemin il nous reste à parcourir...
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 14:13
Suite à mon dernier post, j'ai reçu de nombreux commentaires dont certains étaient très pertinents. J'ai retiré la référence à Gael Roblin par amitié ou disons plutôt sympathie pour lui car je ne souhaite faire de tort à personne humainement. J'apprécie le commentaire de Jonathan Guillaume, représentant du collectif 44 = BZH,  ou de Kevin Laquaine Jakez, qui tentent d'apaiser le malaise.

Je le répète, je continue à soutenir les inculpés car j'estime que leurs revendications sont légitimes. Néanmoins, je doute qu'ils ressortent sans rien d'un procès puisqu'un flagrant délit est forcément accompagné d'une peine, aussi modeste soit-elle. Je ne pense pas avoir donné des cours de droit en disant cela. Libre à vous de penser que ce n'est qu'un demi-soutien.

Mes propos étant régulièrement sujet de polémique, je m'abstiendrai à partir d'aujourd'hui de parler des sujets "qui fâchent" sur ce blog. Je ne crois avoir "insulté" personne ni nié l'engagement pour la Bretagne de ces jeunes.

Je regrette sincèrement d'en arriver à un point où je passe pour anti-breton et où un communiqué de soutien (que je n'ai pas écrit soit dit en passant) passe pour anti-interpellés. J'espère que ces excuses publiques non sur le fond, mais sur la forme, suffiront à apaiser la tension. Je n'ai jamais prétendu faire mieux que les autres, je donne simplement mon temps pour nos idées, comme vous.

Gael.

PS:
Je tiens juste à dire qu'avant d'être permanent (ce qui est un travail aussi), j'ai travaillé depuis mes 16 ans sur les marchés, bossé pour le Télégramme, en boulangerie...
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 14:56
Certains des lecteurs de mon blog ont sans doute entendu parler de l'affaire des "inculpés de la réunification" qui monopolise la toile depuis la veille du nouvel an dernier. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, en voici un résumé:

Quelques heures avant le nouvel an, six jeunes se font interpeller à tagguer des trains à Nantes. Que tagguent-ils? "44=BZH" naturellement. Trois se font attraper, les trois autres recevront la visite des policiers quelques heures plus tard. Que l'on soit favorable ou non au rattachement, être arrêté pour flagrant délit de peinturlurage est logique.

Ce qui le fut moins, c'est la pression exercée sur ces jeunes que l'UDBy a dénoncé (voir ici): 40 heures de garde-à-vue, c'est scandaleux! Bref, passé cela, la tenue d'un procès est normale puisqu'il y violation d'une règle. Celui-ci aura lieu le 12 février, à Nantes.

Il y a quelques jours, les Jeunes de l'UDB ont rédigé un communiqué de soutien aux inculpés en vue de leur procès (voir ici). Ce communiqué indique que des barbouillages ne sauraient être aussi graves que la négation de l'identité bretonne en Loire-Atlantique.

MAIS...

Nous n'avons pas cautionné les méthodes utilisées par ces jeunes pour parvenir à leur fin. Celles-ci nous semblent, à terme, contre-productives et pas sérieuses! Et cela n'a pas plus du tout à certaines personnes du milieu breton. Cet article leur donnera quelques réponses (je suis faible, je m'étais promis de laisser courir!).

Pourquoi avoir choisi un tel titre? Tout simplement car les critiques que l'on nous a faite m'ont fait comprendre à quel point nous ne vivions pas dans la même réalité!

Je m'explique car j'imagine que cela ne doit pas être simple à comprendre pour tout le monde. Il existe dans le mouvement breton certaines personnes qui vivent dans une bulle, qui se sont fabriqués une mythologie dans laquelle ils aiment vivre. Souvent très engagés et sincères, mais qui ne comprennent pas que l'on vit en France, que la France a des lois, qui ne conviennent pas à tout le monde certes, mais que pour faire bouger ces lois, c'est le pouvoir politique qu'il faut prendre. Ce pouvoir ne se prend pas par la force, mais par le vote!

En gros, on nous reproche de ne soutenir qu'à moitié ces inculpés car, dit-on, nous sous-entendons qu'il pourrait y avoir "une peine acceptable". Soyons réalistes... ces jeunes ont été pris en flagrant délit donc, sauf vice de forme, il est évident qu'ils prendront une amende, même avec sursis! Ils ne peuvent pas être acquittés sans quoi il est évident que ce serait un appel à continuer... et un appel aux anti-bretons à recommencer le taggage sur les panneaux que ces mêmes barbouilleurs critiquaient (voir ici), comme nous.

Il faut comprendre que nous n'avons pas tous la même réalité et que ce qui est vrai pour certains ne l'est pas pour d'autres. Nous aussi avons dénoncé le matraquage publicitaire de cette région bidon qu'est les Pays de la Loire. La véritable question est de savoir si on politise l'affaire ou pas? Beaucoup rêvent de devenir martyres. Je ne rentre pas dans cette logique du misérabilisme.

La Loire Atlantique est assurément bretonne, mais ce ne sont pas les militants bretons qu'il faut convaincre! Ce sont ceux qui s'en balancent. Ni l'UDBy, ni Emgann, ni aucun autre n'a le droit de juger à la place des juges! Heureusement que la vindicte populaire ne décide pas sans quoi la peine de mort serait rétablie!

Bref, je soutiens les jeunes inculpés et plus encore la réunification. Mais ce n'est pas en jouant la loi du plus fort que nous obtiendrons le rattachement. C'est en proposant des alternatives crédibles, sérieuses. Pas en se prenant pour Bobby Sand ou Michael Collins. Nous ne vivons pas (encore) dans une dictature et les possibilités d'expression existent (encore).

Ce que vous nous demandez en somme, c'est d'accepter ce que vous avez fait seuls! Certes, vous passerez plus dans la presse à scandale, mais vous passez pour des "jeunes bretons amusants". Les résistants ne demandent pas l'acquittement, ils assument leurs actes en sachant ce qu'ils risquent... c'est cela qu'il faut faire SI vous voulez politiser l'affaire!
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