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Klask

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 13:32

Grand-Paris.jpg

 

Pendant que certains nuisibles s'excitent à démonter l'UDB (sport national breton en vogue), le parti autonomiste, lui, travaille et tente avec ses maigres moyens de faire avancer la décentralisation dans le bon sens et pas dans la "déconcentralisation" technico-technique à laquelle les guerres de courants du PS nous mènent (départementalistes, métropolistes, jacobins, régionalistes).

 

Ainsi donc, alors que l'Acte 3 n'est pas encore rendu public et que le travail se poursuit, le président de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a présenté mardi 16 octobre le projet de Schéma directeur régional pour 2030: "Ile-de-France 2030". Son objectif : permettre de construire la métropole francilienne, "en s’adaptant aux modes de vie actuelle et future des franciliens en termes de mobilité, d’emploi, d’habitat, de loisirs et d’attentes environnementales". Car voyez-vous, du point de vue d'un parisien, ce projet de Grand Paris est très écolo, raison pour laquelle la ministre du logement, Cécile Duflot, s'est engagée dans cette démarche et posait il y a peu pour présenter le projet de la soixantaine de gares prévues. "D'un point de vue parisien" disais-je car voyez-vous, c'est regarder un sujet par le petit bout de la lorgnette, chose d'ailleurs que savent très bien faire les bretons aussi quand ils ne réfléchissent qu'à l'échelle bretonne.

 

Pour répondre donc à l'augmentation supposée de population en Ile-de-France (on parle de 15% de plus qu'aujourd'hui en 2030 pour 2% du territoire national), on imagine donc un plan d'anticipation. C'est la raison d'être de ce Sdrif: préparer la future métropole francilienne aux enjeux écologiques et économiques de demain. Comme j'essaye d'être cohérent avec moi-même et que je critique les agences d'urbanismes qui établissent des plans en partant de théorie et de perspectives tout sauf politiques, je vais en faire de même pour le Grand Paris.

 

Car qui nous oblige à accueillir 15% d'habitants en plus en région parisienne? Ne pourrait-on pas profiter de ce temps de réflexion pour décentraliser le travail et les infrastructures et ainsi essayer de désengorger Paris et assurer un avenir au reste de la France? Non, nos chers édiles (à grand coup de subvention d'Etat) nous prévoient au contraire une concentration des financements (de l'ordre de quelques milliards) sur Paris et sa banlieue, assurant un avenir radieux à la centralisation française! Qui entend-t-on sur ce sujet à part l'UDB? Cherchez bien...

 

Le schéma Ile-de-France 2030 enrobe ce scandale politique de bonnes intentions écologiques comme "valoriser et préserver les ressources naturelles". Le Sdrif veut promouvoir la reconquête de plus de 400 ha/an par rapport à 1994, veut créer pas moins de 80 espaces verts d'intérêt régional et de favoriser les liaisions vertes et les corridors biologiques. Ajoutez à ceci deux parcs naturels régionaux en cours de création! De quoi réjouir plus d'un écolo urbain, le type même de celui qui ne sait pas reconnaître une grive d'une mésange! Pour lui, s'il y a du vert, c'est bien!

 

centralisation-decentralisation.jpg

 

Ne nous laissons pas abuser par cette peinture verte! Car la concentration/centralisation produit la pollution, produit les déplacements de "province" (le mot veut tout dire) vers le "centre" (du monde?) et les TGV qui mènent tous à Rome Paris, mais qui sont incapables de relier Nantes à Bordeaux, produit l'appauvrissement économique ou culturel de nos "régions" (et vive la réunification au passage, pièce d'un même puzzle), produit donc l'assèchement de notre dynamisme économique et l'exil de nos jeunes en quête de métiers correspondant à leur niveau d'études, produit en fait la gestion plutôt que la politique et favorise les drames comme celui arrivé dans le Lot quand une mère a perdu son bébé faute d'hôpital/maternité à proximité. Le pilotage politique de Paris ou par les préfets (sbires du pouvoir centralisé), ça donne l'ARS, la disparition des écoles rurales, des services de Poste, des commerces de proximité... Tout cela est partie intégrante d'une même logique! J'ajouterai que la centralisation gaspille et coûte plus cher que la décentralisation plus efficace.

 

Michel François, mon camarade de St Herblain, explique régulièrement les effets de la centralisation sur la Bretagne et ne se laisse pas abuser par les beaux discours sur le logement qui, au final, vont annihiler tout espoir de décentralisation de ce pays! 1,5 millions de logements d'ici 2030 en Ile-de-France! Et pour les autres? 60 gares quand, en Bretagne, il est inimaginable ne serait-ce que d'envisager des lignes ferroviaires transversales! 237 kms de métro (!!!) quand, ici, les villes s'endettent pour faire une ou deux dizaines de kilomètres de tramway ou de métro (critiqués de surcroît par certains contestataires, conservateurs qui alimentent la centralisation à leurs corps défendants). 66 kms de RER et près de 75 kms de tramways en plus. L'objectit: que 90% des franciliens soient en 2030 à moins de 2kms d'une gare. On aimerait bien en dire autant pour le centre Bretagne que l'on accuse ensuite d'utiliser la voiture!

 

J'entends peu de monde dénoncer ces injustices là! Non, mieux vaut tacler les autonomistes, ennemis de l'intérieur, anti-républicains qui ne comprennent pas le "sens de l'histoire"... Eux veulent une France des inégalités. Bien sûr. Les oeillères sont solidement accrochées.


Mais attendez donc, j'ai gardé le meilleur pour la fin: objectif de 28000 emplois par an soit une croissance de 2,5% en moyenne. Comme je l'expliquai dans un article du Peuple breton d'octobre 2012, tout est pensé comme si la France était une vaste entreprise dont la stratégie commerciale serait de concentrer ses atouts dans un produit phare (Paris) et quelques produits annexes (les rares régions qui existent au niveau international).

 

Des questionnaires sont dans les boîtes aux lettres des franciliens. J'espère qu'ils seront un minimum solidaires et qu'ils refuseront ce vol pur et simple des contribuables français au bénéfice unique de la région parisienne! Car si les bretons de Paris (population estimée à 500000 personnes minimum) veulent "revenir au pays", c'est maintenant que cela se joue!

 

Alors, oui, Le Grand Paris est un scandale de plus dans cet Etat respectueux du "bien commun". Ce projet passe comme une lettre à la Poste! Sauf que le service postal n'est plus ce qu'il était (la faute à la privatisation et à une gestion centralisée?) et certaines voix (dont les nôtres) s'élèvent pour le dénoncer...

 

Sources des informations: Le Moniteur.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 18:37

PB-culture-et-politique.jpg

 

Depuis quelques semaines et suite à des discussions assez intéressantes avec des militants et militantes, j'ai élaboré une théorie qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui, je pense, mérite bien un article de blog, pour réflexion. Cette théorie, je l'ai testée auprès de quelques amis qui n'ont rien trouvé à y redire bien que je subodore quelques critiques une fois ces lignes parcourues...

 

Tout est venu d'une discussion sur les politiques et la communication avec une militante d'EELV. Cette dernière me parlait de "réseaux" et je lui rétorquais que ni eux (EELV), ni nous (UDB) n'avions de "réseaux" chose qui la chiffonnait un peu (EELV étant prompt à signer toutes les pétitions possibles). Et pourtant, lui rétorquai-je, ce n'est pas parce que quelques uns de vos militants ou des nôtres sont membres d'asso environnementales ou liés à la culture bretonne que nous avons du "réseau". Pour tout individu politisé normalement constitué, il est indéniable que le seul parti à avoir du "réseau" - autrement dit des relais suffisants pour peser dans des assemblées générales et vice-versa - c'est le PS. A Rennes, n'importe quel habitant du Blosne (quartier populaire) qui parle politique est membre du PS!

 

Pourquoi? L'une des raisons (mais pas la seule), c'est que le plus gros parti de France est aussi celui qui a le plus d'élus locaux! Or, les associations vont rarement à l'encontre des élus qui distribuent les subventions, sauf certaines dans lesquelles, justement, on retrouve nos militants! "Baise la main que tu ne peux couper" dit le proverbe. Je ne juge pas, je constate: combien de "têtes de réseaux" (syndicalistes, associatifs...) se retrouvent dans les conseils municipaux sur les listes socialistes?

 

De ce point de vue, la Bretagne diffère de tous les autres pays comptant des mouvements d'émancipation. Partout ailleurs, le mouvement culturel et le mouvement politique marchent main dans la main, avec un objectif commun. Chacun son travail certes, mais une confiance s'établit et des relations se nouent. En Bretagne, non! Je ne veux pas dire que les relations n'existent pas (preuve en est le forum des langues organisé par l'UDB auquel participait justement Ai'ta et Diwan pour ne citer qu'eux), mais c'est dans le rapport au Politique (avec un grand "P") que cela bloque. Diwan "ne fait pas de politique", Ai'ta "ne fait pas de politique", les asso écolo "ne font pas de politique". Etonnant! Moi j'avais cru comprendre qu'officialiser le breton, c'était faire de la politique, que revoir les façons d'habiter, de se loger, de se nourir, de se déplacer, c'était faire de la politique, j'avais aussi cru comprendre que revendiquer des pouvoirs régionaux ou la réunification, c'était de la politique. En confondant a-politique et a-partisan, le mouvement associatif se tire une balle dans le pied!

 

Alors, pour être tout à fait honnête, ce rapport n'est pas propre à la Bretagne, c'est un travers très français en réalité. Ce qui me fait dire que tout bretons (et même indépendantistes) que soient certains militants, ils pensent hexagonal! D'ailleurs, il n'est point besoin d'être sorti de St Cyr pour savoir que les lycéens Diwan, en sortant de Carhaix (où on peut imaginer qu'ils n'ont pas été formatés par le gavage républicain de l'Education Nationale), se tournent volontiers vers les idées écolo plus qu'autonomistes. Là encore, ce n'est pas un jugement. Etre breton ne se résume pas à porter une coiffe fort heureusement et ces jeunes ont tout à fait le droit d'exprimer leur personnalité dans un monde moderne... qui reste, selon eux, français! On en est toujours là...

 

L'UDB malgré ses prises de position n'est pas sorti dans la tête des bretons (les 4.5 millions, pas les 50000 qui votent breton) de ce carcan folklorique qu'il a souhaité dépasser en quittant le MOB en 1964. C'était justement la raison d'être de gauche pour l'UDB. Ce fut aussi le cas pour Emgann en 1982 et aujourd'hui pour Breizhistance. Le Peuple breton, c'était le marin pêcheur du Guil' ou l'ouvrier de Doux, c'était les chantiers navals de St Nazaire ou le paysan de Glomel. L'Etat, lui, nous traite comme des militants d'une autre époque, qui s'éclairent à la bougie et marchent en sabot. Il a magnifiquement réussi son coup d'ailleurs: combien de cartes politiques dans les bagadoù et autres cercles? Cherchez bien, elles ne sont pas nombreuses!

 

La société est ainsi faite que les partis bretons (quels qu'ils soient) n'ont jamais bénéficié de la sympathie populaire ou pour être plus précis (car les idées de l'UDB sont plutôt appréciées) de la CONFIANCE des gens. En termes clairs: les gens ne votent pas pour des partis minoritaires, ils n'aiment pas les perdants. Hélas, en politique comme à la bourse, c'est la confiance qui détermine la crédibilité! On peut avoir un parti le plus incapable possible, si les gens sont persuadés qu'il peut gouverner, alors il gouvernera. A l'inverse, tout compétent qu'il soit, un parti auquel personne ne croit restera attaché à son électorat traditionnel. C'est ce qui arrive à peu près à l'UDB. A peu près car il serait bien prétentieux de dire que nous n'avons aucun tort (après 50 ans bientôt, c'est logique).

 

anonymous.jpgDans ce rapport "Politique et culture", j'ai retrouvé un Peuple breton qui traitait de la question (juin 2006). Ronan Leprohon y expliquait justement que "la culture bretonne [au sens très large du terme] parce qu'elle possède un côté militant non contestable, a aussi un besoin vital du soutien politique" et vice-versa. Je pense, comme Ronan, que le mouvement associatif doit cesser d'avoir peur du Politique*  et s'emparer des outils qui existent, en adhérant certes, mais aussi en relayant l'info (pour nous via Le Peuple breton), en contribuant à la réflexion, en marchant parallèlement à l'action politique. Certes, beaucoup d'anciens du milieu breton sont critiqués par les jeunes (je pense à Tangi Louarn par exemple), mais eux avaient compris ça et à défaut d'être encartés conseillaient. Aujourd'hui, les jeunes bretons sont tout aussi désabusés par la politique que les autres jeunes de France et tentent de réinventer la poudre! Indignés, Anonymous, maintenant Pussy Riots, autant de mouvements éphémères qui, en voulant légitimemement démontrer les faiblesses de la social-démocratie, détruisent la légitimité du Politique donc du peuple.

 

Moi, je suis très clair, je fais de la politique, mais il est impossible d'avoir des résultats sans être soutenu. Ma prière est simple: aidez-nous à faire pression sur cet Etat castrateur. N'attendez pas que les choses arrivent, tout se gagne. L'Etat n'est pas disposé à nous faire des cadeaux "parce qu'on est gentils"! Réfléchissez à ce morceau de texte car la Politique sans les gens (ou avec des gens anonymes) = la loi du marché.

 

 

* Pour moi, l'adhésion au PS n'est pas majoritairement un engagement socialiste en témoigne la démocratie descendante qui existe chez eux, mais plutôt un engagement opportuniste. La base militante du PS que j'ai eu la chance de cotoyer (car ce sont des gens sincères) fait une confiance aveugle aux "élites" du parti. Leurs congrès en témoignent puisque le militant est relégué à adhérer à une motion quand, chez nous, tous les militants quels qu'ils soient, participent à l'élaboration du texte du congrès. Deux méthodes, deux philosophies...

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 14:52

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François Hollande nous promettait " un véritable acte 3 de la décentralisation", on se dirige plutôt vers un "nouvel acte de la gestion publique" fidèle à la conception que se fait l'Etat de ses "régions", des exécutants. Cette belle carte de magnets que l'on trouve dans les sachets Père Dodu (une pensée pour les salariés de Doux au passage) reflètent finalement assez bien l'expression "diviser pour mieux régner" ou quand la technocratie gouverne! De jour en jour, dans la gazette des communes, dans des réunions ou par la bande, on reconstitue un puzzle qui nous confirme dans l'idée que la démocratie, en France, est très descendante et qu'on peut patienter encore quelques siècles avant d'aboutir à une République qui fait confiance à ses territoires!

 

Marylise Lebranchu qu'on imagine assaillie par les lobbies de tout poil à commencer par les départementalistes, a annoncé que "le projet était prêt". Nous sommes ravis de l'apprendre! Et la consultation des élus dans tout ça? Le Sénat dit s'en être chargé par le biais d'énigmatiques états généraux de la démocratie où les sénateurs ont écouté les élus (leur corps électoral) émettrent leurs doléances. Sauf que les réunions ne sont pas terminées... ça donne envie de travailler, non? On aurait pu aussi imaginer que la société s'empare de ces sujets, non? Quand la réunion de demain aura eu lieu, on pourra alors dire que l'UDB s'est faite entendre dans les réunions de tous les départements bretons, élus ou non d'ailleurs. Pour ma part, je suis intervenu hier devant Edmond Hervé, Virginie Klès, Dominique de Legge et Jacky Le Menn (sénateurs d'Ille-et-Vilaine) pour faire valoir les préconisations de l'UDB à savoir réunifier la Bretagne, faire de la région le pivot de l'action public en lui conférant un pouvoir législatif (ou à court terme au minimum un pouvoir normatif), supprimer les conseils généraux au profit des pays...

 

Je n'ai pas l'intention de faire ici de grands discours sur la méthode, mais en tant qu'autonomiste, je trouve que le "véritable acte 3 de la décentralisation" semble petit bras par rapport aux ambitions premières. Une compétence économique renforcée, un pôle emploi/formation/orientation, quelques avancées culturelles (malgré tout)? La dernière chance reste l'expérimentation, véritable opportunité pour la Bretagne de pouvoir expérimentée si... si le président des départements de France n'était pas Claudie Lebreton, le président du Conseil général des Côtes d'Armor (on met donc de côté une nouvelle organisation territoriale qui aurait pu reposer sur les pays plutôt que les conseils généraux inutiles), si l'ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, n'était pas un farouche opposant à la réunification (on met donc de côté une nouvelle organisation territoriale de l'ouest de la France), si si si...

 

Résultat, d'Acte 3 on est en passe de nous servir de la rationalisation de l'action publique qui n'a rien à voir avec une quelconque ambition. On a les élus qu'on mérite me rétorquera-t-on! Et pendant qu'on nous sert l'argument de la péréquation pour nous faire passer, nous autonomistes, pour des égoïstes qui ne pensent qu'à la Bretagne, le Grand Paris se porte bien, merci, avec ses milliards investis dans de nouvelles gares SNCF et suffisamment de logements pour accueillir l'ensemble des bretons d'ici 25 ans! De quoi conforter la centralisation pendant 30 ans... Paradoxal, non?

 

On compte donc sur le groupe de travail régional sur l'expérimentation (piloté par l'UDB d'ailleurs) tout en se demandant si on ne se fouterait pas un peu de notre tronche? Allez Marylise, un petit effort... pense à tes votes au Conseil régional en faveur de la réunification administrative de la Bretagne! Rien n'est joué, mais on sent déjà que, comme pour le Grenelle de l'environnement sous Sarko, il y a des tabous sur lesquels on ne peut pas débattre. Ah, la démocratie française...

 


Voir mon précédent article sur le sujet

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 18:31

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J'ai déjà parlé de ma découverte Jack London. Depuis La Vallée de la Lune et Le Talon de fer, sans compter L'Amour de la vie, véritable hymne à l'Aventure, j'ai lu d'autres romans de ce génie: Les vagabonds du rail, Sur le ring, les pirates de San Francisco. Le dernier est considéré comme son chef d'oeuvre, Martin Eden.

 

L'Histoire se déroule à Oakland (toujours). Martin, un marin un peu gauche et bien bâti, est introduit dans une famille bourgeoise par l'un des fils qui a su compter sur le héros dans une bagarre. Le pauvre diable habitué à la misère se retrouve du jour au lendemain dans une maison qui pourrait être décrite dans les livres. C'est dans cet univers paradisiaque pour lui qu'il rencontre Ruth, une des jeunes soeurs de son compagnon... et qu'il en tombe amoureux.

 

Par amour pour elle, Martin va travailler d'arrache-pied à la lecture et à l'écriture, ceci afin de pouvoir rivaliser intellectuellement avec ce monde qu'il ne connaît pas. Il décide de devenir écrivain et de vivre de sa plume. Mais à mesure que son talent s'améliore, il comprend les rouages de cette société qu'il découvre: la reproduction sociale, les préjugés. Martin apprend très vite et à mesure qu'il apprend, il coupe de son milieu d'origine. Il rivalise désormais avec les invités de la famille de Ruth et les considère même avec mépris tant il les trouve incultes et surtout superficiels.

 

Car Martin n'a qu'une ambition: devenir quelqu'un pour l'amour de Ruth. En écrivant... Ruth, elle, voudrait qu'il se trouve "une situation", seule solution pour qu'elle puisse envisager un avenir avec lui. Cela m'a également fait penser à tous ces musiciens à qui l'ont demande quel est leur "vrai métier".

 

Je ne raconte pas l'ensemble de l'histoire et quand bien même le ferai-je que je vous inviterai à le lire mille fois. Jack London est non seulement un homme dont la vie a été passionnante et passionnée, mais en plus de ça, c'est l'une des meilleures plumes que j'ai eu l'occasion de lire dans ma vie. Je ne m'en lasse pas.

 

Philosophiquement, ce roman pose énormément de question. Le rapport entre "être et avoir", sur l'individualisme de Nietzsche (que London critique, mais dont la doctrine est suivi par Martin), sur les classes sociales et leurs préjugés également, sur l'alcoolisme, sur le travail. Tout au long du roman, Martin est seul, en marge de la société du fait de ses idées.

 

London est devenu socialiste (le socialiste du début du 20ème) en se mettant en tête de devenir vagabond (une sorte de voyage initiatique). On a dit que Martin Eden était un livre autobiographique et, par bien des aspects, il l'est puisque London s'inspire de son vécu, mais je ne crois pas que Martin Eden ait jamais été socialiste. Au contraire, la fin du livre nous explique qu'il a perdu les valeurs qu'il avait en étant lui-même, le Martin Eden revenant de mer après de longs mois d'absence.

 

into-the-wild.jpegMartin Eden m'a fait un peu pensé à ce livre de Keyes, des fleurs pour Algernon. Là aussi, il est question "d'élévation intellectuelle" et de chute ("j'étais le même" se dit Martin). Si les romans ne sont absolument pas les mêmes, l'idée qui reste, c'est que le bonheur ne peut être que partagé (pour reprendre les termes de Christopher McCandless (voir Into the wild). Martin dont la flamme de vie était flamboyante perdra la foi en perdant son amour et ses illusions sur l'Amour. En conséquence, quel est le sens de la Vie, de SA vie...

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 10:38

NoOoOoN.png

 

Les Jeux Olympiques ressemblent aujourd'hui plus à une foire à la saucisse qu'à une compétition pour la paix! Pour les "amateurs" (je m'étouffe de rire), c'est le grand déballage des performances, des chrono "historiques", la création artificielle de "légendes" capables d'être au sommet d'un sport durant une décennie.

 

Alors oui, pour continuer sur ma lancée, je joue mon rabat-joie, mais la compétition a tué tout espoir de fraternisation entre les peuples et de "beau jeu". Pour l'anecdote personnelle, j'ai cessé le judo (que je pratiquais depuis 10 ans) quand on a commencé à faire pression sur moi pour que je fasse de la compétition, je n'ai jamais fait de football dans un club parce que celui que ma mère a appelé à l'époque où je jouais au foot de rue avec mes voisins a refusé de me licencier car je ne souhaitais participer qu'aux entrainements. Bref, compter les points n'a jamais été mon truc car ça oppose plus que ça unit. Entre nous, quand à 5 ans, on t'apprend les valeurs du judo (respect, politesse, courage, modestie, contrôle de soi, honneur, sincérité, amitié) et qu'en compèt', tu entends des mecs dire à leur rejeton "tue-le", ça te refroidis!

 

Le sport rend con. Pas tout le monde fort heureusement. Mais les "champions", ces icônes de papier qu'on fait brûler comme de l'encens et qu'on oublie s'ils n'ont pas été "les meilleurs de l'Histoire" de telle ou telle discipline, se prennent vite la grosse tête. Usain Bolt à qui tout réussi (et surtout l'épreuve reine des JO à savoir le sprint) qui crache sur Lewis (l'américain n'étant guère mieux dans son discours), les multiples sportifs "déçus" car "ils venaient pour l'or". Ah, merde, moi, on m'avait dit que "l'essentiel, c'était de participer".

 

 

On ne parle jamais des autres, ceux qui vont au JO comme dans un rêve, sans aucun espoir si ce n'est celui d'être un athlète bien dans sa peau et de montrer du beau spectacle. On parle peu des femmes (les performances sont moins impressionnantes que les hommes), pratiquement pas des handisport (et leurs exploits à eux ne sont surtout pas retransmis à la TV). Le beau spectacle, ce n'est pas la finalité! Ce que veulent les Etats et les journalistes, c'est étaler les médailles ("malheureusement, la France plafonne à X médailles").

 

 

tableau-des-medailles-au-9-aout-2012.jpg

On parle du couple Culture-Politique (dur pour un socialiste de laisser le populaire poste d'adjoint à la culture dans une mairie car c'est très proche des citoyens), mais on parle moins du couple Sport-Politique (souvent tenu, à gauche, par les communistes d'ailleurs). Plus nationalistes tu meurs!

 

Car ce qui compte, à la ligne d'arrivée, c'est de faire partie du podium de tête (cf. Tableau des médailles par pays ci-contre issu de l'édition du Monde du 9 août 2012). Vous ne me croyez pas? Etrange alors que les classements changent. Les Etats-Unis qui refusent d'être deuxième refont aujourd'hui les classements par nombre de médailles quand l'officiel ne plait pas! Histoire de montrer la supériorité de leur pays sur le reste du monde! Et après, on nous parle de paix! Les plus grandes dictatures mettent l'accent sur le sport pour faire rayonner leur pays: il n'y a qu'à voir le sommet du tableau ci-contre, mais on pourrait parler des JO de Berlin en 36 (où d'ailleurs Coubertin n'a pas été très clair) ou des sportifs italiens de Mussolini.

 

D'après les anarchistes (et je partage pleinement leur avis), le sport s'est développé en parallèle de la culture d'entreprise. Il faut être "performant", aller plus vite, plus loin, au-delà des limites humaines. Prouver que l'Homme est au-dessus du royaume animal! Quitte à se doper et enrichir une mafia de narco-traficants au passage. Il y a également une hiérarchie chez les sportifs. Le capitaine (mâle dominant) sans qui "l'équipe" (on se demande l'utilité du mot du coup) ne fonctionne pas. La collégialité, c'est trop compliqué, il vaut mieux des leaders! On ne se dit jamais que sans les défenseurs qui relancent, l'attaquant ne peut pas marquer car il est tout seul à attendre le ballon.

 

Je ne parlerais même pas du football professionnel et de la traite des êtres humains qui va avec. Etrange que les régularisations et les naturalisations soient plus rapides pour des athlètes de haut niveau que pour le pauvre bougre qui veut manger à sa faim, non? Ah, ces transferts de joueurs qui ravissent les supporters, flatter d'appartenir à "de grandes nations". Aujourd'hui, un gamin peur plaindre des joueurs de football gagnant annuellement 300 fois le salaire mensuel de son père ouvrier.

 

Dernier problème que je soulèverai: celui des infrastructures. On fabrique pour quelques privilégiés des nouveaux stades, des nouvelles pistes qui ne seront presque pas utilisées. Aujourd'hui, pour être en Ligue 1, il faut avoir un stade suffisamment important. Bah oui, on ne va pas faire jouer Ribéry sur une pelouse de jardin quand même! Tout ça aux frais du pékin qui trime pour se payer son abonnement annuel au stade! A petite échelle, l'avenir de l'aéroport de St Brieuc serait déjà réglé s'il n'y avait l'équipe de foot de Guingamp. Brest, c'est trop loin sans doute!

 

podium.jpgSauf que la magie n'opère plus. La Grèce a crevé le plafond de sa dette en accueillant les JO en 2004, Londres commence à tousser en voyant que les stades sont plutôt vides et la ville déserte (tout est relatif, mais déserté par les locaux si j'en crois les journaux). A part le matraquage médiatique et publicitaire, les retombées sont bien modestes et on en vient à se dire que le nationalisme, sportivement parlant, c'est quand même très cher!

 

Albert Jacquard propose de rajouter une 4ème marche au Podium, moi, je préfère proposer carrément qu'on ne compte plus les points. Fini les podiums! Rien ne nous empêche de jouer ou de regarder une équipe jouer, mais sans vainqueur ni perdant, ça change la relation au sport. Car aujourd'hui, ce n'est pas du plaisir, c'est de la lobotomie, c'est du pain et des jeux... sans le pain! Mais puisqu'on vous dit que le peuple en redemande!

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 18:30

en_travaux.jpgLe soleil a fait son retour en Bretagne, mais ne vous imaginez pas que ce sont les vacances pour tout le monde. ça cogite dur au gouvernement et croire que le débat sur l'acte 3 de la décentralisation commencera à l'automne, c'est se prendre 4 mois dans la vue, voire plus. Depuis des mois, la guerre est déclarée et les clans se tapent dessus. D'où mon souhait que l'UDB soutienne le clan des "girondins" le mieux possible. Car au-delà de la contestation permanente (qui croit que l'autonomie va être mise en place sans combat?) et même si on n'apprécie guère le PS, cette réforme doit réussir. C'est de la bonne appropriation des citoyens que dépendra l'avenir d'une Bretagne autonome.

 

J'ai donc lu fin début juillet la dernière version des propositions imaginées par l'ARF au sujet de cette nouvelle étape de la décentralisation. Il en ressort des éléments très positifs, mais aussi beaucoup de frustration. Je vous invite à relire au passage le projet de statut particulier pour la Bretagne écrit en 1999 par l'UDB (et que nous ferions bien de réactualiser d'ailleurs). 

 

Réflexion générale:

 

Pour le moment, tout est encore au stade de projet, mais je pense que certaines choses sont déjà bien avancées donc il ne faut pas traîner pour imposer nos thèmes, nos propositions. D'après ce que j'entends ici ou là, il semble acquis un élément essentiel: le pouvoir réglementaire autrement dit l'adaptation des lois (l'ARF parle de « sortir de l'égalitarisme républicain »). Si cet élément était réellement mis en place, alors, nous aurons mis le doigt dans l'engrenage jacobin. Adapter les les politiques à la diversité des territoires, c'est bien reconnaître que la France n'est pas "Une et indivisible", mais qu'elle peut exister de façon diverse. Pour autant, on est loin de l'autonomie (on ne vote pas ses propres lois) et du statut particulier pour la Bretagne de l'UDB. Mais convenons-en, ni le Pays de Galles, ni l'Ecosse n'ont obtenu leur dévolution du jour au lendemain.

 

Pour moi, l'important est de pousser le plus loin possible dans cette réforme et ainsi prouver aux citoyens que l'action publique est plus efficace si elle est gérée régionalement. Reste l'une de nos priorités: la réunification. On se retrouve dans une situation à l'irlandaise où l'autonomie va se construire peu à peu sans son principal département. Dans l'idéal, il faudrait que la réunification se fasse parallèlement et là, je suis plus pessimiste. Mais que cela ne nous empêche pas de militer... Car l'avenir du jacobinisme passera bientôt par les régions administratives, les conseils généraux et les métropoles.

 

Dessein_decentralisation.jpg

L'intro du document de l'ARF (copier-coller du discours de départ de Le Drian ou vice-versa?) explique qu'il faut faire confiance aux régions, mais les propositions pour l'acte 3 faite par l'ARF restent bien timides. J'espère que les politiques seront plus ambitieuses car il ne faut pas un Acte 3 en demi-mesure si on veut démontrer l'efficacité de la décentralisation.

 

L'ARF ne propose aucune disparition d'échelon et la métropolisation perd certes quelques compétences, mais reste d'actualité. C'est malheureusement le scénario le plus probable car Marylise Le Branchu, Ministre bretonne de la décentralisation, n'a pas su venir à bout des départementalistes. On nous serine encore et toujours les mêmes arguments: "supprimer le département, mais vous n'y pensez pas! Qui va s'occuper du social?". Comme si on justifiait l'existence d'une administration par ses compétences et son personnel (le social peut très bien être assumé par les interco et le transfert de personnel existe aussi). Bah oui, avec les technocrates, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!

 

Ce qui m'inquiète davantage, c'est la possibilité que cet acte 3 ne soit que gestionnaire et que toutes les compétences stratégiques, politiques, restent régalienne (damned)! Reste à se mettre d'accord sur ce qu'est un pouvoir régalien! Quoi qu'il en soit, c'est d'une réforme d'ensemble dont nous avons besoin, pas de fuites au compte-goutte dans la presse qui polarise l'attention sur le doigt de celui qui montre la lune.

 

Ce que je lis du document de l'ARF, ce sont d'hypothétiques avancées en termes d'orientation/formation professionnelle et emploi, autrement dit une confortation des politiques et des compétences existantes. C'est sans doute aussi ce qui devrait se passer: l'acte 3 pourrait n'être qu'une clarification des compétences. Rationnaliser, supprimer les doublons, redéfinir les missions de chacun (préfectures comprises), est-ce un nouvel acte? Si c'est pour avoir le même marteau dont on aurait raccourci le manche, je ne vois pas l'intérêt (ça n'est d'ailleurs pas de la décentralisation, mais de la déconcentration).

 

 

plan-quinquennal.jpgJe lis aussi des termes improbables qui me font craindre le pire comme "programmations quinquennales" en ce qui concerne les transports ferroviaires. Diantre, l'URSS est de retour! Pourra-t-on un jour espérer corriger l'étoile (rouge?) ferroviaire de la France?  L'ARF propose un vulgaire SRIT (schéma régional des infrastructures et des transports) à la Région. Sérieux, ces documents sont nuls, j'en ai lu des dizaines et c'est toujours aussi pourri: un empilement qui constate ce qui existe et aucune prospective (voir la demande du groupe UDB pour un schéma aéroportuaire depuis... 2004!). Michel François a encore du boulot à faire. On en reste aux déclarations de principe sur "la décentralisation des transports", sans expliquer comment, ni quoi!

 

Bref, on peut gloser autant que l'on veut. La vérité se jouera dans le porte-monnaie. Certes, nous autres autonomistes certifions que l'on peut faire mieux avec moins, mais il n'y aura pas d'acte 3 de la décentralisation si le budget ne suit pas. Car à ce jour, ce sont les territoires qui rincent la capitale! Plus de 300 milliards d'euros de budget pour l'Etat contre 1 pauvre milliard pour la Région Bretagne (que l'on ampute en plus de son département le plus riche depuis plus de 70 ans). Je ne suis pas du genre à confondre chiffre d'affaire et bénéfices, mais ça donne une idée de qui détient le pouvoir en France. Pourtant, force est de constater que l'Etat fait de moins en moins et se décharge sur les collectivités. Tant mieux, sauf que faire sans argent, c'est impossible.

 

Le gouvernement a parlé de gel des dotations pour les collectivités. J'ose espérer qu'il veut dire "à compétences constantes" car assumer plus de compétences sans fric, ça risque d'être folklo pour notre rapporteur du budget Christian Guyonvarc'h (UDB). Pour ma part; je suis opposé à toute taxe nouvelle car ce n'est pas aux ménages seuls de payer les choix pourris des gouvernements précédents. On parle de "taxe numérique" et autres. Autant de ballons d'essais destinés à tester le niveau de tolérance des ménages... c'est injuste (je précise que je suis content de payer des impôts, ça veut dire que je gagne suffisamment d'argent, mais payer pour les choix nucléocrates et autres, merci bien)! Le risque, c'est de faire passer l'idée que plus de décentralisation = « plus cher pour les citoyens ».  

 

NoNewTaxes.jpgIl faut donc garder un lien entre fiscalité et ménages sans étrangler financièrement les citoyens. Pour être plus clair: si impôt régional il doit y avoir, cela doit s'accompagner de la suppression d'un impôt national ce que n'a pas fait Chirac (qui promettait une baisse de l'impôt sur le revenu, impôt le plus juste entre parenthèses). On pourrait peut-être parler de la redistribution des impôts et taxes. La taxe d'habitation est-elle juste? Bref...

 

On peut par contre compter sur la volonté de l'ARF de gestion directe des fonds européens ce qui serait un apport non négligeable. D'autant que tous les crédits ne sont pas utilisés en ce moment. Le document fait encore la part belle à la TIPP (les Régions sont financées par une part de cette taxe sur les produits pétroliers, autrement dit plus on conduit, plus la région y gagne, écolo non?). On pourrait, à l'inverse, imaginer une taxe justement écologique: prélever une part sur chaque billet de train (la prime transport). Ainsi, on aurait tout intérêt à ce que le maximum de gens prennent le train (en volume et en valeur) dont on serait peut-être tenté d'étudier les transversales aussi! Ça sert l'entreprise ET la collectivité.

 

Une phrase importante du document nous laisse songeur: « les nouvelles assiettes devront entretenir un lien étroit avec les compétences des régions ». Qu'es aquo? Je ne suis pas contre sur le principe, mais la TIPP n'est pas liée à une compétence régionale!

 

Questions annexes:

 

Quel rôle pour les préfets?

 

Alain Rousset (président de l'ARF) a déclaré qu'à part pour les CIO, l'ARF n'envisageait pas de transfert de personnel! C'est le meilleur moyen pour conserver une image noble de l'Etat dans la tête des citoyens. Je n'ai pourtant pas souvenir que ceux qui sont passés du statut de fonctionnaire d'Etat à celui de fonctionnaire territorial l'aient mal vécus (contrairement aux craintes des syndicats). J'ai d'ailleurs une copine qui est fonctionnaire d'Etat et qui cherche à devenir fonctionnaire territorial. On sait pertinemment que Mélenchon a fait de gros scores dans l'Education Nationale... Encore un enjeu!

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 12:04

PSA.jpg

 

Deux mauvaises nouvelles viennent d'arriver consécutivement en Bretagne: le dépôt de bilan de l'entreprise Doux en premier lieu mettant à mal des milliers d'emplois au pays et plus récemment l'annonce par PSA de la suppression de 1400 emplois à la Janais (Rennes).

 

Deux séismes qui remettent en cause le modèle productiviste actuel sur le fond, mais que la plupart des politiques traiteront de façon superficielle, comme ils l'ont fait depuis 20 ans. Pourquoi? Parce que la vérité est inentendable. Les Cassandre sont cloués au pilori donc inutile de reprocher aux politiques la lâcheté de la société. J'en vois déjà qui vont m'accuser "d'exagérer". J'exagère oui... et ceux qui refusent d'anticiper parce qu'ils ont peur du chômage, eux n'exagèrent pas?

 

PSA:

 

Je suis parfaitement conscient qu'il n'est pas évident de dire froidement que si nous souhaitons reconvertir l'économie, certains emplois n'auront plus lieu d'être. Mais à force d'attendre encore et toujours, n'empire-t-on pas la situation? Aujourd'hui, les communiqués de tous (politiques et syndicats) "pensent avant toute chose aux familles...". Anticiper, c'est penser à tous ceux et toutes celles qui suivront. Il y a deux ans, le Conseil régional de Bretagne a donné une subvention exceptionnelle à la filière automobile. La logique - louable - était de dire que si PSA se cassait la gueule, c'était tous les sous-traitants qui trinquaient. Certes...

 

Aujourd'hui, où en est-on? On nous promet la construction d'un nouveau modèle en 2016! Je n'y crois pas. C'est un peu la bouée de sauvetage qui permet aujourd'hui de dire qu'il faut dégraisser le mammouth... en attendant. En attendant Godot oui! La réalité, c'est que la filière automobile rennaise a peu d'avenir parce que le siège n'a pas choisi la Bretagne comme QG. Evidemment, s'il s'agissait de délocalisation, le problème ne serait pas le même: après tout, autant faire des voitures en Bretagne qu'ailleurs où les conditions de travail sont déplorables. Mais à l'heure où j'écris ces lignes, PSA fabrique près de 50 voitures par heures. Je me demande à qui il les vend. Le marché français est bouché, chacun ayant déjà sa propre voiture (nos villes ont été construites pour les voitures alors comment imaginer une alternative?). Reste l'international, mais avec tant de concurrence, notre entreprise bretonne fait-elle le poids?

 

On est donc dans une situation paradoxale où l'on vise la société sans voiture (ou plus précisément "rendue moins dépendante de la voiture"), mais on refuse de perdre un seul emploi! ça me fait penser aux adeptes du protectionnisme: non aux importations, mais oui aux exportations! Comme si les deux n'allaient pas de pair. Croyez-moi, beaucoup d'employés de PSA sont conscient de ça, mais ne savent pas comment y remédier et pensent (c'est légitime) d'abord à leur poste. Je n'oublie pas l'aspect social, je vais y venir...

 

 

Doux1.jpg

DOUX:

 

Dans le cas Doux, on a une multinationale qui a fonctionné sur fonds publics pendant des décennies (subventions de la PAC) et qui s'est servi de ces sub' pour investir au Brésil et pour exporter sa production (détruisant parallèlement les économies vivrières de certains pays du sud, mais le capitalisme n'est pas à ça près). Résultat: pas d'investissement en Bretagne et des éleveurs, complètement dépendants car "intégrés", qui ne sont plus payés. Grosse réussite!

 

Après un feuilleton médiatique impressionnant, l'entreprise vend. Et démanteler (ce que craignaient les syndicats). Résultat de cette économie hors sol: et bah, rien! On va continuer comme avant, mais avec d'autres entreprises! Les subventions publiques continueront à aller vers les grosses boîtes car il est plus difficile de faire face à 700 emplois en sursis d'un bloc qu'à 700 paysans en crise un par un (et des pendaisons, il y en a plus que chez France Telecom). C'est d'ailleurs ce que dénonce avec raison l'association Solidarités Paysans de Bretagne.

 

Dans le modèle agricole (mais on pourrait dire la même chose dans les transports ou l'energie), on nous fait croire que l'alternative n'est pas possible alors que les financements publics servent essentiellement à entretenir le modèle en place! Ou au mieux à l'aider à mourir. On appelle ça l'accompagnement social du capitalisme. Est-ce donc à cela que servent les Etats? A accompagner? Moi, je croyais que la puissance publique servait à imaginer, à inventer, à proposer.

 

Là encore, je suis conscient que la crise Doux aura des répercussions et que tous ces chômeurs d'un coup n'augure rien de bon pour l'économie bretonne, ni pour la puissance publique qui va devoir faire face (alors qu'elle n'est pas responsable).

 

travaux.pngQuelques pistes de réflexion:

 

Alors vous me direz: que propose-t-il ce petit con qui se croit si malin? Je n'ai pas de solution miracle, mais j'estime qu'il est du devoir de la puissance publique de regarder la réalité en face. Nous pouvons être "compétitifs" en termes industriels, mais c'est la maîtrise de la stratégie qui nous manque ici, en Bretagne. Les sièges ne sont pas ici pour la plupart. Et quand ils le sont (pour Doux), l'économie dépend avant toute chose de l'extérieur. Idem pour le tourisme! Comment peut-on imaginer une société stable si on ne compte pas sur nos propres forces, notre propre marché économique?

 

Quelques petits articles devraient nous mettre la puce à l'oreille sur la marche à suivre. Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, a annoncé récemment qu'il allait embaucher du personnel et que le profil des ouvriers de PSA pouvait être intéressant (voir ici). En somme, on conserve les savoir-faire. Quoi de mieux? Il n'y aura certes pas 1400 postes, mais creusons de ce côté pour commencer. La demande en fer est importante. On manque de transversales en Bretagne, on manque de pendulaires locaux pour relier les bourgs aux zones d'emplois.

 

En termes de formation, le groupe UDB avait, lors du débat sur la jeunesse et reprenant le travail de l'UDB Jeunes, proposé la mise en place de tutorat seniors-jeunes afin de ne pas perdre les savoir-faire tout en assurant des fins de carrière plus "cool" à des ouvriers qui ont trimé toute leur vie. Une deuxième piste à creuser.

 

On pourrait également parler de la fabrication des rames. Qui fabrique les trains aujourd'hui? Alstom (France), Bombardier (Canada) et Siemens (Allemagne). En gros, voilà la liste. ça fait pauvre quand même pour l'ensemble de la planète! Et vue la liste d'attente, on pourrait très bien imaginer un autre constructeur sur une gamme moins performante (sur des trains plus locaux en somme).

 

Côté agriculture/agro-alimentaire, il faut mettre l'accent sur la qualité des produits et l'autonomie des paysans (dont les problèmes sont souvent, comme la pêche, liés aux dettes). Quand on est intégré, on est pieds et mains liés avec celui qui nous nourri (nous paye). L'agro doit produire moins et augmenter en gamme de produits pour que les paysans puissent vivre de leur travail. Et là encore, il y a du travail dans l'agriculture... ce sont les terres qui manquent! Les pouvoirs publics (et leurs organismes) devraient partager et non réserver les terres aux mêmes, à ceux qui sont déjà dans la place. Je ne vous parle pas des banques qui ne prêtent pas alors même que les projets ont un plan de financement correct.

 

Bref, imagination toujours. Le modèle breton est en faillite, c'est une occasion pour en réinventer un. Et un solide où les salariés n'auraient pas peur, chaque trimestre de perdre leur emploi! J'exagère aussi en disant ça?

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 16:06

Remi--premier-punk-a-chien.jpg

Ou quand des êtres humains deviennent de la « pollution visuelle »...

 

Jeudi dernier, place du Colombier à Rennes, des policiers accompagnés par la fourrière ont embarqué une dizaine de chiens appartenant à des « punks » (dixit Ouest-France. En réalité, ces "marginaux" ne sont pour la plupart pas des punks) habitués des lieux. Une opération commanditée par la mairie de Rennes suite à des plaintes de riverains. Celle-ci entendait faire respecter un arrêté municipal qui interdit les regroupements de chiens.

 

Passée l'émotion de l'action policière, on est en droit de se poser des questions sur l'état de notre société qui, pour faire plaisir à une certaine bourgeoisie, n'hésite pas à retirer à leurs propriétaires des animaux qui étaient pourtant attachés et non dangereux sous prétexte qu'ils gênent. Plus pervers encore, l'ultimatum d'une semaine fixé par la mairie pour récupérer les chiens (moyennant une amende de 89€) sous peine de piquer les bêtes. Un racket légal ! Si j'ai bien suivi, les dits "punks" ont récupéré leur chien grâce à l'argent qu'ils ont collecté. 

 

« Le but est de les décourager de rester à Rennes » aurait dit un officier au Ouest-France. La prochaine étape sera-t-elle de déplacer les SDF ? Cacher la misère ne la réduit pas. Il n'appartient pas à la mairie de Rennes de normaliser les modes de vie. Tant que les dits « punks » ne mettent pas la vie d'autrui en danger, ils ont toute légitimité à rester dans la rue même s'ils dérangent la bonne conscience de certains.

 

A défaut d'argumentaire, on me dira sans aucun doute que "j'exagère", mais j'y vois quand même le signe d'une société malade. La philosophie qui consiste à virer tout ce qui n'est pas "propre", "beau", bref conforme à l'image que la municipalité veut donner de la ville me dégoûte. Ainsi, à Lorient, on cache la misère sociale et le chômage à grands coups de millions dans le nautisme. Du pain et des jeux! On a guère avancé depuis la Rome Antique.

 

Les exemples sont légions. On enterre les fils qui nous rappellent que ce que nous produisons à des conséquences visuels, on cache nos morts qui nous rappellent que nous sommes mortels... soyons heureux, soyons aveugles! Ce n'est pas la politique que je défends. Je ne fais pas de politique pour dresser des constats, mais pour résoudre des problèmes.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 18:49

Paul-Molac-et-famille-1.jpg

 

Yep! Il y a des jours historiques dans la vie d'un parti politique. Celui du 17 juin le sera pour l'UDB. Pour la première fois, nous rentrons à l'Assemblée Nationale ou plutôt Paul Molac rentre à l'Assemblée Nationale. Une histoire longue et qui a demandé pour Tangi Cheval, son directeur de campagne, et lui beaucoup de travail. Et quand je vois l'intensité avec laquelle nous avons pu faire campagne à Rennes, je me dis que pour eux, ça devrait pas être facile du côté famille. En même temps, ils ont de quoi être fiers maintenant!

 

Les pays de Ploermel, Questambert, la Roche Bernard... ont choisi de faire confiance à Paul Molac et nous ferons en sorte qu'ils ne soient pas déçus. "Nous" car l'UDB travaille de façon collective.

 

Je n'aurais pas beaucoup contribué à cette victoire, avouons-le. J'ai juste proposé Paul Molac quand il a fallu un nom et, à la demande de Tangi, participé à une réunion publique sur la jeunesse. Je n'avais alors pas publié mes propos. Un blog servant à ça, les voici. C'était à Ploermel, le 31 mai dernier. Tangi m'avait demandé un truc "personnel".

 

 

 

Gael Briand, 28 ans, membre de l'UDB Jeunes et parmi les fondateurs de la structure en 2007. Je suis ce qu'on appelle « un fils de prof », autrement dit, ceux qui, selon les statistiques s'en sortent relativement bien. Et c'est le cas. Elevé dans un environnement engagé. Mère, manif' de gauche et père, manif' bretonne. La synthèse, c'est l'UDB. On appelait la génération de ma petite soeur la « génération tchernobyl », ça a du jouer dans ma conscience écolo.

 

La politique, ce n'est pas quelque chose de nouveau pour moi. Je suis élu d'abord au Conseil municipal enfants à l'époque où Jean-Yves Le Drian était maire de Lorient. A 11 ans, je suis autonomiste. Comprenez par là que je connais la définition du terme. On est en 1995, je suis assiduement le deuxième tour Jospin/chirac à la télévision. A 17 ans, je m'engage en politique, conscient que si l'on souhaite changer le monde, il faut être acteur, constructif et non simple contestataire.

 

Alors, j'entends en ce moment le remue-ménage et le remue méninges provoqué par les statistiques: 25% de jeunes auraient voté FN aux présidentielles. Doit-on les considérer comme des racistes? Certes non, mais une chose est sûr, ça revient au même puisqu'ils ont contribué à banaliser des idées xénophobes et populistes. Paradoxale jeunesse qui veut être libre et vote pour les ennemis de la liberté! Qu'est-ce qui c'est passé dans notre société pour en arriver, avant même qu'ils aient vécus, à un ras-le-bol de la jeunesse?

 

Mon analyse personnelle serait de dire que la France produit de moins en moins de citoyens. Les 5 dernières années de matraquage du gouvernement Fillon ont habitué les gens au fatalisme. Mais ce n'est pas tout. Je suis persuadé que la centralisation est pour beaucoup dans le désengagement des français. Aujourd'hui, quand je dis que je suis autonomiste, on me prend pour un cinglé... pourtant, je connais mieux les institutions françaises que la plupart des gens qui me qualifie de ce doux nom d'oiseau. Les citoyens veulent des enfants autonomes, des anciens autonomes, mais dès qu'on leur parle de régions autonomes, ils nous regardent avec des yeux ronds.

 

En France, le pouvoir est concentré à Paris et c'est la première raison pour laquelle je soutiens Paul. Paul est quelqu'un du pays, qui fait confiance aux régions, qui n'a pas peur des gens et de leur jugement. L'Etat au contraire persiste dans son paternalisme de la IIIème République à dicter ce qu'il faut faire alors que nous savons ici que les lois nationales ne sont pas toujours applicables de la même façon sur l'ensemble du territoire. L'UDB entend associer les bretons à la décision, ce sont eux qui décideront ce dont ils veulent se charger selon le principe de subsidiarité à savoir que c'est la plus petite entité capable de résoudre un problème d'elle-même qui doit s'en charger.

 

La France produit aussi de moins en moins de citoyens en laissant de côté l'école et plus généralement l'instruction. Là encore, c'est une raison supplémentaire de soutenir Paul car il est enseignant. Et je crois que ce métier ne peut s'exercer que si on a à coeur de s'occuper de la transmission des savoirs aux jeunes générations. C'est un métier difficile et ingrat, mal reconnu alors qu'il est primordial pour assurer le lien entre générations. Or, l'école d'aujourd'hui gave l'élève plutôt qu'elle ne le fait réfléchir. L'école d'aujourd'hui écrase les enseignants avec sa vision utilitariste: l'école doit « servir » à insérer l'élève dans le monde du travail. Mais les enfants ne sont pas idiots, ils savent que le monde ne tourne pas rond, que le plein emploi n'existe pas. Tout le monde connaît la date de « 1515 Marignan », mais peu de personne ne sait à quoi elle correspond. Est-ce la vocation de l'école de créer des singes savants? Ou plutôt de faire réfléchir? C'est la question que je pose ce soir. Les jeunes sont intelligents contrairement aux idées reçues par quelques réactionnaires nostalgiques de l'époque de l'uniforme. C'est justement parce qu'ils sont intelligents qu'ils empruntent d'autres voies.

 

La Politique dont la mission est d'assurer un avenir meilleur n'a plus la côte. Et c'est le moins que l'on puisse dire. A moins avis même, c'est dramatique. L'anti-politique est une véritable plaie. Certains en usent en oubliant que « tous pourris » a servi la cause de Jean-Marie Le Pen dès 1984. Même ceux qui partent d'une bonne intention (je pense aux Indignés, je pense aux Anonymous) perpétue l'idée selon laquelle la classe politique complote contre le peuple. Evidemment, cette idée reçue tombe rapidement quand on leur parle des élus locaux, ceux qui représentent 98% de la classe politique et qui souvent sont bénévoles. « C'est pas pareil », nous rétorque-t-on. Et voilà, on en revient à la politique à la française... centralisée! Le résultat des Indignés, 2 millions de manifestants à Madrid et la droite remporte les élections législatives.

 

Selon moi, c'est l'individualisation de la société qui est source de ce phénomène anti-politique. Où sont passées les solidarités? Depuis quand construit-on un projet de société seul? Un parti politique, au contraire, c'est s'unir autour de valeurs communes, autour d'objectifs communs pour élever la société dans son ensemble. Ici, Paul est soutenu par trois partis politiques dont l'ambition commune est de faire basculer cette circonscription historiquement à droite!

 

L'engagement doit être collectif, au service de la collectivité. La question reste donc: comment toucher les jeunes? Et principalement ceux qui sont sortis du système et donc les plus à même d'être happés par des « on dit ». Aujourd'hui, les partis politiques et principalement les branches jeunes ont des difficultés à recruter, plus encore en dehors des universités. « Je veux être libre » entend-on. « Je veux un parti politique qui soit moi », c'est ce que j'entends. Le hic, c'est que ça n'existe pas!

 

Que faire alors? D'abord relocaliser les élus. Ensuite réhabiliter le Politique en pensant en dehors du cadre: stop aux discours qui se ressemblent tous, stop à la guerre des petites phrases, stop à la corruption. En donnant les clefs de compréhension de notre monde au plus grand nombre et surtout en faisant confiance à la jeunesse. Pour lui faire confiance, il en suffit pas de la flatter, il faut lui donner des responsabilités et la former. J'ai moi-même eu cette chance puisque depuis 2 ans, je suis rédacteur en chef du Peuple breton, un journal tiré à plus de 3000 exemplaires.

 

Paul est dans cette énergie de la transmission, du bien commun et de l'écoute. Et je lui souhaite de remporter cette élection car il sera, j'en suis sûr, un excellent élu.

 

Voilà. Ce que j'ai écrit, je le pense encore: Paul sera un excellent élu. Nous y veillerons.

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 09:12

courboin-1918.jpgLe premier tour des législatives est terminé. Grand bien nous fasse, nous allons enfin pouvoir faire de la politique! Commenter les résultats ne m'intéresse pas plus que ça puisque tout le monde a remarqué que le bipartisme était en marche. Il semblerait que cela ne gêne personne. Triste "démocratie" que la nôtre. Le monde politique a les yeux rivés sur Ploermel qui a une chance d'avoir un député à l'image de la Bretagne (Paul Molac), non comme le fils Guéant. 

 

Néanmoins, et parce que je fais partie d'un comité de vigilence contre le racisme et la xénophobie d'Etat à Rennes, je souhaitais pousser un coup de gueule contre le racisme latent qui a pollué la blogosphère durant ces élections et dont on ne sait si on doit en faire la pub en le dénonçant ou la fermer pour les laisser dans l'ombre. Concernant le racisme breton, il est urgent de réagir et surtout d'expliquer.

 

Cela fait plus de 10 ans que j'évolue dans le milieu politique breton et une chose persiste, aussi vieille que le monde, c'est cette foutue idée du "ni-droite/ni-gauche". Selon les "ni-ni", ce clivage est purement "français" et ne veut rien dire. Je pense le contraire. Certes le clivage gauche-droite n'est effectivement pas le seul qui existe. "Gauche-droite", c'est un clivage plutôt économique, mais aussi sociétal. On pourrait aussi dissocier les fédéralistes/autonomistes et jacobins... On peut donc être autonomiste et de droite, jacobins et de gauche...

 

Or, dans ce que l'on appelle l'Emsav (milieu breton), il y a un électorat flottant qui vote pour "le plus breton", quelque soit son étiquette. Ils n'ont que le mot "Bretagne" à la bouche comme si ce sésame était lié intrinsèquement à un projet de société clair. Vous comprendrez donc que les alliances électorales de l'UDB ne plaisent guère à cet électorat qui nous qualifie de "traitres" car nous pactisons avec "les français". Belle ouverture d'esprit! 

 

Pour ces fêlés de la caboche, nous serions comme qui dirait en guerre contre un ennemi qui n'est autre que le français colonisateur. Pour ceux dits "de gauche", le PS est l'ennemi absolu à tel point qu'ils en oublient de taper sur l'UMP. Dois-je parler des autres, les facho pour qui l'ennemi est le français ET l'imam barbu et pétri de mauvaises intentions envers les pauvres brebis égarées que nous sommes. Il est tellement facile de rejeter la faute sur l'Autre...

 

Généralement, ces "ni-ni" sont également partisans de "l'union des forces bretonnes". Autrement dit une liste allant de Breizhistance (X-gauche) à Adsav (X-droite) en passant par l'UDB, le Parti breton... Sans oublier les multiples groupuscules bretons type EAB ou MBP. Vive l'union sacrée! Comme dit le dicton, "trois bretons = deux partis"! Chers lecteurs, vous n'avez, je pense, qu'une mince idée du nombre de partis qui composent l'Emsav. La plupart sont nés d'une réaction à l'UDB ("l'UDB sectaire", "UDB staliens").... Tous réinventent régulièrement la poudre, invitent les bretons à "faire de la politique autrement" avec eux bien sûr, à "faire avancer la Bretagne" (dans quel sens, ils ne le disent pas!) et prédisent avec certitude la mort prochaine de l'UDB... depuis 1964! 

 

Vous imaginez, vous, une liste allant de Poutou à Le Pen en passant par Hollande et Bayrou? Sur la seule base idéologique qu'ils sont français? Moi, j'appellerais ça de la préférence nationale. Et pour les bretons, c'est exactement la même chose. Les "français, maitre chez soi" (FN) ou "bretons, maître chez soi" (Adsav) qui polluent nos 4 voies, méritent la même sentence: le mépris. 

 

"La Bretagne", c'est une idée qui est différente pour chacun et ni moi, ni mon parti n'avons à voir avec Adsav ou Jeune Bretagne. Qu'elle est belle leur Bretagne à eux! Marquée du sceau de la haine (voir la vidéo illustrant l'ouverture d'esprit de Yann Vallerie et Mickael Prima, les leaders de la branche bretonne du Bloc identitaire). Leur technique pour grossir est simple: multiplier les associations bidons pour faire croire qu'ils sont nombreux. Ces gentils "jeunes" qui s'élèvent contre "l'islamisation" ratissent généralement les voix des anti-musulmans. J'allais oublier de vous dire que ces dingues ont aussi une maison à Guerlesquin dans laquelle ils s'entrainent au combat entre autres joyeusetés. Le collectif antifa le dit mieux que moi et je vous invite à lire leur dossier sur le sujet.

 

Suite à ce dernier paragraphe, ne vous barricadez pas chez vous, ces types sont une poignée, une minorité d'excités, violents et dont le niveau intellectuel est à peu près égal à celui d'une huître. Ils ne manqueront pas de m'insulter sur le net s'ils lisent cet article. Sauf que ces types sont violents et fortunés, qu'ils ont présenté 10 candidats aux législatives sous l'étiquette "Bretagne, nous avons foi en toi" (en réalité, c'est plutôt Jeune connard Bretagne). Ne mettez pas tous les bretons dans le même panier, mais -si vous les avez gardés- mettez les professions de foi de ceux-là dans la corbeille vite fait (dès fois que ça contamine vos enfants) ou servez-vous en pour faire partir votre barbecue.

 

Tant que le discours est haineux, il ne peut être crédible. Quant à l'idée d'indépendance, si elle est animée par une haine des français, alors, elle restera dans un tiroir. 

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