Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Klask

Archives

29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 13:29
G--ante-Rouge.jpgJ'ai toujours été passionné par la Science-Fiction. Mais attention, pas n'importe laquelle! Si les sagas et autres space op' (genre Star Wars) ne m'ont que moyennement attirés, les romans et nouvelles plus philosophiques m'ont toujours enchanté. Il me faut réfléchir, toujours réfléchir, comprendre les mécanismes de notre société en analysant le message caché d'une histoire!

La plupart des gens parlent de SF avec des clichés: le petit homme vert est l'exemple le plus parlant (Fred Brown a d'ailleurs joué de ce cliché dans l'excellent Martien, go home!). Pourtant, la SF est un genre littéraire bien plus riche que cela! Parler de "SF" ne veut rien dire. Cela revient à parler de "littérature" tant il existe de courants: space opéra (espace), anticipation, uchronie (et si cela ne s'était pas passé ainsi?), cybrepunk (Matrix), pseudo-philosophique (Demain, les chiens de Cifford D. Simak)...

Malgré cela, cette littérature a toujours été mise de côté. Si je ne peux plus dire qu'elle est marginalisée tant ce genre est prisé, force est de reconnaître que pour un non-afficionados, il est difficile de citer des titres de livres SF. La chose devient possible quand on lui fait remarquer qu'un certain nombre de ces livres ont été adaptés au cinéma (c'est le cas de Philip K. Dick par exemple). A l'inverse, la plupart des lecteurs de SF sont des "livrophages" comme dirait une de mes amies (bien loin de l'image d'Epinal du frustré à lunettes lisant exclusivement de la SF pour s'échapper du monde réel).

Mes premiers pas d'internautes ont été fait dans ce milieu assez restreint. Pour moi, la SF a toujours été un moyen de critiquer la société de façon indirecte en exagérant volontairement une situation ou en grossissant un trait. Des livres comme Jack Barron et l'éternité de Norman Spinrad ou encore 1984 d'Orwell (que l'on trouve bien souvent dans les rayons de littérature générale comme pour montrer qu'un tel chef d'oeuvre n'a pu être écrit par un écrivain SF) ne méritent-ils pas une place dans le panthéon des ouvrages consacrés à la critique sociale?

Il ne faut jamais cesser de rêver... Beaucoup d'écrivains ont su anticiper l'avenir. Arthur C. Clarke (2001, l'odyssée de l'espace popularisé par Stanley Kubrick) n'est-il pas l'un des concepteurs des satellites! Le roman de Jean-Marc Ligny (AquaTM) n'est-il pas d'actualité aujourd'hui qu'une nappe d'eau souterraine aurait été découverte dans le sous-sol du Darfour? Ecrire de la SF, lire de la SF, revient pour moi à faire de la politique, à écouter les craintes, les avertissements, les scénarios proposés par les auteurs!

Aujourd'hui que je suis drogué d'internet, il me semble donc normal de faire connaître certains des fanzines de ces "copains d'ailleurs", ceux qui m'ont fait découvrir ce monde très sympa. Il y a d'abord eu le fanzine gratuit Marmite et Micro-onde (l'imaginaire cullinaire) qui sortira son dernier numéro en décembre et dans lequel j'ai publié un sacré paquet de nouvelles humoristiques. Puis, Géante Rouge (lien en cliquant sur l'image). Je ne remercierai jamais assez mon premier groupe d'écriture (Pour Une Autre Terre) et surtout les quelques membres que j'ai pu rencontrer aux Conventions de Nantes (Utopiales) chaque novembre. 

Même si je n'ai malheureusement jamais pu publier ma novella d'anticipation (je ne désespère pas!), je reste un fervent lecteur de SF et j'invite quiconque souhaiterait débuter à me contacter s'il souhaite des conseils littéraires (les quelques titres cités ici sont de grands classiques).


Illustration: couverture du Géante Rouge n°7, le fanzine dirigé par Pierre Gévart ici consacré à Johan Héliot (auteur du très bon La lune seule le sait).
Repost 0
28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 10:50
bayeux-scan032.jpgL'épopée de Guillaume Le Conquérant (de Normandie) est sans doute l'un des meilleurs souvenirs scolaires du collège! Je me souviens encore de ma prof d'anglais nous conter les exploits du "bâtard", héritier du trône d'Angleterre, et m'émerveiller devant la richesse de l'histoire!

La tapisserie de Bayeux est un document historique exceptionnel qui, malgré sa vision clairement pro-normande, offre un vivier d'informations inestimables à tout bon historien! En déchiffrant cet ouvrage d'art, on peut noter que la Bretagne a joué un rôle dans cette aventure!

J'entends d'ici mes lecteurs me taxer de "chauvin", mais pour une fois, je vais leur donner tort car la Bretagne ne possédait pas la puissance militaire de sa voisine si bien que l'incursion normande
n'a pas pu être contenue (en réalité, pour ne pas changer, cette incursion est consécutive à une querelle entre bretons)! On constate sur le morceau de tapisserie scanné ici que les bretons sont défaits par les normands à Dinan. L'illustration représente la remise des clefs de la ville.

Sur une autre partie de la tapisserie, on peut apercevoir Conan, le comte de Rennes, fuir l'évêché de Dol de Bretagne (l'un des neufs évêchés historiques de la Bretagne) grâce à une corde, laissant le duc de Normandie maître des lieux! Cet épisode datant de 1064 me laisse penser qu'un certain nombre de bretons furent enrôlés pour traverser la Manche et botter le train du parjure Harold (qui avait juré de respecter la volonté d'Edouard le confesseur de nommer Guillaume roi d'Angleterre).

Encore une fois donc, il est très probable que les vassaux bretons se soient faits les messagers de la "francophonie" (sans vouloir faire d'anachronisme)! Car si une très grosse part des mots anglais actuels viennent du français, c'est parce que la cour normande, après avoir défait Harold à Hastings, s'est installée pendant des centaines d'années et qu'on y parlait français!


Un article intéressant au sujet de la tapisserie ici.
Repost 0
27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 11:40
decroissance.jpgJe n'aime pas beaucoup ce terme de "décroissance". Pour moi, il ne fait que prendre à contre-pied une logique productiviste et ne répond donc pas véritablement à la définition d'un nouveau projet de société. Il réagit au lieu de proposer! Car la décroissance (généralisée), quoi qu'en disent ses défenseurs, consiste à revenir à un état antérieur! Mais ceci est un problème sémantique.

Force est de constater que nous sur-produisons, que nous sur-consommons, que nous sur-vivons. Du coup, nous nous déconnectons des réalités physiques, de la Terre, en détruisant indirectement ce qui en réalité est la base de notre civilisation: l'agriculture!
Je pense donc qu'il nous faut sortir de ces logiques quantitatives (plus/moins) pour rentrer dans une vision qualitative (mieux/pire). Pour cela, il nous faut redéfinir nos priorités et placer l'Homme au centre des réflexions plutôt que ce qu'il produit. De cette manière, il est clair que certains pans de notre économie sont condamnés à décroître (industrie, bâtiment, grandes surfaces...).

Néanmoins, cette décroissance ne s'accompagne pas forcément d'une baisse de notre qualité de vie! Au contraire! En bousculant nos habitudes, c'est la découverte d'une autre vie qui s'ouvre à nous... L'alternatif pour contrer ce modèle qui ne convient à personne! Cela nécessite de revoir nos modes de vie complètement et de s'en tenir à nos idéaux, mais aussi de ne plus voter pour les mêmes partis qui ne font que péréniser un sytème obsolète en lui changeant de peau!

Et le chômage me direz-vous? Ce à quoi je répondrais en vous faisant remarquer que la croissance mondiale (ou nationale) a beau être forte, le chômage ne baisse pas! Car ce problème ne se règle pas avec la croissance (ça, c'est un dogme), mais avec une vision sociétale différente. Aujourd'hui, nous travaillons pour l'argent, pas pour le Bonheur! L'argent n'est pourtant qu'un moyen, pas une fin!

C'est l'engagement qui changera le monde, pas le marquetting! C'est du volontarisme que naîtra le changement, pas de la bureaucratie!

illustration: couverture du magazine "La Décroissance" qui publie de temps à autre des réflexions intéressantes. Disponible dans les kiosques.

Note: vous pouvez signer la pétition demandant une réforme de l'apprentissage de l'économie ici.
Repost 0
25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 11:25
Kafka.jpgQu'est-ce que la Justice? N'est-ce pas le pouvoir, communément admis, permettant de faire droit à chacun? N'est-ce pas l'Institution qui permet de rendre justice, qui juge de ce qui est bien ou mal en fonction des critères édictés par la société (Lois)?

La Justice s'adresse donc à tout individu détenteur de sa tête (raison), à tout individu mentalement capable de comprendre la Loi. Comment se fait-il alors que Nicolas Sarkozy veuille juger les criminels déclarés irresponsables? D'une certaine manière, cela revient à juger un homme qui ne sait pas ce qu'on lui reproche puisqu'il ne comprend pas la différence entre ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut pas faire (vis-à-vis de la Loi). Kafkaïen!

Comment décrypter ce geste? Pour ma part, je trouve cette prise de position populiste. Le président joue sur les peurs les plus basses en s'attirant la sympathie des intolérants! Je cite le journal Le Monde du 24/08: "Je ne suis pas sûr que le mot non-lieu soit parfaitement compréhensible pour un mari dont on a égorgé la femme ou par une sœur dont on a décapité la tête". Outre le fait que "décapiter la tête" soit un pléonasme (!), je trouve que ce genre de discours ressemble étrangement aux exemples des partisans de la peine de mort.

En tentant de faire pleurer dans les chaumières ("femme", "soeur"... à quand l'enfant innocent? Comme si la vie d'un individu avait plus de valeur que celle d'un autre!), Nicolas Sarkozy tente de faire valoir son argument. Pourtant, il n'y a pas d'argumentaire possible dans ce genre de cas. Un homme dénoué de raison est dit "fou". La Justice ne peut juger un fou car il n'est pas raisonnable et que la Justice des Hommes s'adresse à ceux qui peuvent la comprendre. C'est difficile à comprendre, mais en quoi le fait de juger un individu ramènera la personne disparue?

Bien évidemment, cela pose le problème de la mise à l'écart de la société des gens potentiellement dangereux ou plutôt de l'encadrement de ces personnes. Combien de personnes sont en prison alors qu'ils sont malades? L'incarcération est-elle la solution? Encore une fois, le dogme selon lequel tous les individus sont égaux a ses limites! Physiquement d'une part (la vie est injuste), mentalement d'autre part! Ainsi, les "fous" ont les mêmes droits, mais ne peuvent assumer les devoirs que la société leur demande.

La solidarité, c'est aussi faire preuve d'empathie (ne pas plaindre, mais accepter) et faire en sorte de diminuer les risques pour la société en anticipant! Mais la politique gouvernementale ne prévient pas, elle agit a posteriori!

Illustration: ? (comme d'habitude, je suis preneur si quelqu'un connait la source)
Repost 0
24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 12:26
changement-climatique.jpgLe réchauffement climatique est assez difficile à concevoir dans la vie de tous les jours... d'autant plus difficile à concevoir quand, en plein été, on se tape des températures et un temps quasi hivernal! Et pourtant, il est admis que la température a augmenté au siècle dernier (0,5°C environ) et continue sa progression. Rendre l'Homme totalement responsable ne serait pas crédible car la Terre a déjà connu des périodes de glaciations ou de réchauffement sans que l'Homme y soit pour quelque chose! Néanmoins, l'Homme moderne est, c'est certain, en partie responsable de cette dérégulation climatique! Disons qu'il accélère le processus...

La technologie moderne n'est pas maîtrisée en ce sens qu'elle gaspille énormément (pollution), qu'elle utilise sans compter (insuffisance des mesures et non prise en compte des résulats) et qu'elle ne prend pas garde aux conséquences qu'elle engendre (inconscience?). L'Homme, par paresse, ignorance ou peur, refuse de se rendre à l'évidence: le modèle qu'il a privilégié pour augmenter son Bien-Être personnel n'est pas le bon. Jusqu'à récemment, les conditions de vie (matérielles) se sont améliorées pour l'immense majorité de la population mondiale qui a suivit les dogmes smithiens ou ricardiens du marché, mais, de plus en plus, on constate que ce n'est plus le cas. Le réchauffement climatique, associé au déséquilibre sociétaux, renverse la vapeur et il n'est pas exclu que nous rentrions dans une phase d'appauvrissement (en plus des modifications géomorphologiques et biologiques consécutifs au réchauffement: montée du niveau de la mer, évolution des climats, désertification, glaciation, destructions de courants, d'espèces animales et végétales...)

Car nous n'avons pas encore conscience des effets que ce réchauffement peut avoir sur notre qualité de vie. Les récents ouragans à la Martinique ou au Mexique sont les premiers signes de ce que les plus illuminés nomment l'Apocalypse! Bien évidemment, un scénario comme "le jour d'après" est exagéré, mais il semblerait que la force des éléments s'intensifie d'années en années. Rappelons simplement qu'une forte tempête déracine les poteaux électriques et que sans électricité, notre société regresserait à une vitesse phénoménale. Des inondations comme en Angleterre ou en Europe de l'Est ces dernières années et c'est toute une région qui s'éclaire à la bougie! Imaginons les conséquences d'un typhon, d'une tornade!

S'il est trop tard pour revenir en arrière et pour éviter les premières conséquences de ce réchauffement, il est temps de réellement réduire nos émissions de gaz, nos déchets, notre train de vie, sous peine de se faire rappeler à l'ordre par la Nature! Que chacun réfléchisse à ces quelques mots: ce n'est plus le système économique qui est en danger, c'est notre Civilisation si fragile! Je sais bien que cet article n'apporte aucune nouveauté, mais rappelez-vous de la fable du crapaud qui voulait devenir boeuf...

Illustration: Chappatte. J'aime décidément cet illustrateur, qu'on se le dise!
Repost 0
23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 11:38
3singes.jpgCes petites statuettes en bois que l'on trouve dans tous les coins touristiques du Sénégal (entre autre) illustrent assez bien le rapport que les politiques français entretiennent avec les citoyens, mais également avec les syndicats. S'il est vrai que le président est élu démocratiquement, qu'il est donc légitime, peut-il faire tout et n'importe quoi pendant la durée de son mandat? Assurément non!

Pourtant, les gouvernements successifs n'ont eu de cesse d'imaginer ce qui était bon pour la France sans, la plupart du temps, se soucier de ce qu'en pensaient les principaux concernés! Les modèles appris dans les grandes écoles ou des économistes éclairés ou que sais-je encore sont tellement plus crédibles que la société civile! Ainsi, comme je le rappelle souvent, nous donne-t-on l'occasion de nous exprimer sur les sujets de société fondamentaux? Au moins de débattre? Le nucléaire? les OGM? Le modèle économique? Non! On me rétorquera que l'on sait pour qui l'on vote... certes, mais souvent j'entends des gens qui votent pour le moins pire et non pas pour un projet de société qui les emballent!

Que faire alors? Ecoutez le peuple internaute comme le fait Ségolène Royal et son "Désir d'avenir" et s'approprier des idées qui mises bout-à-bout ne correspondent à rien (mon programme, c'est vous!, solgan poujadiste ou presque)? Généraliser le référendum (coûteux et biaisé)? Ecouter la rue (la loi du plus fort)? Rien de tout cela! 

Les manifestations n'existent que parce que la concertation n'existe pas en France. La France n'est pas pragmatique, elle est totalitaire dans le sens où elle sait, c'est tout! Dogme complètement ridicule qui génère des incompréhensions et consécutivement des rebellions! 

L'idée pour résoudre ces problèmes consiste à redonner du pouvoir au local, à responsabiliser les bassins de vie sous contrôle de plusieurs autorités supérieures, garantes de l'intérêt général (région, Etat). L'association CAP 2000 regroupant Conchiliculteurs, Agriculteurs et Pêcheurs de la ria d'Etel n'est-elle pas à responsable de l'amélioration de la qualité des eaux? Quand a-t-on, pour la dernière fois, regroupé des individus autour d'une table pour discuter? Les discussions sont bloquées souvent à cause d'incompréhensions interprofessionnelles! De même, l'Etat agit sans concertation avec les syndicats (car ne représentant qu'une minorité de salariés).

L'idée est simple: ANTICIPER! Communication, Explication, Négociation... autant de mots qui ne figurent plus sur les tablettes de Matignon! La rentrée arrivant, on peut donc s'attendre à de nouvelles grèves... à moins que le soleil n'apparaissent et place le président en état de grâce prolongé! 
Repost 0
22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 13:03
X.-Grall.jpg Xavier Grall est la figure de l'Emsav! Loin de moi l'idée d'en faire un Saint, mais il a su, lui qui était un exilé, lui qui vivait à Paris et ne conserva pendant longtemps de la Bretagne qu'une image de carte postale, mettre sa plume au service de sa région, que dis-je, de son pays, de sa nation! Et quelle plume!

Combien de pamphlets contre l'Etat castrateur écrivit-il? Combien de poèmes magnifiant les délices de la vie en Bretagne rédigea-t-il? Combien d'articles au service de la langue bretonne publia-t-il? Béni soit le jour où il rencontra Glenmor et découvrit, au sens Lebesquien du terme (voir ici), la Bretagne! Car qu'il est bon de lire Xavier Grall, cet homme de Botzulan, ce rêveur au visage buriné, cette gueule de breton taillée dans le granit.

Il en fallait un esprit rocailleux pour que les vagues de la pensée unique française se brisent sur lui! Aujourd'hui, je cherche les esprits rebelles, mais je ne les trouve pas! La Culture Bretonne ne vit qu'à moitié, amputée de sa littérature et de ses penseurs. Il ne reste que quelques poètes comme Yvon Le Men ou quelques géographes, écrivant en français mais porteurs de l'âme bretonne... mais où sont les romans en breton? Où sont les médias en langue bretonne? Comment réveiller les consciences dans un monde uniforme?

De l'Algérie à Botzulan, Xavier Grall est un breton d'ici et d'ailleurs! Elève un temps de Léopold Sedar Senghor, il parle à ceux qui refusent de voir s'éteindre la diversité culturelle.
Pourfendeur de la bête raciste, Xavier Grall est une figure de l'anti-colonialisme et un amoureux de la Vie. Il rénove l'image poussiéreuse du breton en sabot, du plouc ignare! "Et la corde des pendus dans nos cantons n'est pas moins sinistre qu'un tube de valium dans la poche d'un parisien". Il redonne ses lettres de noblesse à la douceur de vivre paysanne tout en ne rejetant pas la modernité, voila ce qui s'appelle être ouvert!

Un véritable "marche-pied" vers la langue bretonne... voila comment je conseillerai la lecture des billets de Grall. Le parcourir, c'est mettre un pied chez les bretonnants, "réputés" fermés, mais si multiples! C'est un voyage dans la vie des Hommes et non pas un "tour opérator" qui ne fait que survoler le folklore (voir ici).

Disparu en 1981, ce récif n'en continue pas moins d'être d'actualité (débats sur la génétique, sur le nucléaire, sur la culture évidemment...). Lecteur inconditionnel de Kerouac, il possède cet esprit libertaire et révolté qui nous fait aujourd'hui défaut! Certes, quelques voix s'élèvent, mais combien portent aussi loin que celle du poète breton?  


Illustration: quatrième de couverture du livre de Xavier Grall, les vents m'ont dit, les éditions du Cerf, 1982. Les citations sont extraites de cet ouvrage.
Repost 0
21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 11:02
peuple-des-dunes.jpgLe Peuple des dunes est une association relativement récente née d'une opposition au groupe cimentier Lafarge qui souhaite extraire des milliers de tonnes de sable au large de Quiberon. Cette extraction marine n'est pas sans conséquences et a mobilisé, en mars 2007, 12000 manifestants sur la plage d'Erdeven (pour ceux qui auraient une vue surdéveloppée, j'étais dans le deuxième "P" de "Peuple"!).

J'ai beau soutenir le collectif, il est nécessaire de remettre les choses dans leur contexte. En premier lieu, il est bon de rappeler que si Lafarge souhaite s'implanter en Bretagne Sud, c'est qu'il existe une demande dans le BTP. Le bâtiment connaît un tel boom que, pour réduire les déplacements en camion, le groupe cimentier préfère s'installer à l'épicentre du phénomène (Lorient, Lanester, autre?). Cet élément est peu mis en avant par l'asso alors que la spéculation immobilière et le besoin qu'ont les habitants de construire du neuf est la base du problème!

Néanmoins, le combat que le Peuple des dunes mène est, à mon sens, justifié! En effet, l'extraction de sable marin n'est pas sans poser de graves problèmes. D'une part, il est tout à fait probable que ce prélèvement de sable créé une dérive littorale, autrement dit que les plages se déplacent. Les mauvaises langues me diront que c'est déjà le cas, mais comme la Nature a horreur du vide, cette dérive s'opérerait à une vitesse exponentielle si l'on creuse des trous. Rien que pour cette raison, le principe de précaution devrait être appliqué!

Deuxièmement, cette activité industrielle perturbera nécessairement la vie aquatique entre Gâvres et Quiberon, lieu qui constitue pourtant un garde manger pour les poissons. Le brassage de sable en profondeur ne manquera pas non plus, comme le souligne Pierre Mollo, de réveiller des micro-organismes nocifs ainsi que brasser les pollutions accumulées dans les fonds ce qui pourrait entraîner de graves problèmes sanitaires notamment dans le monde ostréicole (c'est paraît-il ce qu'il s'est passé pour l'étang de Thau)!

Je regrette simplement la façon dont ce mouvement s'attaque au sablier du Rohu à Lanester. Les méthodes de non-communication ressemble, d'un point de vue extérieur, à un lobby de riverain qui souhaitent ne plus être dérangés par l'activité du port de commerce! Le projet de Thérèse Thierry sur ce site ne constituait pas selon moi un problème moins grave puisqu'un chantier naval aurait eu pour conséquence à plus ou moins long terme de favoriser la privatisation du littoral sud-breton. En effet, les bateaux de plaisance nécessitent des places et le bétonnage des côtes a assez duré...

Selon moi, d'autres alternatives sont possibles à commencer par le recyclage du béton qui n'est pas du tout mis en avant! Car le problème du sable est avant tout un problème de surconsommation d'espace. Il nous faut réapprendre à habiter le territoire et ce n'est pas Yves Lebahy, l'une des figures du Peuples des dunes, qui me contre-dira sur ce point!

Mais qu'il est bon de constater que la mobilisation existe toujours en Bretagne! Qu'il s'agisse d'un projet industriel ou de l'opposition au nucléaire (en mars 2007 également, mais à Rennes), le diktat économique passe mal. Après Plogoff, c'est donc Erdeven, ce petit village logé sur la vieille route reliant Lorient à Carnac, qui est rentré en résistance! Souhaitons lui bonne chance...


Illustration: photo aérienne de la manifestation d'Erdeven organisée par le Peuple des dunes. (Lien en cliquant sur l'image)
Repost 0
20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 12:42
nukleel.jpgNotre société est assez paradoxale! Alors qu'elle tente par tous les moyens de réduire les risques naturelles à néant, elle est elle-même créatrice de risques bien plus grave!

Ainsi, qu'il s'agisse de sécurité routière, de sécurité civile ou de sécurité internationale, nos politiques tentent d'intervenir pour pacifier notre rapport au monde et aux autres! D'un côté, on coupe les arbres bordant les routes, de l'autre, on intervient militairement pour... se défendre! 

De même, en ce qui concerne les catastrophes naturelles, on s'étonne qu'un raz-de-marée tue autant de monde et on s'empesse de créer un observatoire des tsunamis quand la sagesse populaire savait pertinemment qu'il ne fallait pas construire si près près des côtes!

Notre rapport au risque est donc étrange. D'un côté, l'Etat nous "protège" (police, armée, sécurité sociale...); de l'autre, il investit des milliards dans le nucléaire qui, n'en déplaise à certains, est tout sauf sûr (article sur le nucléaire ici)! A quoi sert finalement d'être assuré (surtout avec des assurances aussi peu humanistes!) pour les accidents de la vie puisque l'Etat fait peser sur nos têtes une menace infiniment plus grande qu'une chute de barrique!


Il est aussi très curieux de constater comme un accident de bateau ou d'avion peut susciter d'angoisse alors que personne ne craint, chaque matin, de prendre sa voiture pourtant bien plus meurtrière! La route tue beaucoup plus que n'importe quoi d'autre en France, mais que fait-on contre ce dogme aussi puissant et lucratif que l'industrie automobile (voir ici)? On réduit les routes? Non, on investit à nouveau...


Bref, les risques bénins sont évités comme la peste, mais les risques qui menacent la civilisation sont tolérés! Etrange société que la nôtre! A force d'en parler, les médias créent des risques là où finalement, la vie est assez sûre! C'est le même phénomène pour la violence urbaine! La violence n'a pas réellement augmenté, c'est la médiatisation de la violence et les nouvelles méthodes de comptage qui ont changé!

Repost 0
18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 11:54
simcity.gifQuand je regarde le développement de nos villes, je ne suis pas loin de les comparer aux villes que je réalisais sur Sim City. Vous savez, ce jeu mythique datant des années 1990 dont le but était de "gérer" une ville! Si ce jeu m'a sans doute influencé dans le choix de mes études, je suis aujourd'hui capable d'en voir toute la monstruosité!

Sim City (et ses petits frères) est un pur produit de la société de consommation. De la consommation d'espace en particulier! Par bien des aspects, ce jeu est l'anti-développement durable! Tout d'abord, il n'est pas possible de se développer sans électricité, ni sans route comme si, pauvres humains que nous sommes, ces deux composantes étaient la base de notre civilisation!

Cette logique équimentière s'exprime également par la facilité avec laquelle n'importe quel idiot, en suivant les conseils d'individus virtuels, peut bâtir sa ville! Je me souviens encore de l'adjoint aux routes qui me disait qu'il y en avait trop. Comment imaginer le contraire puisque, dans ce jeu, les routes apportent le développement (à noter aussi que l'agriculture n'existe pas dans ce monde)!

Le joueur devient ce que, nous autres aménageurs, qualifiont de géomètres (un peu exagéremment je l'avoue) qui font fi de l'environnement et tracent des routes à la règle de même que les frontières de l'Afrique ont été dessinées. A l'instar de cette capture d'écran, on constate que les quartiers sont géométriques (carrés ou rectangles), que les lotissements sont délimités par des routes, mais surtout, surtout, que l'espace est zoné! En effet, qui pourrait imaginer vivre près d'une scierie ou d'une papeterie? Qui imaginerait un monde dans lequel l'Homme vive à proximité d'un petit commerçant?

Comme je le rappelle régulièrement, du zonage, obligatoire dans ce jeu, naît la mobilité, ou plutôt la sur-mobilité (voir ici). Comment réduire les embouteillages? Avec Sim City, c'est facile: il suffit de construire un réseau de bus ou un métro! Comment se fait-il que dans la vraie vie, nos maires n'y ait pas pensé? Peut-être parce que personne ne veut prendre le bus! Pour dissuader la population de prendre la voiture, il faut investir le moins possible dans la route, c'est aussi simple que cela!
Mais dans Sim City, on construit les routes avant les bâtiments.

Du coup, aujourd'hui, nombre d'excités du volant aimeraient que la routes soient droites et sans obstacles comme au temps où la DDE détruisait les lacets pour en faire des pistes d'aterrissage! Aujourd'hui, ces mêmes techniciens construisent des rond-points ou des dos d'âne pour les faire ralentir! Ce sont pourtant ceux-là, ceux qui réfléchissent à court terme et qui osent prétendre fabriquer les villes qui sont des ânes! La spécialisation des zones finira bien par nous retomber sur le pif!


Repost 0