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Klask

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 21:02

autonomie-etre-soi-parmi-les-autresPourquoi être autonomiste? Quelle idée saugrenue émerge dans nos têtes d'illuminés? Pour les uns ersatz d'indépendantiste, pour les autres - ignares se complaisant dans le cliché - poseurs de bombes, un autonomiste est réputé avoir le cul entre deux chaises. Ne serions-nous que des types qui essayent de concilier chèvre et chou? N'est-ce que cela l'autonomie, un marche-pied vers l'indépendance? Qu'elle est maigre l'imagination humaine! Pour ma part, je soutiens que l'autonomie est un concept bien plus révolutionnaire que l'indépendance, idée somme toute banale qui consiste, dans un monde dirigé par les États, d'avoir le sien propre pour que puisse s'exprimer la voix d'un peuple. Je reviendrai plus tard sur l'idée d'indépendance qui ne doit pas être caricaturée non plus et qui est bien mal acceptée en France, État jacobin par essence.

 

J'imagine que certains se marrent bien en lisant ces lignes. Les indépendantistes d'abord se disant qu'un parti qui aspire à gouverner ne peut pas être radical, confondant « radicalité » et « désordre », les jacobins ensuite qui disposent de tout l'arsenal médiatique pour dévoyer l'idée d'autonomie, prétextant que nous sommes anti-égalité voire - injure suprême - anti-républicain, confondant qui plus est « république » et « démocratie ».

 

Pourquoi donc ne pas être indépendantiste? D'abord parce que l'indépendance est un concept identitaire ce que n'est pas l'autonomie ("identitaire" ici ne doit pas être confondu avec le groupuscule raciste: l'indépendance n'est pas un concept raciste). Un indépendantiste souhaite créer un État-Nation. Pour lui, la nation et l'État ne font qu'un. Il ne peut donc supporter l'idée d'un État français, persuadé que la Bretagne est une nation (notez que je ne le nie pas) et que donc la France ne peut se définir comme une nation en intégrant la Bretagne, la Corse, la Catalogne, le Pays basque, l'Alsace, l'Occitanie, la Savoie (…). Au final, les limites territoriales de l'État français sont réduites à peau de chagrin! On m'a déjà reproché un jour de me sentir de plusieurs nations. Et bien oui, pour moi, la Bretagne est une nation... de même que la France, dans son périmètre actuel l'est aussi. Deux nations peuvent coexister sur un même territoire comme deux calques glissés les uns sous (ou sur) les autres. En réalité, on appelle ça une « carte mentale ». Pour certains, le territoire est breton, pour d'autres il est français. Qui détient la Vérité? Ne peut-on appartenir à plusieurs peuples? Quelle loi l'interdit?

 

Pause anecdote. Je me souviens un jour de décembre il y a quelques années avoir discuté avec Nadine Thouvenin de l'asso « Idées détournées ». Celle-ci m'expliquait qu'ils avaient pour projet de faire des marchés de Noël sur le modèle de « ceux de l'est ». Je ne voyais pas à quels marchés elle faisait allusion et m'imaginais l'Ukraine ou la Roumanie. Quand elle m'a dit « l'Alsace », j'ai compris que ma carte mentale était européenne et que les points cardinaux n'avaient franchement aucun sens s'ils n'étaient suivis d'un point de référence (sommes-nous oueston ou breton?). Quand je dis « Nord », je pense côte nord (Perros Guirec) et pas Lille! Fin de la pause anecdote.

 

L'autonomie donc n'est pas un concept identitaire car il ne repose pas sur une différenciation. L'autonomie est simplement un mode d'organisation de la vie publique, un moyen de rendre plus efficace la Politique en rapprochant la décision du citoyen. On peut donc être tout à fait autonomiste sans se sentir breton! D'ailleurs, j'ai en tête deux jeunes qui sont entrés à l'UDB et qui, malgré le fait qu'ils partageaient toutes nos idées, en sont partis car « ils ne sentaient pas breton ». C'est tout le challenge de l'UDB mod-nevez: conserver son identité bien sûr, mais réussir à garder dans ses rangs des gens qui ne se sentent pas breton.

 

Alors me direz-vous, pourquoi, si l'autonomie n'est pas un concept identitaire, n'y-a-t-il pas de mouvements autonomistes (ni d'ailleurs indépendantistes) dans le Béarn ou en Sologne? Bonne question. Avez-vous remarqué qu'en Europe de l'Ouest, les mouvements comme les nôtres sont situés aux périphéries de la capitale dite « nationale »? Bretagne, Corse, Alsace, Ipparalde, Catalogne nord et dans une moindre mesure Occitanie, mais aussi Euskadi, Galice, Catalogne sud, Pays de Galles, Ecosse, Cornouaille... Ailleurs, ç'aurait pu être un relatif isolement (la Kabylie ou le Kurdistan sont des peuples de montagne par exemple). Bref, en situation de périphérie (terrestre) ou de relatif isolement, ces territoires ont été plus épargnés par la centralisation. Disons moins soumis à l'attraction parisienne si bien que l'identité du pays a perduré et s'est aujourd'hui affirmée. Le fait que nous nous disions « périphériques » d'ailleurs, est quelque chose d'assez nouveau. Il est révélateur d'une pensée qui ne parvient pas à s'extraire d'un schéma hexagonal, une pensée qui affirme que Paris est le centre (même si elle critique ce fait). C'est pourtant nous le centre. « Nous ne sommes pas la province » écrivais-je il y a quelques années sur ce même blog. D'un point de vue maritime, nous ne sommes pas périphériques, nous sommes au contraire un véritable carrefour (inexploité soi-dit en passant).

 

avenir-radieux.jpgParadoxalement, contrairement à ce que j'ai affirmé plus haut, c'est pour échapper à l'uniformisation culturelle que ce sont créés les partis autonomistes. Pourquoi? Parce que l'autonomie permet de réduire l'influence politique d'une capitale tentaculaire, de réfléchir par soi-même plutôt que de penser machinalement. Autonomie, autonomos, est la capacité pour une personne ou un groupe d'avoir ses propres lois. Bien évidemment, le groupe doit avoir à l'esprit de vivre en société. Mais d'une certaine façon, ce qui est plus révolutionnaire dans l'autonomie que dans l'indépendance (on arrive au cœur du sujet), c'est cette idée que l'autonomie est une forme d'autogestion. Pour une société donnée, c'est s'émanciper d'un État qui décide à la place du citoyen et qui travaille non pas au bien-être d'autrui, mais à justifier son existence. Le communisme et le capitalisme se sont servis de l'Etat pour imposer leur idéal et ce, à n'importe quel prix, au détriment des peuples. L'État rend dépendant! Pourquoi donc en vouloir un de taille réduite?

 

A ce stade de l'argumentaire, il est nécessaire de rappeler qu'il existe une distinction entre « Etat » et « service public ». Un service public n'est pas nécessairement dispensé par l'État bien qu'à ce jour, ce que j'affirme n'existe pas. Et pourtant, ne pensez-vous pas qu'il serait souhaitable de théoriser le « post-étatisme ». Le bilan des Etats-nation est-il si folichon pour vouloir le conserver? Je ne suis pas certain d'avoir les capacités de définir seul ce concept que j'appelle de mes vœux, mais l'important n'est-il pas d'emprunter le chemin. Entre l'Idéal et la Réalité, il y a le militantisme!

 

L'autonomie n'existe qu'en complémentarité de l'Europe et, plus généralement, d'une gouvernance mondiale. Sans Europe, sans idée de dépassement de l'État-Nation, l'autonomie n'a pas vraiment lieu d'être à vrai dire. L'autonomie s'inscrit dans le principe de subsidiarité. A chaque échelon, sa capacité d'action. Je n'ai jamais été partisan de la gestion exogène, mais plutôt d'un aller-retour entre le local et le global. Or, en France, c'est l'État qui fait absolument tout. Et qu'on ne me parle pas de la décentralisation, d'un pseudo-régionalisme qui équivaut ni plus ni moins à faire faire par les Régions (administratives) ce que décide l'État! Comme le dit si bien Christian Guyonvarc'h, nos Régions ressemblent davantage à des chambres d'enregistrement qu'à de véritables gouvernement. Pourtant, il y a fort à parier que nous ferions mieux que l'État dans bien des domaines.

 

paternalisme.jpgL'idéal politique, n'est-ce pas de donner aux citoyens des outils pour comprendre le monde par eux-mêmes? Comprenez moi bien, je ne dis pas qu'un parti politique ne sert à rien puisqu'il représente pour moi un projet de société, mais en aucun cas, un parti ne doit gouverner pour dire ce qu'il fautfaire. Le paternalisme a vécu et il convient au contraire de donner des clefs de compréhension, d'élever l'intelligence collective afin d'améliorer le sort de cette planète tant socialement qu'écologiquement parlant. Au final, n'est-ce pas dans un sens l'idée anarchiste? Celle qui consiste non pas à refuser l'ordre comme il est couramment admis, mais à refuser l'autorité? Un homme est capable de réfléchir sans qu'on lui donne des coups de bâton. Pour cela, il doit être débarrassé de ce qui entrave l'élévation intellectuelle à savoir « le pain et les jeux » distribué par l'État pour endormir les consciences.

 

Vous riez? Vous trouvez sans doute que j'exagère? Mais tous ces citoyens, éternels mécontents, connaissent-ils les institutions qui régissent leur sacro-sainte République? Quand ils raillent les autonomistes, c'est la plupart du temps parce qu'ils raillent ce qui est différent d'eux, ce qu'ils ne comprennent pas. Bien peu tentent de comprendre notre point de vue. La curiosité est un défaut qui me plait à moi!

 

Notre point de vue est pourtant assez simple. Il part d'un principe de réalité qui constate que l'égalité que proclame la devise française est une utopie et que l'organisation et le fonctionnement actuel de l'État ne peut y mener. De même, la liberté ne peut être atteinte dans un État qui fait à la place de ses « administrés ». L'État Providence est sécurisant, il est aussi aliénant. Il faut donc trouver autre chose car l'État ne remplit plus le rôle qu'il parvenait à remplir aux 19ème et 20ème siècle. Le tout est de trouver un « modèle » territorial qui assure le bien-être de la population sans le contraindre de trop. Pas évident. L'autonomie est une première étape.

 

L'autonomie est une des formes du fédéralisme. Comme le dit la fédération Régions et Peuples solidairesà laquelle appartient l'UDB, « l'autonomie, c'est le fédéralisme différencié » autrement dit, c'est une forme de fédéralisme qui ne donne pas les mêmes prérogatives à tous les territoires. En fonction de la demande, le territoire se saisit de compétences nouvelles. On avance au rythme des gens. Cependant, je me méfie de la notion de « fédéralisme » en France depuis que j'ai lu il y a peu quelques articles où les journalistes certifiaient que la France était plus fédéraliste que l'Allemagne parce que l'Allemagne jouait le jeu d'une Europe politique et que la France souhaitait une Europe des États. Le fédéralisme à la française, c'est l'État! On croit rêver. Mais cela s'explique par le fait que le fédéralisme est une organisation de l'État quand l'autonomie est endogène, elle est une émanation non pas d'un État, mais d'un peuple. L'autonomie n'est pas propre au peuple breton, mais à tous les peuples qui désirent prendre en main leur vie et ne pas se faire dicter la loi par une autorité qui se fout complètement d'eux. 

 

MAK-kabylie-autonome.jpg

 

Selon nous, l'autonomie permet de libérer les initiatives, de gérer au plus près les problèmes et d'être plus à l'écoute des besoins des citoyens. En Bretagne comme en Kabylie!

 

Allez hop, le débat est ouvert. Il n'y a qu'en échangeant qu'on perfectionne sa pensée!

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 12:18

fest-noz-paimpol.jpgComme chaque année, l'UDB organise un fest-noz à Paimpol le 31. "L'un des plus important fest-noz de l'année en Bretagne" (excepté Yaouank, mais le budget n'a rien à voir non plus) selon le Ouest-France.

 

La section de Paimpol et plus largement la fédé du Trégor Goëlo de l'UDB ont sont très fiers et ils ont raison. L'affiche est toujours au top. Parmi les organisateurs, Pierre Morvan, élu d'opposition et par ailleurs Président du festival du Chant de Marin, signataire de la Charte Ya d'ar brezhoneg.

 

Pourquoi vous dis-je tout ça? Simplement parce qu'un militant bretonnant (dont je précise que je ne remets aucunement en cause l'engagement) vient de nous faire le reproche d'avoir mis "Pempoull", la traduction de Paimpol en breton, en italique. Or, selon la charte d'Ofis ar brezhoneg (je précise encore une fois tout le bien que je pense de cette structure), l'italique n'est pas appropriée pour le breton car cela suppose une langue étrangère.

 

Ceci est tout à fait exact. Quand on regarde la définition du mot italique, on constate que cette forme d'écriture a un sens. Et que les langues étrangères sont écrites en italique (mes correcteurs du Peuple breton ne me contrediront pas j'espère). MAIS, cela ne me choque absolument pas que l'on écrive le breton en italique. Nulle part dans la définition, il est dit qu'un mot en italique a moins de valeur. Au contraire, on utilise l'italique, à défaut du gras, pour insister. L'italique donne une impression de taille réduite, mais ce n'est pas le cas.

 

On passe son temps à couper les cheveux en quatre alors que l'important est d'avoir du breton hors de l'école. L'italique pour la langue bretonne suppose simplement, non pas que c'est une langue étrangère, mais qu'elle n'est pas la langue majeure. Ce qui, jusqu'à aujourd'hui, est le cas. Je revendique aussi le droit dans certains espaces que ce soit le français la langue mineure.

 

Une-octobre-2011.jpgComment procède-t-on dans le Peuple breton? L'Ofis nous a demandé de rendre bilingue nos têtières, de traduire l'édito... Ce que nous avons refusé tout net. Sommes-nous des anti-breton pour autant? Non, simplement, je ne suis pas un fervent adepte du bilinguisme à l'écrit. Je lui préfère deux monolinguismes. Je m'explique.

 

Le Peuple breton est un journal en français et en breton, mais pas bilingue. De même Bremañ ne traduit pas ses textes en français. Pourquoi devrions-nous le faire en breton? Le breton n'existe que si ce que l'on dit n'existe pas dans une autre langue d'où notre refus également de traduire les pages en breton en français! ça frustre beaucoup de monde de ne pas pouvoir lire les 4 pages du PB en breton, mais c'est ainsi, c'est notre ligne. D'ailleurs, vous noterez que les pages en breton du Pobl Vreizh sont écrit en romain et que ce sont les quelques mots en français qui sont écrits en italique. Ce qui suppose que pour ces 4 pages, c'est le français la langue mineure. J'aimerais multiplier les pages en breton, mais pour cela, il faudrait être capables financièrement de faire un 52 pages chaque mois.

 

Ma 'z eus nemet pajennoù div-yezhek, piv a lennfe ar brezhoneg? Ur yezh a zo bev ma 'z eus traoù nevez da lenn, traoù da ijinañ, lec'hioù prevez evit ar brezhoneger... Modal, ret eo deomp displegañ an holl frazennoù. Piv a rafe an dra-se gant ar galleg? Ur soazneg e Breizh a implij ar galleg, neketa? Ret eo ober plas evit brezhoneger ivez... evit komz diwar-benn draoioù all eget ar brezhoneg! Ur bern gevredigezh a ra plas evit ar brezhoneg, ret eo ivez kaout unan bennak 'barzh servijoù publik.

 

panneau-bilingue.jpgTout cela pour dire que j'ai beau apprécier le travail de l'Ofis, je ne prends pas toutes leurs règles pour paroles d'Evangiles! Je préfère me concentrer sur l'essentiel à savoir que des communes (et de plus en plus) font un effort pour mettre du breton sur les panneaux. Que par rapport à quand j'étais petit (où à de rares exceptions, les maires se foutaient ouvertement du breton), les conditions ont évolué et qu'aujourd'hui, c'est la course à l'échalotte même si cela reste de l'affichage. S'il y a une réelle envie de mettre en valeur la langue alors il ne faut pas décourager avec des règles trop strictes. Les communes avancent à leur rythme et une fois la machine enclenchée, c'est déjà gagné.

 

Est-ce en tapant sur ceux qui font des efforts que le combat avancera? Définitivement, certains perdent leur temps et feraient mieux de se concentrer sur ceux qui n'en font aucun. Mais c'est bien connu, on tape toujours sur celui qui est juste au dessus sans penser à celui qui l'est un peu plus!

 

Le collectif Ai'ta fait bien de se concentrer sur la SNCF ou la Poste ou les panneaux qui ne sont pas concernés par le bilinguisme. Cependant, à mon humble avis, mettre deux caractères romain l'un sous l'autre (quelque soit la langue au-dessus) normaliserait certes le breton, mais ne le mettrait pas en avant. Ma remarque ne vaut évidemment que s'il n'y a qu'un panneau. S'il y en a deux l'un sous l'autre alors le breton doit être traité de la même façon que le français.

 

Emichañs e vo muioc'h pennad e brezhoneg amañ, met n'eo ket aes c'hoazh da causeal hep ober fazioù. Ma live n'eo ket huel ha 'm eus ket c'hoant da gomz evel un dizesk.

 

La signalisation routière bilingue. Je partage à 95%.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 18:10

tract-energie.jpg

Le texte ci-dessous est tirée de l'introduction (dont j'étais chargé) de la soirée du 5 octobre sur l'énergie organisée par la section UDB de Rennes. Je trouve ça d'actualité après la manif' de samedi et ses 15000 personnes à Rennes. Ailleurs, peu de mobilisation à croire que seuls les bretons se préoccupent de cette menace.

 

Les Bretons ont un rapport à l'énergie assez particulier puisque la Bretagne est l'une des régions les plus dépendantes de l'extérieur en terme d'approvisionnement. On entend régulièrement dire que la région produit 8% de l'électricité qu'elle consomme. 8% sans compter la Loire-Atlantique et ses centrales! Disons plutôt que par cette campagne de propagande, EDF n'a pas exclu de son esprit l'idée d'imposer aux bretons des centrales dont ils ne veulent pas. Du Carnet à Ploumoguer en passant par Plouezec, Le Pellerin et Erdeven et le fameux Plogoff, ce ne sont pas les projets qui ont manqué! Un seul a été mené à bien: celui de Brennilis. Aujourd'hui, la Cour des Comptes nous indique que son démantèlement coûterait quelques milliards d'euros pour une centrale qui, rappelons-le, ne produisait que 70 Kwh par an entre 1967 et 1985. Quid des centrales contemporaines dont la puissance est autrement plus importante?

 

affiche-UDB-1980.jpg

Les Bretons ont été sensibilisés à l'écologie très tôt. Les combats politiques qu'ils soient anti-nucléaires ou autres datent de bien avant la création des partis politiques écologistes. Les marées noires ont sans doute été constitutives de cette conscience qu'ont les Bretons que les énergies fossiles ne sont pas la solution. En 1967, le Torrey Canyon, chargé de 119 000 tonnes de brut, s'échoue entre les îles Sorlingues et la côte britannique. Puis, se succèdent 1976 avec le pétrolier est-allemand Boehlenau large de l'île de Sein ainsi que le pétrolier libérien Olympic Bravery qui se brise à Ouessant; en 1978, c'est l'Amoco Cadiztoujours sur la côté finistérienne; en 1979, un autre pétrolier libérien, le Gino, coule au large d'Ouessant; en 1980, un pétrolier malgache, le Tanio, se casse en deux au nord de l'île de Batz. Sans parler de l'Erikabattant pavillon maltais qui, en 1999, se casse en deux à une trentaine de milles au sud de la pointe de Penmarc'h. Autant de pétrole déversé sur les plages bretonnes qui soude les victimes dans un combat contre l'énergie polluante. On pourrait encore parler de la bataille contre le remembrement où la lutte s'est même soldé dans certains cas par des pains de plastique sur les tracto-pelles!

 

Une fois cela dit, quelles alternatives au pétrole? Quelles alternatives au nucléaire? Refuser tout projet énergétique sous prétexte qu'il a des répercutions n'est pas raisonnable. Reste à retirer le bon grain de l'ivraie!


En Bretagne, les projets énergétiques sont légions. Le plus intéressant de tous reste sans doute celui du pays de St Brieuc appelé Vir' Volt. Le cabinet Energies Demain et l’association Progener sont chargés d’animer ce dispositif visant à baisser sa facture d'électricité de 78 Gwh/an (- 6%) et de réduire la puissance appelée en période de pointe d'environ 20 MW (- 10%). Au total, ce sont 70 projets lancés par le pays de Saint Brieuc pour économiser l'électricité. Car c'est bien cela la priorité, maîtriser la consommation afin d'éviter de multiplier les investissements et surtout réduire la charge des ménages. Sept communes des Côtes-d'Armor ont pris une décision aussi ambitieuse qu'exemplaire : se passer d'énergies fossiles d'ici à 2020. C'est le cas notamment de la communauté de communes du Méné qui a développé entre autres un projet de méthanisation en circuit fermé, à taille humaine, autrement dit qui se passe d'apports extérieur de carbone.

 

J'insiste sur la taille des investissements car ce qui peut, au premier abord, paraître une bonne idée peut s'avérer problématique au final. C'est le cas notamment de la centrale à bois en cours de réalisation au sud de Rennes, projet qui a été refusée par l'élue rennaise Eliane Leclercq (UDB), pourtant écologiste. Ce projet sur-dimensionné risque d'accaparer les ressources de toute une région, spoliant les autres territoires dotés de chaufferies à bois plus petites et élaborées sur la base des besoins, mais aussi de l'offre en bois disponible.

 

Car il est impensable de penser pouvoir se passer sur nucléaire en utilisant les mêmes méthodes de gigantisme. Il faut produire, c'est évident, mais il faut surtout économiser. Le dispositif EcoWatt de la région visant à alerter les abonnés lors des pics de consommation est un bon outil même si ce n'est qu'un détail et qu'il justifie les politiques d'EDF réclamant à cors et à cri des installations électriques puissantes à défaut de nucléaire. La menace hivernale de coupure de courant en Bretagne permet à l'Etat, soutenu par Jean-Yves Le Drian et sa majorité, d'imposer aux bretons une centrale électrique au gaz qui est loin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Bruler du gaz pour obtenir de l'électricité, on fait mieux. Aujourd'hui, c'est un peu un jeu de savoir où cette centrale serait acceptée!

 

manif-rennes-anti-nucleaire-2-15-10-2011.jpgA l'inverse, les projets de Cigales, de financement solidaire, les projets d'hydrolienne en concertation avec les pêcheurs (d'ailleurs, ceux qui sont passés à Brest récemment ont du voir l'hydrolienne), les panneaux solaires individuels ou sur les bâtiments publics (à ne pas comparer avec les projets de ferme solaires en plein champ), les éoliennes et sur ce domaine, nous avons 30 ans de retard sur l'Allemagne.

 

La Bretagne a la possibilité d'être novatrice et de parier sur l'avenir en étant maître de son énergie ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. D'ailleurs, ce n'est pas non plus le cas de la France, dépendante du nucléaire. Que je sache, l'uranium ne se ramasse pas sur les plages normandes! Ici encore, c'est plus de gouvernance et de gestion de l'énergie pas les populations locales que d'idées dont nous avons besoin. Les idées sont omniprésentes, mais pas le pouvoir de les réaliser.

 

Télécharger le Nouveau Projet Alter Breton de l'UDB 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 14:35

logo-primaires-citoyennes.jpgEn ce moment même ont lieu les primaires du Parti Socialiste, finement baptisée "primaires citoyennes". Pour ma part, je ne m'y rendrais pas, mais n'en suis pas moins "de gauche". Je n'ai en effet jamais considéré que "gauche" se résumait à "PS" comme le rappelle Iffig dans le dernier Peuple breton à l'encontre de Michel Urvoy, éditorialiste de Ouest-France qui titrait il y a peu "primaires: 6 manières d'être de gauche". 6 manières pour 6 candidats!

 

Bref, pourquoi ne me suis-je pas déplacé? La première raison est simple: j'estime que la désignation d'un candidat concerne le parti qu'il va représenter. Le parti, autrement dit, le projet de société. Or, le projet du PS, c'est "le peuple". C'est flou! "Mon programme, c'est vous" en somme. Logique donc qu'il appelle tout le monde à voter.

 

Mon premier argument est botté en touche par Marylise Lebranchu qui estime qu'il faut "choisir son candidat de second tour". Et c'est justement cet argument là qui me révulse et qui me fait dire que, décidémment, nous n'avons pas le même regard sur ce qu'est ou en tout cas devrait être la politique.

 

La dernière fois que le PS a été si prétentieux, il a perdu les élections alors que tout le monde le donnait gagnant. En effet, à l'instar d'un Jean-Yves Le Drian élu massivement en mars 2010 sur un bilan et non sur un projet, Lionel Jospin, candidat honorable, a perdu l'élection de 2002 en négligeant le premier tour. C'est exactement le rôle des "primaires": dévaloriser le premier tour.

 

candidature-primaire-du-ps.jpgOn en revient donc à cette claque magistrale qui pour certains était dûe à l'éparpillement des voix, pour d'autres à la campagne sécuritaire, pour moi simplement au projet socialiste insuffisamment mobilisateur. En somme, j'ai toujours considéré que le PS était seul responsable de sa défaite en 2002. Le PS ne veut pas l'entendre et voulait proposer des primaires de la gauche pour réduire le nombre de candidat à l'élection officielle.

 

Sauf que pour moi, c'est le premier tour qui compte! C'est le plus important. On vote pour un projet. Au second, on se contente du pragmatisme, on vote pour celui qui est le plus proche de nos valeurs. Réduire les candidats à un au premier tour, c'est abandonner les autres visions du monde. Ces primaires, importées du système de vote américain, sont en quelque sorte un premier pas vers le bipartisme.

 

Qui croit une seconde que le radical de gauche va remporter cette élection? Je suis sur un ring: à ma gauche, un poids plume soutenu par personne (le PRG n'a plus d'adhérent), à ma droite, un sumo (le PS est tentaculaire). Qui remporte le duel de force? Le radical de gauche a voulu se faire un peu de pub et la stratégie était maline. Mais il reste vassal d'un parti de gouvernance.

 

Voilà le souhait profond du PS: régner sur l'électorat de gauche, les petits partis lui servant de réservoir à idées ou de forces d'appoint? Donc nous ne servirions qu'à influencer? Qu'à faire pression? Depuis que je m'intéresse à la politique, j'entends les gens dans la rue critiquer le PS et depuis que je suis petit, les votes de gauche lui sont pourtant acquis, simplement parce que tout le monde craint le pire. Or, le pire, l'Etat nous y amène tranquillement...

 

Ma conception de la politique n'est pas déconnectée des réalités, elle n'en est pas moins idéale. On vote POUR un projet, pas CONTRE un individu. Et le PS pourra se targuer d'avoir battu Sarko (je suis intimement convaincu que le PS gagnera l'élection de mai prochain), pas d'avoir gagné l'élection. Car je crois qu'il est plus blasé que jamais. TOUS les candidats à la primaire socialiste sont sur le modèle qui a failli, tous! Pourquoi voterai-je pour des gens sans idées dès le premier tour, des gens qui gèrent le pays plutôt que d'imaginer des solutions? Alors oui, parce que j'utilise les règles de la démocratie qu'il nous reste, je voterai au 2nd tour pour le moins pire, mais qu'on nous laisse le premier, celui du projet. Sans cela, je ne voterai plus! Car j'aurais perdu espoir dans la politique (le P majuscule ne sera plus).

 

Hollande, d'un cynisme absolu, se présente comme "celui qui est capable de battre Sarkozy". C'est donc du vote utile? Sur la base de quel projet? Selon quelle logique? Désolé de ramener toujours ce mot de "projet", mais il est primordial en politique et j'ai la vague impression qu'il est laissé de côté, sacrifié sur l'autel du pragmatisme. Une femme? Un homme? Ce qui compte -encore une fois- ce sont les idées, pas le sexe.

 

martine.jpgOn assiste en ce moment à une débauche de promesses. Du breton en vois-tu en voilà! La décentralisation, l'abrogation des réformes réactionnaires de la droite... Moi, je ne me satisfais pas de les regarder faire. Ici en Bretagne, de plus en plus, on sent que l'autonomie gagne du terrain dans les mentalités. Et pourtant, on marche à reculons... à force de vouloir avancer sans ceux qui maitrisent le sujet!

 

J'ai toujours apprécié l'idée des 35h, je suis anti-nucléaire, je pense que l'austérité dans un système économique basé sur la croissance est d'une débilité crasse, que la démondialisation est une idée absconse. Sous-entendu: je sais que j'aurais plus de facilité à voter pour un candidat que pour l'autre, mais je ne suis pas dupe. Les candidats du PS, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Un peu comme si je vous disais qu'entre mon pote Gwendal (élu UDB de Guingamp) et moi, c'était le jour et la nuit? Non, nous avons des divergences, mais dans l'ensemble, nous partageons les valeurs (même si lui est allé voter aux primaires du PS!). Pourquoi se mener une guerre fraticide pour un même projet de société?

 

Et si tous les partis de gauche participaient à cette primaire, cela s'appellerait un premier tour! Que deviendrait alors l'officiel? Il ne servirait à rien qu'à voter pour un unique candidat. Le vote officiel serait aussi important si les "champions" de certains sont absents? A mon humble avis, ne pas laisser le choix au premier tour, c'est se priver de milliers de voix qui ne se reporteront pas au second. Ce n'est donc en rien contre le PS que je ne vote pas à leur primaire, mais par amour d'une certaine idée de la Politique. Vous noterez que j'en ai fait de même avec les primaires d'Europe-Ecologie.


Encore une fois, la victoire va toujours à celui en qui les gens ont "confiance". Et le parti socialiste conserve tant d'élus et de réseau que, pour le commun des mortels, c'est le seul à pouvoir gouverner. Quelle connerie! Les gallois du Plaid ont commencé à être crédible en étant élus. 

 

Enfin, je vous dis ça... et les primaires du PS sont déjà, au moment où j'écris ces lignes, un énorme succès. Encore heureux vu le battage médiatique ai-je envie de dire! Cela fait déjà quelques années que le bipartisme est une réalité. Quand il sera bien implanté avec la réforme des collectivités territoriales ou une autre d'ailleurs, vous vous souviendrez peut-être de l'article d'un petit con d'autonomiste breton! Et vous ne viendrez pas vous plaindre que les politiques sont "tous pourris". Plus on ferme la porte aux petits, plus l'absention gagne et plus les extrêmistes montent.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 14:57

odette-herviaux.jpegMaintenant qu'Odette Herviaux (photo) est réélue sénatrice du Morbihan (PS), que l'élection est passée, je peux le dire: je n'étais pas d'accord avec la stratégie de l'UDB dans le Morbi han. Je passe sur la stratégie de l'UDB aux sénatoriales en Loire-Atlantique. J'espère au moins que Dantec sera élu et qu'il avancera un peu sur la question de la réunification.

 

Les sénatoriales ont eu lieu aujourd'hui. Le Sénat, vous savez, la deuxième chambre législative, les ancêtres qui pondent malgré tout quelques rapports intéressants, mais qui est un symbole de l'encroutement républicain. Bon, et bien, pour participer à cette joyeuse équipe, la stratégie de l'UDB dans le Morbihan était de présenter deux candidats et de laisser une place vacante dans laquelle les électeurs choisissaient qui ils voulaient. La logique était de pouvoir voter UDB ET Odette Herviaux pour éviter qu'elle ne perde son siège et, peut-être, voir la gauche remporter pour la première fois de l'histoire de la 5ème République le Sénat. Au final, Mme Herviaux remporte haut la main son siège et le "vote utile" à jouer à plein encore puisque ses co-listiers (EELV et PC) sont bien placés pour le second tour.


 

Cette stratégie n'a pas empêché le Télégramme du jour de dire en gros que si la sénatrice perdait son siège, ce serait à cause de nous! Elle aurait été "pénalisée notamment par l'UDB qui joue sa propre partition". Intéressant quand on lit les lignes plus haut expliquant notre stratégie tordue! Comme quoi, nous nous mettons bien la rate au court bouillon: pour un journaliste, la gauche, c'est le PS. Or, que je sache, leurs petits arrangements PS-PC-EELV ne nous incluaient pas! Donc, en gros, le PS voudrait nos voix en nous méprisant ouvertement.

 

loyerauffret.JPGNos candidats étaient excellents. Il s'agissait de Martine Auffret, une agricultrice bio de Cléguérec, élue municipale et de Philippe Loyer, élu aussi, mais au Faouet. Selon les infos dont je dispose, ils ont réalisé un score honorable étant donné notre nombre d'élus dans le Morbihan (ce sont de "grands électeurs" qui votent lors de ces élections). A priori, ils auraient engrangé 38 voix pour Martine et 30 pour Philippe. Nous sommes donc devant le FN, le Modem et un divers droite (voir ici).


 

Pourquoi donc être contre cette stratégie (deux noms sur une liste de trois)? Tout simplement parce que c'est une stratégie d'éternels perdants. Oui, je suis "de gauche", mais en aucun cas je ne suis vassal du Parti socialiste. Le PS, je négocie avec lui pourvu qu'il nous traite comme un partenaire. S'il nous méprise, je lui rends bien. C'est donc au cas par cas, mais je n'ai rien a priori contre le parti. Ici, en l'occurence, c'est bien eux qui nous ont laissé de côté! Pourquoi leur ferait-on un cadeau?

 

J'admire les corses (PNC) qui, eux, savent se positionner. Ils présentent des listes aux élections et partent pour gagner. Nous, nous présentons des listes pour exister, mais "pas au détriment des autres". On accepte donc implicitement la supériorité d'autres partis. Mais merde, comme disait le camarade Leprohon "Notre cul est à nous!".

 

Dans cette logique, nous ne gagnerons jamais. Imaginons un instant que l'UDB représente 10 à 15% des suffrages. Inévitablement, nous présenter équivaudrait à "faire perdre la gauche" (sous-entendu le PS puisqu'ils sont toujours au deuxième tour). Moi, je dis, comme pour le vote utile, que si le PS perd, c'est de SA faute et uniquement de la sienne car il ne parvient pas à convaincre. Qu'il se remette en cause et qu'il cesse d'accuser les autres de sa propre faiblesse.

 

 

Alors, on me dit que nous sommes élus sur des listes "de gauche". Certes, mais doit-on remercier le PS de nous avoir fait de la place? Ces places, nous les avons gagné! Nous participions aux campagnes, nous représentons quelque chose dans les villes et nous bossons dans les municipalités. En bon démocrates, il était logique que nous soyons représentés. Un ouvrier doit-il remercier son patron parce qu'il bosse dans son usine??? Présenter une liste était donc notre DROIT. Et pour ma part, j'aurais mis les trois noms, pas simplement deux.

 

Attention aux certitudes! Attention à l'abus de confiance. Le précédent Jospin ne se reproduira peut-être pas, mais aux présidentielles, ma plus grande crainte, c'est que le PS passe et se réjouisse! Si le PS passe (ce que j'espère sauf si Eva Joly parvient au second tour), il leur faudra bosser d'arrache pied pour nous éviter 15 ans de droite après eux!

 

Comprenez bien cet article, je suis à 100% derrière l'UDB, mais j'aimerais que nous ayons une attitude qui donne envie aux électeurs de voter pour nous. Si nous partons défaitistes, ça se sent.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:03

pute.jpgIl y a un peu plus d'un an, je vous entretenais sur ce blog d'un sujet très complexe: la prostitution (voir ici). Suite à un article de presse paru dans Rue 89 (voir ici), mais surtout au fait que tout le monde avait l'air de trouver ça "normal", j'ai cogité tout l'après-midi sur le sujet et longuement échangé avec plusieurs personnes sur le sujet. Je précise que je me fous complètement que le jeune qui témoigne soit homo, ce n'est pas la question. C'est sur la prostitution que je tique.

 

Je ne compte donc pas refaire la même argumentation bien que mon avis n'ait pas changé: la banalisation de la prostitution et son acceptation croissante sont la résultante d'une société gangrenée par le capitalisme. Désolé, mais "prostitution" pour moi, n'est pas une valeur de gauche!

 

J'ai particulièrement apprécié le témoignage de Simon. Celui-ci prétend ne pas pouvoir travailler au Mc Do, symbole du capitalisme, "déni de l'être humain". Vendre son corps n'est pas spécifiquement humain non plus. Et puis, s'il aime dire à des gens qu'ils sont beaux, il peut le faire gratuitement (la notion de propriété contre celle du libre). Lui préférerait "vendre de la coke" qu'une merde de Big Mac! C'est vrai que la coke, c'est très sain! C'est pas engraisser la mafia peut-être? Je n'engraisse pas Mc Do, mais la plus grosse multinationale du monde, youpi! Très fataliste comme vision du monde. C'est la vie en somme, c'est l'Histoire va-t-on nous dire. Le fameux "sens de l'histoire".

 

Alors ouais, j'ai plus de respect pour un mec qui trime 8h par jour dans l'huile de friture que pour un type qui généralise sa situation avec celles d'immigrés à qui on a volé le passeport et qui doivent rembourser en tapinant un voyage qu'elles n'ont pas demandé. Dans cette interview, je ne vois qu'un opportuniste, un type qui se dit qu'il gagne plus facilement sa vie à tailler des pipes qu'à avoir un "métier" au sens "normal" du terme.

 

ni-victime--ni-coupable.jpg"Libre" me dit-on. Il a choisi. Oui, il a choisi parmi deux voies: celle d'être un con (car c'est ce qu'il sous-entend) ou celle de jouer avec un système qui rend possible de gagner du fric "facilement". Mais lui ne nous insulte pas, non? Et ce n'est pas du tout être capitaliste çà.

 

Au final, ce n'est pas à ce pseudo-intellectuel que j'en veux. C'est à tous ces journaux, ces chaines de télévision qui lavent le cerveaux des gens. On voit plus d'émissions aujourd'hui qui vantent les métiers du sexe que d'émissions qui exposent  la situation réelle de la prostitution. Oh, les putes ne sont pas des victimes non, des objets plutôt. Les joies d'M6...

 

Parce que derrière ce 1% de "libertins" (mon cul), il y a enlèvements, séquestrations, traites des êtres humains (voir ce bon film à ce sujet). Celui qui ose dire le contraire, je lui ferai bouffer du reportage! J'en ai vu suffisamment de glauques et ai croisé suffisamment de putes dans ma vie (de Berlin à Amsterdam en passant par Paris et Barcelone) pour dire que ça ne respire pas la joie de vivre dans ce milieu. Ce n'est pas mépriser les gens que d'aspirer à ce qu'ils soient heureux, si? Faire comme s'ils l'étaient n'est pas non plus une forme de respect. Mais ça nous rassure nous qui ne savons pas comment stopper la prostitution. En gros, l'accepter et dire que c'est être progressiste rassure notre  jolie conscience bourgeoise. Désolé, je suis de gauche, mais je ne marche pas dans cette combine. Je suis contre la loi sur le raccolage passif, je préfère des putes dans la rue que planquées, je suis contre les maisons closes, pour les rondes de médecins, pour les programmes de sortie et le démantèlement des filières d'esclavage. 

 

La prostitution, ne vous en déplaise, est la traite des êtres humains par d'autres êtres humains dans 99% des cas.  Alors quoi, on va se laisser intimider par un pauvre type qui croit être le porte-parole des prostitué(e)s! C'est SON témoignage, pas LA vérité. S'il allait jusqu'au bout de sa logique, il en aurait parlé avec ses parents. Si ce n'est pas le cas, ça ne dépend pas du regard de la société sur sa personne (après tout, qu'il monnaye son cul, je m'en balance), mais du fait qu'il assume ou non ce regard.

 

Suis-je réac'? Sérieusement, si vous aimez vous envoyez en l'air, faites le gratuitement, ça vous fera plus de bien!

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 17:40

Reuz-flyer-galleg.JPG

 

A partir de jeudi, les Jeunes de l'UDB seront à Brest pour promouvoir la première édition d'un petit festival qu'ils lancent.

 

Quelques mois de boulot pour offrir au public un panel varié d'activités. Cette année, nous voulions un truc modeste, mais ça a de la gueule malgré tout.

 

Jeudi 29 septembre

 

Ça commence par une table ronde intitulée: « l’insertion civique et sociale des migrants en Bretagne et leur contribution à la vie de la cité ». ça se passe à Brest, dans la salle de conférence de la maison des syndicats, rue de l'Harteloire (centre-ville). A partir de 20h. Cette soirée est co-organisée avec la section de Brest. 

 

Pourquoi cette table ronde ?

histoire-de-l-immigration-en-bzh.jpg La démocratie est fortement interpellée par la question migratoire, tout particulièrement en période de crise économique, sociale et environnementale mais aussi parce que la place traditionnelle de l’Europe dans le monde, du moins depuis l’époque des grandes explorations transocéaniques, est remise en cause par l’affirmation croissante des pays émergents et leur aspiration à peser sur le gouvernement de la planète.

Par ailleurs la Bretagne, qui fut longtemps et jusqu’il y a peu une terre d’émigration sous la contrainte des nécessités économiques, est devenue depuis 20 à 30 ans, du fait de son rattrapage économique, une terre d’immigration. C’est un phénomène qui tend à s’accélérer avec l’arrivée de 25 à 30.000 nouveaux résidants chaque année. Ces nouvelles populations sont principalement d’origine française ou européenne (britannique particulièrement) mais elles sont aussi d’origine extra-européenne.

Dans ce contexte l’organisation du dialogue interculturel dans nos villes est une nécessité absolue pour résister à la montée de certaines formes d’intolérance et redonner tout son sens au mot fraternité.

 

4 intervenants dont Angelina Etiemble, sociologue, grande spécialiste des migrations en Bretagne, y compris dans leur dimension historique. Auteur notamment, avec Anne Morillon, d’une « Histoire de l’immigration en Bretagne », Le Temps éditeur (Nantes), 2011.

 

Vendredi 30 septembre  

 

 

 

 

Au cinéma les Studios. Projection du film "Même la pluie", réalisé par Iciar Bollain, écrit par Paul Laverty, scénariste de Ken Loach. Avec Gael Garcia Bernal.

 

L'histoire: une équipe de cinéma débarque à Corachamba pour y tourner un film sur la colonisation espagnole au XVème siècle. Le héros de leur film n'est autre qu'un leader syndical qui lutte contre la privatisation de l'eau dans son pays. Partagé entre leur idéal de liberté et les besoins de leur film, les riches réalisateurs finissent par laisser faire la colonisation contemporaine du capitalisme sur les peuples. Un film riche et complexe à voir par tous les militants politiques ou associatifs!

 

Ce film, les Jeunes de l'UDB ont décidé de le passer eut égard à l'accaparation actuelle des marchés publics par les multinationales notamment en ce qui concerne l'eau. La soirée sera suivie d'un débat avec la salle animé par... moi (!!!), Rédacteur en chef du journal Le Peuple breton.

 

Par ailleurs, une lecture de haïkus traitant du sujet sera faite par Alain Kervern, spécialiste du haïku en France. Les lauréats du concours organisé par le Peuple breton cet été seront désignés à cette date.

 

Samedi 1er octobre matin

 

ninnoglatimier.jpgUn tabut e brezhoneg, un débat en breton. + Petit déjeuner offert! Pour les non-bretonnants, des casques sont prévus. 

 

Le débat portera sur les inégalités hommes/femmes et la situation actuelle de ces dernières. Nous aborderons ceux-ci à travers 4 situations qui sont celles du monde du travail, de l'école, de la sphère privée et de la sphère publique (politique...).

 

Pour cela, les Jeunes de l'UDB ont invité plusieurs personnes, dont Ninnog Latimier qui a traduit en breton le fameux "Monologues du Vagin". Cette pièce de théâtre créée par l'Américaine Eve Ensler est un recueil de témoignages de femmes à propos de leur rapport à leur vagin. C'est l'occasion de constater le chemin qu'il reste à parcourir jusqu'à l'égalité des sexes et est également un bel hommage aux femmes.

 

Samedi 1er octobre après-midi et soir

 


 

Le gros du festival, c'est le samedi soir avec un apéro concert et fest-noz. L'invité d'honneur est le groupe Digresk (décroissance en breton), un groupe d'électro-fest-noz qui décape, mais aussi Gimol Du Band.

 

En apéro, la fanfare Kar ha pistouilh et parmi les groupes le jeune groupe de fest-noz Kalon laouen ainsi que Kerloa.

 

Il y aura des stands associatifs: Redadeg, 44 = BZH, Ai'ta, Divers Genres, Peuple breton evel just et beaucoup d'autres dont je ne me souviens honnêtement plus. Il y aura aussi de la petite restauration et des bières bretonnes avec l'association Bar'z art Breizh.

 

Voilà, donc, si vous êtes libres, si vous habitez dans le coin (ou non d'ailleurs), si vous voulez nous rencontrer, c'est pas si compliqué. Pour ceux qui veulent faire tout le festival, ça coûte que dalle: 3€ le ciné et 6€ le concert. 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:23

geek-jpg.jpgJ'ai pris connaissance un peu hasard il y a quelques jours d'un article de Sterne, une revue internaute qui faisait cas de mon blog (je les en remercie au passage même si je n'ai plus autant de temps qu'auparavant pour étoffer ce lieu). Le sujet traitait de la blogosphère militante bretonne et m'a conforté dans certaines idées.

 

A l'issue de ma lecture, je me suis posé la question de savoir ce qui différenciait l'information du net et l'information papier. Je ne partage d'ailleurs pas totalement la conclusion de l'article. Sur le fait qu'il faille produire de la qualité, je suis parfaitement d'accord. Mais internet n'est pas suffisant pour être considéré comme crédible et exister. Internet, c'est aussi le royaume du lobby et le risque, c'est de croire que c'est la vraie vie. Si on en reste à internet, les bretons sont indépendantistes. Est-ce le cas? Non. Simplement, ceux qui le sont se sont appropriés la blogosphère pour écrire ce qu'ils ne parviennent pas à dire ailleurs. Internet est donc plus un espace défouloir, une bouteille à la mer, qu'un réel outil d'information objectif (même si l'objectivité, on sait ce que cela vaut). 

 

Internet, pour moi, n'est pas une source d'information complète. On y trouve tout et n'importe quoi et il faut au préalable disposer de clefs de lecture pour se retrouver dans cette masse d'informations à trier. Ces clefs, on les acquiert en lisant, en discutant, en étant curieux in the real life. N'allez pas croire que je sois anti-net. Il est indéniable que dans un Etat où la presse est centralisée autant que ses institutions, les réseaux sociaux ont rééquilibré la balance médiatique entre petits et gros partis. Moi-même, je suis un adepte d'internet, mais je vois aussi le stress que peut procurer une info sur le net alors qu'au final, c'est un épiphénomène. 

 

Quoi qu'on en pense, c'est encore la radio (France inter) et le journal qui font l'opinion. Comme dit le dicton, "c'est dans le journal" (sous-entendu, c'est vrai!). En Bretagne, il n'y a guère que Le Télégramme et Ouest-France qui comptent. Localement, Le Mensuel du Golfe, le Trégor (groupe OF) et Presse Océan (groupe OF aussi!!!) tirent leur épingle du jeu. Côté mensuels bretons, ça ne décolle pas. On peut railler le Peuple breton, mais j'ai appris récemment que feu Bretagne magazine (qui a cessé en 2007) avait 400 abonnés! Tu parles d'une réussite. Bretons ne fonctionnent pas si bien apparemment malgré leur position idéale dans les kiosques (diffusion OF) et le seul mag qui carbure, c'est Breizh mag, la Bretagne des promenades! Mon grand-père, mémoire de Ploumanac'h, est passé dedans, mais le mag a plus parlé de la beauté du site que de ce qu'il racontait. Triste. Mais c'est pourtant ça la réalité: les gens l'achètent. Côté militant, le Peuple breton reste donc bon même si ce n'est pas la folie furieuse, impossible de le nier. Idem pour Bremañ, mensuel bretonnant de bonne qualité, mais qui vit au-dessus de ces moyens à mon avis.

 

Maintenant, suffit-il de bouger dans la vie pour passer dans la presse, telle est la question! Sans être prétentieux, depuis 3 ans, le bilan des Jeunes de l'UDB est plutôt impressionnant pour une si "petite" structure: des dizaines de communiqués, de visites, deux tro-breizh pour expliquer ce qu'est l'autonomie, un nettoyage de ruisseau, une reconstitution de talus, 5 week-ends de formation, des conférences dont certaines en breton, une réflexion jeunes et le festival Reuz er vro à Brest à partir de jeudi prochain (j'en oublie certainement)... ça, personne ne l'a fait, ni un autre parti breton, ni le MJS (ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas plus nombreux que nous). 

 

Face à ce bilan, la presse a réagi étrangement. OF et Le Télégramme se déplacent de temps en temps (pas de Télégramme pour une réflexion jeune inédite, toujours pas pour Reuz er vro!). Quant aux médias bretons, autant dire qu'ils ne nous aiment pas. Je ne suis pas vraiment parano en disant ça. Ya! reste le plus sympa même s'ils n'ont rien passé sur la réflexion jeunes que nous venons de terminer si ce n'est une critique disant que nous n'abordons pas le gallo. Mais ne donnons pas le bâton à ceux qui parlent de nous. D'autres ne s'en donnent même pas la peine! Sans doute se disent-ils que nous avons notre propre presse et que cela suffit. Voilà "l'objectivité" de la presse aujourd'hui: un pet de mouche de la part d'un ténor UMP ou socialiste fait une page, un festival de trois jours organisé par des bénévoles politiques fait trois lignes!

 

Mais revenons au net. De nos jours (et l'article de Sterne en convient), il suffit d'une personne pour révolutionner la blogosphère. Ainsi, les identitaires et autres nuisibles nous font croire qu'ils sont des milliers alors qu'ils se comptent sur les doigts des deux mains. A l'UDB, nous sommes en retard côté communication. Le site mère, il est vrai, est nul ou en tout cas pas adapté à la réalité actuelle du net. Mais ça vient. Les Jeunes de l'UDB bricolent mieux, mais bricolent quand même. Qu'importe, nous serons toujours, pour notre "famille politique", les nuls, les zéros, les gentils, les traîtres. Mais faites donc votre examen de conscience messieurs les donneurs de leçons! A part critiquer, que produit l'Emsav? Pas grand chose! L'UDB, ce sont peut-être les minables, mais la dernière manif' de Nantes a encore prouvé qu'il ne suffisait pas d'écrire des articles de blog pour exister. 

 

Ce qui fait notre force n'a jamais été internet, mais le terrain. Quoi qu'on en dise, je préfère mon Peuple breton à n'importe quel journal internet qui n'offre pas la moitié de ce que nous produisons mensuellement. L'information papier n'est pas plus "noble", elle est simplement plus lue. Pourquoi? Parce que tout simplement, il n'y a que les geeks pour lire sur un écran de longs textes. Regardez donc Françoise Morvan? Qui a pris la peine de lire ses 80 pages de bile? Personne. Pourtant, les jacobins sont légions... Le terrain, les réseaux! 

 

vente-a-la-criee.jpgJe vois bien, quand je vends le PB à la criée, le regard moqueur de certains et pourtant, je sais aussi que ça les rend mal à l'aise de voir des gens qui militent "même sous la pluie". Le mieux, c'est à Paris. Ils rient ouvertement, mais dans leurs yeux, c'est la trouille de voir un militant breton chez eux, un mec qui assume et qui n'a pas honte! Moi, je suis à l'UDB et je n'ai pas peur de le dire. C'est un parti qui réfléchit, qui a certes ses problèmes, mais qui grignotent des avancées pour l'ensemble du milieu breton. 

 

Bref, il ne suffit pas d'internet pour exister. Et côté terrain, il n'y a guère que Breizhistance (Rennes particulièrement) et l'UDB qui l'ont compris. Côté asso, ma préférence va à Ai'ta qui sont plutôt très bons et positifs. Et puis, évidemment Diwan. 

 

Pour conclure, voilà ce qui m'inquiète. "On a surtout l'impression que beaucoup de militants n'ont pas saisi le fait qu'un nombre croissant de personnes ne s'informe plus en premier lieu par la radio, la télé ou à plus forte raison la presse, mais avant tout par le web" écrit le rédacteur de Sterne. Ces gens-là risquent simplement de se faire une vision idéalisée du monde et de rester à la surface des choses. Le monde est complexe et il ne suffit pas d'avoir la vision d'un militant (même la mienne ;-) ) pour se faire une idée de son état. 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 17:33

contribution jeunesse UDB jpeg

 

Je me passe de commentaires et je vous laisse lire

(téléchargez en cliquant sur l'image) car comme on dit,

"découvrir vaut mieux que médire" (comment ça, cette expression n'existe pas!).

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 13:32

 

 

 

Ci-dessus un petit travail historique réalisé par Morgan Perherin, jeune UDB de Nantes. Aujourd'hui, au château des Ducs de Bretagne, le travail historique a tendance à faire beaucoup d'anachronismes. Quand Histoire et Politique s'acoquinent trop, cela pose question. A l'ère du numérique, il est très facile d'effacer des individus d'une photo (savoir-faire russe testé par les bolchéviques et reconnu "trafic de l'année" depuis 1917!!!).

 

Exclure Nantes de la Bretagne au XXème siècle, c'est manipuler l'histoire, Quand Nantes tente d'effacer son identité bretonne, le seul fait de rappeler la vérité est un acte de résistance. On déplorera la disparition des magnifiques collections bretonnes exposées au château de Nantes dans le but de faire disparaitre toute trace du légitime héritage breton de la Ville. La région des Pays de la Loire est de création récente et tente de faire oublier qu'elle se substitue à d'autres régions (Poitou Charentes pour la Vendée, Bretagne pour la Loire Atlantique).

 

A voir aussi le courrier des lecteurs de Michel Hamon du Peuple breton de septembre sur ce sujet.

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