Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Klask

Archives

14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:37

 

Ce film "In the loop" est une sorte d'OVNI. Personnellement, je l'ai vu en VF et il m'a laisser un goût amer tant il s'approche d'un scénario plausible. Le film débute sur une phrase un peu maladroite d'un ministre un peu maladroit. Anti-guerre, il déclare que la guerre est "imprévisible". S'ensuit une course à l'échalotte entre les journaux et un match Royaume-Uni / Etats-Unis entre les pro-guerre et les anti.

 

Difficile à suivre au début tant les dialogues sont du tac-au-tac avec des réparties plus drôles les unes que les autres, mais en arrière-plan, un drame: faut-il intervenir militairement (sous-entendu: en Irak)? Entre un conseiller du Premier Ministre qui manipule le ministre, des assistants tous plus nuls les uns que les autres, un général pacifiste... ce film est une leçon de complexité. Alors qu'un citoyen pourrait se dire que la décision vient du Politique, on se rend compte que l'Administration se charge très bien d'arriver à ses fins!

 

Pire, alors que tous les éléments anti-guerre sont à disposition, la guerre est déjà en marche... il suffit d'une gomme, d'un peu de chantage, d'une mauvaise foi évidente et de manipuler l'opinion!

Repost 0
3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 17:35

no-future.jpg

La politique, c'est avant tout la défense d'un projet de société. Un projet de société, par définition, ne peut être porté par une seule personne. D'où ma révulsion pour l'individualisme forcené en cours aujourd'hui!

 

Le drame social français, c'est de ne plus avoir de projet! Au moins sur ce point, le milieu breton est mieux loti car les projets ne manquent pas.

 

Pourquoi est-on sur Terre? Grande question! Je suis bien incapable d'y répondre. Par contre, que faire de nos vies, quel sens leur donner, ça je sais! Quand je vois certains de mes camarades (et bien d'autres) qui s'engagent bien au-delà que la simple adhésion, ça donne espoir dans l'Humanité. A l'inverse, quand je constate que Sarkozy gagne une élection sur le projet de société de "gagner plus", j'ai pitié de la société occidentale, désabusée et sans rêve! Aujourd'hui, la jeunesse n'a plus foi en l'avenir, les collégiens ne pensent plus qu'au lendemain, les lycéens ne pensent plus qu'à leurs soirées, les universitaires ne pensent plus au boulot, inexistant!

 

sarko-marianne.jpgLes Le Pen et consort dont le seul projet est de vivre tranquille chez soi, sans curiosité et engoncé dans ses préjugés, les libéraux qui ne vivent que pour amasser, empiler, collectionner... qu'elle doit être triste leur vie! Et la nôtre? Quand on élit un président sans projet, par égoïsme, quelle image doit-on avoir de soi? M'est avis que notre inconscient collectif doit se dire que nous ne valons pas grand chose pour brader l'idéal sur l'autel du pragmatisme, du "réalisme". Sauf qu'aujourd'hui, le réalisme, c'est l'imagination. Si l'on veut éviter le "demain, j'arrête" ou le "après moi le déluge", il serait temps de laisser la parole à ceux qui ont des idées et de remercier les vieux barbons qui nous serinent encore "pas possible" alors qu'eux-mêmes n'ont jamais réussi!

 

 

Pour cela, il faut commencer par donner de l'oxygène à tous les espaces collectifs, les systèmes alternatifs, revoir le système de propriété absolue et inventer, inventer, inventer. Faire cesser le diktat des "personnalités" qui n'engagent qu'elle-même, mais pour tout le monde! Etrange pour une société dite "laïque" de remplacer les Messies tel que Jésus, Mahomet ou Moïse par des icônes télévisuelles comme Zidane, Hulot ou Onfray.

 

Le pire dans cette histoire, c'est que nous avons tellement complexifié notre société que tout changement, même voté, est un casse-tête à mettre en place. La Loi favorise finalement le système en place et impose la radicalité. Que chacun retrouve sa juste place et les choses iraient déjà mieux. Que le politique questionne et tranche, que le fonctionnaire conseille et mette en place les décisions.

 

La conclusion de cet article hâtif? "Engage-toi, ô engage-toi, sur tous les fronts, tous les combats" et vive les béruriers noirs... L'avenir se construit, il ne s'attend pas! Or, aujourd'hui, on assassine Mozart tous les jours, les anciens n'ont pas confiance dans la jeunesse quoi qu'ils en disent. On en parle sans leur laisser de place, sans voir leur valeur. Pourquoi? Parce qu'on les "note" en fonction de critères obsolètes! Je connais des dizaines de jeunes aux mains d'or. Voir plus loin que demain devient urgent!

 

dessin: trouvé au hasard du net. Stringer?

Repost 0
1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 16:03

le-talon-de-fer.jpg

 

Malgré mon militantisme, j'ai peu lu. Un peu Marx, quelques philosophes comme Arendt ou Spinoza, un peu Kant (forcé), Descartes ou Platon. Mais finalement, politiquement parlant, je n'ai presque rien lu. "Ce n'est pas parce qu'on a lu Platon qu'on est philosophe" disais-je à mon prof de philo en prépa et de répéter la même chose entre économiste et prof d'économie. Même si je ne nie pas l'important des théoriciens, j'ai toujours eu du mal à accepter la théorie pure et me suis plus penché sur la littérature engagée. J'ai donc été formé principalement par des romans. Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand fan de John Steinbeck et de ses romans sociaux à commencer par "les Raisins de la Colère". J'ai ensuite découvert le style incroyable de Tristan Egolf avec "le Seigneur des porcheries". 

 

J'ai découvert Jack London non pas avec "l'appel de la forêt", ni avec "Croc Blanc", mais avec un recueil de nouvelles qui, paraît-il, était le préféré de Lénine: "L'amour de la vie" (nouvelles d'aventures en Alaska). Fasciné par son talent de conteur, j'ai cherché à m'instruire car je sentais la force de ceux qui ont cotoyé le monde et qui n'ont pas fait que le survoler. J'ai donc lu "le Talon de fer" (quasiment d'une traite dans le train). 

 

L'histoire se déroule entre 1912 et 1918 et peut donc se classer dans le genre SF (anticipation). Les personnages sont archétypaux et finalement sans grande importance par rapport à l'histoire. La narratrice, Avis, est une bourgeoise dont le père a les idées progressistes. Elle raconte comment celui qui deviendra son amant et mari, Ernest, prolétaire, l'a transformé en révolutionnaire au service de la cause des plus démunis face à une oligarchie omniprésente. Le livre est agrémenté de notes qui font partie de l'histoire car dans le monde tel qu'il est au moment où on retrouve le manuscrit d'Avis (sept siècles plus tard!), le Talon de fer (la dictature) est tombée et le monde libre a enfin vu le jour.

 

Ce livre est un pur chef d'oeuvre. Paru en 1908, il mérite son qualificatif de "visionnaire". Même si la société a changé, tout dans ce livre (particulièrement la première moitié) m'a fait penser à notre société contemporaine. La révolution industrielle a créé de nombreux auteurs engagés, mais Jack London est à mon sens l'un de ceux qui a le mieux saisi le danger du système capitaliste. Je reste ébahi, quelques heures après avoir lu les dernières phrases, de la façon dont il a perçu bien avant la première et la seconde guerres mondiales, la crise de 29 ou les Trente Glorieuses l'absurdité d'un système que l'on commence à peine à dénoncer massivement, forcés que nous sommes de vivre sur une seule planète! 

 

Les leçons d'Ernest en début de roman sont limpides. Certes, nous n'avons plus aujourd'hui en Occident de prolétaires au sens du début du 20ème siècle, les crève-la-faim sont rares, mais tous autant que nous sommes sommes "attachés à la machine". Et ceux qui tiennent les ficelles, "l'Oligarchie", le "Talon de fer" (termes vagues rappelant à quel point l'ennemi est flou), savent parfaitement comment mater la moindre rébellion et faire perdurer le système (n'est-ce pas le cas aujourd'hui encore avec les "pas possible", "pas légal"...). Ceux qui travaillent dans l'agro, ceux qui répondent au téléphone pour les Orange et consort, ceux qui sont esclaves de résultats toujours plus haut ("regardez la Chine: 10% de croissance"), tous ceux là sont-ils libres?

 

jack-london.jpgOn a dit London communiste. Je ne le crois pas. Je le crois plutôt libertaire et socialiste (il était d'ailleurs adhérent au socialist labour party jusqu'à ce qu'il les quitte jugeant qu'ils abandonnaient l'idéal pour le pragmatisme de la social démocratie). Qu'est-ce qui me fait dire ça? Son goût pour la liberté. Le communisme remplace une machine privée par une machine publique, tout aussi oppressante.

 

En tout cas, il était profondément anti-individualiste. Et constructif. Et optimiste. C'est aussi ça que j'aime chez lui. Malgré la difficulté, malgré les échecs nombreux, il a foi en l'avenir. D'où l'opposition d'Ernest aux "briseurs de machines" et aux "terroristes" (qui font perdre du temps à la cause cf dernier chapitre): "au lieu de détruire ces merveilleuses machines, prenons-en la direction (...) évinçons leurs propriétaires actuels et faisons-les marcher nous-mêmes". Cela, c'est du socialisme au sens étymologique du terme, des gens qui pensaient que le travail méritait plus de bénéfices que le capital. D'où la haine de London pour le socialisme capitaliste qui d'ailleurs ressemble étrangement à celui que nous vivons aujourd'hui. Ce n'est pas l'économie de marché que condamne London, mais l'accaparement de la richesse par une minorité vivant entre eux (donc aveugles au réel) et ne partageant rien. 

 

Bref, beaucoup de leçons d'économie, d'histoire, d'humanisme aussi. Certes, certaines rhétorique ont vieilli, mais les mécanismes n'ont guère changé et l'étau se resserre autour de la gorge non seulement des "prolétaires", mais aujourd'hui des "classes moyennes". Faire nous-même, c'est l'auto-gestion! Quand est-ce qu'on commence? 

Repost 0
24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 09:24

je-pense-donc-je-vote.jpg

 

Je suis effaré de voir à quel point notre société s'appauvrit intellectuellement. Dire "je vote donc je suis intelligent" me paraît assez réducteur car il y a bien quelques anarchistes éclairés dont je connais le précepte, mais tout de même, ces élections cantonales ont frisé le n'importe quoi et dès lors qu'à peine 35% des gens ont voté, la représentatitivé est-elle légitime? Sur le canton du Blosne, à Rennes, Frédéric Bourcier du PS arrive à totaliser plus de 46% avec 1671 voix seulement. Or, il y a 11000 électeurs! 

 

La démocratie ne s'use que si on ne s'en sert pas paraît-il. Moi, c'est l'individualisme qui me fait vraiment peur ces temps-ci. On est solidaires des peuples du Maghreb, mais incapables de comprendre que ce qu'ils attendent, c'est à peu près ce que nous avons: le droit de vote! Et plutôt que de lire les programmes, de s'engager, c'est le vote frontiste qui ressort du lot... sans faire une voix de plus qu'en 2004! Idem à Lorient-Nord, mon autre ville. Quelle honte! 

 

Il faut dire que la politique Sarko bat son plein: destruction de ce qui fait réfléchir (école, intellectuels, culture) et mise en place d'un régime fort. 

 

Les cantonales sont obsolètes, c'est parfaitement vrai. A la campagne, l'élection est remportée par le notable du coin, en ville c'est l'étiquette qui joue quoi qu'on en dise. Dans tout ça, l'UDB, c'est ridicule, mais cela permet de faire campagne et c'est cela qui me plait. D'ailleurs, je ne sais pas ce qu'il est prévu à Lorient Nord ce week-end... mais je suis dispo!

Repost 0
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 11:48

gated-commun.jpg

 

Lors de mes études de géographie, certains de mes professeurs faisaient mention des "gated communauties", lotissements privatisés et gardés, réservés à une élite fortunée. Le phénomène essentiellement concentré sur les Etats-Unis n'existait pas vraiment chez nous. C'était sans compter sur le groupe Pierre et Vacances qui vient d'annoncer le projet de réaliser en Bretagne plusieurs lotissements clôturés et gardiennés réservés à un public de retraités aisés. Un projet baptisé "senioriales" et qui commencerait à Pont Aven.

 

L'UDB est le premier parti (et pour le moment le seul) à s'être prononcé publiquement contre par la voix des élus régionaux: L'UDB estime que "ces projets immobiliers se situent à l'opposé des valeurs que porte la société bretonne où la mixité sociale et les rencontres intergénérationnelles sont partie intégrante de l'identité collective. Ils sont contraires à ce qui fait la Bretagne et le peuple breton".

 

 

Je pense en effet que ces projets sont malsains, contraires à l'esprit de mixité sociale et de "vivre-ensemble". Il suffit d'être amateur de SF comme je le suis pour savoir jusqu'où peut mener cette société où les habitants ne vivent plus ensemble, mais côte-à-côte. Après les résidences, l'eau, la nourriture, l'air, le pétrole... C'est une pente dangereuse que celle-ci!

Repost 0
25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:18

illusion.jpgJ'entends souvent les gens me dire que je suis complètement obsédé (comme tout le monde bretonnant d'ailleurs) par "le jacobinisme". Pour ceux-là, je tiens à faire quelques précisions tant sur le terme que sur ce que cela veut dire. Car c'est une illusion de croire que l'UDB ne se soucie que de cela!

 

Le jacobinisme est "une doctrine politique qui défend la souveraineté populaire et l'indivisibilité de la République française" (Wikipédia). Il prend son nom du club des jacobins, issu lui-même du club des Bretons. Dans son sens moderne, ce mot désigne la conception centralisatrice de la République et à tout ce que cela sous-entend. Je vous invite à lire ce que l'encyclopédie libre en dit et peut-être comprendrez-vous notre position.

 

Bref, le jacobinisme n'est pas une idéologie de droite ou de gauche, mais une conception de l'Etat. L'Etat-Nation poussé à l'extrême. Faire exister l'Etat pour lui-même et pas pour servir le peuple... ce qui d'ailleurs contredit l'objectif officiel de "souveraineté populaire". Eux y croient dur comme fer! En gros, le Président incarne la France et les français. Lui donne-t-on pour autant tout pouvoir?

 

Quand je parle de "jacobinisme", je me place sur le point de vue de la gouvernance. Quand je me dis "de gauche", je me place sur le point de vue du modèle économique et social que je défends. Du point de vue de la gouvernance, je me sens fédéraliste donc plus enclins à suivre un PS rocardien, les Verts ou même le Modem pourtant à droite. Du point de vue social par contre, je pourrais avoir des convergences avec l'X-gauche, le PS, les Verts voire le Parti de Gauche mélenchoniste. On pourrait aussi parler d'un troisième volet, celui de l'économie ou on distingue productivistes de... disons ceux qui pensent que le travail ne doit pas définir l'Homme (je n'ai pas de concept qui me vienne en tête pour définir cette idée). Dans ce cas, je me sentirai plus proche des Verts ou d'une frange de gauche du PS, voire des anarchistes même si je ne pense pas comme certains que "la vie commence là où s'arrête le travail". ça mériterait d'ailleurs un article!

 

Ce qui fait l'originalité de l'UDB dans l'Emsav (Breizhistance aussi est clair sur le sujet), c'est que l'UDB se place sur ces trois volets à la fois et ne prétend pas être ni droite-ni gauche comme peuvent le faire d'autres partis bretons. Ce clivage est une réalité en France et sous-entend le modèle économique que nous défendons. Se placer sur l'un de ces volets seulement, c'est jouer un rôle de lobby, pas être un parti.

Repost 0
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 16:10

Au_Bistrot_du_coin_affiche.jpgDilun mintin, brezhonegerien eus Roazhon a oa pedet er sinema "Gaumont" evit gwellout ur film "vraz" (deus Pariz) troet e brezhoneg gant Dizale ha skipailh Samuel Julien.

 

Penoas e vefe posubl da lâr un dra vat diwar-benn ar film-se? An istor zo fall-tre gant nemet unan pe div draoiù fentus. Ur vezh eo evit ar sinema, met setu an hini en deus choazet da vezañ troet e brezhoneg hag ivez en occitaneg, korseg, c'hti, créole, alzasianeg...

 

Goude ar film hon eus komzet gant hini en deus paet ar film, Sébastien Fechner. Eñ en deus lâret e oa laouenn tre da wellout kalz an dud 'barzh ar sal. Léna Louarn oa ganeomp evel just evit ar Rannvro Breizh peogwir hi en deus sikouret anezhañ.

 

Met peseurt dor en deus kemeret evit kaout sikour ar Stad? Ar brezhonegerien a oar hor yezh n'eo ket bruderezh gantañ. Emichañs vo graet filmoù all evel-se... gant un istor plijus.

 

Labour Dizale zo fiskal. Un dra marteze: emichañs vo posubl da gav muioc'h mouzhioù tamm-ha-tamm peogwir ar memes tra eo bep wech.

 

 

Quelques mots en français:

 

La discussion était plus intéressante que le film à vrai dire. Né d'une blague entre les acteurs, l'idée de faire le film en différentes langues n'a apparemment pas posé tant de problème que cela! Alors que vu d'ici, faire ça relève du parcours du combattant. L'Etat est assez schizophrène et dit plus facilement oui à des gens disons... "connus" qu'à des bretonnants jugés sans doute trop subversifs! Il apparaît aussi qu'en terme audiovisuel, les structures en Bretagne (comme Dizale) sont très efficace. Grâce à ce film ont pu être mis en place des structures à peu près équivalentes. Le Ministre Mitterand dit tout le bien qu'il pense des langues régionales alors que j'ai eu une lettre signée de lui entre les mains disant qu'il n'y aurait pas de loi sur les langues!

 

Ici doublés. Prochaine étape: des moyens métrages tournés en breton?

Repost 0
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:15

manifestation-70-s-UDB.jpg

 

"Quand je serai grand, je ferai de la politique!". Moi qui suis du genre critique, voici un article pour expliquer pourquoi j'ai choisi un parti comme l'UDB alors qu'il eut été si simple de faire son trou dans des partis plus médiatiques comme le PS ou même Europe Ecologie. 

 

La réponse est assez simple: parce que je ne crois pas que nos problèmes de société en Bretagne seront réglés par l'échelon national. L'Etat français est jacobin et loin de changer. Les médias également et l'esprit de mes compatriotes bretons l'est tout autant même quand ils se défendent. J'en veux pour preuve le nombre de sympathisants de l'UDB qui, dès qu'un parti "plus gros" et prometteurs pointe le nez, se jettent sur lui. J'en veux pour preuve le fait que les bretons connaissent mieux ce qui se passent à Paris que ce qui se passe dans leur propre région.

 

Je comprends que, politiquement, on ait la volonté d'être efficace! C'est d'ailleurs ce qui a poussé de nombreux adhérents de l'UDB, au cours de son histoire, a migré vers le PS, le PC ou même les Verts. Malgré tout, l'UDB reste solide, ne disparaît pas. Elle constitue un laboratoire d'idées, comme un tremplin vers "mieux"...

 

Mais il y a toujours des gens pour tenir la boutique! Les anciens, ceux qui se sont attirés justement ou injustement des inimitiés passent le relai à ma génération à défaut d'une autre qu'ils ont été dans l'incapacité de recruter. Sans doute n'ont-ils pas laissé la place? Sans doute aussi certains auraient pu rentrer à une époque et rendre le parti plus "attirant"? Va savoir, je n'étais pas né!

 

Où je veux en venir? Je veux en venir à un truc tout simple: la confiance. Allez savoir pourquoi, un petit parti, un parti qui n'est présent que sur 5 départements, ne réussit pas à gagner la confiance d'un électorat et de potentiels adhérents. Les maires ont peur de perdre une élection, les artistes de perdre leur public, les personnalités leur pouvoir individuel... L'avenir, c'est nous prendre en main, ni hon unan. En attendant, on bricole des alliances avec des partis qui nous sont proches idéologiquement car c'est bien l'idéologie qui compte et pas notre nationalité!

 

PB-CV1-fevrier-2011.jpgJ'ai assisté à l'avant première du film "Hentoù 70" retraçant la Bretagne des années 70, film dans lequel l'UDB a une place non négligeable. A cette époque, le revival culturel a fait pousser des ailes à l'idée d'autonomie et l'UDB comptait des militants dans chaque usine, dans chaque profession.  Le Conseil régional n'a pas le moindre pouvoir (et le sait). On nous parle de "risque" pour la Bretagne alors que nous sommes en plein dedans. Mais "j'affabule", "tout va bien"! La Marque Bretagne, Nolwenn Le Roy... La Bretagne, ça les gagne! Mon cul... je ne parle pas des paillettes et du show-bizz, je parle du chômage, du taux de suicide, de l'alcoolisme, de l'exode des jeunes diplômés, de la destruction de notre culture, du maillage urbain qui fait qu'il fait bon vivre en Bretagne, des rivières où il ne fera bientôt plus bon pêcher, des pêcheurs et paysans qui disparaissent, des ostréiculteurs... Et même si je suis ravi que beaucoup de petits bretons prennent goût au breton grâce à une belle brune, ça ne suffit pas à mon bonheur de militant.

 

logo-DiwanEt quand je vois ce qui a réussi en Bretagne, je me dis que ça n'a jamais été du fait des gros partis: Diwan s'est monté grâce au volontarisme de parents d'élèves. Malgré les difficultés, ces écoles ont prouvé que le breton pouvait se développer, que l'immersion n'était pas une idée folle. Quand je vois le Peuple breton, bénévole, qui fait aussi bien -voire mieux- que la presse pro! Pourquoi les bretons n'ont-ils pas confiance dans cette presse? Simple: parce qu'elle n'est pas en tête de gondole et que nos invités ne sont pas des stars! Le serpent qui se mange la queue puisqu'on nous oppose que nous ne sommes pas en tête de gondole parce que nous ne vendons pas assez!

 

manif-peche.jpgPourtant qui a permis que les centrales nucléaires ne s'implantent pas? Qui a permis que Lafarge n'extraie pas son sable au large de Quiberon? La foule, le peuple breton! L'UDB a souvent été à l'écoute des "résistants" et souvent aussi dans les premiers à réagir quand elle n'était pas déjà impliquée via des militants. Quels journalistes étaient au milieu des pêcheurs durant la manifestation de 1994? Avec les salariés durant les grèves du Joint Français, de la SBFM? Nous y étions. On nous trouvera bien sûr un certain nombre de contre-exemples. Je n'en doute pas!

 

Aujourd'hui, je suis fier que nous ayons avec quelques amis reconstruit une branche jeune à l'UDB. Sans prétention, ça n'était pas arrivé depuis les JPB. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter... Et même si nous ne sommes pas la seule orga jeunes de Bretagne, nous n'avons franchement pas à rougir devant qui que ce soit! Alors, la confiance, elle est où? A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

 

Soutenez le Peuple breton, soutenez l'UDB, faites-nous un peu confiance!

Repost 0
27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 15:09

offshore.png

 

Transparence des coûts sur l’éolien offshore : et sur le nucléaire ?

 

 

L’UDB apprécie à sa juste valeur l’engagement pris hier en conseil des ministres de permettre à l’éolien offshore de prendre son envol. La France ne sera jamais que le 11èmepays européen à s’y engager. En Europe 3.000 MW sont d’ores et déjà installés. Il était donc plus que temps d’agir.

 

L’UDB note avec satisfaction que le programme gouvernemental prévoit deux sites d’implantation près du littoral breton, pour 500 MW au large de St-Brieuc et pour 750 MW au large de Saint-Nazaire. Cette puissance électrique totale de 1.250 MW représente l’équivalent d’un réacteur nucléaire (34 des 58 réacteurs français ne font que 900 MW) ou encore trois fois le très néfaste projet de centrale électrique à gaz de Guipavas – Saint-Divy, près de Brest. Avec l’éolien offshore les énergies renouvelables sortent donc de la marginalité dans laquelle le système politique en place a longtemps voulu les cantonner.

 

L’enjeu est fort du point de vue de l’autonomie énergétique des territoires, rendue indispensable par les perspectives d’épuisement des combustibles (hydrocarbures mais aussi uranium) à l’échéance de quelques décennies, voire quelques années. Il l’est tout autant du point de vue de l’emploi et notamment de l’emploi industriel qui est la principale victime des délocalisations. 10.000 emplois sur la France sont en jeu d’ici 2015 dont peut-être plusieurs milliers en Bretagne, ce qui n’est pas rien.

 

La Bretagne divisée… aussi sur l’éolien offshore

 

Au sujet du développement industriel autour de l’éolien offshore, force est de constater que la division administrative de la Bretagne a encore frappé. En effet, tandis qu’un pôle s’organise autour de Brest et Lorient, de son côté le pôle industriel nazairien a fait alliance avec Le Havre. Il reste à espérer que cette concurrence ne se fera pas au détriment de l’emploi en Bretagne. L’inquiétude est fondée quand on sait que, s’agissant de l’avenir du transport maritime, l’Etat a décidé de concentrer ses futurs investissements sur les seuls ports de Marseille et du Havre précisément (cf projet de SNIT : Schéma national des infrastructures de transport). Les géographes de l’Université de Nantes ont montré depuis longtemps que, attraction parisienne oblige, les investissements faits à l’est des limites de la Bretagne ne lui profitaient pas. Le risque est d’autant plus grand avec le projet du Grand Paris sur lequel l’Etat et la Région Ile-de-France viennent de s’entendre pour un programme d’investissement de 32,5 milliards € d’ici 2025 (dont 9 milliards € de l’Etat). N. Sarkozy a annoncé clairement que la vocation du Havre était d’être l’avant-port de ce Grand Paris.

 

Quand l’UDB milite avec détermination pour la réunification administrative de la Bretagne, elle ne le fait pas par nostalgie mais parce que c’est l’intérêt de tous les Bretons, économiquement parlant. Si les Bretons restent divisés, s’ils ne se donnent pas eux-mêmes les moyens d’un système productif durable, le secours ne viendra pas de l’extérieur.

 

Transparence sur l’éolien offshore, opacité sur le nucléaire

 

Par ailleurs l’UDB constate que le gouvernement joue la transparence sur ce que le déploiement de l’éolien offshore en France (6.000 mégawatts d’ici 2020) pourrait coûter au consommateur : une augmentation de 4% de la facture d’électricité entre 2015 et 2020. On notera au passage que cette perspective d’augmentation ne peut que justifier une politique publique forte en faveur des économies d’électricité qui doit passer par l’écoconstruction et l’isolation thermique du bâti existant mais aussi l’éradication du chauffage électrique, ce que n’ont pas encore compris l’Etat et l’exécutif de la Région Bretagne. Cette transparence gouvernementale sur le coût du lancement de l’éolien offshore est normale. Ce qui l’est beaucoup moins c’est l’opacité entretenue autour du nucléaire.

 

Plogoff-NUKLEEL-NANN-TRUGAREZ.jpgLes observateurs savent que l’électricité nucléaire en France n’est pas payée à son prix réel par le consommateur. C’est là le résultat d’une volonté politique affirmée dès le lancement de la filière électro-nucléaire dans les années 70. La même opacité est pratiquée avec le nouveau programme nucléaire lancé par N. Sarkozy : EPR de Flamanville et Penly, ITER à Cadarache (dont le coût, plusieurs fois revu à la hausse, serait d’au moins 16 milliards €).

 

En effet, force est de constater que le gouvernement refuse de communiquer ce que coûtera au contribuable ou au consommateur français l’ensemble de la filière nucléairequi englobe non seulement la recherche, la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance mais aussi la gestion des déchets de courte et de longue durée et le démantèlement des centrales existantes (58 réacteurs). Les chiffres disponibles, quoique très parcellaires, sont pourtant impressionnants. Le seul démantèlement inachevé de la mini-centrale de Brennilis (fermée depuis 25 ans !) devrait coûter au moins 482 millions € (évaluation faite par la très sérieuse Cour des Comptes en 2006), soit 20 fois plus que ce que ses promoteurs annonçaient dans les années 60 ! Sur l’ensemble des réacteurs en fonctionnement ou arrêtés la Cour des Comptes a estimé fin 2004 à 65 milliards € les charges liées au démantèlement. Quant à la gestion des déchets, la très officielle ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a évalué qu’elle coûterait 35 milliards € rien que pour le stockage souterrain des déchets les plus radioactifs, solution par ailleurs controversée sur le plan de la sécurité. Il n’en est pas moins vrai que le gouvernement se refuse à traduire sur la facture d’électricité les charges induites par la filière nucléaire.

 

Si elle semble s’ouvrir enfin à l’éolien offshore, la France reste bien le pays de l’omerta nucléaire. La démocratie énergétique reste à construire. Elle passera forcément par une sortie des systèmes centralisés de production et de distribution (dont le nucléaire est la caricature) pour favoriser au contraire les bouquets énergétiques à un niveau local et régional.

 

Mona BRAS, conseillère régionale, porte-parole de l’UDB

Kristian GUYONVARC’H, conseiller régional, référent énergie du groupe UDB

Repost 0
19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 15:00

bielorussie-19th-decembre-2010.jpgLe 19 décembre dernier avaient lieu en Biélorussie les élections présidentielles... enfin, disons ce qui se fait appeler comme tel tant il est de notoriété publique que cet Etat n'est pas une démocratie. Je me souviens que ma mère me disait étant petit que c'était la dernière dictature d'Europe. Rien n'est immuable et au train où vont les choses, la démocratie a du souci à se faire dans ce projet qu'est l'Europe.

 

Je partipais samedi dernier et ce soir à nouveau aux rassemblements de soutien au peuple tunisien et à la "Révolution de Jasmin". Le clan Ben Ali est en cavale et le peuple aspire à la liberté tout comme dans cet Etat perdu à l'est, dont on entend jamais parler et qui, pourtant, connaît aussi la répression. Il faut dire que la Biélorussie entretient des relations ambiguë avec la Russie que ce genre de pratiques n'étonne pas.

 

Cette vidéo est assez édifiante et donne un aperçu de la liberté des élections. Quelques centaines d'insatisfaits officiellement, quelques centaines de milliers dans les rues tabassés par la police et moqué par Alexandre Loukachenko. Les opposants politiques sont envoyés en prison ou frappés et les résultats des votes sont plus que douteux. Score stalinien pour le président en place alors que les observateurs estiment que son score devrait être entre 33 et 47%.  

 

Toutefois, le lecteur avisé pourra me rétorquer que la répression devient monnaie courante!


 

Repost 0