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Klask

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 19:21

pilleurs-d-ames.pngIl est une librairie rennaise où je vais essayer de passer plus souvent: Critic! Ex-mordu de science-fiction, écrivaillon à mes heures d'ado et toujours lecteur cela dit, j'ai eu un petit coup de coeur (on ne sait jamais comment ça arrive) pour ce premier livre des éditions Ad Astra: les pilleurs d'âmes écrit par Laurent Whale.

 

D'ordinaire assez peu inspiré par les contemporains, je découvre (même si je le savais déjà) que beaucoup ont du talent! Je viens de finir un bouquin de Poppy Z. Brite, une américaine plus que talentueuse pour ce qui est de la littérature disons "gothique", et je rempile avec un auteur franco-brittanique (si j'ai bien compris) à la plume légère et qui sait conter des histoires. Premier bon point. Après tout, c'est ce que l'on demande à un écrivain: nous faire rêver.

 

Le space opéra (dit space op') n'est pas un genre facile car on tombe rapidement dans le ridicule ou la pâle copie d'un Star Wars vu et revu. Laurent Whale nous livre une histoire très plaisante, sur fond historique puisque le récit se déroule dans les Caraïbes durant la grande époque de la flibuste (1666). Le héros, Yoran Le Goff  côtoye des pirates de renom tels que l'Olonnais (diantre, un vendéen!), Oexmelin (un pirate néerlandais qui écrivit sur la piraterie), Michel le basque... Mais Yoran, le breton, n'est pas Yoran! Et du même coup, malheureusement, il n'est pas non plus breton...

 

Plutôt bien documenté même si je n'ai pu trouver toutes les traces historiques, l'auteur livre une image plutôt réaliste de ce qu'on imagine être la vie des flibustiers (violence quotidienne). Autre bon point, Laurent Whale nous rappelle que les pirates n'attaquaient pas uniquement les navires, mais aussi les villes. Ici, c'est La Havane (Nau a-t-il pillé La Havane dans la réalité?), mais on sait que ce sanguinaire a dévasté une partie du littoral de l'Amérique centrale et du sud (Mexique et Nicaragua notamment)... comme son contemporain Henry Morgan, le gallois dont John Steinbeck a fait un super roman (la coupe d'or). On oublie trop souvent que le danger venait aussi de la mer, en Bretagne, comme partout ailleurs sur les côtes européennes (en Irlande notamment).

 

Au final, beaucoup de plaisir à lire ce livre surtout parce qu'il est bien écrit. Laurent Whale est assurément du côté des "gentils", la fin en témoigne. On reste un peu sur notre fin  (justement) cependant et au final, on se dit que la SF est un sacré prétexte pour utiliser un langage chartier et faire couler de l'encre pour le plaisir comme on boit du tafia! Evasion assurée...

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 12:50

hokusai la vague

 

Paol Keineg est un des fondateurs de l'UDB (qu'il a quitté depuis), mais c'est surtout un poète breton d'une rare force. Malheureusement, certains de ses ouvrages ne sont plus publiés. Je cherche moi-même une édition du "Poème du Pays qui a faim"... à bon entendeur! Des dires de certains de mes anciens camarades, "Quand Paol a sorti ce poème, ça nous a foutu une sacré claque, lui qui était si discret. Un poète breton reconnu par Aragon!"

 

Je n'ai pas l'intention de faire ici sa biographie, moi qui ne le connais pas, mais je voudrais vous faire partager ce poème que m'a transmis mon camarade Alain Kervern, amateur de poésie.

 
L'émigration, le chômage, le mépris,
les fausses promesses, les ruines,
l'hiver de notre vieillesse,
et puis quoi encore?
Tout le reste:
un peuple dispersé
comme un peu de cendre au vent.
Mais ce que l'homme a fait
l'homme peut le défaire.
Ce que l'homme a défait
l'homme peut le faire.
Assez de mélancolie
assez de complaisance
de lamentations.
Il nous reste les immensités
de l'enthousiasme et de l'intelligence.
Il nous reste
le parfum violent d'une patrie à construire.

 

Paol Keineg
Le Printemps des Bonnets Rouges
P.J. Oswald, 1972.
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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 17:23

Al-Liamm-niverenn-380.jpg

Lennet em boa ma "istor-berr" gentañ e brezhoneg penn da benn! "Dorioù an Uzin" skrivet gant Pierre-Emmanuel Marais, Al liamm niverenn 380. Emsaver UDB eo Pierre-Emmanuel hag lennet 'm eus dija un dra bennak eñ 'neus skrivet (click amañ).
 
Un istor brav eo "Dorioù an uzin", met trist kenañ ivez. Serret eo uzin daneveller an istor-mañ ha chom a ra dilabour, e-unan. He gwreg zo bet douaret ha bugale 'neus ket. Sell a ra an olifant-mekanik (E Naoned eo) ha ne gompren ket perak eo posubl da lakaat kalz arc'hant e-barzh draioù evel-se (evit an douristed) ha ket 'barzh fabrikoù. Un istor sokial eo, met diwar-benn an digenvez ivez. Aes eo da lenn evit ar re o teskiñ brezhoneg egedon.
 
Ma digarez evit ar fazioù!
 
---
 
Al Liamm (le lien) est une revue littéraire en langue bretonne qui existe depuis 1948. Elle a vu défiler un certain nombre d'écrivains et poètes bretons dont Per Denez, Youenn Gwernig, Roparz Hemon, Anjela Duval, Yeun ar Gow, Goulc'han Kervella... Je dois avouer à ma grande honte que c'est la première fois que je me plonge sérieusement dans cette revue. Pourtant, j'ai toujours annoncé que si je savais parler breton correctement, j'écrirai quelques nouvelles dans cette langue. Mon père y a d'ailleurs écrit lui qui est abonné depuis des lustres!
 
L'article ci-dessus expliquait que j'ai lu ma première nouvelle entièrement en breton. Il s'agit d'une nouvelle intitulée "Dorioù an uzin" (les portes de l'usine) écrite par un camarade, Pierre-Emmanuel Marais, dont, décidément, j'aime beaucoup les textes, simples, mais sympas.
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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 14:52

sur-le-ring-jack-london.JPGDeux nouvelles dans ce recueil de Jack London. Je ne connaissais pas l'auteur et je dois avouer que j'ai été "frappé" par son talent pour rester dans l'ambiance du thème du livre: la boxe!

 

La première s'intitule "L'enjeu". Un jeune champion de boxe rencontre une jeune fille qui n'y connait rien. Pour Joe, la boxe, c'est le "Jeu", mais London aurait pu dire la "Vie" sans rien enlever à sa nouvelle tant il est clair qu'elle illustre le combat qu'est l'existence. La boxe donne un sens à la vie de Joe Fleming. A l'inverse, Genevièvre a été protégée de ce milieu par ses mentors, les Silverstein. Elle souhaite que Joe se détourne de la boxe pour elle ce qu'il accepte, lui prouvant ainsi son amour. Mais il lui reste un dernier match... 

   

  

La seconde nouvelle a pour titre "la brute". Un entraîneur reçoit un jour une lettre d'un ancien champion lui demandant de prendre sous son aile son fils et de le faire boxer. Sam se rend dans les montagnes et fait la connaissance de la légende de la boxe que certains croyaient morts et surtout de son fils dont le corps d'athlète contraste avec son goût pour la poésie. Entraîné par son père, le gaillard n'a pas une réelle volonté de combattre, mais il le fait pour son père qui sait que personne ne peut le vaincre. Arrivé dans la ville, Pat Glendon junior ne fait qu'une bouchée de ses adversaires et l'entraîneur lui fixe alors des règles... des règles qui permettent les trafics. Or, Pat, comme son père, n'est pas un tricheur. 


Au final, les deux nouvelles de London se ressemblent. Les valeurs déjà sont les mêmes. Joe Fleming a beau être un champion, il ne vit pas "dans le péché" et reste humble. C'est la raison pour laquelle M. Silverstein l'aime bien car il ne fait pas partie de ce système dévoyé. Pat, lui, est un candide qui se fait rouler et découvre la vérité en même temps que l'amour. Véritable force de la Nature, il décide de révéler au monde l'univers souterrain de la boxe. Les héros, tant hommes que femmes, sont les mêmes.


Deux nouvelles relativement intemporelle tant il est vrai qu'il y a un fossé entre le sport au sens noble du terme et ce que le système économique en a fait (la dernière coupe du monde en est un triste exemple). D'un côté le monde du fric et de l'autre le monde des valeurs. London m'a ravi tant par son sens de la narration (on se croirait dans un stade enfumé, de retour au début du XXème avec des foules d'ouvriers venus dépenser leur solde pour voir un combat) que par la morale qu'il veut faire passer. A lire...

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 01:32
Lola.jpgJ'ai appris la sortie de ce petit polar par l'intermédiaire du Peuple breton et la curiosité m'a vite gagné: d'abord parce que l'auteur est un de mes camarades de Loire-Atlantique, Pierre Emmanuel Marais, mais également parce qu'il traitait d'un sujet pas évident  (même plutôt casse-gueule) puisque "Ne m'appelle pas Lola" traite du nationalisme aveugle et du terrorisme et de la manipulation qui peuvent en découler.

J'entends d'ici les huées criant à l'amalgame! Je conseille à ceux à qui il viendrait cette idée de se procurer ce roman et de le lire. D'une part parce que cela se lit très bien (style efficace, rapide) et ensuite parce que le thème est abordé sans complexe. Il ne condamne absolument pas le fait de vouloir l'indépendance, mais met en évidence le cheminement intellectuel du héros, Malo, vers la conscience que la violence est une impasse.

Principalement située à Nantes, l'intrigue nous fait voyager entre Lorient, Groix, Vannes, mais aussi Bruxelles et Dusseldorf. Entre un héros qui parle à son amour perdu, un ami obsédé par le Rivage des Syrtes de Julien Gracq (Nantais) et l'indépendance de son pays, un flic rongé par cette "affaire Askolenn", la course poursuite dure, mais ne nous ennuye pas. Surtout si les basques s'en mêlent. Et Lola qui ne répond pas...

Violence absurde comme est absurde l'attente d'une guerre contre l'ennemi chez Gracq. Conflit ouvert qui n'existe plus, conflit larvé plus dur que jamais entre l'Etat et la Bretagne, ce livre a plus d'un niveau de lecture et c'est aussi ce qui fait sa richesse. Ponctué de phrases en breton, le roman est un plaidoyer pour la prise en considération d'une langue méprisée par un Etat borné, mais aussi d'un territoire coupé de son giron historique. Le mépris créé la violence. A l'heure où l'identité nationale refleurit, l'épouvantail du communautarisme n'est pas loin...

Merci donc aux éditions Yoran Embanner d'avoir publié ce bouquin, il vaut le détour.
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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 14:30
univers-et-chimeres-4.png
Il fut un temps où je ne vouais pas ma vie à la Politique et où j'écrivais autre chose que des discours. De treize à vingt-deux ans (tranche d'âge approximative), j'ai sillonné les forums consacrés à la science-fiction, littérature qui m'est chère, et écrit moult nouvelles avec des compagnons aussi mordus que moi. La plupart de ces compagnons d'un peu partout s'occupent aujourd'hui de sites consacrés à la SF ou de fanzines ("univers et chimères", mais aussi "marmite et micro-onde" pour lequel j'ai déjà écrit des nouvelles humoristiques), réalisent des anthologies ou même éditent. Tous continuent d'écrire...

Aujourd'hui, 24 décembre 2009, j'ai reçu mon premier cadeau de Noël car une de mes anciennes nouvelles a été choisie par un fanzine dont le numéro est consacré aux monstres en tout genre. Elles sont lisibles gratuitement en cliquant sur l'image.

Merci à l'équipe et à tous mes anciens camarades d'écriture (dont beaucoup ont écrit dans ce numéro). Merci à Lucie aussi qui, régulièrement, me replonge dans "la bande du PUAT". I'll be back comme disait l'autre!
 

Joyeux Noël
Nedeleg Laouen

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 15:35
Extrait du film "les raisins de la colère" de John Ford avec Henry Fonda
La famille Joad transporte l'ensemble de ses biens dans un camion.


Avec le recul, je pense que c'est la littérature qui m'a ouvert les yeux sur le monde dans lequel nous vivions. Lire "Germinal" de Zola, c'est d'abord faire un cours d'Histoire et comprendre le système économique capitaliste. Car si le marché existe depuis que le monde est monde, le capitalisme moderne est né sous la révolution industrielle. L'histoire ouvrière et les chroniqueurs de l'époque nous en apprennent donc autant que l'observation de la société actuelle puisque le système a été poussé, mais reste le même.

Je crois que mes deux plus grosses claques littéraires restent tout de même "Les raisins de la colère" de John Steinbeck (voir ici), roman décrivant l'exode d'une famille vers la Californie et "Le seigneur des porcheries" de Tristan Egolf (voir ici). Tout deux américain, tout deux systémiques, ils ont su raconter une histoire plus vraie que nature. C'est ainsi que je conçois un bon auteur: quelqu'un qui est capable, par une histoire, d'expliquer une thématique de la société contemporaine dans un territoire donné.

A travers l'Art, c'est cette critique sociale, cette réflexion sur notre époque qui m'a toujours passionné. C'est d'ailleurs la raison de mon goût pour la Science-fiction qui, loin d'être de la sous-littérature, est en réalité une littérature de réflexion. Les premiers anti-nucléaire ne sont-ils pas les auteurs de SF? Certains d'entre eux n'avaient-ils pas anticipé Hiroshima? Lire "Jack Barron ou l'éternité" de Norman Spinrad, c'est comprendre le pouvoir des médias et lire "Demain, les chiens" de Clifford D. Simak, c'est se poser des questions sur l'Humanité. On pourrait également parler du film "Brazil" de Terry Gilliam sans doute aussi percutant qu'un Kafka.

De tels artistes existent toujours. L'excellent "Full Monty" par exemple n'est-il pas une critique acerbe du chômage et une vision plus réaliste de la vie dans le Nord de l'Angleterre que celles que les séries américaines de Berverly Hills véhiculent sur la vie aux Etats-Unis? Comment mieux comprendre la ségrégation que par l'ouvrage d'Harper Lee, "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" (voir ici)?

Notre société a trop tendance à écarter ce qui est "moche" (subjectif) dans l'art. La télévision est particulièrement douée pour cela: entre les reportages d'Ushuaïa magnifiques ou les téléfilms où tout est propre, on a parfois l'impression de ne pas vivre dans le même monde. La critique vaut pour nous qui, lorsque nous prenons des photos, faisons en sorte de pousser la poubelle qui gâche la vue!
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 10:44
Garp n'aimerait sans doute pas ce que je m'apprête à dire, mais j'ai toujours aimé lire l'oeuvre d'un auteur pour en savoir plus sur lui, l'homme ou la femme qui est derrière. Quelle est sa vision du monde? Au contraire, selon Garp, il faut juger l'oeuvre, pas l'auteur ce que je m'efforce de faire tout de même.

Les livres de John Irving m'ont toujours intrigué, si nombreux sur les étagères des librairies d'occasion (je me fournis généralement chez "Histoire d'en Lire" à Lorient).
Irving a des marottes: l'Autriche, le New Hampshire, les ours... les titres de ses oeuvres sont souvent bien trouvés ou en tout cas bien traduits. J'en ai même acheté un rien que pour le titre ("l'épopée du buveur d'eau") bien qu'il ne m'ait pas laissé une grande impression.

Le monde selon Garp est... bizarre! Franchement étrange et pourtant très familier. Il faut dire qu'histoire oscille entre absurde, tragique et comique! Roman très drôle, il vire soudain à la catastrophe. Roman semi-autobiographique, c'est sans doute la clef de son succès: il est plus vrai que nature!

Le début laisse le lecteur un peu décontenancé: Jenny, la mère de Garp rêve d'avoir un enfant, mais déteste le sexe et refuse de s'encombrer d'un homme. Infirmière, elle profite donc d'un soldat en phase terminale pour se faire mettre enceinte! Garp ne saura qu'en lisant le livre de sa mère, bien des années plus tard, la vérité sur son histoire... comme des millions d'autres personnes voyant en Jenny (sa mère) une féministe assumée. Si l'on peut penser que Garp (qui n'a pas de prénom autre que les initiales S.T) va souffrir de cette situation, il n'en ait rien: Garp est "normal" même si son angoisse du monde frôle le pathologique dans son quotidien (il course les chauffards dès qu'il entend des pneus crisser devant chez lui par exemple).

La maîtrise du style n'est sans doute pas pour rien dans le fait que j'ai pris du plaisir à lire ce livre. D'un bout à l'autre du roman, on perçoit l'angoisse profonde que ressent Garp en pensant au monde: un monde dangereux où les siens risquent le pire! Et Garp a beau être le meilleure père au monde, il n'évite pas la catastrophe comme s'il attirait ce qu'il redoutait. "Le crapaud" comme l'appellent Garp et sa femme surgit n'importe quand, n'importe où alors que le héros ne rêve que d'un monde sûr.  C'est de son état d'esprit dont dépend aussi sa prose puisque Garp, tout comme sa mère, est écrivain.

Bref, une description aussi décousue de vous donnera peut-être pas autant d'envie de lire le livre que cela, mais je peux vous dire simplement qu'en tant que bibliophage, je le classerai dans les bons!
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 12:33
Le pigeon de Patrick Süskind est un OVNI littéraire. Un homme sans histoire, accroché à son quotidien rassurant, bascule le jour où il découvre, sur son pallier... un pigeon! Tout son monde s'écroule car le pauvre homme, allez savoir pourquoi, craint cette "bête atroce".

Je me permettrai de citer un passage pour vous confirmer le bizarre de cette novella (plus que roman):

Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lumière blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées sur le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: le pigeon.

Paranoïa d'un homme solitaire, angoisse insensée suite à un élément déclencheur grotesque, cette fable poussée à l'extrême pourrait être celle de chacun de nous qui avons une peur intérieure. Qui ne s'est jamais projeté dans un futur hypothétique? Qui, suite à un évènement, n'a jamais bâti de scénario improbables en espérant toucher en pensée l'avenir réel?

Ce livre est très court, mais pas forcément très fluide à lire pour la simple et bonne raison que Süskind est un styliste et que ses descriptions sont au service de l'atmosphère qu'il veut donner au livre. Le pigeon est simplement l'élément qui fait basculer une vie, mais son rôle s'arrête là! Au contraire, les délires mentaux de Jonathan Noël sont précis car ce sont eux qui l'entraînent jusqu'à un point ultime (vers la fin du livre) où il prononce une phrase avant de se coucher. On notera d'ailleurs le fait que c'est une des seules paroles du livre et il se la dit à lui-même.

En langage moderne, outre le fait qu'il n'ait pas la tête du héros idéal (est-ce la marque de fabrique de Süskind?), on dirait de ce protagoniste qu'il "se fait des films"!

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 12:18


Etant issu du milieu "prof", je ne peux que compatir à la détresse qui touche les enseignants. Vilipendés par beaucoup sous prétexte que le nombre d'heures intra-scolaires est plus faible que dans les autres professions (c'est sans compter la "réunionite aiguë", la correction de copies et la préparation des cours), le prof' est l'un des souffre-douleur d'une société qui ne sait plus reconnaître l'intellect'. Critiquer un prof qui gagne 1500€ par mois pour transmettre un savoir serait justifié, mais critiquer un footballeur qui gagne dix fois plus pour le loisirs et la paix sociale ne le serait pas? Etrange société!

Bref, je pourrai passer des heures à défendre ce METIER (car c'est un vrai métier quoi qu'on en dise), à m'insurger contre la privation de l'Education en France, contre le recours à de plus en plus de vacataires qui, eux, sont moins regardant sur les droits du travail... En attendant, j'invite ceux d'entre les prof qui souhaitent se détendre et rire à lire cette excellente BD de Soph', découverte dans les Toujours Ouvrables sur internet.

Chaque prof a des anecdotes, mais il fallait l'humour de Soph' pour en faire un petit bijou: ponctuée de silence, de grands moments de solitude, de pensées dévastatrices, de notes de désespoir et de fote d'hortograf, cette BD expose le décalage qui peut exister entre l'adolescent et son professeur. Et ce décalage est tristement hilarant!

Quoi de plus jouissif pour un prof de voir que d'autres prof sont plus mal lôtis encore? Car Emilie est "le Saint Graal" du prof... un concentré de ce qui se fait de mieux en matière d'élèves.

Allez, juste pour rire et une petite vengeance (gentille), je vous invite à lire ce strip: cliquez!
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