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Klask

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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 13:29
G--ante-Rouge.jpgJ'ai toujours été passionné par la Science-Fiction. Mais attention, pas n'importe laquelle! Si les sagas et autres space op' (genre Star Wars) ne m'ont que moyennement attirés, les romans et nouvelles plus philosophiques m'ont toujours enchanté. Il me faut réfléchir, toujours réfléchir, comprendre les mécanismes de notre société en analysant le message caché d'une histoire!

La plupart des gens parlent de SF avec des clichés: le petit homme vert est l'exemple le plus parlant (Fred Brown a d'ailleurs joué de ce cliché dans l'excellent Martien, go home!). Pourtant, la SF est un genre littéraire bien plus riche que cela! Parler de "SF" ne veut rien dire. Cela revient à parler de "littérature" tant il existe de courants: space opéra (espace), anticipation, uchronie (et si cela ne s'était pas passé ainsi?), cybrepunk (Matrix), pseudo-philosophique (Demain, les chiens de Cifford D. Simak)...

Malgré cela, cette littérature a toujours été mise de côté. Si je ne peux plus dire qu'elle est marginalisée tant ce genre est prisé, force est de reconnaître que pour un non-afficionados, il est difficile de citer des titres de livres SF. La chose devient possible quand on lui fait remarquer qu'un certain nombre de ces livres ont été adaptés au cinéma (c'est le cas de Philip K. Dick par exemple). A l'inverse, la plupart des lecteurs de SF sont des "livrophages" comme dirait une de mes amies (bien loin de l'image d'Epinal du frustré à lunettes lisant exclusivement de la SF pour s'échapper du monde réel).

Mes premiers pas d'internautes ont été fait dans ce milieu assez restreint. Pour moi, la SF a toujours été un moyen de critiquer la société de façon indirecte en exagérant volontairement une situation ou en grossissant un trait. Des livres comme Jack Barron et l'éternité de Norman Spinrad ou encore 1984 d'Orwell (que l'on trouve bien souvent dans les rayons de littérature générale comme pour montrer qu'un tel chef d'oeuvre n'a pu être écrit par un écrivain SF) ne méritent-ils pas une place dans le panthéon des ouvrages consacrés à la critique sociale?

Il ne faut jamais cesser de rêver... Beaucoup d'écrivains ont su anticiper l'avenir. Arthur C. Clarke (2001, l'odyssée de l'espace popularisé par Stanley Kubrick) n'est-il pas l'un des concepteurs des satellites! Le roman de Jean-Marc Ligny (AquaTM) n'est-il pas d'actualité aujourd'hui qu'une nappe d'eau souterraine aurait été découverte dans le sous-sol du Darfour? Ecrire de la SF, lire de la SF, revient pour moi à faire de la politique, à écouter les craintes, les avertissements, les scénarios proposés par les auteurs!

Aujourd'hui que je suis drogué d'internet, il me semble donc normal de faire connaître certains des fanzines de ces "copains d'ailleurs", ceux qui m'ont fait découvrir ce monde très sympa. Il y a d'abord eu le fanzine gratuit Marmite et Micro-onde (l'imaginaire cullinaire) qui sortira son dernier numéro en décembre et dans lequel j'ai publié un sacré paquet de nouvelles humoristiques. Puis, Géante Rouge (lien en cliquant sur l'image). Je ne remercierai jamais assez mon premier groupe d'écriture (Pour Une Autre Terre) et surtout les quelques membres que j'ai pu rencontrer aux Conventions de Nantes (Utopiales) chaque novembre. 

Même si je n'ai malheureusement jamais pu publier ma novella d'anticipation (je ne désespère pas!), je reste un fervent lecteur de SF et j'invite quiconque souhaiterait débuter à me contacter s'il souhaite des conseils littéraires (les quelques titres cités ici sont de grands classiques).


Illustration: couverture du Géante Rouge n°7, le fanzine dirigé par Pierre Gévart ici consacré à Johan Héliot (auteur du très bon La lune seule le sait).
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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 13:03
X.-Grall.jpg Xavier Grall est la figure de l'Emsav! Loin de moi l'idée d'en faire un Saint, mais il a su, lui qui était un exilé, lui qui vivait à Paris et ne conserva pendant longtemps de la Bretagne qu'une image de carte postale, mettre sa plume au service de sa région, que dis-je, de son pays, de sa nation! Et quelle plume!

Combien de pamphlets contre l'Etat castrateur écrivit-il? Combien de poèmes magnifiant les délices de la vie en Bretagne rédigea-t-il? Combien d'articles au service de la langue bretonne publia-t-il? Béni soit le jour où il rencontra Glenmor et découvrit, au sens Lebesquien du terme (voir ici), la Bretagne! Car qu'il est bon de lire Xavier Grall, cet homme de Botzulan, ce rêveur au visage buriné, cette gueule de breton taillée dans le granit.

Il en fallait un esprit rocailleux pour que les vagues de la pensée unique française se brisent sur lui! Aujourd'hui, je cherche les esprits rebelles, mais je ne les trouve pas! La Culture Bretonne ne vit qu'à moitié, amputée de sa littérature et de ses penseurs. Il ne reste que quelques poètes comme Yvon Le Men ou quelques géographes, écrivant en français mais porteurs de l'âme bretonne... mais où sont les romans en breton? Où sont les médias en langue bretonne? Comment réveiller les consciences dans un monde uniforme?

De l'Algérie à Botzulan, Xavier Grall est un breton d'ici et d'ailleurs! Elève un temps de Léopold Sedar Senghor, il parle à ceux qui refusent de voir s'éteindre la diversité culturelle.
Pourfendeur de la bête raciste, Xavier Grall est une figure de l'anti-colonialisme et un amoureux de la Vie. Il rénove l'image poussiéreuse du breton en sabot, du plouc ignare! "Et la corde des pendus dans nos cantons n'est pas moins sinistre qu'un tube de valium dans la poche d'un parisien". Il redonne ses lettres de noblesse à la douceur de vivre paysanne tout en ne rejetant pas la modernité, voila ce qui s'appelle être ouvert!

Un véritable "marche-pied" vers la langue bretonne... voila comment je conseillerai la lecture des billets de Grall. Le parcourir, c'est mettre un pied chez les bretonnants, "réputés" fermés, mais si multiples! C'est un voyage dans la vie des Hommes et non pas un "tour opérator" qui ne fait que survoler le folklore (voir ici).

Disparu en 1981, ce récif n'en continue pas moins d'être d'actualité (débats sur la génétique, sur le nucléaire, sur la culture évidemment...). Lecteur inconditionnel de Kerouac, il possède cet esprit libertaire et révolté qui nous fait aujourd'hui défaut! Certes, quelques voix s'élèvent, mais combien portent aussi loin que celle du poète breton?  


Illustration: quatrième de couverture du livre de Xavier Grall, les vents m'ont dit, les éditions du Cerf, 1982. Les citations sont extraites de cet ouvrage.
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