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Klask

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 17:00
resultats-regionales.JPG


Le deuxième évènement de ce week-end après la mort de Jean Ferrat (un grand chanteur engagé) était l'élection régionale. Je le dis dans cet ordre car il est clair qu'à part dans le micro-cosme politique, cette élection n'a pas été suivie. Voici donc mon analyse après une nuit de sommeil et les chiffres à ma disposition. Le tableau fait apparaître ceux de la Région Bretagne. J'ajouterai des commentaires pour la Loire Atlantique evel just.

L'abstention.

Rien de bien original pour qui a suivi les élections, c'est l'abstentionnisme le grand vainqueur. Je ne sais pas ce qui passe par la tête de ceux qui ne vont pas voter, mais je ne vois honnêtement aucune forme de contestation dans cette méthode! Premièrement parce que cela ne sert à rien (pas constructif), deuxièmement parce que ça affablit la démocratie et nous fait rentrer dans une spirale infernale d'opposition "peuple VS élus" (comme si les élus n'appartenaient pas au peuple!). Je ne vais pas faire un laïus sur le fait que la démocratie n'est pas éternelle et que nombre de peuples opprimés se battent pour le droit de vote (les femmes en particulier), mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque.

Bravo donc les abstentionnistes! Je prends le pari que l'immense majorité n'a même pas lu un tract ou été à un meeting. Comment donc se faire une idée sur les listes? Dans mon bureau de Lorient, un ancien est sorti en disant "qu'il n'y a que des cheveux blancs qui votent". C'est d'ailleurs ainsi que je pourrai qualifier le Parti socialiste en Bretagne (le parti des cheveux blancs). Certes, hégémonique, toujours présent, mais ce n'est pas glorieux car la moyenne d'âge des votants faisait peur. Les maisons de retraite ont voté massivement (en témoigne d'ailleurs l'excellent vote du FN). L'ancien monde (sans aucune méchanceté pour nos anciens). Le nouveau, lui, s'est contenté de rester à la maison. C'est encore pire!

Nous (Jeunes UDB) qui avions fait une campagne contre l'abstention, nous qui demandions aux électeurs (dans un Koulmig) de voter pour crédibiliser l'échelon régional, c'est l'inverse qui s'est passé et je prends ça pour un échec. Car quel a été le premier commentaire de la droite en déroute? "Le taux d'abstention prouve que la réforme institutionnelle est nécessaire" (dixit Fillon et Chatel). Comprenez en langage non politique: "l'échelon régional ne sert à rien, les gens n'en veulent pas donc notre volonté de réduire encore son pouvoir est légitime". L'autonomiste que je suis a de quoi flipper! La recentralisation serait donc demandé par les Bretons aussi? Quelle pitié! J'espère au moins que Jean-Yves Le Drian s'opposera fermement à ce manège.

Les scores en Région Bretagne.

Une élection à deux tours, c'est un choix de société au premier et un vote de confirmation au second. Force est d'admettre que la multiplication des listes a été bénéfique à Jean-Yves Le Drian, socialiste à la tête de la Région et rassurant. De ce point de vue, sa victoire est écrasante (37,19). Son pourcentage est 1,5 points inférieurs à 2004 avec une concurrence accrue. L'électorat socialiste s'est donc mobilisé, en réaction à Sarkozy et en réaction au score des européennes. Mais aussi sur la base du bilan même si je doute que ce bilan soit attribuable au président, mais plutôt à sa fonction. Le réflexe de Pavlov: gauche = PS. Quelle pauvreté intellectuelle! Quelle manque d'imagination! C'est bien l'ensemble des sortants qui ont été plébiscité en France. TER, formation professionnelle, lycée... ces thèmes ont-ils joué? Je ne saurais le dire tant je doute de plus en plus que les gens lisent les programmes. Mais à nous aussi de nous remettre en cause et d'admettre que nous ne parvenons pas à parler à tout le monde.

Pour Europe Ecologie Bretagne, le score est décevant, mais pas catastrophique du tout. L'édito du Ouest-France de ce matin (de Michel Urvoy) parle même de réussite ("les vrais gagnants") car nous parvenons à concerver le nombre de voix des européennes sans affaiblir le PS (nous avons donc trouvé des voix). Une véritable force se met donc en place à côté des socialistes. Par rapport à 2004 (UDB-Verts-gauche alternative), notre score est de 2,5 points supérieur (12,2 au lieu de 9,7%). Décevant, ce n'est donc pas notre score, mais bien la capacité de négociation que le score socialiste nous laisse. Décevant aussi car nous avons prouvé que le score d'EEB était un vote urbain. Nous parlons de la campagne à la ville! Ce n'est pas mon ambition personnelle. Seul point positif et pas des moindres: une liste ouvertement autonomiste dépasse enfin les 10%. Nos idées se démocratisent un peu.

L'autre surprise du scrutin, c'est le retour du FN evel just. Certains de mes camarades le pressentaient comme Robert Pédron ou Jean-Paul Chevrel et cela s'est avéré exact. Pour ma part, je ne les attendais pas car Malgorn était plutôt représentante d'une droite dure. Le fait qu'elle soit inaudible car incapable de porter un discours attirant pour les Bretons a du jouer. Ce que je ne m'explique pas, c'est la capacité de mobilisation du FN alors qu'ils étaient invisibles!

On savait le Modem affaiblit, mais peu de pronostic prévoyait une telle bérézina pour le Modem! Avec un tout petit peu plus de 5%, ils ne se maintiendront pas au second tour et ne donneront d'ailleurs pas de consignes de vote. Résultat: ils disparaissent de la scène régionale. Seule consolation pour Bruno Joncour, le tête de liste, il existe en Côtes d'Armor et particulièrement à St Brieuc où il est maire.

Dans l'ordre arrive ensuite Christian Troadec avec 4,29% soit à peine plus de voix que le parti breton aux européennes dernières. Pour le baron du Poher, hyper médiatique, ce n'est pas une gloire. D'autant qu'avec un score de 6,82 en Finistère, il prouve que son implantation est très locale. 42% à Carhaix, moins de 3% à Brest. J'en profite d'ailleurs pour féliciter mes camarades UDB du Kreizh Breizh qui ont fait une sacré campagne. Contre le maire, il était difficile de rivaliser! Bref, sous la barre des 5% alors qu'il visait 10%. Premier commentaire radio entendu était pour lui: grand perdant. Mais force est de constater qu'il a été une force de nuisance pour Europe Ecologie Bretagne même si ses voix (et cela se voit en comparant Brest à Carhaix) venait aussi un peu du PS, mais surtout de l'UMP. Sans sa liste, EEB aurait pu prétendre à 2 points de plus à mon avis et les résultats électoraux du Finistère aurait été proche de celle d'Ille-et-Vilaine pour EEB (pour d'autres raisons).

Le Front de gauche obtient 3,5% et prouve que le parti communiste n'est pas mort vis-à-vis du NPA (surtout chez les jeunes). NPA d'ailleurs sacrément ringardisé depuis les européennes alors que d'aucuns voyaient déjà un parti d'avenir à sa création. Je ne juge pas, je constate. Drôle de situation pour les communistes d'ailleurs puisqu'ils étaient sur deux fronts à la fois (FG et Le Drian). Finalement, une scission stratégique qui, à court terme, leur permet de garder des élus, mais à long terme pose des questions sur l'avenir du parti.

Les paysans de Terres de Bretagne (qui finance? la FNSEA?) s'en sorte pas mal mine de rien, mais doivent payer leur campagne. Moi qui pensait qu'il n'avait pas de bulletin, je les plaçais bien en dessous. Comme quoi, l'agriculture était un vrai thème de campagne, comme l'écologie.

Les scores en Loire Atlantique.

Autant j'étais plutôt lucide en Région Bretagne, autant je me suis planté dans mes pronostics en Pays de la Loire. Car Auxiette remporte aussi largement le premier tour. Europe Ecologie s'en sort mieux qu'en Région Bretagne avec 13,64% et 16% en Loire-Atlantique il me semble.

Je ne surprendrais personne en fustigeant l'arrogance de Troadec en Loire-Atlantique. Autant en B4, faire une liste pouvait avoir du sens (demain, on rase gratis), autant en LA, elle en avait aucun. J'avais prévenu que cela décrédibiliserait l'idée de réunification et cela a commencé. Nous allons devoir panser les plâtres de l'arrogance de l'Emsav qui ressemble plus, en Loire Atlantique, à une bête traquée qui mord avant de mourir plutôt qu'à un félin calme et habile. Je pense qu'il faut revoir toute la stratégie en Loire Atlantique et passer d'une stratégie de défense à une stratégie de reconquête. Cela nécessite de voir la réalité en face ce que l'Emsav refuse obstinément. 2,62%, c'est minable pour "la seule liste pro-réunification" (dixit Troadec). Les paroles sont entendues et réutilisées.

La suite (le deuxième tour).

Pour l'instant, les négociations sont difficiles entre Le Drian et EEB. Troadec, le dur à cuire, a déjà décidé d'appeler à voter pour Le Drian sans attendre de savoir si Europe Ecologie Bretagne (autonomiste rappelons-le) se maintenait ou pas. Quel courage! Lui qui se disait indépendant des partis de gouvernement appelle à voter PS sans même attendre une heure. Une chose me rassure, Troadec perd sa place de conseiller régional. Il l'a bien mérité car son bilan au bout de 6 ans est merdique et c'est nous qui l'avons mis là! En voilà une belle casserole de l'UDB...

Le conservatisme des français nous place dans une situation pas terrible! Le Drian (à l'heure où j'écris) refuse de jouer la calculette (mathématique comme il disait avant la campagne). Certes, son poids est important, mais il oublie de rappeler que le rapport de force est en notre faveur (l'écart s'est réduit depuis 2004). Il n'aimait déjà pas que l'on se présente face à lui (logique, mais bon, la démocratie, ce n'est pas forcément le projet de société socialiste), mais là, il refuse l'union de la gauche et préfère laisser de côté 12,21% des voix de côté soit 134112 électeurs de gauche.

Fusionnera-t-on? S'il joue au plus malin, Le Drian risque de perdre gros. Gagner mollement en premier lieu et payer sa décision localement. Nous perdrons une capacité d'action car dans l'opposition, les marges d'action sont plus faibles. Nous demandons simplement une répartition équitable, c'est à dire proportionnellement au nombre de voix.

Evidemment, j'appelle au vote blanc en Loire-Atlantique. Même si cela ne fera pas frémir Auxiette, il est clair qu'à force de nous mépriser, il ne faut pas s'attendre à ce que l'on soit sympa. Nous ne représentons sans doute pas grand monde, mais il est clair que tant que le président de région sortant en PdL refusera le débat sur la réunification bretonne, je ne le qualifierai pas de démocrate.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 15:21
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Tout inscrit sur les listes doit, je l'espère, avoir désormais reçu ses professions de foi dans sa boîte aux lettres. Je me suis donc amusé à les décortiquer. Je n'ai pas l'intention ici de faire une analyse détaillée des professions de foi (vous savez lire), mais plutôt de noter ce qui m'a interpellé. Merci de me corriger si jamais j'ai fait des erreurs ou des oublis...

La première chose concerne l'écologie. Quasiment toutes les listes ont trouvé un soutien écolo quelconque: le Modem a "Ecologie et Démocratie" (kesako?), le PS a "Bretagne écologie", le NPA a "Bretagne décroissance" et "les objecteurs de croissance" (la carpe et le lapin, des décroissants avec des productivistes!), le Front de gauche a "la fédération" et le meilleur, Christian Troadec, a "l'Alliance écologiste indépendante". Pour ceux qui se laisseraient abuser par ce nom joli, sachez que ce rassemblement compte dans ses rangs 
la France en action, un parti qui a quelques controverses au cul sur ses liaisons avec des sectes). Moralité: l'écologie est le grand enjeu de cette campagne électorale. A ce jeu là (mais je ne suis pas objectif), je ferais plutôt confiance à des partis comme les verts et l'UDB engagés depuis des décennies (et pas sur le tard) sur ces thèmes.

La seconde concerne les thématiques de l'Emsav (langue bretonne et réunification): seules les listes de Troadec et d'Europe Ecologie ont inscrit un peu de breton sur leur profession de foi. Le Drian a signé "Bevet Breizh"! La liste FN s'engage à "cesser de subventionner les associations à caractères communautariste, ethnique ou politique" (sous entendu les associations bretonnantes comme Diwan), LO, Solidarité et Progrès, le NPA ne tiennent pas compte de ces thématiques. La réunification est abordée par EEB, Troadec, Le Drian, le Modem, Malgorn (pas clair, mais on lui laisse le bénéfice du doute). Le Front de gauche qui a un couplet sur la langue bretonne ne dit mot sur la réunification.

La palme des mensonges revient à Solidarité et progrès catalogué à gauche par des journalistes qui ne font pas leur boulot. Ce n'est pas parce qu'on appelle à voter Royal qu'on est à gauche. A vrai dire, S&P est même une sorte de secte d'extrême-droite qui se présente sans complexe aux élections. J'invite ceux qui seraient tentés à lire le texte de Damien Perrotin sur le sujet, ça vaut le détour. J'ai moi-même rencontré le tête de liste à la sortie d'un débat et l'ai gentiment prié de ne pas me vendre sa soupe. Cette lecture est nauséabonde car elle cache sous des mots clefs une vision limite nazie de la société. Ma seule question: tous les candidats de cette liste savent-ils qui est LaRouche?

Le second menteur, mais moins grave, c'est Christian Troadec passé maître dans le populisme. Indépendant des états majors parisiens? Allez, on va dire que oui, mais l'Alliance écologiste indépendante est un parti français que Diable! Je me marre. La 3ème raison de voter pour lui, ce serait la seule liste qui dans les faits se positionne pour la réunification de la Bretagne. Il suffit de lire deux paragraphes au dessus pour constater que, dans les faits (puisqu'inscrit sur la profession de foi), d'autres listes s'engagent à y travailler. Rappelons que l'ami Troadec a eu 6 ans pour réunifier la Bretagne et que sa collaboration a été... invisible. 4ème raison: c'est la seule liste ambitieuse qui dit clairement (je résume) que les pouvoirs politiques et financiers de la Région sont insuffisants. Ah bon? Je crois que votre serviteur passe son temps à le dire et qu'il est une voix de l'UDB et d'EE. Enfin, le pompon! Ce serait grosso-modo la seule liste revendiquant l'autonomie! Amusant de lire ça quand Europe Ecologie Bretagne a fait venir un gallois du Plaid Cymru pour expliquer aux Bretons que l'autonomie est une voie vers la résolution de leurs problèmes et que la notion est inscrite noire sur blanc sur la profession de foi. Pourquoi donc M. Troadec souhaite-t-il être toujours "celui qui", "le seul"?

Viennent enfin les mots clefs, mais là je ne m'apesantirai pas. Ce sont toujours les mêmes. EE n'est pas exempt de cette critique, mais je me marre en imaginant une liste soutenue par Didier Super qui veuille une Bretagne "moche, polluée, anti-sociale et réactionnaire".

Sur le reste, on rentre dans l'idéologique ou le listing de mots (généralement preuve que le programme est vide) donc je ne vais pas développer. Il ne s'agit pas de dire bien ou mal, mais de donner quelques faits. D'ailleurs, en parlant de faits, que vois-je sur le tract de Christian Troadec? Une adresse belge? La maquette est faite à Pacé, mais dois-je déduire que le tirage a été sous-traité en Belgique? J'attends la réponse. M'enfin, si c'est avéré, peut-être faudra-t-il revoir le discours d'une "Bretagne qui défend ses industries..."? Le minimum, c'est de faire travailler les imprimeries locales! Chez nous, c'est Cloître il me semble, comme pour le Peuple breton. 

Sur ce, faites votre choix pour dimanche. Vous savez déjà ce que je vote!

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 15:00

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Dernière ligne droite avant les élections. Je ne vais pas faire une séquence nostalgie car les élections sont loin d'être la période politique la plus agréable. Je préfère nettement la période hors campagne puisque mes jeunes camarades et moi-même sillonnons aussi la Bretagne pour faire de la pédagogie. Voici donc, pour ceux qui pensent qu'EEB est un rassemblement de tocards, notre programme! Et qu'une autre liste me démontre que le leur est aussi avancé...

Je suis assez attaché au fond idéologique et je suis plutôt satisfait du programme. Bien entendu, le jour où nous arracherons l'autonomie à cet Etat centralisateur, les leviers seront nettement plus importants. Cette campagne se termine et je ne regrette pas mon choix. Quelque soit le résultat, l'UDB a démontré que le fond prime sur la stratégie au premier abord la plus payante. Je trouve ça courageux et honnête.

N'oubliez pas de voter ou de donner une procuration. Même si certains trouvent ça ringard, c'est important pour la démocratie!

Téléchargez donc en cliquant sur la thématique de votre choix:

Présentation

Agriculture

Aménagement du territoire

Biodiversité

Culture

Economie

Energie

Formation

Habitat

Institutions

International

Langue

Littoral

Recherche

Santé

Solidarité

Transports

+ Téléchargez le programme résumé en breton.

+ Téléchargez Koulmig du mois de mars.

J'en profite pour annoncer le meeting du clôture qui aura lieu à Lorient, mercredi 10 mars à 20h30 au Palais des congrès.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 17:50
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Militant d'arrache-pied hors de mes activités professionnelles pour le Peuple breton, la dynamique jeune d'EEB, la communication, la mise en réseau ou quelques points du programme, je n'ai même pas eu l'occasion d'annoncer que je suis candidat sur la liste du Morbihan d'EEB (voir ici). A noter d'ailleurs que deux de mes co-listiers ont fait la même formation que moi en géographie.

Cet article se veut un petit aperçu de mon avis à un mois du premier tour et un rappel du pourquoi s'engager dans cette dynamique.

Pour ceux qui n'ont pas suivi le feuilleton, cela a commencé par un bon score aux européennes d'Europe Ecologie auquel l'UDB a participé. Puis, par une division chez les Verts et le choix d'une stratégie différentes par quelques uns d'entre eux (dont beaucoup de personnes que j'apprécie). Cette division a déposé le nom de "Bretagne écologie" et entendait négocier avec JY Le Drian dès le premier tour. Puis, l'UDB a fait le choix de poursuivre le rassemblement Europe Ecologie au premier tour estimant que cela ne desservait pas la gauche vu le mode de scrutin et que les idées du parti étaient idéologiquement plus proches des Verts que du Parti socialiste et du Parti communiste. Ensuite, il y a eu une scission chez les communistes qui entendaient relancer le "front de gauche" et la constitution des listes du PS. Christian Troadec, de son côté, avait lancé sa liste dans l'espoir de faire pression et d'obtenir une place éligible sur une des listes (EE ou PS). Stratégie foirée qui, au grand bonheur des "purs et durs" qui allaient enfin montrer au monde la puissance du milieu breton, a débouché sur la constitution d'une liste autonome! Sauf que Breizhistance (Emgann mod-nevez), dénonçant une dérive droitière, (comme c'est étonnant) s'est retiré des négociations et soutient aujourd'hui Europe Ecologie Bretagne, "seule liste plaçant au coeur de sa campagne un travail d'information sur l'évolution institutionnelle de la Bretagne" (dixit Gael Roblin). L'UMP s'est déchirée trop longtemps entre gaullistes et libéraux pour que les séquelles cessent sans souffrance et le Modem... honnêtement, je ne les entends pas!

oiseau-seul.gifPourquoi donc ai-je défendu la poursuite du rassemblement EE au congrès de l'UDB? Premièrement par idéologie. En 2004, les Verts et l'UDB atteignent 9,7% et gagnent leur siège par une fusion réussie avec le PS et le PC qui permet de faire gagner la gauche. Aujourd'hui, la donne est différente. Le bilan régional est bon (et nous en assumons une part faut-il le rappeler!) et Le Drian a bonne presse, surtout dans les médias. La droite, c'est un secret de polichinelle, n'imagine même pas gagner! Cela dit, il ne suffit pas d'aller dans la bonne direction, il faut aussi y changer de vitesse au regard des urgences (écologiques, mais aussi sociales, culturelles et économiques). Dès lors, le choix était simple:

Troadec? Je refuse de rentrer dans la danse de l'Emsav pré-pubère qui, par dogmatisme (anti partis français), se cherche des leader capables de mener une certaine idée de la Bretagne au pouvoir sans partage. Donc, pas de Troadec. Comme a dit Stivell, "bon courage", c'est tout ce que je souhaite aux militants sincères que je connais là dedans. Mais qu'on ne me parle pas d'idéologie ou de sincérité de la part du baron du Poher. D'ailleurs, il est le meilleur allié de Le Drian dans ce jeu de billard à trois bandes (PS-EE-Troadec). Et croyez-moi ou pas, le "pur et dur" a eu 6 ans pour parler d'autonomie, il n'a guère fait mieux qu'un gentil régionalisme.

Le PS? Oui, ça aurait pu être un choix. Un bon choix même puisque Le Drian entendait mettre son parti sous silence pour incarner, lui, la Région. Un choix pragmatique donc qui nous aurait permis d'écrire ensemble le programme. Mais jusqu'à quel point? Et c'est là que ma décision s'est prise. JY Le Drian, tout bon président qu'il est, n'est pas assez ambitieux pour moi. Se contenter de quelques compétences quand l'autonomie pourrait permettre de répondre plus efficacement à la plupart des problèmes que nous connaissons, cela se résume à une acceptation des règles du jeu dictée par l'Etat. Je veux un bras de fer avec cet Etat jacobin! Car quoi, pourquoi devrais-je avoir honte d'être autonomiste? L'Etat central a-t-il un si bon bilan qu'il puisse me juger ainsi? Regardons le Pays de Galles qui va d'ailleurs bientôt se prononcer pour augmenter son pouvoir législatif. En 10 ans, quel boom culturel! Quel boom économique! Quel rempart contre le libéralisme! Qu'on nous donne ces dix ans à nous aussi. Nous n'avons jamais eu notre chance de prouver quoi que ce soit car les électeurs sont frileux et conservateurs.

affiches-ben.jpgEurope Ecologie Bretagne n'est pas une alliance parfaite, mais elle propose une véritable conversion écologique de l'économie. C'est une révolution digne des urgences actuelles et pas un simple coup de peinture vert à un programme productiviste ou équimentier. C'est une liste qui  a accepté les exigences de l'UDB en matière de promotion d'un modèle de gouvernance, mais s'appuie aussi sur son expertise en matière culturelle et sociale.

Les sondages hexagonaux au moment où je parle sont assez bas pour Europe Ecologie. Il n'est même pas certain que nous ayons des élus! Disons-le clairement, les gens sont blousés par le syndrome 2002 (Jospin) qui ne peut en aucun cas arriver pour des régionales, élections à deux tours qui permettent à ceux qui ont fait 10% de se maintenir. Croyez-vous vraiment que JY Le Drian ne fera pas ces 10%? Avec la presse dans la poche? Quand en Une du Ouest-France, on titre que le TER est une réussite, c'est un appel à voter pour lui même si UDB et Verts étaient membres de la majorité. Nous disons simplement: voter Le Drian bien entendu, mais avec nous au second tour!

Je sais que les socialistes craignent Europe-Ecologie. A tel point que mes copains de Bretagne écologie sont médiatiquement plus importants que les militants PS ou PC de la liste. On ne vote pas le PS, on vote Le Drian! Comme si un homme seul changeait le monde! En arriver à une telle extrêmité, n'est-ce pas l'aveu d'un échec du PS au niveau hexagonal? Faire ce constat ne veut pourtant pas dire qu'il faille cracher sur la gauche (nous en sommes clairement), ni sur le PS qui n'est pas homogène. La présence d'Europe Ecologie en autonome aura permis la mise en avant des thèmes écologiques dans tous les partis et  - sans doute aussi du fait que l'UDB soit présent dans cette alliance - le choix d'un régionalisme plutôt qu'un départementalisme. Et la réunification est devenu un thème de campagne! Plutôt encourageant...

Je ne regrette pas mon choix et même si nous nous plantons, j'estime que nous aurons joué notre partition. C'est aussi ça la démocratie! Faire entendre ses idées et ne pas céder au bipartisme. La gauche plurielle, c'est parfois un bon moyen de contrer la droite, mais c'est un peu comme les langues. Il y a toujours une majeure et une mineure. Dix bretonnants parlent entre eux à une table. Un non-bretonnant arrive et tout le monde se met à parler français!

Nos documents de campagne laisse la place au breton, cinq de nos candidats potentiellement éligibles sont bretonnants, l'exigence de réunification n'a pas posé de problème et a même débouché sur un accord avec EE PdL (malgré la difficulté), l'autonomie est promue et un gallois nommé Ned Thomas a même fait une série de conférences en Bretagne sur le thème de "10 ans d'autonomie au Pays de Galles" (excellentissime), la thématique sociale a largement trouvé sa place dans le projet de reconversion écologique de l'économie, René Louail est une pointure qui vaut tous les José Bové de la planète; que des membres influents de réseaux tels que "les Enfants de Don Quicotte" ou "Jeudi noir" s'engagent dans cette démarche prouve que le social est loin d'être la cinquième roue du carosse. Il y a 1001 raisons de choisir EE et la première, c'est sans doute que nous sommes capables de gouverner.

fresque-nantes.jpgQuant à moi, j'ai l'occasion de militer comme d'habitude un peu partout en Bretagne. Comme le week-end dernier à Carhaix avec mes camarades jeunes de l'UDB (voir ici) ou à Brest, Gourin, Lorient evel just, Rennes ou St Malo, St Brieuc et bientôt Paris, Bruxelles et Nantes pour la fresque humaine du 27 février. Et j'apprends plus que jamais avec Ronan Leprohon chaque mois pour faire le Peuple breton.

Voilà quelques bribes dans un long post. Mon pronostic? Ça ne se fait pas, mais au diable le politiquement correct. Je dirai 30-32% pour Le Drian, 13% pour EE. Peut mieux faire pour nous, mais la politique, c'est comme le tennis! Tant que la fin n'est pas sifflée, tout est possible... Neuze, votomp!



* L'artiste Ben fait partie des soutiens d'Europe-Ecologie ou plutôt de R&Ps (voir ici). Il n'est pas le seul bien sûr, mais certains n'ont pas encore appelé officiellement et la déontologie fait qu'on ne parle pas au nom d'Autrui.

* La première synthèse du programme est téléchargeable ici.
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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 16:21
tintin_au_congo.jpg

La polémique! J'ai beau m'être défendu de l'être, il n'y a pas à dire: je suis polémiste. D'ailleurs, je suis un "pur" produit du milieu dont je suis issu et que je critique. Le mot polêmikôs concerne la guerre. Pour un anti-militariste, dur d'encaisser ça. Un copain lecteur me faisait d'ailleurs remarquer que j'ai fait un lapsus dans mon dernier article ("guerre" au lieu de "guère"). Et pourtant, vérifiant les définitions de wikipédia dans un dico étymologique, je confirme, je suis polémiste. D'ailleurs, il semblerait que cette pratique est spécifique à la Politique: une opposition.

A bien y réfléchir, il est vrai que je n'aime pas le consensus. Je préfère mettre les choses sur le tapis quitte à m'engueuler plutôt que jouer les faux amis et passer sous silence les divisions. C'est le cas avec l'Emsav avec qui je règle régulièrement mes comptes, soucieux que je suis de balayer certaines formes de pensées que je déplore (ex: la rhétorique: "les partis français", "plus breton que..."), ça l'est aussi avec les écolos dont je suis proche. Parlons de tout plutôt que de fermer nos gueules.

J'ai d'ailleurs plus de respect pour un adversaire avec qui je peux débattre intellectuellement que pour un type dogmatique (qui ne remet rien en cause) et qui parle sans avoir réfléchi au préalable ou qui répète des rumeurs sans en avoir vérifier les fondements. L'opposition n'empêche nullement le respect ou l'amitié (pour ceux qui en doute, j'ai des amis de droite et même des amis jacobins).

Donc, oui, la polémique est une guerre. Guerre contre les préjugés surtout, guerre contre l'ignorance aussi, guerre enfin contre le capitalisme et sa propension à simplifier la complexité pour son seul profit. Je suis adepte du pamphlet, j'aime la satire, je rédige des manifestes et je fais de la propagande comme TOUT parti politique (propaganda est l'adjectif verbal de propagere signifiant littéralement "ce qui doit être propagé").

Comment me sont inspirés ces coups de gueule polémistes? Par l'accumulation d'indices, par une rhétorique tant de fois entendue depuis mon enfance, par des serpents de mer pénibles à la longue et qui nous empêche d'avancer. Quand je disais par exemple que le milieu breton vivait dans une mythologie de la Bretagne, voici ce que j'ai reçu dans ma boîte (extrait du mail d'un type sympa qui n'a rien d'un militant d'Adsav):

"Moi je suis breton et druidiste, je serais un breton de trop breton ? Non, je suis pas moins breton que Glenmor ou le Uther Pendragon mais toujours plus que toi... chaque jour je deviens plus breton à être moins français... je ne peux pas être les deux, la France est une fantaisie et renier un certain romantisme dans le nerf breton est une erreur..."

Je m'affaiblis à me justifier sans cesse. Mais j'ai peur d'être mal compris. En l'occurence, je déplore une certaine dérive nationaliste du milieu breton et l'opposition systématique entre breton et français. Ceux qui cherchent à me convaincre perdent leur temps comme je perds le mien à essayer de les convaincre de ma bonne foi. Je ne parle que pour ceux qui se cherchent encore. Et j'affirme que l'on peut appartenir à deux pays. Est-ce si difficile à concevoir pour des gens qui prônent la diversité?

Illustration: Tintin au Congo (sous-entendue la polémique autour de cette BD).
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 11:10

Gael-poing-leve.jpgJe l’ai déjà dit : je suis nationaliste. Pour beaucoup, ce mot fait peur et c’est bien normal puisque l’Etat l’a rendu responsable de la seconde-guerre mondiale. Pour moi, il n’en est rien. Seule la bêtise de deux Etats-Nations et le laissez-faire des populations a rendu possible cette boucherie. Etre « français », être « breton », être « allemand » ou « basque », « marocain » ou « kabyle », c’est se revendiquer d’une nation. Car une nation n’est guerre plus qu’un territoire approprié par un peuple qui a conscience de lui-même. Si les bretons ont peur de ce mot, c’est qu’ils sont multi-appartenants (ne se sentent pas QUE bretons, c’est mon cas) et craignent l’indépendance. De mon point de vue, les nations se chevauchent et c’est l’Etat-Nation qui est périmé. Ce que nous nommons dans notre jargon « Emsav » (mouvement politique breton) refuse de l’accepter. Seule l’UDB l'accepte et en paye le prix de la part des « nationalistes » qui ne rêvent que d’une Bretagne indépendante. Et le reste on verra après !

 

Seulement voilà, la Bretagne n’est ni le Pays de Galles, ni l’Ecosse, ni le Pays Basque, ni la Catalogne (pour prendre des exemples proches), la Bretagne est la Bretagne et les bretons sont ce qu’ils sont. Il ne sert à rien de le déplorer et il ne sert à rien de faire « comme si » (de ce point de vue là, Françoise Morvan a raison) les bretons étaient autrement. Les bretons se sentent AUSSI français pour la plupart. Doivent-ils être abreuvés de nationalisme français pour autant ? Je ne le crois pas et c’est la raison pour laquelle je ne débattrais pas sur « l’identité nationale » imposée par Eric Besson. On voit déjà à quoi nous mène ce débat complètement illégitime (puisque l’Etat ne doit promouvoir aucune identité de mon point de vue) : à la chasse aux sorcières ! La fameuse lutte contre le « communautarisme » revient au galop au nom d’un Etat un et indivisible. Et le projet de loi sur les langues régionales est enterré. Bel exemple d’ouverture aussi chez les jacobins !

 

Ras-le-bol des leçons d’histoire que des élèves complètement déboussolés doivent apprendre tel un catéchisme : « la Bretagne est une région qui compte quatre départements » dans la bouche de millions de gamins pour qui territoire rime avec administration ! Comment pouvons-nous lutter ? Comment expliquer, displegañ, déplier et mettre à jour, la vérité : l’Etat se construit autour d’une mythologie.

 

Messie mais nonLe hic, c’est que tous les militants de l’Emsav le savent, mais que beaucoup d’entre eux choisissent de prendre à contre-pied cette mythologie en en créant une autre : une Bretagne éternelle pour les uns, la Celtie pour les autres… tous ces romantiques en quête d’Absolu cherchent à mettre en pratique des idées qui nécessitent bien plus que de belles paroles pour être réalisées. Nombreux sont les militants à rejeter le réalisme de l’UDB et son acceptation des règles démocratiques pour se réfugier derrière des partis « rassembleurs » et souvent guidés par une personnalité charismatique. Pour ma part, je n’ai jamais cru aux Messies et ni Le Drian, ni Cohn Bendit, ni Granville ou même mon camarade Ronan Leprohon ne constituent pour moi des modèles. Chacun mérite le respect, mais seuls les partis comptent. L’idéalisme est un chemin à suivre, pas un but à atteindre. Le monde parfait n’existe pas et personne ne peut y mener.

 

J’entends de plus en plus fréquemment des argumentaires visant à dire que « l’important, c’est la Bretagne ». Je suis effrayé par ces discours et je vais m’en expliquer ici. La Bretagne ne constitue en rien un projet de société. La Bretagne est un territoire où vivent des bretons, mais également des non-bretons. Ces gens désirent vivre ensemble. Mais chacun d’eux a une vision bien à lui de quel monde il veut. Les partis représentent théoriquement chacun un projet de société (l’UDB est autonomiste, socialiste et écologiste) et c'est ce projet là qu'il faut défendre. Je dis "théoriquement" car en ces temps d’élections régionales, le vieux serpent de mer de l’union bretonne a refleuri. Comme une odeur nauséabonde, ce relent de préférence nationale a de quoi effrayer par le fait qu’il met en second plan l’idéologie pour se concentrer sur une vague idée  ou plutôt un archétype d’une Bretagne idéale ("ni de droite, ni de gauche"*). Résultat, pour ce genre de liste, est breton celui qui vote breton ! C’est dire si nous sommes peu ! Quoique l’UDB, alliée aux Verts, n’est qu’un parti de traitres puisqu’il pactise avec l’ennemi : les partis français. Vous noterez l’ouverture de ces types pour qui un électeur du PS, de l’UMP, du NPA, du PC, du Modem ou des Verts (…) n’est pas breton. Pour vous, c’est quoi être breton ?

 

d-fense-hopitaux-et-maternit-s-de-proximit-.gifCeux qui s’intéressent à la politique ont peut-être suivi le duel des Christians. D’un côté, Christian Guyonvarc’h, vice-président du Conseil régional de Bretagne qui semble animé par une foi sortie d’on ne sait où tant on reste béat devant la quantité de travail qu’il abat à lui seul. De l’autre, Christian Troadec, maire de Carhaix et icône du Poher pour son engagement dans diverses luttes dont celle de l’hôpital. Il convient avant tout de rappeler que Christian Troadec était membre du groupe UDB et qu’il l’a quitté suite à l’affaire de l’hôpital de Carhaix nous reprochant de vouloir « négocier ». Grand bien nous a pris de négocier puisque c’est cette négociation, rendue possible par le soutien populaire auquel l’UDB a participé activement, qui a permis à l’hôpital de ne pas se transformer en centre gérontologique. Ce qui distingue CG de CT, ce sont surtout les méthodes : le premier se fie à une réalité donnée pour parvenir au meilleur résultat possible, le second lève le poing, râle, hurle, mais ne propose rien au final. Dans ce combat, je pense que le romantisme du second l’emporte auprès du public et c’est pourtant cette passion qui risque de mener notre idée de la Bretagne à sa perte. Cette quête de l’Absolu explique aussi la désaffection des gens pour la Politique et les partis : on ne rentre dans un parti que si l’on est d’accord avec tout. Quelle connerie ! Croyez-vous que je sois toujours en accord avec le mien ? Construit-on un monde seul ?

 

Concrètement : Christian Troadec officiellement par idéal, officieusement parce qu’il s’est fait jeter des partis auxquels il a rendu visite (PS, Verts, UDB + Europe Ecologie et même Bretagne écologie), a monté sa liste aux régionales. La première chose qu’il entreprend est de taper sur l’UDB car il sait que nos électorats se chevauchent. Soit. Christian Guyonvarc’h le tacle, agacé par son populisme et désirant un minimum d’honnêteté intellectuelle. Il faut dire que son départ et ses attaques injustes nous ont touché car qui a payé les campagnes de Troadec aux législatives ? aux sénatoriales ? Qui a permis à Troadec d’être conseiller régional ? Qui a médiatisé son combat pour l’hôpital de Carhaix et lui a offert des tribunes un peu partout en Bretagne ? Qui si ce n’est l’UDB dont les combats ne sont jamais reconnus par personne.

 

L’idéologie est donc souvent laissée de côté au nom d’un nationalisme (assaisonné d’individualisme) complètement crétin car ce n’est pas le nationalisme qui compte, mais la vie des bretons donc l'idéologie (voir ici les conséquences d'une non-clarification idéologique). Ce qui est vrai du mouvement breton l’est aussi de l’environnementalisme. Au sein d’Europe-Ecologie, certains voudraient un rassemblement alliant Verts (de gauche), UDB (de gauche), Cap 21 (de droite), MEI (de droite)… Ceci est inacceptable et rejeté par l’UDB. La liste Europe Ecologie Bretagne, pour ceux qui en douterait, sera bel et bien de gauche, elle ! Qu'il y ait des individus de gauche au sein de CAP 21, je n'en doute pas un instant, mais leur parti est à droite. S'ils souhaitent rejoindre EEB, qu'il le fasse individuellement, sur la base d'un engagement de gauche.


Quoiqu'il en soit, la tête haute et le poing levé, je le dis: je suis membre de l'Union démocratique bretonne, un parti sincère et honnête, qui dit ce qu'il sait et qui propose une alternative à ce monde ravagé par l'individualisme et la quête du profit. Je suis membre d'un parti qui sait qu'il ne gouvernera pas seul et qu'il vaut mieux faire passer ses idées au plus grand nombre plutôt que de vouloir les mettre en place seul. Je suis simplement membre d'un parti démocratique. Avoir un regard d'enfant, pourquoi pas! Avoir des réponses d'enfant, pas question! 



* Pour aller plus loin, voici ce que dit Raymond Debors à propos du "ni-droite ni-gauche":

(...) déplorer que la gauche fasse (presque) la même politique que la droite et ne se situer « ni à gauche, ni à droite », ce n’est pas la même chose. La gauche étant historiquement identifiée au socialisme et au pouvoir des travailleurs, l’idée d’une « troisième voie » entre elle et une droite identifiée à la bourgeoisie et au capitalisme, a toujours appartenu à l’extrême droite fasciste. C’est le « ni droite ni gauche » de Le Pen. Cette formule est naturellement une escroquerie dans la mesure où il n’y a pas d’autre choix qu’entre celui de mener une politique favorable à la finance ou une politique favorable au monde du travail. L’histoire contemporaine nous a malheureusement démontré à de trop nombreuses reprises que le fascisme a toujours fini par choisir le capital contre le travail et par écraser dans le sang la gauche pour la plus grande satisfaction des groupes industriels monopolistes.
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 22:58


Le dernier commentaire que j'ai reçu d'une copine voulait en savoir plus sur la "destruction progressive, méthodique et préméditée des contre-pouvoirs" que j'ai évoqué dans mon article sur le roi soleil. Cette caricature de michaelski en donne un petit aperçu.

Mais d'abord qu'est-ce qu'un contre-pouvoir? Pour en parler, je me réfère à Montesquieu et la nécessaire séparation des pouvoirs d'une démocratie. Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. On pourrait remonter à Aristote d'ailleurs car cette évidence que beaucoup ne connaissent plus est très ancienne. Ces pouvoirs répartis permettent de partager les tâches et ainsi éviter de concentrer les pouvoirs dans les mains d'un monarque.

Qu'est-ce qui me fait dire que la séparation des pouvoirs est en danger en France, mais également la démocratie? Un autre pouvoir dont on parle: les médias. Et j'affirme que cette destruction est méthodique, commanditée par un type qui n'a de politique que la prétention, mais qui est assoiffé de pouvoir. Une conception du pouvoir bien étrange, quasi messianique, qui ne connaît pas la contradiction, seine en démocratie.

D'Hadopi au directeur de France télévision, de la chasse judiciaire aux chiraquiens (que je n'aime pourtant pas beaucoup) à la réforme territoriale, chacune des attaques faites est un poinçon enfoncé dans le cuir de la démocratie. Et celle-ci n'est pas éternelle. Silvio Berlusconi a montré le chemin à ne pas suivre (corruption, cynisme...), mais Sarkozy lui emboîte le pas, la tête bien haute, décomplexé.

Le fait que les médias se concentrent sur des broutilles prouvent à quel point l'idéologie est has been. Je suis sans doute ringard en défendant un ancien monde. Aujourd'hui, tout le monde souhaite faire une autre politique, mais on attend beaucoup le mode d'emploi de cette nouvelle politique! Où est le plan B? Chacun crache sur le politique et fait confiance à telle ou telle personnalité ne représentant que lui même, mais censé mener le peuple vers le bonheur.

Aujourd'hui, de Besancenot à Sarkozy, de Mélenchon à Ségolène Royal, de Cohn Bendit à Bayrou, chacun prétend être le porte-parole d'un cri du peuple, d'un rassemblement. Une association n'est pas forcément plus démocratique qu'un parti. Et le mien l'est! Moi, je reste sur ma position. Je ne veux pas d'une autre politique. Je veux rétablir les principes fondamentaux de ce qu'est LA politique.

Et je suis révolté que personne à droite ne se lève contre ce tyran qui s'en prend tantôt aux juges, tantôt aux instits ou profs (l'éducation est la condition sine qua non de la démocratie), tantôt au corps hospitaliers pas assez rentable... un détail est généralisé pour pouvoir surfer sur la rumeur, la vox populi, le ragot. Et c'est ainsi que se banalise le racisme, les clichés et c'est ainsi que l'on oppose les corps de métier les uns aux autres, que l'on individualise toujours plus la société.

Je m'enflamme et me rends compte que j'effleure simplement le sujet. Il faudrait que je prenne l'habitude de faire une revue de presse à ce sujet.

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 18:00

Je ne sais qui m'insupporte le plus des courtisans ou du courtisé? Je suis effrayé par tant de salamalec à cet alter-égo de Berlusconi qui nous sert de Président de la République. D'aucuns diront qu'il a été élu, j'ajouterai largement même et sur un programme assumé. Mais que je sache, la critique était plus virulente avant l'élection. Aujourd'hui, de fades polémiques tentent de faire oublier le fond et l'avenir sombre que nous réserve le nouveau prince des médias! Je ne lis aucune émotion dans le déni de démocratie à l'oeuvre, sur la destruction progressive, méthodique et préméditée des contre-pouvoirs, sur l'assujettissement de la Justice et du Législateur à l'Exécutif? Un jour un texte non voté est purement et simplement revoté, un jour on banalise des thème de l'extrême-droite, un jour on nomme le directeur de la télévision publique, un autre on annonce sans concertation avec les collectivités territoriales que les finances locales vont être revues (recentralisées) et que le pouvoir des régions, plutôt que de s'accroître va cesser (dans les faits, c'est ce qui risque de se passer)... et les deux seuls canards que je connaisse qui en parle sont le canard enchaîné justement et mon Peuple breton!

Réveillez-vous bande de larbins! Le bilan du Président n'est pas bon: le taux de chômage reste fort, la dette publique est abyssale (bien que l'Elysée cherche à faire passer la dette publique de l'Etat en dette des collectivités, voire en dette privée), la politique pragmatique à court terme nous mène au désastre économique, écologique et social.  Sans vouloir faire de poujadisme, avez-vous vous ressenti une quelconque amélioration en matière d'imposition?  Saviez-vous que l'Etablissement Public Foncier Régional, bien que voté par les élus  régionaux, se fait actuellement torpiller secrètement par le Château? Faites votre travail d'investigation messieurs les journalistes! Thalassa l'a fait et cela donne des résultats! Les journalistes sont timorés et ne font quasiment aucun commentaire sur les dérives bananières de l'Etat. De l'info brute et la vindicte populaire. On peut se moquer des italiens et de leur mafia, la nôtre n'est guère meilleure! Tout le monde a peur de parler, peur de s'opposer, peur de respirer... comme si Nicolas Sarkozy pouvait foudroyer toute opposition!

Qui mènera la fronde? Louis XIV avait son Grand Condé, je doute pour ma part que Brice Hortefeux joue ce rôle là... La mise à l'écart des chiraquiens (affaire Clearstream) a tué la contestation interne. L'Etat est UMP, l'Assemblée Nationale est UMP, le Sénat est UMP et dans nos institutions, c'est tout ce qui compte! Le reste, c'est les miettes.
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 17:10


Cela fait bien six mois qu'Adam Price, député du Plaid Cymru à Westminster, m'avait invité à la conférence d'automne de son parti. Celle-ci se passait jeudi, vendredi et samedi et je m'y suis rendu avec l'objectif de renforcer nos relations d'amitiés avec un parti qui nous ressemble énormément: de gauche sans aucun doute, écologiste sans doute non plus et porteur d'une vision territoriale de la politique.

Llandudno est une petite station balnéaire au nord du Pays de Galles qui fait face à un champ d'éolienne en mer. Après moults péripéties pour arriver à Llandudno (il faut dire que le réseau ferré, au Royaume Uni, est vraiment centralisé), j'ai rejoint Gwenllian avec qui j'étais en contact depuis ici. Mon ami Günther Dauwen, directeur de l'ALE, mais aussi Gwenael Henry qui s'est rendu au Pays de Galles il y a un mois m'avaient facilité les choses en prenant les contacts appropriés.

Ce que le Plaid appelle conférence est en réalité un congrès et force est de constater que la politique au Royaume Uni a une autre gueule qu'en France. Comme le BNG, le Plaid compte 8000 adhérents et toutes les TV se déplacent pour leur congrès. Et ce n'est pas deux minutes d'émission qu'on leur consacre! Pourtant, la moitié du temps, les salles sont relativement vides puisque les gallois votent des motions et non un texte complet amendé par les fédérations comme nous le faisons. Personnellement, je préfère notre façon de faire sans doute plus compliqué à organiser, mais qui donne une vision holistique de notre projet de société plutôt que des additions de motions. Une fois cela dit, je n'ai malheureusement pas vu le texte final.

Ce qui m'a surtout frappé, c'est la prédominance des femmes et la maîtrise du gallois! Le dynamisme, je le connaissais déjà (ceux qui veulent en savoir plus sur le Plaid peuvent lire l'article de Gwenael dans le Peuple breton), mais les trois quarts des discours sont fait en gallois et traduit simultanément dans un casque. Petite logistique et 500 participants à vue de nez, tous venus écouter Elin Jones et le leader du Plaid et regarder le nouveau clip "think different, think Plaid".

Je vous passe la soirée, le repas, mes discussions avec Ioan, Gwenllian, Luke, Bethan, Lowry ou Adam, ma rencontre avec Dafydd Iwan (ceux qui fréquentent le westport à Rennes connaissent forcément, c'est l'auteur de Yma o Hyd), le président du Plaid Cymru. Franchement, super congrès même si c'était trop court. Je compte y retourner rapidement...

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 12:15
Na gwen, na ruz (ni blanc ni rouge) est une formule qui décrit les partis qui refusent de se positionner et entendent draguer un peu tout ce qui bouge. Je précise que ce type de position existe aussi bien dans le milieu breton que dans le milieu écolo que dans la sociale-démocratie. C'est, selon moi, un peu comme ce rosé  infect que Bruxelles nous concoquetait: un mélange de vin rouge et de vin blanc. Saviez-vous que certaines rivières continuent d'exister dans un même fleuve? Saviez-vous que l'huile et l'eau ne se mélange pas?

La politique "autrement" consiste, selon beaucoup, à débaucher des individus sur des points bien précis, à l'encontre de toute vision transversale. A chaque lendemain d'élections, le grand jeu des journalistes est de chercher qui a trahit, quels sont les transfuges, qui passe d'un parti à un autre! Ça me dégoûte. Non que l'on puisse voter sur une ligne différente de son parti ponctuellement, mais pourquoi rendre publique cette décision personnelle? N'est-ce pas un peu égoïste? Pourquoi ne pas respecter la démocratie? Après tout, n'est-ce pas la décision des militants?

Que l'on me traite de vieux con ou de manichéen, de vieille garde ou d'anti-pragmatique, je m'en tape car pour moi, même si le concept droite-gauche est soi-disant français, il représente quelque chose. Bien sûr, gouverner ne peut être fait seul et donc il faut négocier, mais pas à n'importe quel prix!

Nos objectifs peuvent être commun, mais pas nos méthodes pour y arriver. Je ne dis pas à la droite qu'elle refuse de s'occuper des problèmes environnementaux, j'estime siplement que ce n'est pas le marché qui réussira à trouver des réponses à ce problème civilisationnel. Donc, oui, tout le monde peut faire de l'écologie, mais j'estime que l'écologie de droite n'est pas suffisante pour atteindre les objectifs de réduction des GES.

Car que diable, il y a tout de même une différence entre rendre les moteurs moins polluants et privilégier le transport en commun à la voiture. Il y a tout de même une différence entre réguler l'agriculture productiviste et en proposer une autre. Il y a tout de même une différence entre le capitalisme destructeur et un système mutualiste et plus en phase avec le local.

A force de vouloir faire du lobby, on en arrive à faire une système moralisateur, mais incohérent.  On concilie une écologie de bobo (avec des 4x4 peu polluants) et une écologie minimaliste, réductionniste. L'écologie se vit de façon transversale d'où la démarche d'Agenda 21. France inter parlait l'autre jour du totalitarisme vert il me semble. Je connais un certain nombre d'écolo intransigeant sur le bio par exemple. N'est-ce pas ainsi que l'on braque les autres, que l'on oppose les individus? L'écologie ne peut et ne doit pas être un lobby de même que le combat breton.

Cette volonté de plaire à tout le monde, je la connaîs et je m'en suis guéri. Ni droite, ni gauche représente pour moi l'anti-projet de société par excellence. Le non positionnement peut même aller très loin dès lors qu'il est couplé au nationalisme. La préférence nationale est un concept raciste pur et simple qu'elle soit française ou bretonne. Je ne vote pas breton d'abord (Breizh hepken), je vote pour une Bretagne qui me convient. Sans quoi, nous n'avons qu'à banaliser le discours du FN ou d'Adsav. Après tout, leur argumentaire est de dire qu'il donne plus de droits aux français ou breton qu'aux autres! Moi, je ne trouve cela inacceptable car les Droits de l'Homme sont pour tout le monde, pas soumis à telle ou telle nationalité. Donc, je vote pour le projet de société qui me convient le plus (et je ne vote pas "utile" non plus).

Voilà un morceau de réflexion. J'assume ma gauche, je crois en un projet alter-capitalisme (et alter-Etat d'ailleurs). Ceci n'a rien à voir avec ceux qui soutiennent une moralisation du capitalisme. Je ne suis pas communiste pour autant, je privilégie juste les systèmes coopératif, mutualiste... Et j'apprécie toujours Michel Rocard pour autant! ;-)
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