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Klask

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 16:22

petit-prince.jpg

J'en conviens, j'abandonne peu à peu ma vie de bloggeur! Faut dire qu'en ce moment, ce n'est pas le travail qui manque et mes amis en font les frais - pourront-ils un jour me pardonner? ;-) -

 

Outre le Peuple breton pour qui je consacre l'essentiel de mon engagement militant, le gros du boulot, ça reste le dossier "décentralisation". Et c'est un vrai bordel! Si on reprend dans l'ordre: Hollande annonce dans sa campagne un "véritable acte 3 de la décentralisation", Ayrault nomme Marylise Lebranchu à la tête d'un ministère de la décentralisation et de la réforme de l'Etat lequel ministère fait "tomber d'un camion" un avant-projet de loi qui a suscité l'ire de toute la classe politique (dont nous).

 

A ce jour, on a un deuxième texte dans les tuyaux que nous avons pu voir entre les lignes (qui, pour le moment est quasiment aussi peu ambitieux que le premier), une contribution bretonne en cours avec théoriquement une session spéciale du Conseil régional de Bretagne le 21 mars. Je dis "théoriquement" car le gouvernement ne semble pas, comme pour la loi sur le cumul des mandats, très pressé sur ce dossier si bien qu'il est possible que cette session soit caduque! Ah, le calendrier... 

 

En revanche, pour le Grand Paris, ça communique: Cécile Duflot, Jean-Paul Huchon... ça, ça ne sera pas oublié! Ni d'ailleurs le statut de métropole histoire de bien complexifier le mille-feuille français. Ou comment saper toute idée de décentralisation en renforçant d'un côté la centralisation et en dépouillant les collectivités au profit de quelques villes de l'autre.

 

Pour les projets pourris, pas de "problèmes juridiques". A l'inverse, dès qu'on veut quelque chose qui va dans le sens d'une "régionalisation" (ce n'est même pas de l'autonomie hein, juste une maigre régionalisation), alors là, on nous sort le couplet du Conseil constitutionnel ou du droit. Car les politiques réfléchissent à périmètre constant du droit! Ambition 0 qu'on vous dit. Je parie ma chemise qu'Hollande a dans son staff les meilleurs constitutionnalistes de France alors qu'on cesse de nous appeler "jambon" et qu'on aille au bout du processus. Si le Conseil constitutionnel bloque, on sera en droit de se demander si la France est encore une démocratie.

 

centralisme-SNCF.jpgDu côté de l'Etat, on repousse aux calendes grecques à peu près la moitié des promesses électorales. En même temps, va t'en réformer un Etat qui conserve un dogme jacobin de l'Etat central tout puissant. Résultat: Marylise Lebranchu a été sollicitée par tous les lobbies d'élus qui sont tous ressortis contents (hum... il y a un os quelque part) ce qui a donné un texte clair comme du jus de boudin. Alors, pour être tout à fait honnête, rien n'est encore fixé sauf sans doute les statuts particuliers accordés aux uns (Lyon, Paris entre autres) et pas aux autres (Bretagne, Pays basque entre autres). Les lois de la République sont les mêmes pour tous nous rétorque-t-on! Ouais ouais, à géométrie variable. Et on s'étonne que l'opinion bretonne se "radicalise", que certains penchent pour l'indépendance? Bref...

 

Voilà, c'était un petit coup de gueule en passant. ça ne m'empêche pas de bosser car les combats qu'on ne livre pas ne peuvent pas être gagnés. Soyons constructifs et proposons. C'est ce à quoi nous nous employons. Ce qui passe passe. Sur ces belles paroles, je rends l'antenne et je la laisse à France info qui, à ma grande surprise, a fait un beau plaidoyer pour la Région dimanche dernier.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 19:01

20121213_elus_regionaux_udb_acte_3.png

Je n'ai malheureusement pas le temps de faire une analyse poussée de ce gros bordel dossier décentralisation. Mais ce que je peux vous dire en revanche, c'est que pour la première fois depuis 6 ans que je suis à l'UDB, j'ai l'impression que nous avons une influence non pas modeste, mais déterminante sur le Conseil régional et même au gouvernement via un travail collectif avec des députés dont Paul Molac.

 

Le dossier "télévision" du dernier Peuple breton est également très bien passé auprès de la direction et des salariés de France 3, c'est assez rare pour le souligner. Je suis de près ce dossier car je pense que nous avons une bonne chance d'avoir des avancées sur ce sujet qui est déjà monté très haut (France Télévision et la Ministre d'après certaines sources). Rien n'est évidemment gagné, mais beaucoup de conditions sont réunies pour que ça fonctionne. Le Conseil régional de Bretagne a voté un voeu en faveur d'une TV régionale. Il nous faudra aussi - et ce sera un gros travail - être vigilent sur les programmes et la diffusion pour que la Loire-Atlantique puisse bénéficier du dispositif.

 

Une-PB-decembre-2012.jpg

En attendant, je vous invite à télécharger le document (en cliquant sur l'image) que les élus régionaux de l'UDB ont produit avant la session plénière. C'est un document d'étape. Le parti produira rapidement un document plus généraliste. Et je vous invite à lire le prochain Peuple breton dont le thème principal sera encore la décentralisation. C'est maintenant que ça se passe, pas dans 6 mois.

 

Je finirai par dire que l'aide est la bienvenue. Si nous avançons, c'est aussi qu'au Conseil régional ou chez les députés, on met nos différences pendant quelques temps sous un mouchoir et on bosse...

 

Objectifs à court terme: le droit à l'expérimentation et le maximum de compétences politiques et non pas seulement techniques, la possibilité de redécouper les régions administratives, un statut pour les langues, une télé régionale, des schémas prescriptifs pour la région.

 

 

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 14:52

decentralisation.jpg

 

François Hollande nous promettait " un véritable acte 3 de la décentralisation", on se dirige plutôt vers un "nouvel acte de la gestion publique" fidèle à la conception que se fait l'Etat de ses "régions", des exécutants. Cette belle carte de magnets que l'on trouve dans les sachets Père Dodu (une pensée pour les salariés de Doux au passage) reflètent finalement assez bien l'expression "diviser pour mieux régner" ou quand la technocratie gouverne! De jour en jour, dans la gazette des communes, dans des réunions ou par la bande, on reconstitue un puzzle qui nous confirme dans l'idée que la démocratie, en France, est très descendante et qu'on peut patienter encore quelques siècles avant d'aboutir à une République qui fait confiance à ses territoires!

 

Marylise Lebranchu qu'on imagine assaillie par les lobbies de tout poil à commencer par les départementalistes, a annoncé que "le projet était prêt". Nous sommes ravis de l'apprendre! Et la consultation des élus dans tout ça? Le Sénat dit s'en être chargé par le biais d'énigmatiques états généraux de la démocratie où les sénateurs ont écouté les élus (leur corps électoral) émettrent leurs doléances. Sauf que les réunions ne sont pas terminées... ça donne envie de travailler, non? On aurait pu aussi imaginer que la société s'empare de ces sujets, non? Quand la réunion de demain aura eu lieu, on pourra alors dire que l'UDB s'est faite entendre dans les réunions de tous les départements bretons, élus ou non d'ailleurs. Pour ma part, je suis intervenu hier devant Edmond Hervé, Virginie Klès, Dominique de Legge et Jacky Le Menn (sénateurs d'Ille-et-Vilaine) pour faire valoir les préconisations de l'UDB à savoir réunifier la Bretagne, faire de la région le pivot de l'action public en lui conférant un pouvoir législatif (ou à court terme au minimum un pouvoir normatif), supprimer les conseils généraux au profit des pays...

 

Je n'ai pas l'intention de faire ici de grands discours sur la méthode, mais en tant qu'autonomiste, je trouve que le "véritable acte 3 de la décentralisation" semble petit bras par rapport aux ambitions premières. Une compétence économique renforcée, un pôle emploi/formation/orientation, quelques avancées culturelles (malgré tout)? La dernière chance reste l'expérimentation, véritable opportunité pour la Bretagne de pouvoir expérimentée si... si le président des départements de France n'était pas Claudie Lebreton, le président du Conseil général des Côtes d'Armor (on met donc de côté une nouvelle organisation territoriale qui aurait pu reposer sur les pays plutôt que les conseils généraux inutiles), si l'ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, n'était pas un farouche opposant à la réunification (on met donc de côté une nouvelle organisation territoriale de l'ouest de la France), si si si...

 

Résultat, d'Acte 3 on est en passe de nous servir de la rationalisation de l'action publique qui n'a rien à voir avec une quelconque ambition. On a les élus qu'on mérite me rétorquera-t-on! Et pendant qu'on nous sert l'argument de la péréquation pour nous faire passer, nous autonomistes, pour des égoïstes qui ne pensent qu'à la Bretagne, le Grand Paris se porte bien, merci, avec ses milliards investis dans de nouvelles gares SNCF et suffisamment de logements pour accueillir l'ensemble des bretons d'ici 25 ans! De quoi conforter la centralisation pendant 30 ans... Paradoxal, non?

 

On compte donc sur le groupe de travail régional sur l'expérimentation (piloté par l'UDB d'ailleurs) tout en se demandant si on ne se fouterait pas un peu de notre tronche? Allez Marylise, un petit effort... pense à tes votes au Conseil régional en faveur de la réunification administrative de la Bretagne! Rien n'est joué, mais on sent déjà que, comme pour le Grenelle de l'environnement sous Sarko, il y a des tabous sur lesquels on ne peut pas débattre. Ah, la démocratie française...

 


Voir mon précédent article sur le sujet

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 18:30

en_travaux.jpgLe soleil a fait son retour en Bretagne, mais ne vous imaginez pas que ce sont les vacances pour tout le monde. ça cogite dur au gouvernement et croire que le débat sur l'acte 3 de la décentralisation commencera à l'automne, c'est se prendre 4 mois dans la vue, voire plus. Depuis des mois, la guerre est déclarée et les clans se tapent dessus. D'où mon souhait que l'UDB soutienne le clan des "girondins" le mieux possible. Car au-delà de la contestation permanente (qui croit que l'autonomie va être mise en place sans combat?) et même si on n'apprécie guère le PS, cette réforme doit réussir. C'est de la bonne appropriation des citoyens que dépendra l'avenir d'une Bretagne autonome.

 

J'ai donc lu fin début juillet la dernière version des propositions imaginées par l'ARF au sujet de cette nouvelle étape de la décentralisation. Il en ressort des éléments très positifs, mais aussi beaucoup de frustration. Je vous invite à relire au passage le projet de statut particulier pour la Bretagne écrit en 1999 par l'UDB (et que nous ferions bien de réactualiser d'ailleurs). 

 

Réflexion générale:

 

Pour le moment, tout est encore au stade de projet, mais je pense que certaines choses sont déjà bien avancées donc il ne faut pas traîner pour imposer nos thèmes, nos propositions. D'après ce que j'entends ici ou là, il semble acquis un élément essentiel: le pouvoir réglementaire autrement dit l'adaptation des lois (l'ARF parle de « sortir de l'égalitarisme républicain »). Si cet élément était réellement mis en place, alors, nous aurons mis le doigt dans l'engrenage jacobin. Adapter les les politiques à la diversité des territoires, c'est bien reconnaître que la France n'est pas "Une et indivisible", mais qu'elle peut exister de façon diverse. Pour autant, on est loin de l'autonomie (on ne vote pas ses propres lois) et du statut particulier pour la Bretagne de l'UDB. Mais convenons-en, ni le Pays de Galles, ni l'Ecosse n'ont obtenu leur dévolution du jour au lendemain.

 

Pour moi, l'important est de pousser le plus loin possible dans cette réforme et ainsi prouver aux citoyens que l'action publique est plus efficace si elle est gérée régionalement. Reste l'une de nos priorités: la réunification. On se retrouve dans une situation à l'irlandaise où l'autonomie va se construire peu à peu sans son principal département. Dans l'idéal, il faudrait que la réunification se fasse parallèlement et là, je suis plus pessimiste. Mais que cela ne nous empêche pas de militer... Car l'avenir du jacobinisme passera bientôt par les régions administratives, les conseils généraux et les métropoles.

 

Dessein_decentralisation.jpg

L'intro du document de l'ARF (copier-coller du discours de départ de Le Drian ou vice-versa?) explique qu'il faut faire confiance aux régions, mais les propositions pour l'acte 3 faite par l'ARF restent bien timides. J'espère que les politiques seront plus ambitieuses car il ne faut pas un Acte 3 en demi-mesure si on veut démontrer l'efficacité de la décentralisation.

 

L'ARF ne propose aucune disparition d'échelon et la métropolisation perd certes quelques compétences, mais reste d'actualité. C'est malheureusement le scénario le plus probable car Marylise Le Branchu, Ministre bretonne de la décentralisation, n'a pas su venir à bout des départementalistes. On nous serine encore et toujours les mêmes arguments: "supprimer le département, mais vous n'y pensez pas! Qui va s'occuper du social?". Comme si on justifiait l'existence d'une administration par ses compétences et son personnel (le social peut très bien être assumé par les interco et le transfert de personnel existe aussi). Bah oui, avec les technocrates, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!

 

Ce qui m'inquiète davantage, c'est la possibilité que cet acte 3 ne soit que gestionnaire et que toutes les compétences stratégiques, politiques, restent régalienne (damned)! Reste à se mettre d'accord sur ce qu'est un pouvoir régalien! Quoi qu'il en soit, c'est d'une réforme d'ensemble dont nous avons besoin, pas de fuites au compte-goutte dans la presse qui polarise l'attention sur le doigt de celui qui montre la lune.

 

Ce que je lis du document de l'ARF, ce sont d'hypothétiques avancées en termes d'orientation/formation professionnelle et emploi, autrement dit une confortation des politiques et des compétences existantes. C'est sans doute aussi ce qui devrait se passer: l'acte 3 pourrait n'être qu'une clarification des compétences. Rationnaliser, supprimer les doublons, redéfinir les missions de chacun (préfectures comprises), est-ce un nouvel acte? Si c'est pour avoir le même marteau dont on aurait raccourci le manche, je ne vois pas l'intérêt (ça n'est d'ailleurs pas de la décentralisation, mais de la déconcentration).

 

 

plan-quinquennal.jpgJe lis aussi des termes improbables qui me font craindre le pire comme "programmations quinquennales" en ce qui concerne les transports ferroviaires. Diantre, l'URSS est de retour! Pourra-t-on un jour espérer corriger l'étoile (rouge?) ferroviaire de la France?  L'ARF propose un vulgaire SRIT (schéma régional des infrastructures et des transports) à la Région. Sérieux, ces documents sont nuls, j'en ai lu des dizaines et c'est toujours aussi pourri: un empilement qui constate ce qui existe et aucune prospective (voir la demande du groupe UDB pour un schéma aéroportuaire depuis... 2004!). Michel François a encore du boulot à faire. On en reste aux déclarations de principe sur "la décentralisation des transports", sans expliquer comment, ni quoi!

 

Bref, on peut gloser autant que l'on veut. La vérité se jouera dans le porte-monnaie. Certes, nous autres autonomistes certifions que l'on peut faire mieux avec moins, mais il n'y aura pas d'acte 3 de la décentralisation si le budget ne suit pas. Car à ce jour, ce sont les territoires qui rincent la capitale! Plus de 300 milliards d'euros de budget pour l'Etat contre 1 pauvre milliard pour la Région Bretagne (que l'on ampute en plus de son département le plus riche depuis plus de 70 ans). Je ne suis pas du genre à confondre chiffre d'affaire et bénéfices, mais ça donne une idée de qui détient le pouvoir en France. Pourtant, force est de constater que l'Etat fait de moins en moins et se décharge sur les collectivités. Tant mieux, sauf que faire sans argent, c'est impossible.

 

Le gouvernement a parlé de gel des dotations pour les collectivités. J'ose espérer qu'il veut dire "à compétences constantes" car assumer plus de compétences sans fric, ça risque d'être folklo pour notre rapporteur du budget Christian Guyonvarc'h (UDB). Pour ma part; je suis opposé à toute taxe nouvelle car ce n'est pas aux ménages seuls de payer les choix pourris des gouvernements précédents. On parle de "taxe numérique" et autres. Autant de ballons d'essais destinés à tester le niveau de tolérance des ménages... c'est injuste (je précise que je suis content de payer des impôts, ça veut dire que je gagne suffisamment d'argent, mais payer pour les choix nucléocrates et autres, merci bien)! Le risque, c'est de faire passer l'idée que plus de décentralisation = « plus cher pour les citoyens ».  

 

NoNewTaxes.jpgIl faut donc garder un lien entre fiscalité et ménages sans étrangler financièrement les citoyens. Pour être plus clair: si impôt régional il doit y avoir, cela doit s'accompagner de la suppression d'un impôt national ce que n'a pas fait Chirac (qui promettait une baisse de l'impôt sur le revenu, impôt le plus juste entre parenthèses). On pourrait peut-être parler de la redistribution des impôts et taxes. La taxe d'habitation est-elle juste? Bref...

 

On peut par contre compter sur la volonté de l'ARF de gestion directe des fonds européens ce qui serait un apport non négligeable. D'autant que tous les crédits ne sont pas utilisés en ce moment. Le document fait encore la part belle à la TIPP (les Régions sont financées par une part de cette taxe sur les produits pétroliers, autrement dit plus on conduit, plus la région y gagne, écolo non?). On pourrait, à l'inverse, imaginer une taxe justement écologique: prélever une part sur chaque billet de train (la prime transport). Ainsi, on aurait tout intérêt à ce que le maximum de gens prennent le train (en volume et en valeur) dont on serait peut-être tenté d'étudier les transversales aussi! Ça sert l'entreprise ET la collectivité.

 

Une phrase importante du document nous laisse songeur: « les nouvelles assiettes devront entretenir un lien étroit avec les compétences des régions ». Qu'es aquo? Je ne suis pas contre sur le principe, mais la TIPP n'est pas liée à une compétence régionale!

 

Questions annexes:

 

Quel rôle pour les préfets?

 

Alain Rousset (président de l'ARF) a déclaré qu'à part pour les CIO, l'ARF n'envisageait pas de transfert de personnel! C'est le meilleur moyen pour conserver une image noble de l'Etat dans la tête des citoyens. Je n'ai pourtant pas souvenir que ceux qui sont passés du statut de fonctionnaire d'Etat à celui de fonctionnaire territorial l'aient mal vécus (contrairement aux craintes des syndicats). J'ai d'ailleurs une copine qui est fonctionnaire d'Etat et qui cherche à devenir fonctionnaire territorial. On sait pertinemment que Mélenchon a fait de gros scores dans l'Education Nationale... Encore un enjeu!

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 15:15

mouton-mensualise.jpg

 

Avant de commencer un article sur la fiscalité, il est tout de même décent de dire que je suis content de payer des impôts car cela signifie que je gagne ma vie, que je travaille. Néanmoins, fiscalité ne se résume pas à l'impôt sur le revenu et à l'heure où la France a une dette colossale, je souhaitais donner mon avis sur celle de ce pays!

 

L'argent, ça ne pousse pas dans les arbres! Je m'amuse toujours en lisant la prose de la droite affirmer que la gauche est dépensière et irresponsable. J'ai beau être jeune, je me souviens des promesses de Jacques Chirac sur la baisse de l'impôt sur le revenu (j'étais déjà contre à l'époque). Aujourd'hui, nous continuons à payer un maximum d'impôts à l'Etat alors que celui-ci fait de moins en moins pour nous! Le même Etat qui a creusé la dette de façon irresponsable justement. Et la crise n'explique pas tout!

 

L'Etat s'est délesté de certaines de ses compétences (pas assez à mon goût) sur les collectivités territoriales, sans pour autant faire suivre les crédits pour le faire. Pour être plus clair, l'Etat fait des économies sur les collectivités territoriales! Car qui, aujourd'hui investit le plus dans le chemin de fer? Les Régions. Qui investit dans les collèges et lycées publics? Le Département et la Région. Qui investit dans la Culture? Les Régions? L'Etat a-t-il amélioré les conditions de travail de l'enseignement? Celles de la santé? Difficile de dire que oui.

 

Pourtant, la quasi totalité des impôts reviennent d'abord à l'Etat qui, théoriquement, doit redistribuer de façon équitable. "Equitable" dites-vous? Oui, équitable comme les pôles d'excellence universitaires où les riches sont aidés pour être encore plus compétitifs et où les pauvres sont laissés à l'abandon (voir communiqué de l'UDB Jeunes). Je ne cite que cet exemple, mais on pourrait parler des transports aussi où l'hyperconcentration parisienne ne choque plus personne.

 

D'un point de vue répartition de l'impôt, comme j'imagine que peu de personne sont au courant, il faut savoir que la seule ressource fiscale directe des conseils régionaux, c'est la carte grise! Le reste, ce sont des dotations de l'Etat et, si mes souvenirs sont bons, une part de la TIPP (très écolo d'ailleurs car pour financer les régions, il faut crâmer du carburant!). Sauf qu'aujourd'hui les dotations d'Etat sont gelées. Cette situation n'empêche pas le Conseil régional de Bretagne de se désendetter et d'investir. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les élus régionaux de l'UDB ont voté le budget 2012 (tout en maintenant leurs positions sur l'agriculture et l'énergie).

 

Le Conseil régional de Bretagne vient d'ailleurs d'augmenter le prix de la carte grise pour faire face aux dépenses. Il avait aussi la possibilité de taxer le permis de conduire, mais ne l'a jamais fait. A l'heure où j'écris ces lignes, l'idée des élus UDB de taxer la carte grise de façon progressive en fonction de la puissance du véhicule (cela aurait pour conséquence de réduire la taxe pour ceux qui ont de petits véhicules et de l'augmenter pour ceux qui ont de gros moteurs) est parvenu jusqu'au gouvernement. L'UDB avait en effet questionné les députés (4 réponses à ce jour) et Pierrick Massiot, le rapporteur du budget du Conseil régional, qui a lui-même interrogé le Ministre du Budget, M. Barouin. Si cette idée se met en place un jour, elle aura donc vu le jour dans la tête d'un autonomiste... pas mal pour des gens que l'on traite d'égoïstes!

 

repartition_budget_2012.jpg

Répartition des dépenses du Conseil régional de Bretagne

Note: les gros camemberts représentent les dépenses "obligatoires"

 

 

Bref, en tout et pour tout, la carte grise! Pourtant, la France ne manque pas d'impôts. A commencer par la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), l'impôt indirect par excellence! Ah, la TVA... le summum de l'injustice! Tout le monde paye la TVA, pauvres et riches. La même TVA!

 

Il existe diverses TVA pourtant:

- Une TVA sur les produits alimentaires qui doit être proche de 2%.

- Une TVA sur les produits de premières nécessités qui était de 5,5%, mais qui vient de passer à 7%. (Même sur les livres, merci Sarkozy!)

- Une TVA "normale" à 19.6%.

 

Auparavant, il existait une TVA de luxe. Mais elle a disparu sous Mitterrand je crois. Pour ma part, je préférerai une TVA 0% sur les produits de premières nécessités à commencer par les produits frais (éventuellement sous condition de production et de proximité puisque je suis écolo) et sur les livres (le pire ennemi du fascisme). Quant à la TVA sociale, elle n'a de sociale que le nom puisqu'elle fait porter l'effort de financement d'abord sur le consommateur et moins sur les patrons.

 

Concernant l'impôt sur le revenu, je suis favorable à l'augmentation des tranches d'imposition afin d'être plus proportionnel aux revenus. L'impôt sur le revenu est en effet un impôt relativement juste dans la mesure où il touche les contribuables en fonction de leur capacité de paiement. Néanmoins, les classes moyennes se retrouvent généralement dans un ventre mou qui distingue assez peu celui qui gagne 1200€ et celui qui gagne 5000€. D'où la proposition de multiplier les tranches! On ne peut pas demander à un quasi-SMICard de contribuer au même niveau que des footballeurs professionnels!


Cela dit, je sais que c'est impopulaire, mais je pense que tout le monde sans exception devrait payer des impôts sur le revenu. Même les petits salaires. Mais évidemment très bas. De l'ordre de 10€? Afin que tout le monde se sente solidaire de la société dans laquelle on vit. Ceci, de toute façon, ne serait valable que si l'impôt était prélevé à la source car, sinon, les frais de gestion seraient plus importants ce qui, avouons-le, serait débile!

 

Quant aux impôts locaux, je suis pour la taxe foncière, mais contre la taxe d'habitation. Philosophiquement, payer pour habiter quelque part me paraît pour le moins injuste et ceci, même s'il faut bien payer la voirie! L'Etat, c'est 380 Mds d'€ et la Région Bretagne (sans la Loire-Atlantique malheureusement), c'est 1,2 Mds d'€. Chaque département breton, c'est environ 1 Md aussi. Calculons ensemble à la louche. Si les collectivités dans leur ensemble reçoivent des dotations globales à hauteur de disons 150 Mds d'€, comment se fait-il que l'Etat s'endette encore alors qu'il finance de moins en moins?

 

On pourrait déjà imputer une partie de la réponse aux intérêts exhorbitants des banques qui, elles, ne connaissent pas la crise quoi que racontent certains. Quand on fait 10% de croissance par an, ce n'est pas la crise! A ce propos, le groupe UDB (encore) a proposé l'idée d'un emprunt populaire dès 2005 et l'a relancé cette année, lors de la session budgétaire. L'idée est de solliciter ceux qui ont de l'épargne à un taux intéressant pour la collectivité et pour les prêteurs afin de dégager des marges de manoeuvre pour investir dans une économie qui produirait beaucoup d'emplois comme les énergies renouvelables par exemple. L'idée est à l'étude.

 

On pourrait aussi parler de la défiscalisation légale? Quoi, certains sont contre les hôpitaux publics? Contre les écoles? Pas moi en tout cas. Moralité, pour que les gens gagnent plus, il faut que l'Etat leur permette d'économiser. Les leviers? Le chauffage, le transport, l'éclairage... Sans oublier la création de travail. Mais ceci est un autre sujet où l'Etat préfère la croissance à l'emploi!

 

Bon, vous l'aurez compris, il y a du pain sur la planche côté fiscalité en France. Et pour ma part, je ne serais pas contre que les Régions prélèvent plus d'impôts directs qu'elles ne le font aujourd'hui. En contre-partie, l'Etat doit accepter de baisser ses impôts...

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 19:08

De-Rugy.png

 

On connaissait la scène du Conseil régional de Bretagne, rejouée 4 fois, celle du Conseil Général de Loire-Atlantique à l'époque où Patrick Maréchal était à sa tête, celle encore du Conseil Général du Morbihan jouée récemment. Aujourd'hui, nous avons pu assister en direct à... la scène de l'Assemblée Nationale! Les premières prises ayant été ratées, deux députés, Marc Le Fur (UMP) et François de Rugy (EELV) ont déposé un amendement pour dézinguer le droit de veto de la Région des Pays de la Loire en cas de référendum sur la réunification administrative de la Bretagne.

 

Nous étions nombreux cette nuit, vers 1h du matin, à écouter le début des échanges concernant la modification de l'article 3 de la Constitution (parmi eux d'ailleurs, un paquet de jeunes de l'UDB, mais aussi du collectif 44 = Breizh). La secte des auditeurs nocturnes de l'Assemblée Nationale. Yep, sauf qu'on s'est planté et que le débat était ce matin, vers 11h. Nous, ce qu'on souhaitait, c'est que les députés en arrivent au fait: "bon, ok, on a merdé pendant 70 ans, on est des gros tocards et pour la réunification, on signe demain à 7h". Au lieu de ça, on a entendu François de Rugy discourir devant des banquettes vides de l'ineptie de l'UMP qui propose un référendum populaire impossible à mettre en place. Jugez plutôt: pour qu'un référendum populaire soit approuvé, il faudrait réunir en 3 mois 1/10 du corps électoral français (soit 4.5 millions de personnes) et 1/5 du Parlement. Autrement dit, la votation citoyenne pour la Poste qui a réuni 2 millions de personnes, n'aurait pas eu le droit de passer à l'Assemblée. Mais imaginons un instant qu'un sujet y parvienne (je ne sais pas moi, les retraites?): le parlement se donne 23 mois pour mettre le sujet à l'ordre du jour!

 

Bref, revenons à nos moutons. Ce matin, la gueule enfarinée, la secte des nocturnes devient diurne et on sent l'impatience d'un paquet de militants échangeant leurs impressions sur facebook. 11h30. Fañch an Distro. Explication de l'amendement. La parole passe à Marc Le Fur qui estime que "quand un propriétaire quitte un immeuble, il ne demande pas l'avis de tous les copropriétaires pour s'en aller". Belle sortie. Il sourit, il est content de son coup politique.

 

Christian Vanneste s'oppose, le gouvernement tousse, les Alsaciens soutiennent les bretons. Jean-Jacques Urvoas et Marylise Le Branchu y vont de leur mot, eux aussi. Tous savent que c'est un coup médiatique et politique (l'élection approche, il faut ressortir les marronniers), mais ils défendent d'un seul homme cet amendement. L'Histoire retiendra sur fond de violon que c'était trépidant et que tout un peuple était derrière son écran. Et bien non, c'était chiant et monotone, mais ça valait le coup d'être vu quand même. Ne serait-ce que pour voir la gueule du rapporteur ("Mesurez-vous les conséquences?") ou de Vanneste ("mêler un problème local avec la souveraineté populaire...").

 

18-06-2011-Naoned-BZH-o-stourm-l-objet-du-delit.jpgQu'importe, l'amendement est passé, il y avait 25 personnes dans l'hémicycle. Le potentat Ayrault était occupé et n'a pas pu taper du poing sur la table. "Popop, il suffit! Si le Conseil Général de Loire-Atlantique retrouve son giron historique, ç'en est finit de ma toute puissance. Les Pays de Loire, cette région molle et sans goût, me convient très bien à moi. ça me permet de briller". (monologue imaginé, toute ressemblance avec la vérité serait pure coïncidence)

 

Demain matin, les journalistes, dans leur grande bonté, donneront la parole au PS, à l'UMP et à EELV. Marylise Le Branchu que nous avons entendu prétendre que les socialistes "demandent que ce référendum soit organisé" (voir ici) dira sans doute aussi que le Conseil régional est assidu. Logique, chacun essaye de tirer la couverture à soi. La réalité, c'est que tout le monde excepté l'UDB est blasé dans cette assemblée. Car chacun sait que cet épisode plutôt inattendu et positif sur ce sujet transparti qu'est la réunification n'est qu'une étape minime et que, quand bien même, le Sénat puis le Conseil constitutionnel validerait ceci, il resterait encore à trouver 1/10 du corps électoral de Loire-Atlantique et à convaincre 1/5 de l'assemblée du Conseil Général que les voeux, c'est bien, mais les actes, c'est mieux...


 

photo-tract-jp-chevrel.jpg

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 21:02

autonomie-etre-soi-parmi-les-autresPourquoi être autonomiste? Quelle idée saugrenue émerge dans nos têtes d'illuminés? Pour les uns ersatz d'indépendantiste, pour les autres - ignares se complaisant dans le cliché - poseurs de bombes, un autonomiste est réputé avoir le cul entre deux chaises. Ne serions-nous que des types qui essayent de concilier chèvre et chou? N'est-ce que cela l'autonomie, un marche-pied vers l'indépendance? Qu'elle est maigre l'imagination humaine! Pour ma part, je soutiens que l'autonomie est un concept bien plus révolutionnaire que l'indépendance, idée somme toute banale qui consiste, dans un monde dirigé par les États, d'avoir le sien propre pour que puisse s'exprimer la voix d'un peuple. Je reviendrai plus tard sur l'idée d'indépendance qui ne doit pas être caricaturée non plus et qui est bien mal acceptée en France, État jacobin par essence.

 

J'imagine que certains se marrent bien en lisant ces lignes. Les indépendantistes d'abord se disant qu'un parti qui aspire à gouverner ne peut pas être radical, confondant « radicalité » et « désordre », les jacobins ensuite qui disposent de tout l'arsenal médiatique pour dévoyer l'idée d'autonomie, prétextant que nous sommes anti-égalité voire - injure suprême - anti-républicain, confondant qui plus est « république » et « démocratie ».

 

Pourquoi donc ne pas être indépendantiste? D'abord parce que l'indépendance est un concept identitaire ce que n'est pas l'autonomie ("identitaire" ici ne doit pas être confondu avec le groupuscule raciste: l'indépendance n'est pas un concept raciste). Un indépendantiste souhaite créer un État-Nation. Pour lui, la nation et l'État ne font qu'un. Il ne peut donc supporter l'idée d'un État français, persuadé que la Bretagne est une nation (notez que je ne le nie pas) et que donc la France ne peut se définir comme une nation en intégrant la Bretagne, la Corse, la Catalogne, le Pays basque, l'Alsace, l'Occitanie, la Savoie (…). Au final, les limites territoriales de l'État français sont réduites à peau de chagrin! On m'a déjà reproché un jour de me sentir de plusieurs nations. Et bien oui, pour moi, la Bretagne est une nation... de même que la France, dans son périmètre actuel l'est aussi. Deux nations peuvent coexister sur un même territoire comme deux calques glissés les uns sous (ou sur) les autres. En réalité, on appelle ça une « carte mentale ». Pour certains, le territoire est breton, pour d'autres il est français. Qui détient la Vérité? Ne peut-on appartenir à plusieurs peuples? Quelle loi l'interdit?

 

Pause anecdote. Je me souviens un jour de décembre il y a quelques années avoir discuté avec Nadine Thouvenin de l'asso « Idées détournées ». Celle-ci m'expliquait qu'ils avaient pour projet de faire des marchés de Noël sur le modèle de « ceux de l'est ». Je ne voyais pas à quels marchés elle faisait allusion et m'imaginais l'Ukraine ou la Roumanie. Quand elle m'a dit « l'Alsace », j'ai compris que ma carte mentale était européenne et que les points cardinaux n'avaient franchement aucun sens s'ils n'étaient suivis d'un point de référence (sommes-nous oueston ou breton?). Quand je dis « Nord », je pense côte nord (Perros Guirec) et pas Lille! Fin de la pause anecdote.

 

L'autonomie donc n'est pas un concept identitaire car il ne repose pas sur une différenciation. L'autonomie est simplement un mode d'organisation de la vie publique, un moyen de rendre plus efficace la Politique en rapprochant la décision du citoyen. On peut donc être tout à fait autonomiste sans se sentir breton! D'ailleurs, j'ai en tête deux jeunes qui sont entrés à l'UDB et qui, malgré le fait qu'ils partageaient toutes nos idées, en sont partis car « ils ne sentaient pas breton ». C'est tout le challenge de l'UDB mod-nevez: conserver son identité bien sûr, mais réussir à garder dans ses rangs des gens qui ne se sentent pas breton.

 

Alors me direz-vous, pourquoi, si l'autonomie n'est pas un concept identitaire, n'y-a-t-il pas de mouvements autonomistes (ni d'ailleurs indépendantistes) dans le Béarn ou en Sologne? Bonne question. Avez-vous remarqué qu'en Europe de l'Ouest, les mouvements comme les nôtres sont situés aux périphéries de la capitale dite « nationale »? Bretagne, Corse, Alsace, Ipparalde, Catalogne nord et dans une moindre mesure Occitanie, mais aussi Euskadi, Galice, Catalogne sud, Pays de Galles, Ecosse, Cornouaille... Ailleurs, ç'aurait pu être un relatif isolement (la Kabylie ou le Kurdistan sont des peuples de montagne par exemple). Bref, en situation de périphérie (terrestre) ou de relatif isolement, ces territoires ont été plus épargnés par la centralisation. Disons moins soumis à l'attraction parisienne si bien que l'identité du pays a perduré et s'est aujourd'hui affirmée. Le fait que nous nous disions « périphériques » d'ailleurs, est quelque chose d'assez nouveau. Il est révélateur d'une pensée qui ne parvient pas à s'extraire d'un schéma hexagonal, une pensée qui affirme que Paris est le centre (même si elle critique ce fait). C'est pourtant nous le centre. « Nous ne sommes pas la province » écrivais-je il y a quelques années sur ce même blog. D'un point de vue maritime, nous ne sommes pas périphériques, nous sommes au contraire un véritable carrefour (inexploité soi-dit en passant).

 

avenir-radieux.jpgParadoxalement, contrairement à ce que j'ai affirmé plus haut, c'est pour échapper à l'uniformisation culturelle que ce sont créés les partis autonomistes. Pourquoi? Parce que l'autonomie permet de réduire l'influence politique d'une capitale tentaculaire, de réfléchir par soi-même plutôt que de penser machinalement. Autonomie, autonomos, est la capacité pour une personne ou un groupe d'avoir ses propres lois. Bien évidemment, le groupe doit avoir à l'esprit de vivre en société. Mais d'une certaine façon, ce qui est plus révolutionnaire dans l'autonomie que dans l'indépendance (on arrive au cœur du sujet), c'est cette idée que l'autonomie est une forme d'autogestion. Pour une société donnée, c'est s'émanciper d'un État qui décide à la place du citoyen et qui travaille non pas au bien-être d'autrui, mais à justifier son existence. Le communisme et le capitalisme se sont servis de l'Etat pour imposer leur idéal et ce, à n'importe quel prix, au détriment des peuples. L'État rend dépendant! Pourquoi donc en vouloir un de taille réduite?

 

A ce stade de l'argumentaire, il est nécessaire de rappeler qu'il existe une distinction entre « Etat » et « service public ». Un service public n'est pas nécessairement dispensé par l'État bien qu'à ce jour, ce que j'affirme n'existe pas. Et pourtant, ne pensez-vous pas qu'il serait souhaitable de théoriser le « post-étatisme ». Le bilan des Etats-nation est-il si folichon pour vouloir le conserver? Je ne suis pas certain d'avoir les capacités de définir seul ce concept que j'appelle de mes vœux, mais l'important n'est-il pas d'emprunter le chemin. Entre l'Idéal et la Réalité, il y a le militantisme!

 

L'autonomie n'existe qu'en complémentarité de l'Europe et, plus généralement, d'une gouvernance mondiale. Sans Europe, sans idée de dépassement de l'État-Nation, l'autonomie n'a pas vraiment lieu d'être à vrai dire. L'autonomie s'inscrit dans le principe de subsidiarité. A chaque échelon, sa capacité d'action. Je n'ai jamais été partisan de la gestion exogène, mais plutôt d'un aller-retour entre le local et le global. Or, en France, c'est l'État qui fait absolument tout. Et qu'on ne me parle pas de la décentralisation, d'un pseudo-régionalisme qui équivaut ni plus ni moins à faire faire par les Régions (administratives) ce que décide l'État! Comme le dit si bien Christian Guyonvarc'h, nos Régions ressemblent davantage à des chambres d'enregistrement qu'à de véritables gouvernement. Pourtant, il y a fort à parier que nous ferions mieux que l'État dans bien des domaines.

 

paternalisme.jpgL'idéal politique, n'est-ce pas de donner aux citoyens des outils pour comprendre le monde par eux-mêmes? Comprenez moi bien, je ne dis pas qu'un parti politique ne sert à rien puisqu'il représente pour moi un projet de société, mais en aucun cas, un parti ne doit gouverner pour dire ce qu'il fautfaire. Le paternalisme a vécu et il convient au contraire de donner des clefs de compréhension, d'élever l'intelligence collective afin d'améliorer le sort de cette planète tant socialement qu'écologiquement parlant. Au final, n'est-ce pas dans un sens l'idée anarchiste? Celle qui consiste non pas à refuser l'ordre comme il est couramment admis, mais à refuser l'autorité? Un homme est capable de réfléchir sans qu'on lui donne des coups de bâton. Pour cela, il doit être débarrassé de ce qui entrave l'élévation intellectuelle à savoir « le pain et les jeux » distribué par l'État pour endormir les consciences.

 

Vous riez? Vous trouvez sans doute que j'exagère? Mais tous ces citoyens, éternels mécontents, connaissent-ils les institutions qui régissent leur sacro-sainte République? Quand ils raillent les autonomistes, c'est la plupart du temps parce qu'ils raillent ce qui est différent d'eux, ce qu'ils ne comprennent pas. Bien peu tentent de comprendre notre point de vue. La curiosité est un défaut qui me plait à moi!

 

Notre point de vue est pourtant assez simple. Il part d'un principe de réalité qui constate que l'égalité que proclame la devise française est une utopie et que l'organisation et le fonctionnement actuel de l'État ne peut y mener. De même, la liberté ne peut être atteinte dans un État qui fait à la place de ses « administrés ». L'État Providence est sécurisant, il est aussi aliénant. Il faut donc trouver autre chose car l'État ne remplit plus le rôle qu'il parvenait à remplir aux 19ème et 20ème siècle. Le tout est de trouver un « modèle » territorial qui assure le bien-être de la population sans le contraindre de trop. Pas évident. L'autonomie est une première étape.

 

L'autonomie est une des formes du fédéralisme. Comme le dit la fédération Régions et Peuples solidairesà laquelle appartient l'UDB, « l'autonomie, c'est le fédéralisme différencié » autrement dit, c'est une forme de fédéralisme qui ne donne pas les mêmes prérogatives à tous les territoires. En fonction de la demande, le territoire se saisit de compétences nouvelles. On avance au rythme des gens. Cependant, je me méfie de la notion de « fédéralisme » en France depuis que j'ai lu il y a peu quelques articles où les journalistes certifiaient que la France était plus fédéraliste que l'Allemagne parce que l'Allemagne jouait le jeu d'une Europe politique et que la France souhaitait une Europe des États. Le fédéralisme à la française, c'est l'État! On croit rêver. Mais cela s'explique par le fait que le fédéralisme est une organisation de l'État quand l'autonomie est endogène, elle est une émanation non pas d'un État, mais d'un peuple. L'autonomie n'est pas propre au peuple breton, mais à tous les peuples qui désirent prendre en main leur vie et ne pas se faire dicter la loi par une autorité qui se fout complètement d'eux. 

 

MAK-kabylie-autonome.jpg

 

Selon nous, l'autonomie permet de libérer les initiatives, de gérer au plus près les problèmes et d'être plus à l'écoute des besoins des citoyens. En Bretagne comme en Kabylie!

 

Allez hop, le débat est ouvert. Il n'y a qu'en échangeant qu'on perfectionne sa pensée!

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 15:00

delegation-de-patrons-bretons.jpg

Ceux qui comptent en Bretagne?

 

Le chef de l'État a reçu à déjeuner, aujourd'hui, une délégation de responsables économiques bretons. Beaucoup de chefs d’entreprise : Alain Glon (groupe Glon), Roland Beaumanoir (groupe de prêt à porter Beaumanoir), Christine Le Tennier (pionnière dans les algues alimentaires), Claude Guillemot (Guillemot corporation et le Club des Trente), Christian Roulleau (groupe Samsic), et le généticien Jean-Paul Moisan. Jakez Bernard, pour Produit en Bretagne, le géographe Jean Ollivro, Jean Le Vourch (Crédit agricole du Finistère) et Jacques Jaouen (président de la chambre régionale d’agriculture) complètent la délégation. Ainsi que l’unique politique breton, Pierre Méhaignerie, député UMP d’Ille-et-Vilaine. Au menu: simplifications administratives, flexibilité et dynamisme économique. Ansi que droit à l’expérimentation pour les Bretons.

 

Ainsi était décrite dans Ouest-france la rencontre qui a eu lieu hier (11 mai 2011) entre Nicolas Sarkozy et cette délégation bretonne (source). Aujourd'hui, ce n'est guère mieux! Au mieux a-t-on appris ce qu'ils ont mangé (langoustines et artichauts, quelle délicatesse!), que le protocole n'existait pour ainsi dire pas et que la discussion était libre (depuis quand Sarkozy est un chef d'Etat?). Alain Glon, l'homme pour qui "le problème, c'est la France" souhaitait, "dans l'esprit du CELIB" convaincre le chef de l'Etat de "donner une chance à la Bretagne", en d'autres termes, d'expérimenter. Grand bien leur fasse!

 

Pour ma part, même si je suis persuadé que la délégation a de fortes convictions bretonnes, je n'approuve pas la méthode. Encore une fois, Nicolas Sarkozy fait fi de la démocratie et lui préfère le lobby. L'idée, c'est de faire jazer le milieu breton toujours avide de "petites phrases" genre celle qu'avait prononcé Sarkozy sur la réunification, celles de Franck Louvrier... perte de temps que tout cela!


Même si j'ai confiance en notre géographe Jean Ollivro (seul "politique" aux idées relativement proches des nôtres), j'estime que cette délégation est un affront au monde politique, plus légitime que quelques "personnalités qualifiées" triées sur le volet. Je constate également que pour une délégation qui veut "expérimenter", les propos de l'indépendantiste (sic) Alain Glon sont pour le moins étranges: "les lois doivent évidemment être les mêmes pour tous". Un peu contradictoire avec le principe d'expérimentation en Bretagne, non? Le "évidemment" me sidère! Pour le moment, je constate que les lois identiques pour tous en France crééent des discrimations, mais on a jamais testé l'autonomie et des lois différenciées sur certaines compétences. Selon moi, une inégalité corrigée vaut mieux qu'une égalité fictive. On ne gère pas l'agriculture, l'eau, la culture, l'aménagement du territoire ou le développement économique de la même façon partout en France, merde! 

 

La réunification aura fait sourire le Président, nous en sommes ravis, nous qui militons depuis des décennies pour sa mise en place! Les élections approchent, il faut créer de nouveaux mirages. Si possible sans débat, avec des "experts", des "personnalités qualifiées". C'est sûr, le débat démocratique, c'est plus emmerdant!  

 

Vraiment ce monde de lobby ne me plait pas et à ce jeu, l'Emsav a tout à perdre... car nous sommes petits et malgré notre entêtement/détermination/gniak (rayez la mention inutile), nous perdrons inévitablement la bataille un jour ou l'autre si on délégitime le politique/l'idéal, au profit d'un pragmatisme incontrôlable (car à la merci de celui qui braille le plus fort ou du plus puissant)

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:18

illusion.jpgJ'entends souvent les gens me dire que je suis complètement obsédé (comme tout le monde bretonnant d'ailleurs) par "le jacobinisme". Pour ceux-là, je tiens à faire quelques précisions tant sur le terme que sur ce que cela veut dire. Car c'est une illusion de croire que l'UDB ne se soucie que de cela!

 

Le jacobinisme est "une doctrine politique qui défend la souveraineté populaire et l'indivisibilité de la République française" (Wikipédia). Il prend son nom du club des jacobins, issu lui-même du club des Bretons. Dans son sens moderne, ce mot désigne la conception centralisatrice de la République et à tout ce que cela sous-entend. Je vous invite à lire ce que l'encyclopédie libre en dit et peut-être comprendrez-vous notre position.

 

Bref, le jacobinisme n'est pas une idéologie de droite ou de gauche, mais une conception de l'Etat. L'Etat-Nation poussé à l'extrême. Faire exister l'Etat pour lui-même et pas pour servir le peuple... ce qui d'ailleurs contredit l'objectif officiel de "souveraineté populaire". Eux y croient dur comme fer! En gros, le Président incarne la France et les français. Lui donne-t-on pour autant tout pouvoir?

 

Quand je parle de "jacobinisme", je me place sur le point de vue de la gouvernance. Quand je me dis "de gauche", je me place sur le point de vue du modèle économique et social que je défends. Du point de vue de la gouvernance, je me sens fédéraliste donc plus enclins à suivre un PS rocardien, les Verts ou même le Modem pourtant à droite. Du point de vue social par contre, je pourrais avoir des convergences avec l'X-gauche, le PS, les Verts voire le Parti de Gauche mélenchoniste. On pourrait aussi parler d'un troisième volet, celui de l'économie ou on distingue productivistes de... disons ceux qui pensent que le travail ne doit pas définir l'Homme (je n'ai pas de concept qui me vienne en tête pour définir cette idée). Dans ce cas, je me sentirai plus proche des Verts ou d'une frange de gauche du PS, voire des anarchistes même si je ne pense pas comme certains que "la vie commence là où s'arrête le travail". ça mériterait d'ailleurs un article!

 

Ce qui fait l'originalité de l'UDB dans l'Emsav (Breizhistance aussi est clair sur le sujet), c'est que l'UDB se place sur ces trois volets à la fois et ne prétend pas être ni droite-ni gauche comme peuvent le faire d'autres partis bretons. Ce clivage est une réalité en France et sous-entend le modèle économique que nous défendons. Se placer sur l'un de ces volets seulement, c'est jouer un rôle de lobby, pas être un parti.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:15

manifestation-70-s-UDB.jpg

 

"Quand je serai grand, je ferai de la politique!". Moi qui suis du genre critique, voici un article pour expliquer pourquoi j'ai choisi un parti comme l'UDB alors qu'il eut été si simple de faire son trou dans des partis plus médiatiques comme le PS ou même Europe Ecologie. 

 

La réponse est assez simple: parce que je ne crois pas que nos problèmes de société en Bretagne seront réglés par l'échelon national. L'Etat français est jacobin et loin de changer. Les médias également et l'esprit de mes compatriotes bretons l'est tout autant même quand ils se défendent. J'en veux pour preuve le nombre de sympathisants de l'UDB qui, dès qu'un parti "plus gros" et prometteurs pointe le nez, se jettent sur lui. J'en veux pour preuve le fait que les bretons connaissent mieux ce qui se passent à Paris que ce qui se passe dans leur propre région.

 

Je comprends que, politiquement, on ait la volonté d'être efficace! C'est d'ailleurs ce qui a poussé de nombreux adhérents de l'UDB, au cours de son histoire, a migré vers le PS, le PC ou même les Verts. Malgré tout, l'UDB reste solide, ne disparaît pas. Elle constitue un laboratoire d'idées, comme un tremplin vers "mieux"...

 

Mais il y a toujours des gens pour tenir la boutique! Les anciens, ceux qui se sont attirés justement ou injustement des inimitiés passent le relai à ma génération à défaut d'une autre qu'ils ont été dans l'incapacité de recruter. Sans doute n'ont-ils pas laissé la place? Sans doute aussi certains auraient pu rentrer à une époque et rendre le parti plus "attirant"? Va savoir, je n'étais pas né!

 

Où je veux en venir? Je veux en venir à un truc tout simple: la confiance. Allez savoir pourquoi, un petit parti, un parti qui n'est présent que sur 5 départements, ne réussit pas à gagner la confiance d'un électorat et de potentiels adhérents. Les maires ont peur de perdre une élection, les artistes de perdre leur public, les personnalités leur pouvoir individuel... L'avenir, c'est nous prendre en main, ni hon unan. En attendant, on bricole des alliances avec des partis qui nous sont proches idéologiquement car c'est bien l'idéologie qui compte et pas notre nationalité!

 

PB-CV1-fevrier-2011.jpgJ'ai assisté à l'avant première du film "Hentoù 70" retraçant la Bretagne des années 70, film dans lequel l'UDB a une place non négligeable. A cette époque, le revival culturel a fait pousser des ailes à l'idée d'autonomie et l'UDB comptait des militants dans chaque usine, dans chaque profession.  Le Conseil régional n'a pas le moindre pouvoir (et le sait). On nous parle de "risque" pour la Bretagne alors que nous sommes en plein dedans. Mais "j'affabule", "tout va bien"! La Marque Bretagne, Nolwenn Le Roy... La Bretagne, ça les gagne! Mon cul... je ne parle pas des paillettes et du show-bizz, je parle du chômage, du taux de suicide, de l'alcoolisme, de l'exode des jeunes diplômés, de la destruction de notre culture, du maillage urbain qui fait qu'il fait bon vivre en Bretagne, des rivières où il ne fera bientôt plus bon pêcher, des pêcheurs et paysans qui disparaissent, des ostréiculteurs... Et même si je suis ravi que beaucoup de petits bretons prennent goût au breton grâce à une belle brune, ça ne suffit pas à mon bonheur de militant.

 

logo-DiwanEt quand je vois ce qui a réussi en Bretagne, je me dis que ça n'a jamais été du fait des gros partis: Diwan s'est monté grâce au volontarisme de parents d'élèves. Malgré les difficultés, ces écoles ont prouvé que le breton pouvait se développer, que l'immersion n'était pas une idée folle. Quand je vois le Peuple breton, bénévole, qui fait aussi bien -voire mieux- que la presse pro! Pourquoi les bretons n'ont-ils pas confiance dans cette presse? Simple: parce qu'elle n'est pas en tête de gondole et que nos invités ne sont pas des stars! Le serpent qui se mange la queue puisqu'on nous oppose que nous ne sommes pas en tête de gondole parce que nous ne vendons pas assez!

 

manif-peche.jpgPourtant qui a permis que les centrales nucléaires ne s'implantent pas? Qui a permis que Lafarge n'extraie pas son sable au large de Quiberon? La foule, le peuple breton! L'UDB a souvent été à l'écoute des "résistants" et souvent aussi dans les premiers à réagir quand elle n'était pas déjà impliquée via des militants. Quels journalistes étaient au milieu des pêcheurs durant la manifestation de 1994? Avec les salariés durant les grèves du Joint Français, de la SBFM? Nous y étions. On nous trouvera bien sûr un certain nombre de contre-exemples. Je n'en doute pas!

 

Aujourd'hui, je suis fier que nous ayons avec quelques amis reconstruit une branche jeune à l'UDB. Sans prétention, ça n'était pas arrivé depuis les JPB. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter... Et même si nous ne sommes pas la seule orga jeunes de Bretagne, nous n'avons franchement pas à rougir devant qui que ce soit! Alors, la confiance, elle est où? A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

 

Soutenez le Peuple breton, soutenez l'UDB, faites-nous un peu confiance!

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