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Klask

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 19:30

Le capitalisme est, selon moi, le pire fléau des temps modernes tant il détruit les sociétés (culturellement, mais aussi au sens propre par l'éradication des milieux). Si Michel Onfray décrit le christianisme comme du totalitarisme, je n'hésiterai pas à dire que le capitalisme l'est aussi (je fais la distinction avec économie de marché).

J'imagine certains horrifiés par ce terme qui renvoit à Staline ou Hitler. Pour ma part, je m'en tiens à la version de la philosophe Hannah Arendt pour qui le Maccarthysme pouvait être associé à du totalitarisme. On pourrait être un "fou de Dieu", mais pas un "fou du marché"? Malheureusement, notre société place elle-même les pions qui mènent vers un régime totalitaire. Et notre Etat marche main dans la main avec le capitalisme!

Ces régimes n'admettent qu'un parti unique contrôlant l'Etat et repose sur la foi en un chef. La Constitution française porte les germes d'un régime dictatorial. Une République "une et indivisible" et une devise qui excluait légèrement (Liberté, Egalité, Fraternité... ou la Mort) au sortir de la Révolution. La première constitution était sans doute la meilleure question idéale, ça ne l'a pas empêchée de déboucher sur la Terreur.

Le totalitarisme décrit par Hannah Arendt parle de "dynamique" autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales (wikipédia). Il se matérialise par un usage de la terreur, de la surveillance (le capitalisme doit savoir ce que veut le consommateur/citoyen). La propagande et la communication sont omniprésentes dans un Etat totalitaire.

Les sociétés totalitaires sont guidées par la croyance en un "paradis". Le nôtre pourrait se situer dans le "gagner plus", absurdité capitaliste qui vise à placer le bonheur en deça de la possession. Pour atteindre ce but, ces sociétés mettent en place un système de surveillance et de délation. Belle contradiction puisque le marché est censé être parfait. Pourquoi donc utiliser l'Etat pour asseoir sa domination et mettre en place son projet?

La loi de programmation militaire 2009-2014 qui a déjà fait son passage à l'Assemblée Nationale est un nouveau pas vers cette direction. Je la soumets à votre jugement, mais mon idée est déjà faite: elle fait en sorte que ceux qui ne sont pas d'accord avec l'Etat méritent d'être poursuivis en justice. A ma connaissance, l'Etat est au service des citoyens et pas l'inverse. Y-a-t-il déjà eu un débat sur le nucléaire en France? Non, puisqu'il a été exclu du grenelle de l'environnement.

Ajoutons à ceci une bureaucratie allant croissante, bureaucratie qui va, toujours selon Hannah Arendt, de pair avec une société totalitaire. Quand l'Etat est au service du capitalisme, ça promet!

Voici quelques réflexions jetées en pâture. Cet article est loin d'être parfait et je ne manquerai pas de me faire tacler par un prof s'il venait à lire ceci. J'ai lu Hannah Arendt il y a longtemps et mes souvenirs sont très confus, mais je crois me souvenir qu'elle refusait de s'enfermer dans une idéologie. Pour ma part, je suis pour l'idéologie, l'étude des idées. Voici une réflexion de plus: si j'ai une vision systémique du monde en tant que panthéiste, suis-je "totalitaire"? Qui a dit que "les hommes ont fait du monde un enfer car il voulait en faire un paradis"?

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commentaires

Dragan Matic 25/07/2009 09:17

Bon là, je pense qu'on sera d'accord à 100% ; il faut absolument que tu lises ceci: http://holocratie.over-blog.com/article-34198616.html et que tu me dises ce que t'en penses.Au plaisir d'avoir de tes nouvelles.

Chacalito 27/07/2009 17:47


Commenté également.

Intéressant, mais pas assez poussé. tu pars du principe que l'organisation sociétale est pyramidale ce qui a tendance à être de moins en moins le cas. De plus en plus de réseau donc le "chef" que
tu décris peut vite tomber s'il ne place pas les verrous nécessaires à son maintien à la tête.

Pour la responsabilisation, ce n'est pas un autonomiste comme moi qui va te contre-dire.

Gael.


Alexandre 02/07/2009 09:36

@Valéry: permettez-moi de ne pas être du tout d'accord avec vous. Il faut tout d'abord bien distinguer entre les éventuelles tendances répressives et sécuritaires actuelles, et le totalitarisme. Ces tendances dont vous parlez peuvent être identifiées comme du conservatisme, ce qui n'a rien à voir avec le totalitarisme. Les USA à partir des années 70, l'Angleterre, le Portugal, l'UE... sont au pire conservateurs. Même Salazar n'était pas totalitaire, mais bien conservateur. Rappelons-nous qu'en Autriche dans les années 30, la dictature conservatrice de Dollfuss puis Schuschnigg s'est opposée au nazisme.Il peut être un peu exagéré de qualifier la RF d'Etat purement totalitaire, mais l'influence n'en est pas moins nette. Une des caractéristiques du totalitarisme est de prendre l'homme non comme il est mais comme on veut qu'il soit. C'est la théorie dite de "l'homme nouveau" présente aussi bien chez Hitler que Mussolini ou Staline (et beaucoup moins chez Franco ou Salazar, voire pas du tout). Or, l'égalitarisme correspond tout à fait à cette théorie. Il veut placer tout le monde sur un pied d'égalité, malgré les différences. Mais à partir de quel modèle? A partir du modèle dominant, de la civilisation française rayonnante. Tous les autres modèles sont considérés comme arriérés et inégalitaires. Alors peut-être qu'il y aura une égalité des chances (et encore, seulement en théorie), mais ce sera au détriment de tout ce qui existait auparavant. D'ailleurs, n'oublions pas que la première occurrence de la théorie de l'homme nouveau est pendant la révolution française.Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille la lecture de Tocqueville, de Burke ou d'Hannah Arendt. Dire que la RF est totalitaire n'a rien à voir avec la critique d'un Etat policier. Cela fait plus de 200 ans que ça dure.

Chacalito 02/07/2009 11:40


"il peut être un peu exagéré de qualifié la RF d'Etat purement totalitaire (...)".

C'est pour cela que je ne l'ai pas fait. Ma première version m'aurait valu un procès! Je rajouterai que République ne doit pas être confondu avec Etat. la République est un régime, l'Etat est une
structure sociale (comment définir un Etat?).

Rajoutons Montesquieu et sa séparation des pouvoirs pour constater d'un point de vue objectif que ceux qui dirigent l'Etat actuel concentre de plus en plus les pouvoirs et font glisser notre
République vers un régime qui ne me plaît guère.


Valéry 02/07/2009 09:10

La république française totalitaire ? Et bien l'indonésie c'est quoi Disney land. Faut quand même pas exagérer et dire n'importe quoi. Dans ce cas il n'existe aucun système qui ne serait pas totalitaire. Une caractéristique du totalitarisme est quand même le parti unique et l'impossibilité de s'exprimer contre le pouvoir. On est loin de là même si je suis d'accord qu'il y a de + en + de lois qui réduisent la liberté (mais est-ce une liberté que de porter un burqa?). Ceci n'est pas spécifique à la France mais une tendance à plus de répressif et moins de social initiée aux USA à partir de la fin des années 70 et importée en Europe par l'Angleterre et... le Portugal. Puis par l'UE. La RF est quand même le pays occidental qui le 1er à eu des officiers et des généraux noirs (Cf Dumas par exemple), qui a permi aux juifs d'accéder à des postes de ministre, etc. ce n'est pas ce que j'appelerai être totalitaire. Tout n'est pas rose mais il ne faut pas en rajouter. D'ailleurs ce que vous repprochez à la RF c'est le principe de l'égalitarisme (ce que vous nommez uniformisation). La même loi pour tous, la même éducation, tout cela pour avoir les mêmes chances de succès. C'est cela qui est bloqué actuellement pas une dévalorisation de l'éducation.

Chacalito 02/07/2009 11:35


C'est dingue comme la lecture peut-être biaisée dès que l'on parle de sujets sensibles. Je n'ai pas dit que la République Française était totalitaire, j'ai dit que la constitution française portait
en elle les germes d'une société dictatoriale. J'en veux pour preuve la devise: "liberté, égalité, fraternité... ou la mort". Tout ce qui n'est pas avec nous est contre nous!

Je partage sinon votre point de vue sur le sort réservé à l'éducation en France. Etre totalitaire, ce n'est pas brûler les juifs! Et puisque vous me parlez de cela, je rappellerai aussi que
l'antisémitisme a une longue histoire en France. Si cela peut vous rassurer, je dirai qu'en Bretagne aussi.

Quand au parti unique, on y arrive!


Alexandre 01/07/2009 16:23

Article intéressant. Je partage l'idée que la République française est totalitaire. Elle l'est d'ailleurs par nature, son existence est conditionnée par l'application d'un système totalitaire. C'est un système assez complexe qu'il serait intéressant d'étudier dans les moindres détails. Une forme de soviétisme conjuguée avec un nationalisme exacerbé et un élitisme omniprésent. La République française, nombreux sont ceux qui ont voulu la copier, mais personne n'a réussi.Toutefois, je ne lierais pas République et capitalisme. La forme d'économie qui est présente en France n'est pas, selon moi, du capitalisme. Il est vrai qu'une distinction entre économie de marché et capitalisme peut être intéressante. Mais malgré tout, le système français n'est pas foncièrement capitaliste. Il l'est par la contrainte, du fait de la salutaire intervention de l'Union européenne. Car l'économie, en France, repose sur les grandes entreprises, et il y a une collusion étonnante entre elles et l'Etat. Ceci d'ailleurs quel que soit le parti au pouvoir. Parce qu'il faut également considérer EDF et La Poste comme des entreprises. Tout est fait pour ouvir le moins possible les frontières et permettre aux mêmes de se répartir les postes: issus de l'ENA, ou autres, ils vont et viennent entre public et privé. Ils cultivent l'idéologie du "service public" mise en avant par les syndicats (dont cinq sont représentatifs quelle que soit leur audience) afin de maintenir constant le poids de l'Etat dans l'économie, ce qui permettra de renforcer les grandes entreprises "françaises" et de donner un semblant de rayonnement international à la France. Tout le monde en profite, ou presque. Voilà comment la France s'auto-exploite pour la gloire, au bénéfice, essentiellement, de Paris.Ce sont quelques idées, mais ma réflexion est contestable elle aussi.

Isa 30/06/2009 09:28

Grand débat et cela mérite la réflexion. Je ne dirais pas que le capitalisme est en soit un totalitarisme sinon il faudrait dire que toute idéologie, tout système est un totalitarisme. C'est plutôt les contre-pouvoir et les règles existantes qui font que l'on passe d'un côté ou l'autre de la barrière. L'autonomisme n'est-il pas aussi un totalitarisme lorsqu'il est porté par Alfred Marie-Jeanne qui stigmatise tout ce qui n'est pas noir? Le communisme n'est-il pas totalitaire lorsqu'il est incarné par Kim Jong-Il? La république Une et indivisible n'est pas totalitaire, loin de là, sinon, la bretagne à 5 et tous les militants bretons qui militent pour que la LA soit dans la Bretagne sont totalitaires intrasequement.. Le fait totalitaire est caractérisé par l'absence de contre pouvoir. Le capitalisme est nuisible s'il n'y a pas de contre pouvoir i.e. de contrôle. Tu ne peux pas reprocher aux entreprises de chercher à savoir ce que les consommateurs veulent afin de faire des produits pour ces besoins. Ce serait absurde de réaliser des choses à l'aveugle et d'essayer de les vendre. C'est donc le niveau et la manière dont ceci est encadré qui peut poser problème, pas l'idée que cela soit fait. Et pour relancer le débat, je trouve tout aussi totalitaire certains militants de la décroissance, des végétariens et autres alter-mondialistes et alternatifs de la gauche que des ultra-libéraux. Finalement toute idéologie est peut être totalitaire à partir du moment où il est impossible que 100% des gens y adhèrent. 

Chacalito 30/06/2009 09:46


L'autonomisme n'est pas une idéologie. L'autonomie, c'est un moyen d'organiser la société. On parle de deux choses différentes. L'autonomie sans projet de société, c'est une coquille vide!

Cela dit, je renjoins parfaitement votre propos et c'est d'ailleurs l'objet de ma conclusion. D'une certaine façon, moi qui suis dans un système de pensée, je suis un peu totalitaire à ma façon.
C'est justement ce que je sous-entends: il faut rester ouvert à la critique, à l'opposition sous peine d'être formaté. Donc oui à vos remarques sur le bio, sur la Bretagne...

La République Une et indivisible est une forme de totalitarisme, je maintiens. Je ne parlai pas de la réunification, mais bien de la conception de la France par la constitution: un Etat = un pays =
un peuple = une langue. C'est très étriqué! Ce qui sort du cadre est dangereux. Quand à l'absence de contre-pouvoir, je crois que l'Etat actuel les supprime un à un.

Une fois cela dit, ces quelques mots sont jetés sur la page internet et cela mérite un développement que je n'ai plus le temps de faire...

Merci pour le commentaire.