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Klask

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 14:56
Certains des lecteurs de mon blog ont sans doute entendu parler de l'affaire des "inculpés de la réunification" qui monopolise la toile depuis la veille du nouvel an dernier. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, en voici un résumé:

Quelques heures avant le nouvel an, six jeunes se font interpeller à tagguer des trains à Nantes. Que tagguent-ils? "44=BZH" naturellement. Trois se font attraper, les trois autres recevront la visite des policiers quelques heures plus tard. Que l'on soit favorable ou non au rattachement, être arrêté pour flagrant délit de peinturlurage est logique.

Ce qui le fut moins, c'est la pression exercée sur ces jeunes que l'UDBy a dénoncé (voir ici): 40 heures de garde-à-vue, c'est scandaleux! Bref, passé cela, la tenue d'un procès est normale puisqu'il y violation d'une règle. Celui-ci aura lieu le 12 février, à Nantes.

Il y a quelques jours, les Jeunes de l'UDB ont rédigé un communiqué de soutien aux inculpés en vue de leur procès (voir ici). Ce communiqué indique que des barbouillages ne sauraient être aussi graves que la négation de l'identité bretonne en Loire-Atlantique.

MAIS...

Nous n'avons pas cautionné les méthodes utilisées par ces jeunes pour parvenir à leur fin. Celles-ci nous semblent, à terme, contre-productives et pas sérieuses! Et cela n'a pas plus du tout à certaines personnes du milieu breton. Cet article leur donnera quelques réponses (je suis faible, je m'étais promis de laisser courir!).

Pourquoi avoir choisi un tel titre? Tout simplement car les critiques que l'on nous a faite m'ont fait comprendre à quel point nous ne vivions pas dans la même réalité!

Je m'explique car j'imagine que cela ne doit pas être simple à comprendre pour tout le monde. Il existe dans le mouvement breton certaines personnes qui vivent dans une bulle, qui se sont fabriqués une mythologie dans laquelle ils aiment vivre. Souvent très engagés et sincères, mais qui ne comprennent pas que l'on vit en France, que la France a des lois, qui ne conviennent pas à tout le monde certes, mais que pour faire bouger ces lois, c'est le pouvoir politique qu'il faut prendre. Ce pouvoir ne se prend pas par la force, mais par le vote!

En gros, on nous reproche de ne soutenir qu'à moitié ces inculpés car, dit-on, nous sous-entendons qu'il pourrait y avoir "une peine acceptable". Soyons réalistes... ces jeunes ont été pris en flagrant délit donc, sauf vice de forme, il est évident qu'ils prendront une amende, même avec sursis! Ils ne peuvent pas être acquittés sans quoi il est évident que ce serait un appel à continuer... et un appel aux anti-bretons à recommencer le taggage sur les panneaux que ces mêmes barbouilleurs critiquaient (voir ici), comme nous.

Il faut comprendre que nous n'avons pas tous la même réalité et que ce qui est vrai pour certains ne l'est pas pour d'autres. Nous aussi avons dénoncé le matraquage publicitaire de cette région bidon qu'est les Pays de la Loire. La véritable question est de savoir si on politise l'affaire ou pas? Beaucoup rêvent de devenir martyres. Je ne rentre pas dans cette logique du misérabilisme.

La Loire Atlantique est assurément bretonne, mais ce ne sont pas les militants bretons qu'il faut convaincre! Ce sont ceux qui s'en balancent. Ni l'UDBy, ni Emgann, ni aucun autre n'a le droit de juger à la place des juges! Heureusement que la vindicte populaire ne décide pas sans quoi la peine de mort serait rétablie!

Bref, je soutiens les jeunes inculpés et plus encore la réunification. Mais ce n'est pas en jouant la loi du plus fort que nous obtiendrons le rattachement. C'est en proposant des alternatives crédibles, sérieuses. Pas en se prenant pour Bobby Sand ou Michael Collins. Nous ne vivons pas (encore) dans une dictature et les possibilités d'expression existent (encore).

Ce que vous nous demandez en somme, c'est d'accepter ce que vous avez fait seuls! Certes, vous passerez plus dans la presse à scandale, mais vous passez pour des "jeunes bretons amusants". Les résistants ne demandent pas l'acquittement, ils assument leurs actes en sachant ce qu'ils risquent... c'est cela qu'il faut faire SI vous voulez politiser l'affaire!
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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 14:55


Je poursuis sur ma thématique de la Justice suite aux nombreux commentaires des deux derniers articles. Le sujet est fort intéressant et je ne voudrai pas que, par maladresse (car j'avoue être virulent dans mes écrits), on déforme mes propos. Je m'excuse également pour ceux qui se sont sentis blessés par ma morale, j'essaye simplement de briser un tabou breton. Car il est inutile de le nier: le mouvement politique breton est lui aussi politiquement correct (les modérés comme les plus extrêmes).


Proportionnez les peines au délit, a dit Voltaire, car ceux qui ont fait les lois n'étaient pas géomètres!Voilà à peu près mon crédo! Il est clair que dans cette affaire de Quévert, les accusés ont purgé leur peine. Néanmoins, la Vérité n'a toujours pas été trouvée et personne ne sait qui est responsable de la Mort de la jeune femme.


Ma question est donc la suivante: la Justice est-elle juste? Je ne le pense pas. La Justice juge en fonction des lois si bien que ce sont aux lois d'être justes sous peine d'avoir une Justice pervertie. Je passe mon temps à dire que les lois sont de plus en plus liberticides donc je ne vais pas, sous prétexte que je ne partage pas les opinions politiques de Gael, Pascal et Christian, faire exception pour eux. Je pense que l'Etat veut montrer à la famille Turbec qu'il fait son possible pour coincer le coupable... mais en se concentrant sur la seule piste des trois indépendantistes! Acharnement ou pas? Sans doute, mais cela concerne-t-il spécifiquement la mouvance politique bretonne?


Quoi qu'il en soit, la Justice est incapable de condamner un accusé sans preuve, sans acte, si bien que je suis persuadé que dans cette affaire, l'Etat se cassera les dents.  Les lois sont censées éviter une Justice arbitraire: on parle de "présomption d'innocence" (la par contre, j'accepte toutes critiques visant à dire que la présomption d'innonce est en voie de disparition: Nicolas Sarkozy n'avait-il pas qualifié Colonna d'assassin avant qu'il soit jugé?).


Le ministre de la Justice conduit la politique d'action publique déterminée par le Gouvernement et veille à la cohérence de son application sur le territoire de la République. Or, je sais pertinement que la séparation des pouvoirs est de moins en moins vraie en France. Je sais aussi quel pouvoir a le président et quels genres de pressions peuvent s'exercer sur des hommes qui ne pensent pas "comme il faudrait".


 

Prenons la lutte politique bretonne dans ce contexte de crispation sécuritaire. Croyez-vous que je ne sache pas que les revendications bretonnes, qu'elles soient autonomistes, indépendantistes ou même simplement linguistiques, sont matées? L'Etat ne veut pas reconnaître le Peuple Breton (intégrité territoriale = un peuple en France) et je sais bien que Gael Roblin est la preuve irréfutable de ce mépris puisqu'il a fait 3 ans de prison pour un communiqué ("l'Etat a chargé la mule", diraient certains).


Oui, le climat ambiant est sécuritaire. On sent bien que l'Etat, par les nombreux procès en cours, craint pour sa survie et tourne autoritaire. Mais selon moi, le procès Quévert est plus "juste" (dans le sens où il y a une affaire derrière) que le procès des Corses qui se sont introduits chez Christian Clavier, ami du président. Le procès Quévert est plus légitime que le procès de notre camarade Sylvain Rabouille qui, parce qu'il a eu une phrase malencontreuse à l'égard de sa Seigneurie Nicolas Sarkozy, a perdu son travail et risque quelques mois d'emprisonnement. Je tente de faire la part des choses: d'un côté on juge un attentat, de l'autre des broutilles!


J'aurai sans doute du commencer par ces quelques lignes avant d'écrire les deux derniers articles, mais je persiste: un prisonnier politique, selon moi (comme ça, on ne me reprochera pas de m'arroger le droit de proclamer le sens des mots), est un homme ou une femme qui fait de la prison pour le seul motif qu'il dérange le système politique en place. Certes, nos trois inculpés dérangent et oui, ils ont été désignés d'avance comme l'a été Colonna, mais jusqu'à preuve du contraire, leurs années de prison ont été "justifiées" par des actes (attentats ou tentatives d'attentats, rédaction d'un communiqué d'une entreprise terroriste).


Après, on pourra toujours polémiquer sur la définition du terrorisme: d'aucuns en Bretagne estiment que poser des bombes est un acte de résistance. Ce n'est pas mon point de vue: la violence est périmée! Seule la lutte politique pacifique pourra venir à bout du mépris. Les Corses l'ont compris, de même que les Basques et les Irlandais (le désarmement des milices entraîne une crédibilité politique). Par pitié, ne sombrons pas dans des méthodes qui n'ont jamais été les nôtres!


Je termine par une question trouvée sur le net: un bon citoyen (qui respecte les lois) peut-il être en même temps injuste (du point de vue de la vertu) ? Et, inversement, un homme juste est-il nécessairement un bon citoyen ?

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 01:38


Retour de Paris où j'ai donc assisté au premier jour du procès de Gael Roblin, Pascal Laizé et Christian Georgeault. Je dis cela à ceux qui pensent que je me fous pas mal du sort des trois accusés: c'est vrai après tout, pourquoi irai-je au procès si je m'en balance? Dois-je crier "Gloire à Gael, Pascal et Christian" comme la petite troupe d'Emgann, à Paris elle aussi, pour être considéré comme breton?

Ceux d'entre vous qui suivent le dossier savent sans doute que le procès a été annulé après deux jours. Invalidation de l'appel. Je dois avouer que la plaidoirie politique de Yann Chouq était bien menée, mais je ne pensais pas qu'elle aboutirait. Au final, le procès est cassé! Honnêtement, j'aurai préféré qu'il ait lieu et que les trois inculpés soient acquittés afin d'en finir une bonne fois avec cette histoire (ou en tout cas se concentrer sur d'autres pistes).

Mes impressions tout de même avant de continuer:

1. Beaucoup de "témoins" de l'accusation absents.
2. Une cour qui omet le jury populaire (l'Etat s'est toujours méfié du peuple) ce qui, à mon sens, est le plus grave dans la tenue de ce procès tout comme le mode de désignation de la cour.
3. Des rappels historiques lus par le greffier tout à fait scandaleux: une ignorance totale du lexique (différences entre indépendantistes et autonomistes n'existe pas), mais plus grave encore les allusions à la collaboration bretonne durant la guerre 39-45. Quel rapport avec l'affaire?
4. Suite à la lecture des faits reprochés, on constate que tous les attentats durant cette période sont revendiqués par l'ARB sauf celui de Quévert. On constate aussi qu'Emgann ne s'est pas protégé vis-à-vis de l'ARB et que du coup, les amalgames sont vite faits entre ce parti légal et un mouvement armé (donc illégal par définition n'en déplaise à ceux qui "comprennent"). "Non, nous ne comprenons pas", disait Herri Gourmelen dans un édito du Peuple Breton.
5. Je n'imaginais pas la vague de violence entre 1993 et 2000! Combourg, Lorient, St Aubin du Cormier, St Brice en Cogl, Pornic, Etel, Quévert, Rennes, Auray, Louvigné du désert, St Herblain, Morlaix, Crac'h, CAudan, Liffré, Matignon (Paris), Callac, Guichen, Gouarec, La Gacilly, Dol de Bretagne, Paimpol, Mayenne, Carhaix, Pontivy + des fusillades à Guéméné-Penfao et j'en ai sûrement oublié. Autant de villes qui ont été frappées ou qui aurait pu l'être si le mécanisme ne s'était pas arrêté. Car derrière cette violence et cet arsenal, on sent quand même l'amateurisme! 


D'aucun me diront encore que je suis un faux patriote (comment peut-on être breton sans lire l'ABP?) ou un vendu aux français, d'autres pesteront sur le fait que je dise que ces trois-là ne sont pas des prisonniers politiques et ne l'ont jamais été (ils n'ont pas fait de la prison pour le motif qu'ils étaient indépendantistes que je sache), toujours est-il que de retour à Lorient, j'écoute quelques réactions de personnes qui lisent la presse:


"Ah bon? Ils sont accusés, mais il n'y a pas de procès?"


Ne pas avoir jugé le fond de l'affaire ne fait pas beaucoup de pub à ces trois-là ni au mouvement breton dans son ensemble. Sans acquittement, il subsiste toujours un doute. Sans compter que l'Etat poursuit la procédure qu'il mène toujours lors d'affaire du genre: le pourvoi en cassation afin de casser la décision qui vient d'être prise. Et puisque certains commentaires me reprochent de continuer à nier l'acharnement (sans être dupe des pressions politiques je le rappelle), je mets à leur disposition ce schéma qui illustre le fonctionnement de la Justice en France (connaître les institutions, c'est bien si l'on veut pouvoir les critiquer, non?):




Yann Chouq est brillant, mais je suis persuadé qu'il dirait que le pourvoi en cassation est légal. Je ne dis que cela. Maintenant, je continue de dire que si le dossier est vide, nos trois accusés seront blanchis et pourront vivre tranquilles.


Donc oui, l'Etat veut un coupable et oui, il est sans doute persuadé que les trois accusés sont coupables, mais une "Justice d'exception" ne juge pas, elle a décidé d'avance... or, l'issue de ce procès montre bien que la Cour a jugé sur du droit et pas sur de la politique. C'est cela l'indépendance de la Justice. J'espère qu'elle le restera!

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 13:52
Difficile d'illustrer un article sur les prisonniers politiques sans tomber dans la logorrhé des groupes de lobbistes identitaires pour qui toute personne mis en examen est un prisonnier politique. Je déteste être manipulé que ce soit par l'Etat ou par les soi-disant martyres de la cause bretonne (j'ai grandi dans ce mythe de la persécution et je trouve ça malsain).

Cet article se veut ma vision du procès de Gael Roblin, Pascal Laize et Kristian Georgeault. Lisez attentivement ces lignes avant de me jeter des pierres et peut-être vous rendrez-vous compte de ce qu'est la manipulation politique, d'un côté comme de l'autre!

Commençons par le départ (je résume). Suite à un attentat visant le Mac Donald de Quévert en avril 2000, une femme trouve la mort. La police s'oriente tout de suite vers l'Armée Révolutionnaire Bretonne (ARB). Il faut se souvenir (moi, ce sont les archives qui me le rappellent) qu'entre 1993 et 2000, 40 attentats sont commis en Bretagne. En 2002, le juge d'instruction met en lien trois d'entre eux: Quévert, l'attentat raté du Mac Do de Pornic et l'attentat contre une Poste de Rennes. Une marche pacifique est organisée à l'initiative du Conseil Culturel de Bretagne à laquelle l'UDB, qui a toujours dénoncé la lutte armée comme moyen de reconnaître les droits des bretons, participe.

Quoiqu'il en soit, l'UDB dénonce avec d'autres la lenteur de la Justice car il faudra attendre mars 2004 pour que le verdict tombe: acquittement! Une détention provisoire qui dépasse l'entendement pour officiellement aucun coupable dans cet attentat de Quévert! Cela dit, les auto-proclamés "prisonniers politiques bretons" n'en sont pas. Sur les onze accusés poursuivis pour certains des dix-sept attentats attribués à l'ARB, quatre sont acquittés et indemnisés, sept sont condamnés, tous pour "association de malfaiteurs" (lien avec l'ARB établi j'imagine), et, pour cinq d'entre eux, pour "attentats" matériels. Je crois tout de même que l'Etat doit un an de détention à Gael Roblin, le plus jeune des accusés.

Bref, l'Etat n'a donc pas de coupable. Gael Roblin sort de prison et se réinsere dans le milieu professionnel. Depuis cette année, j'ai eu l'occasion de le croiser régulièrement à Rennes et je dois avouer que c'est un chic type, mais que l'on me comprenne bien: je fais de la politique, pas du sentiment. La procédure d'appel est normale dans la Justice Française (à ceci près que l'appel est partiel car il ne concerne que trois personnes) et même si je ne suis pas dupe de la manipulation d'Etat (violence d'Etat), je ne marcherai pas dans la tentative de récupération politique de ce procès par Emgann et cie.

Soutenir financièrement Skoazell Vreizh est une autre affaire car ce genre de procès coûte cher et je sais que les accusés ne doivent pas rouler sur l'or. Quelques militants UDB ont donné de l'argent pour que les accusés puissent se défendre convenablement. Mais point de soutien politique. Pourquoi? Parce qu'on ne dispose d'aucune information sur ce procès et qu'on ne communique pas sur l'intime conviction. Personne n'a été capable de me donner les actes d'accusation. C'est la raison pour laquelle je me rendrai lundi à Paris pour la première journée du procès (en espérant pouvoir y assister pour en apprendre davantage).

Tout ce que je sais, c'est qu'il serait bon de mesurer ses propos quand on parle de prisonniers politiques. Nous ne vivons pas dans un Etat très porté sur la Liberté, mais nous ne sommes ni à Cuba où les homosexuels sont enfermés, ni en Chine où les dissidents internautes sont mis en cage. Une bombe tue et quand on se mouille avec un groupe armé, il ne faut pas se plaindre de faire de la prison.

La manipulation politique est claire dans cette affaire où l'information est opaque (des deux côtés de la barrière). J'attends donc le déroulement du procès. S'ils sont condamnés pour le simple fait qu'ils sont indépendantistes, c'est lamentable, si le parquet prouve qu'ils sont coupables (ce qui m'étonnerait un peu), alors que dire? Nous  dénoncerons par contre le verdict s'il est infondé et qu'il repose sur des éléments douteux. Pour ma part, je pense que sans élément nouveau, ils seront acquittés car le dossier est vide. Dans l'immédiat, il n'y a pas "d'acharnement" (on verra la suite), juste un Etat qui cherche un coupable.

Que le comité de soutien cesse donc d'harceler les membres de l'UDB à ce sujet.  Si Jean-Marie Goater et Stivell ou Naig ont donné leur soutien, tant mieux, mais Dieu lui-même la donnerait, nous n'aimons pas beaucoup le suivisme et nous vérifions nos sources avant de nous engager! Nous ne communiquons pas sur du vent! Mais nous avons été capable de faire des communiqués sur Denez Riou (que la presse a mal retranscrit bien évidemment) ou Colonna. Si nécessaire, nous ferons de même pour les incupés.

Oui à un procès équitable!
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 10:38

Vous vous souvenez sans doute de mon article sur la Kabylie dans lequel je faisais allusion à ma rencontre avec Me Salah Hannoun, avocat et défenseur des Droits de l'Homme (voir ici). Ce dernier a consacré une interview au journal "le Soir d'Algérie" pour la 20 ème commémoration des évènements sanglants d'octobre 1988. Le 5 octobre, des soulèvements éclatent un peu partout en Algérie (Alger, Annaba, Oran, Constantine et Tizi Ouzou, capitale de la Kabylie).

Entretien réalisé par Rosa Mansouri

Le Soir d’Algérie : 20 ans sont passés sur les événements du 5 Octobre 1988 et la justice algérienne n’a pas livré tous ses secrets sur cette tragédie. Les crimes sont restés impunis à ce jour. Est-ce qu’il y a une raison juridique pour expliquer cette impunité ?

Me Salah Hannoun : Les événements d’Octobre 1988 restent une plaie saignante dans l’Algérie postindépendance. Ils représentent aussi un certain repère, dans notre tentative de compréhension de la suite des événements politico-sécuritaires ayant ensanglanté l’Algérie depuis. Dans la même lignée de la réaction du pouvoir, face à certains événements politiques d’avant 1988, («Tafsut imazighen» en 1980, création de la Ligue des droits de l’homme en 1985, événements de Constatine en 1986, etc.), la répression était inéluctable, car elle constitue le prolongement de la politique liberticide engagée par le pouvoir algérien depuis l’indépendance. Et comme dans toute dictature qui ne se respecte pas, en Algérie, l'impunité est érigée comme mode de gouvernance. Un pouvoir sans légitimité populaire, imposé par les chars, n’a que faire des notions universelles que sont la vérité et la justice. Des notions qui sous-tendent politiquement et judiciairement une réelle démocratisation de la vie politique, avec une véritable séparation des pouvoirs et une concrétisation, de fait et de jure, de toutes les prérogatives régaliennes qui reviennent constitutionnellement aux trois pouvoirs.

Le ministre de la Justice, M. Ali Benflis, installé le 23 novembre, juste après les événements, avait donné des instructions aux procureurs généraux pour porter, devant les tribunaux, les affaires de torture de jeunes manifestants. Pourquoi la justice n’a-t-elle pas exécuté ses ordres ?

A démarrer du postulat de base que M. Benflis ait été, un tant soit peu, de bonne foi dans sa demande (le code de procédure pénale lui permet de faire ces demandes), on est en droit de s’interroger, dans l’absolu, quant à la pertinence desdites demandes dans un système complètement fermé et obsolète. M. Benflis était ministre d’un gouvernement, vitrine constitutionnelle d’un système militaire, ayant ordonné de tirer à balles réelles et de pratiquer la torture sur des jeunes. On ne voit pas comment ce même système se fera hara-kiri en demandant à la justice de faire son travail. En plus de cela, dans le contexte de l’époque de parti unique/inique, n’oublions pas que la justice n’était qu’une fonction, conformément à la Constitution, programme de 1976. En 1988, il n’était pas encore question, dans la norme constitutionnelle, de la notion de pouvoir judiciaire. Cela signifiait que la justice avait comme objectifs de contribuer à la réalisation des objectifs de la révolution socialiste. Traduit en termes claires, cela donnera : «Les luttes démocratiques sont des luttes réactionnaires portant atteinte à la révolution et aux constantes nationales… » Pour la vérité historique, politiquement, M. Benflis, et la justice algérienne avec, n’étaient pas en mesure d’engager de réelles poursuites judiciaires contre un arbitraire d’Etat exécuté par les «troupes», mais théorisé par des commanditaires bien assis dans leurs confortables fauteuils de pouvoir.

A ce jour, la liste définitive des victimes est restée secrète dans les bureaux du département de l’Intérieur. Pourquoi la justice n’a pas exigé cette liste et la rendre publique, pour lever l’équivoque sur le nombre des victimes, qui peut atteindre 1 000 personnes ?

Dans tous les systèmes répressifs des dictatures, il y a une réelle répartition des tâches. La hiérarchisation de la fonction répressive, avec son entretien en privilèges, est une donne importante sur laquelle sont édifiés ces systèmes. Le socle de l’arbitraire d’Etat, ce n’est pas simplement le théoricien, mais aussi l’exécutant. Sans les milliers d’agents de la Sécurité militaire, les «chefs» ne pourront aucunement maintenir le pays sous leur chape de plomb. Sans la justice, la répression des militants politiques et des «émeutiers» n’aurait pas l’effet dissuasif de la légale détention. Durant les événements d’Octobre 1988, la propagande officielle justifiait la répression par son laconique «rétablissement de l’ordre public». Pour ce faire, les forces de l’ordre sont assujetties au sacrosaint principe de «la légalité» qui les oblige à respecter la norme juridique dans leurs interventions. Dans cette logique, il est donc important de minimiser au maximum le nombre des victimes et l’ampleur des dégâts humains. Que l’Etat avoue avoir tué mille personnes pour rétablir l’ordre public, cela porte un nom : «Répression planifiée et généralisée à grande échelle». Et c’était vraiment le cas. Même dans une dictature, y a certaines limites qui ne sont pas franchies. Sauf quand l’Etat algérien reconnaît, en avril 2002, dans une ordonnance présidentielle, que pour le parachèvement de l’identité nationale, il a fallu assassiner 123 jeunes et en blesser des centaines d’autres. Il fallait l’oser. C’est chose faite.

Des noms des hauts responsables militaires ont été cités, pour avoir superviser des séances de tortures et aucune enquête n’a été menée pour faire la lumière sur l’implication ou non de ces personnes ?

On reviendra toujours sur le sacro-saint principe de l’impunité qui est érigée en mode de gouvernance. Quelques subalternes, pour les besoins d’une mascarade politico-judiciaire, on les juge, mais pour des motifs n’ayant rien à voir avec leurs actes : homicide involontaire, alors que souvent c’est de l’assassinat qu’il s’agit puisque l’acte de tuer est précédé d’une préméditation de l’acte. Certains bouc-émissaires, on les jette en pâture pour assouvir la colère du peuple. Mais pas plus. On n’ira pas jusqu’à extraire les radicelles du mal ; les commanditaires ne seront jamais inquiétés, car ils sont protégés par la manipulation de la fonction et de ses tentacules politiques.

C’est pour cela que la réponse à tous les assassinats politiques ne pourra être trouvée que dans un cadre réellement démocratique. Un cadre qui permettra de juger le responsable pour ses actes criminels, lors d’un procès équitable répondant à toutes les garanties universellement reconnues. L’indépendance de la Justice est, dans ce cas, une condition sine qua non, pour la réussite d’une telle transition.

Pour le moment, les velléités dictatoriales des Hommes au pouvoir, aux visées islamisantes, laissent penser fortement qu’une telle option est toujours lointaine ;

Mais faudra-t-il rester les bras croisés, « en attendant Godot » ? Evidence que non. En tant que militants des droits humains, nous avons des solutions de rechange, même si elles ont aussi leurs limites : la justice universelle, à commencer par la Cour Pénale Internationale de Justice, le cadre légal défini par la convention de New York sur la torture de 1984, etc.

La lutte pour la vérité et la justice, ipso facto contre l’impunité, est une exigence qui transcende les générations. Elle doit fédérer nos énergies, aux noms de tous les suppliciés, torturés et autres assassinés… Et en Algérie, malheureusement, les listes ne sont toujours pas closes…

Source: Blog de Salah Hannoun

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 19:39
Sarkozy à Batz (44) : un militant de l'UDB gardé à vue !

Sylvain, militant nazairien de l'UDB, travaille à Batz, dans un centre de vacances.  Pour éviter les inconvénients liés à la visite du président de la République le 24 juillet, il prend sa journée de congé.

Le 23 au soir, après avoir passé la soirée avec des amis au Croisic, il fait l'objet d'un contrôle d'identité par la gendarmerie, au cours duquel il exprime de manière formellement assez vive son indifférence totale à l'égard de la visite présidentielle : "J'en ai rien à f..., il peut bien crever !".

Le lendemain, le propos lui sera présenté comme... une menace de mort ! Et Sylvain sera placé en garde à vue de 9 h à 15 h 30, période pendant laquelle son logement temporaire personnel au centre de vacances sera perquisitionné, ainsi que son domicile nazairien, où seront saisis... des tracts de l'UDB.

Outre une journée de vacances gâchée, Sylvain se trouve pour cette affaire menacé de licenciement.

La fédération de Loire-Atlantique de l'UDB exprime son étonnement devant le traitement réservé à son adhérent, dont le côté "présidenticide" lui avait jusqu'ici échappé.

Des contacts sont en cours à toutes fins utiles avec un avocat et l'Union locale CGT de Saint-Nazaire, avec laquelle il a eu ces derniers mois plusieurs occasions de collaborer sur des dossiers de travailleurs immigrés.

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Commentaire personnel:

Je préconise, pour la sécurité de M. Sarkozy qu'il enferme également tous les collégiens et lycéens gauchistes, tous les syndicalistes ou politiques d'opposition dont la langue peut fourcher! Sans cette opposition, son Excellence aura enfin la paix sociale dont il rêve.
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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 07:01


La Bretagne se souvient du naufrage du Bugaled Breizh comme si c'était hier. Pourtant, c'était en 2004 et la vérité n'a toujours pas été faite sur cette affaire. Sans doute parce que cette "affaire" doit rester confidentielle car elle implique d'ouvrir les dossiers militaires de certains Etats! Quand les pêcheurs se mêlent des affaires d'Etat, Michelle Alliot-Marie, ancienne ministre de la Défense, botte en touche: les dossiers ont été ouverts! Certes, mais pas tous...

Résultat, le journal Le Monde rapporte qu'une note remise aux participants d'une réunion de coordination Eurojust le 19 février à La Haye, les juges d'instruction Richard Foltzer et Murielle Corre indiquent qu'"à l'issue des investigations (...) nous arrivons à la conclusion que l'hypothèse d'un sous-marin qui se serait pris dans l'une, voire les deux fûnes du Bugaled-Breizh, est l'hypothèse la plus sérieuse en l'état du dossier".

Cette hypothèse évoquée dès le début de l'enquête sur le naufrage du chalutier de Loctudy est certes incroyable, mais s'avère bien plus crédible qu'un accident de pêche banal (d'autant que l'on sait qu'il y aurait eu des manoeuvres militaires dans cette zone maritime le même jour). La procureur de la République de Quimper semble plus prudente et préfère ne rien affirmer.

Voici le scénario développé par les partisans de la thèse de l'accrochage avec un sous-marin:



Les familles des cinq marins morts attendent toujours d'en savoir plus... on rappelle également qu'elles avaient déposé une plainte contre X pour entrave à l'enquête en janvier 2007!

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 00:16
03/04/2008

Il y a quelques jours, le collectif du Peuple des Dunes annonçait que le référé qu'il avait déposé contre le Préfet du Morbihan au tribunal administratif avait été débouté!

La Justice indépendante aurait-elle peur d'affronter l'Etat? A priori oui pusqu'elle considère qu'un site d'informations dans lequel il manque TOUTES les études contradictoires est impartial!

La France, soit-disant "patrie des Droits de l'Homme", n'est pas capable de lancer les débats de société. Un Etat aveuglé par la sphère financière ne peut comprendre le bon sens.

Que l'Etat continue d'utiliser les fonds publics pour les multinationales et je ne donne pas cher de la peau de notre gouvernement au prochaines élections!

Kalon vat, Pobl ar Tevennoù!
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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 17:38
25/03/2008

Stéphane Lhomme, le porte-parole du réseau "Sortir du nucléaire" a été mis en garde à vue ce mardi 25 mars 2008 (dans les locaux de la DST). Motif: le collectif a publié un document classé "confidentiel défense" révélant la vulnérabilité du réacteur EPR en cas de crash suicide d'un avion de ligne.

Pour la seule détention de ce document, Stéphane Lhomme risque 5 ans de prison et 75000 euros d'amende. Le réseau publie
à nouveau ce document  sur son site (voir ici).

Cette affaire est la preuve flagrante que certains sujets sont tabous en France. L'option nucléaire n'est pas débattue dans notre pays. Il n'est même pas possible de faire le choix de réduire notre dépendance à cette énergie.

Après la mascarade qu'a constitué le Grenelle de l'Environnement et les problèmes que rencontre Christian Vélot (un chercheur très hostile aux OGM), voici que l'icone de la lutte anti-nucléaire en France est arrêtée. Jusqu'où l'Etat va-t-il aller pour éviter un débat de fond?

Ces "révélations" (qui au final coulent de source) ne sont pourtant pas les plus embarassantes pour l'Etat. Savoir qu'il existe des fuites, que certaines centrales sont mal protégées, que la faune et la flore se modifient dans les cours d'eau où refroidissent les réacteurs (...) sont des informations autrement plus graves qu'anticiper un crash d'avion, non?


 
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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 09:02
terrorisme.gifLe procès d'Yvan Colonna est terminé et nous a permis de relever de nombreux indices de la façon dont la France traite le terrorisme sur son territoire. J'ai beau répugner la lutte armée et ne pas me reconnaître dans les propos de Colonna, ma conviction profonde est que je ne le pense pas coupable.

Si je suis scandalisé par ce procès, cette mascarade de procès qui a condamné un homme dont la preuve du forfait n'est pas établi à la réclusion à perpétuité, cet article n'a pas vocation a rendre justice!

Symboliquement, j'écris cet article juste à la suite de mon article sur les Droits de l'Homme pour ne pas que l'on me taxe de terroriste et que je puisse aborder ce sujet sensible sereinement.

Car cet article n'est pas classé dans la rubrique "international", mais concerne le terrorisme en France.
Cette caricature du dessinateur belge Geluck exprime très bien mon état d'esprit. Je suis terrorisé par la manière dont l'Etat français traite les affaires de terrorisme!

Selon moi, il n'y a que le combat politique de légitime. Or, politiquement, la France ne fait rien pour empêcher le terrorisme! Jugez plutôt: Claude Erignac, préfet de Corse, a été assassiné voila 10 ans et le procès se déroule aujourd'hui! Dix ans pour juger quelqu'un? Vous trouvez cela normal? Moi pas! D'autant plus anormal qu'il semblerait que les preuves de la culpabilité de Colonna soient plus que douteuses! Un témoin affirme que ce n'est pas lui, aucune preuve tangible n'existe, mais l'Etat semble avoir besoin d'un coupable!

Rappelons les faits: lors de l'interpellation, Yvan Colonna n'est pas dans le lot, mais le commando affirme que c'est lui le tireur. Au final, sa cavale semble être la seule chose qui fasse penser qu'il est peut-être coupable. En même temps, qui n'aurait pas pris le maquis à la place de Colonna? Il revendiquait tout de même un nationalisme intransigeant et pour lui la lutte armée est "un acte de résistance".

La question que je pose est la suivante: la violence est-elle gratuite? L'Etat écoute-t-il les revendications avant de tout rejeter en bloc? La méthode utilisée par certains nationalistes, qu'ils soient corses, basques ou bretons ne me plait pas, mais force est de reconnaître que ce terrorisme interne est plus présent dans les Etats qui ne reconnaissent aucuns droits à leurs minorités que dans les autres
(voir ici)!

Je le répète donc: si l'Etat souhaite désarmer les commandos terroristes du FLNC ou d'ETA, qu'il donne du pouvoir aux régions, qu'il reconnaisse la diversité et n'impose pas une identité qui ne fait pas l'unanimité! Sans soutien de la population locale, ces groupes rendront les armes et investiront la sphère politique, démocratiquement.

En disculpant Yvan Colonna, la Justice aurait favorisé les partis corses modérés (PNC) qui appellent à un apaisement de prônent le vote comme sortie de crise! Au lieu de ça, les actes de violence reprennent (voir ici).

Alors que la réclusion à perpétuité vient d'être prononcée à l'encontre de Colonna, alors que Me Jannier est persuadé qu'en assassinant un préfet, le tireur à tiré sur un "Etat symbole de liberté" (source), j'attire votre attention sur le fait que le terrorisme existe des deux côtés!

A lire: article des jeunes de l'UDB.
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