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Klask

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 12:04

PSA.jpg

 

Deux mauvaises nouvelles viennent d'arriver consécutivement en Bretagne: le dépôt de bilan de l'entreprise Doux en premier lieu mettant à mal des milliers d'emplois au pays et plus récemment l'annonce par PSA de la suppression de 1400 emplois à la Janais (Rennes).

 

Deux séismes qui remettent en cause le modèle productiviste actuel sur le fond, mais que la plupart des politiques traiteront de façon superficielle, comme ils l'ont fait depuis 20 ans. Pourquoi? Parce que la vérité est inentendable. Les Cassandre sont cloués au pilori donc inutile de reprocher aux politiques la lâcheté de la société. J'en vois déjà qui vont m'accuser "d'exagérer". J'exagère oui... et ceux qui refusent d'anticiper parce qu'ils ont peur du chômage, eux n'exagèrent pas?

 

PSA:

 

Je suis parfaitement conscient qu'il n'est pas évident de dire froidement que si nous souhaitons reconvertir l'économie, certains emplois n'auront plus lieu d'être. Mais à force d'attendre encore et toujours, n'empire-t-on pas la situation? Aujourd'hui, les communiqués de tous (politiques et syndicats) "pensent avant toute chose aux familles...". Anticiper, c'est penser à tous ceux et toutes celles qui suivront. Il y a deux ans, le Conseil régional de Bretagne a donné une subvention exceptionnelle à la filière automobile. La logique - louable - était de dire que si PSA se cassait la gueule, c'était tous les sous-traitants qui trinquaient. Certes...

 

Aujourd'hui, où en est-on? On nous promet la construction d'un nouveau modèle en 2016! Je n'y crois pas. C'est un peu la bouée de sauvetage qui permet aujourd'hui de dire qu'il faut dégraisser le mammouth... en attendant. En attendant Godot oui! La réalité, c'est que la filière automobile rennaise a peu d'avenir parce que le siège n'a pas choisi la Bretagne comme QG. Evidemment, s'il s'agissait de délocalisation, le problème ne serait pas le même: après tout, autant faire des voitures en Bretagne qu'ailleurs où les conditions de travail sont déplorables. Mais à l'heure où j'écris ces lignes, PSA fabrique près de 50 voitures par heures. Je me demande à qui il les vend. Le marché français est bouché, chacun ayant déjà sa propre voiture (nos villes ont été construites pour les voitures alors comment imaginer une alternative?). Reste l'international, mais avec tant de concurrence, notre entreprise bretonne fait-elle le poids?

 

On est donc dans une situation paradoxale où l'on vise la société sans voiture (ou plus précisément "rendue moins dépendante de la voiture"), mais on refuse de perdre un seul emploi! ça me fait penser aux adeptes du protectionnisme: non aux importations, mais oui aux exportations! Comme si les deux n'allaient pas de pair. Croyez-moi, beaucoup d'employés de PSA sont conscient de ça, mais ne savent pas comment y remédier et pensent (c'est légitime) d'abord à leur poste. Je n'oublie pas l'aspect social, je vais y venir...

 

 

Doux1.jpg

DOUX:

 

Dans le cas Doux, on a une multinationale qui a fonctionné sur fonds publics pendant des décennies (subventions de la PAC) et qui s'est servi de ces sub' pour investir au Brésil et pour exporter sa production (détruisant parallèlement les économies vivrières de certains pays du sud, mais le capitalisme n'est pas à ça près). Résultat: pas d'investissement en Bretagne et des éleveurs, complètement dépendants car "intégrés", qui ne sont plus payés. Grosse réussite!

 

Après un feuilleton médiatique impressionnant, l'entreprise vend. Et démanteler (ce que craignaient les syndicats). Résultat de cette économie hors sol: et bah, rien! On va continuer comme avant, mais avec d'autres entreprises! Les subventions publiques continueront à aller vers les grosses boîtes car il est plus difficile de faire face à 700 emplois en sursis d'un bloc qu'à 700 paysans en crise un par un (et des pendaisons, il y en a plus que chez France Telecom). C'est d'ailleurs ce que dénonce avec raison l'association Solidarités Paysans de Bretagne.

 

Dans le modèle agricole (mais on pourrait dire la même chose dans les transports ou l'energie), on nous fait croire que l'alternative n'est pas possible alors que les financements publics servent essentiellement à entretenir le modèle en place! Ou au mieux à l'aider à mourir. On appelle ça l'accompagnement social du capitalisme. Est-ce donc à cela que servent les Etats? A accompagner? Moi, je croyais que la puissance publique servait à imaginer, à inventer, à proposer.

 

Là encore, je suis conscient que la crise Doux aura des répercussions et que tous ces chômeurs d'un coup n'augure rien de bon pour l'économie bretonne, ni pour la puissance publique qui va devoir faire face (alors qu'elle n'est pas responsable).

 

travaux.pngQuelques pistes de réflexion:

 

Alors vous me direz: que propose-t-il ce petit con qui se croit si malin? Je n'ai pas de solution miracle, mais j'estime qu'il est du devoir de la puissance publique de regarder la réalité en face. Nous pouvons être "compétitifs" en termes industriels, mais c'est la maîtrise de la stratégie qui nous manque ici, en Bretagne. Les sièges ne sont pas ici pour la plupart. Et quand ils le sont (pour Doux), l'économie dépend avant toute chose de l'extérieur. Idem pour le tourisme! Comment peut-on imaginer une société stable si on ne compte pas sur nos propres forces, notre propre marché économique?

 

Quelques petits articles devraient nous mettre la puce à l'oreille sur la marche à suivre. Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, a annoncé récemment qu'il allait embaucher du personnel et que le profil des ouvriers de PSA pouvait être intéressant (voir ici). En somme, on conserve les savoir-faire. Quoi de mieux? Il n'y aura certes pas 1400 postes, mais creusons de ce côté pour commencer. La demande en fer est importante. On manque de transversales en Bretagne, on manque de pendulaires locaux pour relier les bourgs aux zones d'emplois.

 

En termes de formation, le groupe UDB avait, lors du débat sur la jeunesse et reprenant le travail de l'UDB Jeunes, proposé la mise en place de tutorat seniors-jeunes afin de ne pas perdre les savoir-faire tout en assurant des fins de carrière plus "cool" à des ouvriers qui ont trimé toute leur vie. Une deuxième piste à creuser.

 

On pourrait également parler de la fabrication des rames. Qui fabrique les trains aujourd'hui? Alstom (France), Bombardier (Canada) et Siemens (Allemagne). En gros, voilà la liste. ça fait pauvre quand même pour l'ensemble de la planète! Et vue la liste d'attente, on pourrait très bien imaginer un autre constructeur sur une gamme moins performante (sur des trains plus locaux en somme).

 

Côté agriculture/agro-alimentaire, il faut mettre l'accent sur la qualité des produits et l'autonomie des paysans (dont les problèmes sont souvent, comme la pêche, liés aux dettes). Quand on est intégré, on est pieds et mains liés avec celui qui nous nourri (nous paye). L'agro doit produire moins et augmenter en gamme de produits pour que les paysans puissent vivre de leur travail. Et là encore, il y a du travail dans l'agriculture... ce sont les terres qui manquent! Les pouvoirs publics (et leurs organismes) devraient partager et non réserver les terres aux mêmes, à ceux qui sont déjà dans la place. Je ne vous parle pas des banques qui ne prêtent pas alors même que les projets ont un plan de financement correct.

 

Bref, imagination toujours. Le modèle breton est en faillite, c'est une occasion pour en réinventer un. Et un solide où les salariés n'auraient pas peur, chaque trimestre de perdre leur emploi! J'exagère aussi en disant ça?

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:45

lutte-des-classes.jpg

 


De même que le « bon sens » est propre à chacun, le « sens de l'Histoire » n'est en aucun cas une Loi mathématique (voir ici), ni même écrite par un quelconque Dieu. Néanmoins, dans l'Histoire de l'Humanité, il est une chose qui semble assez pérenne, c'est la lutte des classes. Ce vocabulaire marxiste que nombre de politiques estiment dépassé, voir archaïque, reste pourtant dramatiquement contemporain.

 

Derrière chaque prostituée se cache la lutte des classes où ceux qui manquent de ressources mettent leur corps à disposition de ceux qui en ont. Nécessité pour les uns, distraction pour les autres, la solution semble aujourd'hui simple: la réouverture des maisons closes. La vision holistique semble oublié au profit d'une solution miracle. Il est vrai que faire preuve de « pragmatisme » évite de parler des vrais problèmes à savoir comment se fait-il que certains doivent se plier à la dure réalité pendant que d'autres phosphorent sur la possibilité de légaliser la prostitution au motif que cette idée serait progressiste?

 

Autre sujet balayé par les médias au motif qu'il n'est pas « réaliste », celui du temps de travail. Sur ce point, le peuple est tellement progressiste qu'il a élu un homme dont le projet présidentiel portait sur un concept: « travailler plus pour gagner plus ». Le discours moderne ressemble malgré tout dramatiquement à une conception du travail datant du XIXème siècle! Qu'importe, le peuple est fataliste, l'utopie est morte. Comment être populaire quand on défend la répartition du temps de travail dans une société où les différences salariales sont croissantes? Demandez à un ouvrier payé au SMIC s'il préfère perdre son travail ou réduire son salaire? Demandez à une caissière de supermarché ce qu'elle pense du dimanche travaillé? Lutte des classes là encore. Le chantage des puissants ne vaut que quand la solidarité n'est plus qu'un slogan. Quand « nécessité fait loi ».

 

Le monde évolue et tant mieux. Mais certains sujets sont enterrés car ils pointent les failles du système dans son ensemble alors que la raison voudrait que nous apprenions de nos erreurs. Marx avait tort de penser qu'il existait un sens de l'Histoire. L'Histoire est forcément le produit du choix des Hommes. Et le « peuple » semble plutôt conservateur. Point de morale, mais une réflexion: notre société ne s'attarde-t-elle sur le médiatique que pour éviter d'aborder l'essentiel? C'est ce que je pense en voyant la pauvreté intellectuelle de la campagne présidentielle et surtout l'inégalité de traitement médiatique des candidats. Soyez médiatiques et vous avez fait 50% du travail. Pardonnez-moi donc d'utiliser encore ce mot « mademoiselle » qui déplait. C'est sans doute le seul sujet que notre société est capable de mettre sur la table sans se saborder.

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 15:18

 

J'aimerai parfois annoncer autre chose que la pluie. Etre positif quoi! Mais c'est à croire qu'ils le font exprès! Comme si notre boulot, à nous militants UDB, était de répéter constamment la même chose.  Cette fois-ci, c'est le Comité Régional du Tourisme, organisme du Conseil régional de Bretagne, qui est en cause.

Apparemment, le concepteur de cette nouvelle pub est le directeur anglais: Michael Dodds. Assurément, il a du talent. Avec un ton jauni pour faire authentique ou au contraire très net pour réaliser un visuel sublimé. Du vrai travail de pro: ça ressemble à une pub pour une thalasso! C'est d'ailleurs la même clientèle qui est visée: golf, cheval, thalasso, parachute... c'est le quotidien des Bretons ça?

Passons sur ce côté bourgeois auquel on me rétorquera qu'il faut des capitaux pour développer une région (sous-entendu "de béotiens comme vous"). Moi, cette pub, ça me fait l'impression d'un Kinder, mais sans le jouet à l'intérieur. Du chocolat sans cacao. Bref, une sorte d'erzatz de culture où l'esthétique est un mensonge. "Be Breizh", il fallait l'inventer. Remarquez, après la "Glaz économie", la "Breizh Touch"... le "Breizh" est vendeur!

Mais si le mot Bretagne en breton est vendeur, pourquoi ne pas tenter l'expérience du breton carrément? "Be Breizh, mais pas trop brezhoneg quand même", voilà le slogan tel qu'il devrait être. Faire de la pub pour la mer n'a aucun intérêt: c'est une rente naturelle! Avec ou sans pub, les touristes seront là pour se baigner. Autant miser sur l'invisible, ce qui fait la richesse de notre pays, non? Je serai concepteur de pub, c'est ce que je ferais. Si ce n'était quelques paysages (la côte de granit rose, st malo), cette pub pourrait  être celle de n'importe quel coin en Irlande ou au Pays de Galles. M'enfin...

L'explication du slogan est encore plus nulle: "Be Breizh !" est une invitation au monde à être transformé par la Bretagne. C'est un processus unique qui permet à toute personne foulant le sol breton de retrouver la force qui est en elle en puisant dans celle de la Bretagne. "Be Breizh !" peut ainsi être utilisé pour souhaiter "bon courage ou bon vent !" à quelqu’un. Pour les aficionados de Star Wars, "Be Breizh !" est la déclinaison bretonne de "Que la force de la Bretagne soit avec toi !"

Aux reproches tels que le mien (demandant du breton), voici ce que dit Maria Vadillo, vice-présidente au tourisme:

« Je suis d'origine espagnole. Mickaël [le concepteur], lui, est Britannique. La Bretagne est une terre d'accueil et d'ouverture. Pourquoi opter pour un slogan breton qui immanquablement aurait ramené à l'idée d'un repli identitaire » (Le Télégramme 9 août 2010).

Je suis certain que cette réplique plaira à sa collègue Léna Louarn, vice-présidente aux langues de Bretagne et fervente défenseur du breton depuis 40 ans ou même à l'actrice de leurs petits clips (un peu plus drôle), Goulwena an Hénaff qui anime des émissions en breton et joue dans Ken tuch.

Sympa les petites phrases assassines du genre. En gros, le breton, c'est le repli, vive l'anglais! Qu'attendons-nous pour nous y mettre donc? Here we go! "Speakomp" in english and stop french! Ah, mais non, le français, "c'est pas pareil". Alors, pour souhaiter "bon courage", je dis "kalon vat" et pas "Be Breizh". Ce n'est pas parce que la TV nous transforme en âne sque la pub payée par la Région doit s'y adapter: les Bretons ont plus de deux mots de vocabulaire, essayons donc de tirer vers le haut!

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 17:20

 

Cet article se veut une vulgarisation pour ceux, de plus en plus rares, dont les yeux ne sont pas encore ouverts. L'extrait du film ci-dessus, Un idiot à Paris de Serge Korber (1967), est plus que jamais d'actualité. Bernard Blier campe un patron archétypal pas loin de ces mains invisibles qui font et défont d'on ne sait où nos économies locales. Dialoguiste: Audiard evel just!

 

Exagération? Que penser alors de ces "propositions", en France, de travailler plus pour le même salaire faite par des entreprises menaçant de fermer boutique? 39h ou le chômage! Si on vous demandait de vous tirer une balle dans le pied, vous accepteriez ? Pour moi, la ligne rouge a été franchie. En jouant sur la peur du chômage ("finie la petite auto, finies les vacances au Crotoy, fini le tiercé"), on met en marche ce que Marx appelait "l'armée de réserve". Cette armée, ce sont les miséreux qui attendent la chute des uns pour prendre leur place! 

 

Mais le capitalisme, c'est aussi la promesse de jour meilleur... je dis bien promesse! "30 tonnes de barbarc sur le carreau alors qu'on meurt de faim à Chandernaggor". Pas mal vu là encore... aujourd'hui, on nous assène que pour sauver les Somaliens de la famine, rien de tel que les OGM! Nourrir le monde, ces multinationales ne l'ont jamais fait. Monsanto serait altruiste qu'on le saurait depuis belle lurette. Culpabiliser les gens, c'est très simple: comment? Tu te plainds? Pense donc aux millions de personnes qui n'ont pas ta chance! Et oui, dans le monde capitaliste, on ne sauve pas un nageur en difficulté, on le noye!

 

Enfin, désignation des meneurs. Le capitalisme, c'est le règne de l'individualisme. Les dirigeants doivent donc casser tout système de solidarité pour pouvoir faire perdurer ce modèle économique qui les fait briller. Diviser pour mieux régner, c'est facile: détruire le syndicalisme permettant de protéger le droit du travail, détruire le rapport à la terre (supermarché plutôt que groupements d'achat) afin de pouvoir refourguer de la merde à bouffer à la population, monter les gens les uns contre les autres.

 

Et vous trouvez ça normal? La plupart d'entre nous non! Mais c'est pire encore. Cela démontre simplement que l'espoir n'existe plus, que tous ces lucides ne savent pas comment agir ou sont trop empêtrés dans le système pour faire marche arrière. C'est aussi ce que je reproche à la jeunesse actuelle qui, loin d'être incapable, laisse faire par pessimisme. War sav gast! Changez de banque (NEF ou Crédit coop'), faites un potager, achetez chez Emmaüs plutôt que chez Ikea, empruntez les outils de vos voisins et vice-versa, MILITEZ !

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 11:42

alain-minc.jpgIl y a des gens comme ça que l'on voit partout, sur toutes les chaines, sur tous les plateaux TV, qu'on entend partout aussi, sur toutes les radios. Des hommes de l'ombre pourtant très visibles. C'est le cas d'Alain Minc, conseiller politique parisien (entre autre de N. Sarkozy), économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise.

 

Sa présence n'est sans doute pas fortuite eût égard à la connivence existant entre ses discours et ceux du gouvernement UMP. Lui a au moins le mérite de dire tout haut ce que pense l'UMP tout bas.

 

Sa dernière sortie arrive en plein pendant le débat sur la réforme des retraites avec en toile de fond une idée des plus cyniques: la vie aurait un prix! Voilà une belle vision comptable. Sur france info, l'animal a affirmé que soigner les plus vieux était un "luxe" et que ces soins devraient être pris en charge par le particulier (ou sa famille).

 

Pour ma part, je trouvais qu'on y allait un peu fort dans le dernier Koulmig (à télécharger ici) en suggérant de liquider quelques vieux directement, mais finalement ce qui paraîssait exagéré hier n'est plus que banalité aujourd'hui. Faudrait-il lever le ton? Radicaliser un peu plus le discours devant tant de débats qui ne devraient pas être si notre république était véritablement démocratique? Par pitié, dites oui!

L'UMP et ses compères mettent un prix à la vie humaine... C'est cela le plus grave dans tout ça. Car nécessairement, il y aura ceux qui valent et ceux qui ne valent rien. Après les vieux, les pauvres, les difformes, les moches... une forme d'eugénisme dissimulé. Certains croient encore que nous vivons dans la "Nation des Droits de l'Homme". Comme dirait un de mes proches: "dans certains régimes, on fait payer à la famille la balle qui a servi à l'exécution".

 

Bref, je fais mienne l'analyse du Post (voir ici) qui dit qu'il est surtout honteux que l'on débatte d'un sujet dont on ne devrait pas débattre. Croyez-moi, les politiques de droite en cours savent très bien qu'augmenter les durées de cotisation salariale va réduire le niveau de vie. Ils sont donc prêts, "pour quelques dollars de plus", à offrir un morceau de vie d'autres pour payer leur train de vie et assurer un avenir à leur système économique capitaliste honteux, inéquitable, anti-écolo...

 

Trop nombreux sont ceux qui tombent dans le piège de l'acceptation: "c'est vrai, on ne peut pas faire autrement". La prochaine étape sera de faire passer une autre pillule: incénérer les vieux pour en faire du carburant. On commence par le grand-père de qui?

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 12:10

capitalisme-max-havelaar.jpg

Le Projet de Loi "portant engagement national pour l'environnement" s'est ouvert au débat hier si j'en crois l'agenda officiel de l'Assemblée Nationale. J'entendais, dimanche soir, un débat radiophonique sur RFI entre un député UMP et Paul Ariès, spécialiste de la mondialisation et l'un des porte-parole du courant de la décroissance. Enfin, j'écoutais ce matin une lycéenne dans le bus disant à sa copine qu'elle allait "acheter la nouvelle bouteille de coca-cola parce qu'elle est belle". Tout ceci m'a donné envie d'écrire un petit pamphlet anti-capitaliste!

 

J'ai donc pensé à "Babylone", une chanson d'un excellent groupe lorientais aujourd'hui dissous: Freedom For King Kong. Babylone est le symbole, dans la culture rastafari, de "la société occidentale mercantile, décadente, déshumanisée et pervertie". Cette conception biblique n'est pas étonnante puisque les rastafaris jamaïcains rendent hommage à un empereur d'Ethiopie de 1930 à 1974, Hailé Sélassié. Or, l'Ethiopie est fortement chrétienne. Je trouvais qu'utiliser ce mot "Babylone" dans son sens religieux correspondait plutôt pas mal à cette autre religion qu'est le capitalisme avec son chapelet de dogmes! Bref, par ce titre, je souhaitais matérialiser tout ce système pourri qui ne doit pas "exploser", mais bien "imploser" car c'est d'une révolution interne dont nous avons besoin.

 

Pour rester sur le registre révolutionnaire, je regardais hier "Marie-Antoinette", le film de Sofia Coppola. Outre le traitement de l'adolescence, ce film fait un parallèle très clair entre ces deux époques que sont le XVIIIème siècle et notre époque contemporaine. Car après tout, qu'est-ce qui a changé en terme de hiérarchisation des individus? Auparavant, il y avait trois ordres: la noblesse, le clergé et le tiers état. Aujourd'hui, il y a des bourgeois privilégiés vivant autant dans une bulle que les nobles en leur temps, une caste d'intouchables médiatiques (protégés par le Dieu Télévision) et le tiers état qui, s'il ne meure pas de faim, subit (voir la Grèce).

 

Point de discours gauchiste dans ma prose, mais un dégoût profond et un mépris de ce système capitaliste soi-disant indispensable. Un capitalisme soutenu par le lobby des armes, celui de l'agrobusiness sans parler des autres. Quand je réfléchis à une sortie de crise, je me pose la question: sommes-nous condamnés à la croissance? Sommes-nous condamnés à détruire la branche sur laquelle nous sommes assis, comprenez la planète?

 

sarkozy-pour-un-capitalisme-nouveau.jpgPour détruire ce système, il faut l'attaquer au coeur: la Bourse (le veau d'or)! Complètement irraisonnable, la Bourse est un jeu basé sur la confiance. Le critère principal est la croissance économique matérialisée par la liberté donnée aux investisseurs. Un peu comme si l'Ancien Régime ne dépendait que des largesses dispensées aux nobles! Regardons par exemple ce qui s'est passé lors de l'arrivée au pouvoir de divers chefs d'Etat démocratiquement élus. Prenons deux emblèmes de résistance: Allende et Mandela. La nationalisation des banques par Allende, à son accession au pouvoir, fait fuir les investisseurs et les ennuis économiques commencent, orchestrés par les Etats-Unis. Le second, à peine arrivé, a du rassurer le monde économique. Quand le tiers-état se révolte, les nobles fuit.

 

L'hommage au capitalisme serait donc nécessaire pour gouverner?

 

Sarkozy n'a pas besoin de plier le genou, il est un produit du capitalisme, un illuminé qui pense que l'on peut le verdir. Et la marée noire en Louisiane qui va s'engluer dans les mangroves, elle se lave avec de la lessive peut-être? Le Grenelle 2 est une farce qui ne convint plus personne. Les préfets continuent de signer, localement, tous les projets productivistes comme la maternité porcine de Trébrivan, les élus locaux continuent de penser avec un mode d'emploi où rien n'est possible que suivre la Volonté des investisseurs (le suffrage universel ne serait donc qu'une caution?).

 

Ce n'est pas d'un capitalisme nouveau dont nous avons besoin, mais d'une alternative qui ne peut fonctionner que si on lui accorde sa confiance! Pas de résignation, pas d'acceptation non plus, soyons révoltés car ce système est révoltant.

 

(Pour les amateurs de musique, je conseille le titre "Révolution" interprêté par FFKK).

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 12:50

J'étais invité jeudi soir dernier à une conférence de la liste de gauche à laquelle l'UDB participait en 2008 ("St Malo avenir" siège dans l'opposition), afin de dresser un portrait des ports en Bretagne et des stratégies à mener. Cette invitation m'a été proposée par Herri Gourmelen qui savait que j'avais réalisé mon mémoire de Master 2 sur la thématique portuaire bretonne (Nantes-St Naz' comprise evel just). Je comptais au départ mettre mon intervention en téléchargement sur ce blog, mais vue la période électorale qui s'annonce et le peu d'idées de certaines listes, j'aime autant m'abstenir. Je roule pour l'UDB donc pour Europe-Ecologie moi!

En tout cas, j'étais très satisfait de l'accueil puisque la salle était comble (60 personnes dont beaucoup de professionnels). Bien évidemment, je sais que le public était venu écouter Gérard Lahellec, chargé des transports au Conseil régional de Bretagne et qui a suivi mon intervention. Allez, je le dis ici, mais M. Lahellec est mon communiste préféré à la Région!

Représentation mentale, logique portuaire, stratégie portuaire, développement économique, conflits d'usage... les sujets sont variés! Je tiens d'ailleurs à dire, suite à une intervention d'un membre du comité des pêches, et ce même si je ne suis pas spécialiste du sujet, qu'en terme de conflits d'usage, les ports de pêche sont soumis à la même problématique que les ports de commerce. N'en déplaise à ce conseiller municipal UMP qui, grand sourire, nous disait qu'il n'y en avait pas puisque, plaisancier lui-même, "il saluait toujours les pêcheurs". Et de rétorquer que dans le plan portuaire, il avait été arrangé "la possibilité pour les bateaux de pêche de passer"! On croit rêver... la pêche qui passe après le tourisme!

C'est Yves Lebahy qui aurait apprécié cette conférence!

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 09:15

Je rebondis sur un article de Christian sur Rezore dans lequel il parle du nouvel attrape-couillons appelé "Breizh banque" et créé par le Crédit Papates. Quand on se rend sur le site, non seulement, la Bretagne est considéré comme une région à 4 départements, mais en plus, il n'y a pas un mot de breton. Bref, un folklorisme franchement mauvais dont je me demande quel breton il pourra séduire! Sûrement pas les militants...

Rajoutons, car cela Christian ne l'a pas noté, que ce site, pour être lu, nécessite une application publiée par Dassault Systèmes. Tout pour me faire adhérer... Quand, en plus, cette fumisterie est estampillée "Produit en Bretagne", ça laisse songeur... Je préfère une banque non bretonne, mais plus éthique qu'une banque bretonne complètement amorale. A ce propos, je tiens à dire que je suis très déçu par l'attitude du Crédit Mutuel de Bretagne qui, pour je ne sais quelle raison, a décidé de ne plus sponsoriser la Redadeg!

Bref, cet article me donne l'occasion de rappeler à quel point ce folklorisme ambiant est pénible. Avez-vous remarqué que quasiment une voiture sur cinq arbore la petite bigoudène de la marque A l'Aise Breizh. Le point positif, c'est que cela veut dire que le fait d'être breton n'est plus une tare. Mais par pitié, vous qui achetez des T-shirts de cette marque, faites du forcing pour qu'ils aident la langue bretonne: des écoles Diwan à la presse militante! Leur site est traduisible en anglais ou en espagnol, mais pas en breton. On ne peut pas dire que la marque est frappée par la crise pourtant! Une traduction en breton par Ofis ne coûterait pas grand chose...

Cette logique est omniprésente. Aujourd'hui fleurissent les Breizh bâche, Breizh Eolienne, Elektra Breizh... qui n'ont de Breizh que le nom et qui jouent sur un sentiment d'appartenance sans faire le moindre effort. A tel point que le marquetting d'aujourd'hui privilégie le mot "Breizh" à une phrase complète en breton. Rares sont les marques vestimentaires comme Stered a faire un réel effort linguistique. D'ailleurs, le faire relève plus du militantisme que du choix mercantile comme le rappelle Ronan dans le Peuple breton.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 01:51

Un petit rassemblement était organisé lundi dernier à Rennes par la confédération paysanne pour manifester contre les politiques agricoles. Les élus étaient invités à s'exprimer et j'ai tenu à accompagner Mona Bras car je crois que le combat paysan est le combat du 21ème siècle.

La faim dans le monde ne cesse de s'aggraver (voir l'article de Christian Guyonvarc'h dans le Peuple breton du mois), les externalités négatives de l'agriculture productiviste sont de plus en plus criantes, les éleveurs laitiers ne parviennent même plus à couvrir leur coût de production, la déprise agricole continue son cheminement au profit de l'économie résidentielle et les pouvoirs publics continuent de soutenir financièrement une agriculture qui endette les paysans!

Pour autant, faut-il taper comme des sourds sur les agriculteurs esclaves du système? Que nenni! Je connais suffisamment d'agriculteurs aujourd'hui pour comprendre leur situation: des dettes, une exploitation à gérer, une famille à nourrir et des banques sur leur dos! Pour casser la spirale infernale, les pouvoirs publics doivent, parallèlement à la valorisation des produits de qualité, mettre de l'argent sur la table pour reconvertir les agriculteurs qui souhaitent sortir du système. Rappelons tout de même que l'offre de bio n'est pas suffisante pour satisfaire la demande et par conséquent que le lait bio ne connaît pas la crise! De même, il est indispensable de taper une bonne fois sur les banques qui refusent de prêter aux projets d'exploitation qui ne bénéficient pas de subventions. Enfin, en ce qui concerne la crise du lait, il faut rétablir des quota laitiers correspondant à la demande afin de garantir un prix décent pour le producteur (et taper par la même occasion sur la grande distribution qui s'en fout plein les fouilles comme d'hab').

J'ai déjà fait part aussi de mon opposition à la PAC telle qu'elle est mise en place par Bruxelles. Non aux aides à la production! Oui, aux aides à l'installation! La Bretagne, première région agricole de France en volume est dans le peleton de queue dès qu'il s'agit de la valeur ajoutée. Comme quoi, tout n'est pas bon dans le breton... et ce fameux "modèle breton" est le même qui a fait perdre 17000 agriculteurs à la Bretagne en 5 ans (dixit René Louail).

Evidemment, ces pistes sont loin d'être exhaustives, mais il serait temps que l'on ose s'attaquer à la source des problèmes plutôt que de faire comme François Fillon: se mettre la tête dans les algues vertes et attendre Godot!

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 12:40

Profitant d'un peu de temps libre et de mes potes, j'ai visité il y a quelques jours la brasserie Lancelot, au Roc St André. Lancelot est une marque de bières bretonnes (donc fabriquées en Bretagne) dont les noms sont aujourd'hui assez connus: Bonnets Rouges, Duchesse Anne, Telenn du, Lancelot, Morgane bio (+ Breizh Cola)... il existe très peu de bières bretonnes de nos jours. Je lève mon verre cependant à ceux qui font vivre des micro-brasseries à commencer par le barman du village solidaire, j'ai nommé Franck Boileau! Si la Belgique peut le faire, pourquoi pas la Bretagne! Ça nous changera de la Kro infâme.

Bref, une visite rapide, mais assez agréable dans un coin de Bretagne qui mérite le détour (Josselin est une petite cité sympa... blindée de touristes).

Yec'hed mat! Ha bremañ, red eo skriv e brezhoneg war ar voutailhad!
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