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Klask

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 18:14
A paraître fin avril, mon premier essai intitulé "Bretagne-France: une relation coloniale".    « L’affirmation du soi du colonisé, née d’une protestation, continue de se définir par rapport à elle. En pleine révolte, le colonisé continue à penser, sentir et vivre contre et donc par rapport au colonisateur et à la colonisation […]. » Albert Memmi    C’est à partir de cette phrase que Gael Briand, rédacteur en chef du mensuel Le Peuple breton, brosse le rapport dominant-dominé existant entre l’État d’un côté et la Bretagne de l’autre. Car, loin d’être terminé, ce rapport colonial pressenti en Bretagne dès les années soixante continue de s’exprimer au xxie siècle. Plutôt que de réagir et donc de rejeter la France, il invite les Bretons à proposer et donc définir un projet de société breton.     En remettant au goût du jour le rapport dominants-dominés, un peu trop rapidement abandonné, Gael Briand souhaite aussi redonner du contenu à une gauche qui, poussée par un courant libéral de plus en plus prononcé dans ses rangs, renonce petit à petit à ses valeurs. Il en profite pour revisiter certains concepts comme l’État, le colonialisme…    Editions IJIN, 56 pages, 6 €

A paraître fin avril, mon premier essai intitulé "Bretagne-France: une relation coloniale". « L’affirmation du soi du colonisé, née d’une protestation, continue de se définir par rapport à elle. En pleine révolte, le colonisé continue à penser, sentir et vivre contre et donc par rapport au colonisateur et à la colonisation […]. » Albert Memmi C’est à partir de cette phrase que Gael Briand, rédacteur en chef du mensuel Le Peuple breton, brosse le rapport dominant-dominé existant entre l’État d’un côté et la Bretagne de l’autre. Car, loin d’être terminé, ce rapport colonial pressenti en Bretagne dès les années soixante continue de s’exprimer au xxie siècle. Plutôt que de réagir et donc de rejeter la France, il invite les Bretons à proposer et donc définir un projet de société breton. En remettant au goût du jour le rapport dominants-dominés, un peu trop rapidement abandonné, Gael Briand souhaite aussi redonner du contenu à une gauche qui, poussée par un courant libéral de plus en plus prononcé dans ses rangs, renonce petit à petit à ses valeurs. Il en profite pour revisiter certains concepts comme l’État, le colonialisme… Editions IJIN, 56 pages, 6 €

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 20:33
L'agroalimentaire, l'euro et Le Pen

L'agroalimentaire breton vit des jours sombres. La perspective de l'écotaxe a mis le feu aux poudres d'une profession déjà en difficulté. Dans ce vent de révolte, on entend bien des choses. Certaines m'ont sérieusement inquiété et c'est sur l'une d'entre elle que je voudrais m'étendre ici.

 

Au milieu d'un antiparlementarisme qui commence à devenir habituel (mais toujours aussi détestable), certains sont tentés - même en Bretagne - de voter Le Pen. "Marine" surfe en effet sur les drames sociaux pour expliquer que les gouvernemens, de droite comme de gauche, ne font rien.

 

Petit décryptage de la position économique du Front National: la solution se résumerait d'une part à un protectionnisme et d'autre part à une sortie de l'euro. Je ne suis pas économiste, mais quelques années d'économie que j'ai pu suivre au lycée et à l'université me sont suffisants pour battre en brèche ces deux superbes fausses bonnes idées!

 

Sur le protectionnisme, doit-on rappeler aux salariés que les filières agroalimentaires bretonnes n'existent que parce qu'elles exportent? Fermer les frontières ne se fait jamais dans un seul sens! Le protectionnisme dont parle Marine Le Pen aboutira à coup sûr à une réduction drastique de la production agroalimentaire et donc aux besoins de main d'oeuvre soyons honnêtes.

L'agroalimentaire, l'euro et Le Pen

Pire encore, la sortie de l'euro. Hier, j'entendais dire que l'Italie réfléchissait sérieusement à cette option. Pour les français, c'est la même chose: comme la mémoire est courte, on se dit que, finalement, le responsable, c'est l'euro, c'est l'Europe! Mais combien fallait-il de lyre pour acheter une baguette? Déjà qu'à l'époque, la monnaie italienne ne valait rien, sortir de l'euro, c'est assurément lancer la machine à misère! Pourquoi?

 

INFLATION. "L'inflation est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix". Phénomène naturel de toute monnaie, cette inflation peut être plus ou moins forte. Le cours de la monnaie étant lié à la confiance, il faut, pour construire une monnaie forte, construire une image forte de son économie. Je suis assez vieux pour me souvenir que le franc était plus faible que le mark. Quand à la lire, n'en parlons pas! L'Italie sort de l'euro? Elle perdre du même coup la confiance des marchés que l'euro garantit. Pourquoi l'euro garantit la confiance des marchés? Parce que l'Europe est la première puissance économique du monde. Ne jamais oublier ça!

 

Donc, à ceux qui continuent de convertir l'euro en francs, je dis: arrêtez! On ne peut pas comparer une monnaie en cours à une monnaie morte, qui n'a plus cours! Aujourd'hui, qui sait ce que vaudrait un euro? Avant 6.5... francs, aujourd'hui peut-être 100 francs?

 

Bref, le défi de l'agroalimentaire breton n'est pas impossible à résoudre, mais il suppose PLUS D'EUROPE SOCIALE pour imposer un salaire minimal dans chaque pays de l'Union. Sans cela, c'est le dumping social assuré et la compétition de tous contre tous! La solution Le Pen, c'est une forteresse de riches assiégée en permanence, c'est une Corée du Nord à venir. Au secours!

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 16:31

http://s1.lemde.fr/image/2013/06/06/534x0/3425400_4_24ca_clement-meric-sur-une-image-diffusee-par-le_10dd60737b60f87644a39a4f6dbfcd0b.jpg

Je ne compte pas en faire des tonnes sur la mort de ce jeune homme pour la simple et bonne raison que je ne le connaissais pas. Si ce n'est qu'il était originaire de Brest et que ce meurtre aurait pu toucher n'importe lequel de mes camarades.

 

Simplement, quand il y a un drame de ce genre, on se dit "plus jamais ça" et force est de reconnaître que ça recommence malgré tout. Aujourd'hui, les journaux à gros tirage font pleurer dans les chaumières, mélangent allègrement les mots, les partis, les idées, diffusent des info contradictoires et finalement s'intéressent assez peu au fond du problème: la surexposition médiatique des idées frontistes.

 

Je suis prêt à parier un abonnement au Peuple breton que Marine Le Pen (qui joue constamment les victimes au motif que les journalistes ne l'aiment pas) est sur le podium des "personnalités" politiques les plus interrogées en France. Quelque soit le sujet, il faut qu'elle ramène son cul sur un plateau TV. Invitée bien sûr! Qui banalise l'extrême-droite? Si les médias s'intéressent à la politique comme on s'intéresse au tiercé, ne nous étonnons pas de la dépolitisation dramatique des français!

 

Dans le sillage d'une "manif pour tous" sans pilote, des factions plus violentes que le FN (qui essaye de se racheter une virginité) sont mises sur le devant de la scène. C'est contre cette spirale que les antifa luttent. Certes souvent avec des méthodes bourrins, mais aussi par des actions pédagogiques dont on parle très peu.

 

J'arrête là pour tenir ma promesse de ne pas en faire des tonnes. Je me fous pas mal que Clément Méric était "brillant" ou "délégué de sa classe", je constate simplement qu'il est mort. Et qu'il ne participera pas/plus à la construction du monde dont il rêvait.

 

J'invite pour ma part tous ceux qui croient aux idées pacifistes, à tous ceux qui préfèrent la pédagogie à la baston (j'ai appris au court de ma courte vie que le respect ne s'acquiert pas à coup de poing), à ne pas faire couler de sang, mais à le donner. C'est là un acte concret et solidaire qui sauve des vies.

 

Enfin, dernière chose: à tous ceux qui fricotent avec l'extrême-droite au motif que "la démocratie ne doit oublier personne", à tous ceux-là, rappelez-vous de Clément Méric! Mettre le pied à l'étrier des racistes, c'est construire une société de haine. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 18:37

PB-culture-et-politique.jpg

 

Depuis quelques semaines et suite à des discussions assez intéressantes avec des militants et militantes, j'ai élaboré une théorie qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui, je pense, mérite bien un article de blog, pour réflexion. Cette théorie, je l'ai testée auprès de quelques amis qui n'ont rien trouvé à y redire bien que je subodore quelques critiques une fois ces lignes parcourues...

 

Tout est venu d'une discussion sur les politiques et la communication avec une militante d'EELV. Cette dernière me parlait de "réseaux" et je lui rétorquais que ni eux (EELV), ni nous (UDB) n'avions de "réseaux" chose qui la chiffonnait un peu (EELV étant prompt à signer toutes les pétitions possibles). Et pourtant, lui rétorquai-je, ce n'est pas parce que quelques uns de vos militants ou des nôtres sont membres d'asso environnementales ou liés à la culture bretonne que nous avons du "réseau". Pour tout individu politisé normalement constitué, il est indéniable que le seul parti à avoir du "réseau" - autrement dit des relais suffisants pour peser dans des assemblées générales et vice-versa - c'est le PS. A Rennes, n'importe quel habitant du Blosne (quartier populaire) qui parle politique est membre du PS!

 

Pourquoi? L'une des raisons (mais pas la seule), c'est que le plus gros parti de France est aussi celui qui a le plus d'élus locaux! Or, les associations vont rarement à l'encontre des élus qui distribuent les subventions, sauf certaines dans lesquelles, justement, on retrouve nos militants! "Baise la main que tu ne peux couper" dit le proverbe. Je ne juge pas, je constate: combien de "têtes de réseaux" (syndicalistes, associatifs...) se retrouvent dans les conseils municipaux sur les listes socialistes?

 

De ce point de vue, la Bretagne diffère de tous les autres pays comptant des mouvements d'émancipation. Partout ailleurs, le mouvement culturel et le mouvement politique marchent main dans la main, avec un objectif commun. Chacun son travail certes, mais une confiance s'établit et des relations se nouent. En Bretagne, non! Je ne veux pas dire que les relations n'existent pas (preuve en est le forum des langues organisé par l'UDB auquel participait justement Ai'ta et Diwan pour ne citer qu'eux), mais c'est dans le rapport au Politique (avec un grand "P") que cela bloque. Diwan "ne fait pas de politique", Ai'ta "ne fait pas de politique", les asso écolo "ne font pas de politique". Etonnant! Moi j'avais cru comprendre qu'officialiser le breton, c'était faire de la politique, que revoir les façons d'habiter, de se loger, de se nourir, de se déplacer, c'était faire de la politique, j'avais aussi cru comprendre que revendiquer des pouvoirs régionaux ou la réunification, c'était de la politique. En confondant a-politique et a-partisan, le mouvement associatif se tire une balle dans le pied!

 

Alors, pour être tout à fait honnête, ce rapport n'est pas propre à la Bretagne, c'est un travers très français en réalité. Ce qui me fait dire que tout bretons (et même indépendantistes) que soient certains militants, ils pensent hexagonal! D'ailleurs, il n'est point besoin d'être sorti de St Cyr pour savoir que les lycéens Diwan, en sortant de Carhaix (où on peut imaginer qu'ils n'ont pas été formatés par le gavage républicain de l'Education Nationale), se tournent volontiers vers les idées écolo plus qu'autonomistes. Là encore, ce n'est pas un jugement. Etre breton ne se résume pas à porter une coiffe fort heureusement et ces jeunes ont tout à fait le droit d'exprimer leur personnalité dans un monde moderne... qui reste, selon eux, français! On en est toujours là...

 

L'UDB malgré ses prises de position n'est pas sorti dans la tête des bretons (les 4.5 millions, pas les 50000 qui votent breton) de ce carcan folklorique qu'il a souhaité dépasser en quittant le MOB en 1964. C'était justement la raison d'être de gauche pour l'UDB. Ce fut aussi le cas pour Emgann en 1982 et aujourd'hui pour Breizhistance. Le Peuple breton, c'était le marin pêcheur du Guil' ou l'ouvrier de Doux, c'était les chantiers navals de St Nazaire ou le paysan de Glomel. L'Etat, lui, nous traite comme des militants d'une autre époque, qui s'éclairent à la bougie et marchent en sabot. Il a magnifiquement réussi son coup d'ailleurs: combien de cartes politiques dans les bagadoù et autres cercles? Cherchez bien, elles ne sont pas nombreuses!

 

La société est ainsi faite que les partis bretons (quels qu'ils soient) n'ont jamais bénéficié de la sympathie populaire ou pour être plus précis (car les idées de l'UDB sont plutôt appréciées) de la CONFIANCE des gens. En termes clairs: les gens ne votent pas pour des partis minoritaires, ils n'aiment pas les perdants. Hélas, en politique comme à la bourse, c'est la confiance qui détermine la crédibilité! On peut avoir un parti le plus incapable possible, si les gens sont persuadés qu'il peut gouverner, alors il gouvernera. A l'inverse, tout compétent qu'il soit, un parti auquel personne ne croit restera attaché à son électorat traditionnel. C'est ce qui arrive à peu près à l'UDB. A peu près car il serait bien prétentieux de dire que nous n'avons aucun tort (après 50 ans bientôt, c'est logique).

 

anonymous.jpgDans ce rapport "Politique et culture", j'ai retrouvé un Peuple breton qui traitait de la question (juin 2006). Ronan Leprohon y expliquait justement que "la culture bretonne [au sens très large du terme] parce qu'elle possède un côté militant non contestable, a aussi un besoin vital du soutien politique" et vice-versa. Je pense, comme Ronan, que le mouvement associatif doit cesser d'avoir peur du Politique*  et s'emparer des outils qui existent, en adhérant certes, mais aussi en relayant l'info (pour nous via Le Peuple breton), en contribuant à la réflexion, en marchant parallèlement à l'action politique. Certes, beaucoup d'anciens du milieu breton sont critiqués par les jeunes (je pense à Tangi Louarn par exemple), mais eux avaient compris ça et à défaut d'être encartés conseillaient. Aujourd'hui, les jeunes bretons sont tout aussi désabusés par la politique que les autres jeunes de France et tentent de réinventer la poudre! Indignés, Anonymous, maintenant Pussy Riots, autant de mouvements éphémères qui, en voulant légitimemement démontrer les faiblesses de la social-démocratie, détruisent la légitimité du Politique donc du peuple.

 

Moi, je suis très clair, je fais de la politique, mais il est impossible d'avoir des résultats sans être soutenu. Ma prière est simple: aidez-nous à faire pression sur cet Etat castrateur. N'attendez pas que les choses arrivent, tout se gagne. L'Etat n'est pas disposé à nous faire des cadeaux "parce qu'on est gentils"! Réfléchissez à ce morceau de texte car la Politique sans les gens (ou avec des gens anonymes) = la loi du marché.

 

 

* Pour moi, l'adhésion au PS n'est pas majoritairement un engagement socialiste en témoigne la démocratie descendante qui existe chez eux, mais plutôt un engagement opportuniste. La base militante du PS que j'ai eu la chance de cotoyer (car ce sont des gens sincères) fait une confiance aveugle aux "élites" du parti. Leurs congrès en témoignent puisque le militant est relégué à adhérer à une motion quand, chez nous, tous les militants quels qu'ils soient, participent à l'élaboration du texte du congrès. Deux méthodes, deux philosophies...

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 18:49

Paul-Molac-et-famille-1.jpg

 

Yep! Il y a des jours historiques dans la vie d'un parti politique. Celui du 17 juin le sera pour l'UDB. Pour la première fois, nous rentrons à l'Assemblée Nationale ou plutôt Paul Molac rentre à l'Assemblée Nationale. Une histoire longue et qui a demandé pour Tangi Cheval, son directeur de campagne, et lui beaucoup de travail. Et quand je vois l'intensité avec laquelle nous avons pu faire campagne à Rennes, je me dis que pour eux, ça devrait pas être facile du côté famille. En même temps, ils ont de quoi être fiers maintenant!

 

Les pays de Ploermel, Questambert, la Roche Bernard... ont choisi de faire confiance à Paul Molac et nous ferons en sorte qu'ils ne soient pas déçus. "Nous" car l'UDB travaille de façon collective.

 

Je n'aurais pas beaucoup contribué à cette victoire, avouons-le. J'ai juste proposé Paul Molac quand il a fallu un nom et, à la demande de Tangi, participé à une réunion publique sur la jeunesse. Je n'avais alors pas publié mes propos. Un blog servant à ça, les voici. C'était à Ploermel, le 31 mai dernier. Tangi m'avait demandé un truc "personnel".

 

 

 

Gael Briand, 28 ans, membre de l'UDB Jeunes et parmi les fondateurs de la structure en 2007. Je suis ce qu'on appelle « un fils de prof », autrement dit, ceux qui, selon les statistiques s'en sortent relativement bien. Et c'est le cas. Elevé dans un environnement engagé. Mère, manif' de gauche et père, manif' bretonne. La synthèse, c'est l'UDB. On appelait la génération de ma petite soeur la « génération tchernobyl », ça a du jouer dans ma conscience écolo.

 

La politique, ce n'est pas quelque chose de nouveau pour moi. Je suis élu d'abord au Conseil municipal enfants à l'époque où Jean-Yves Le Drian était maire de Lorient. A 11 ans, je suis autonomiste. Comprenez par là que je connais la définition du terme. On est en 1995, je suis assiduement le deuxième tour Jospin/chirac à la télévision. A 17 ans, je m'engage en politique, conscient que si l'on souhaite changer le monde, il faut être acteur, constructif et non simple contestataire.

 

Alors, j'entends en ce moment le remue-ménage et le remue méninges provoqué par les statistiques: 25% de jeunes auraient voté FN aux présidentielles. Doit-on les considérer comme des racistes? Certes non, mais une chose est sûr, ça revient au même puisqu'ils ont contribué à banaliser des idées xénophobes et populistes. Paradoxale jeunesse qui veut être libre et vote pour les ennemis de la liberté! Qu'est-ce qui c'est passé dans notre société pour en arriver, avant même qu'ils aient vécus, à un ras-le-bol de la jeunesse?

 

Mon analyse personnelle serait de dire que la France produit de moins en moins de citoyens. Les 5 dernières années de matraquage du gouvernement Fillon ont habitué les gens au fatalisme. Mais ce n'est pas tout. Je suis persuadé que la centralisation est pour beaucoup dans le désengagement des français. Aujourd'hui, quand je dis que je suis autonomiste, on me prend pour un cinglé... pourtant, je connais mieux les institutions françaises que la plupart des gens qui me qualifie de ce doux nom d'oiseau. Les citoyens veulent des enfants autonomes, des anciens autonomes, mais dès qu'on leur parle de régions autonomes, ils nous regardent avec des yeux ronds.

 

En France, le pouvoir est concentré à Paris et c'est la première raison pour laquelle je soutiens Paul. Paul est quelqu'un du pays, qui fait confiance aux régions, qui n'a pas peur des gens et de leur jugement. L'Etat au contraire persiste dans son paternalisme de la IIIème République à dicter ce qu'il faut faire alors que nous savons ici que les lois nationales ne sont pas toujours applicables de la même façon sur l'ensemble du territoire. L'UDB entend associer les bretons à la décision, ce sont eux qui décideront ce dont ils veulent se charger selon le principe de subsidiarité à savoir que c'est la plus petite entité capable de résoudre un problème d'elle-même qui doit s'en charger.

 

La France produit aussi de moins en moins de citoyens en laissant de côté l'école et plus généralement l'instruction. Là encore, c'est une raison supplémentaire de soutenir Paul car il est enseignant. Et je crois que ce métier ne peut s'exercer que si on a à coeur de s'occuper de la transmission des savoirs aux jeunes générations. C'est un métier difficile et ingrat, mal reconnu alors qu'il est primordial pour assurer le lien entre générations. Or, l'école d'aujourd'hui gave l'élève plutôt qu'elle ne le fait réfléchir. L'école d'aujourd'hui écrase les enseignants avec sa vision utilitariste: l'école doit « servir » à insérer l'élève dans le monde du travail. Mais les enfants ne sont pas idiots, ils savent que le monde ne tourne pas rond, que le plein emploi n'existe pas. Tout le monde connaît la date de « 1515 Marignan », mais peu de personne ne sait à quoi elle correspond. Est-ce la vocation de l'école de créer des singes savants? Ou plutôt de faire réfléchir? C'est la question que je pose ce soir. Les jeunes sont intelligents contrairement aux idées reçues par quelques réactionnaires nostalgiques de l'époque de l'uniforme. C'est justement parce qu'ils sont intelligents qu'ils empruntent d'autres voies.

 

La Politique dont la mission est d'assurer un avenir meilleur n'a plus la côte. Et c'est le moins que l'on puisse dire. A moins avis même, c'est dramatique. L'anti-politique est une véritable plaie. Certains en usent en oubliant que « tous pourris » a servi la cause de Jean-Marie Le Pen dès 1984. Même ceux qui partent d'une bonne intention (je pense aux Indignés, je pense aux Anonymous) perpétue l'idée selon laquelle la classe politique complote contre le peuple. Evidemment, cette idée reçue tombe rapidement quand on leur parle des élus locaux, ceux qui représentent 98% de la classe politique et qui souvent sont bénévoles. « C'est pas pareil », nous rétorque-t-on. Et voilà, on en revient à la politique à la française... centralisée! Le résultat des Indignés, 2 millions de manifestants à Madrid et la droite remporte les élections législatives.

 

Selon moi, c'est l'individualisation de la société qui est source de ce phénomène anti-politique. Où sont passées les solidarités? Depuis quand construit-on un projet de société seul? Un parti politique, au contraire, c'est s'unir autour de valeurs communes, autour d'objectifs communs pour élever la société dans son ensemble. Ici, Paul est soutenu par trois partis politiques dont l'ambition commune est de faire basculer cette circonscription historiquement à droite!

 

L'engagement doit être collectif, au service de la collectivité. La question reste donc: comment toucher les jeunes? Et principalement ceux qui sont sortis du système et donc les plus à même d'être happés par des « on dit ». Aujourd'hui, les partis politiques et principalement les branches jeunes ont des difficultés à recruter, plus encore en dehors des universités. « Je veux être libre » entend-on. « Je veux un parti politique qui soit moi », c'est ce que j'entends. Le hic, c'est que ça n'existe pas!

 

Que faire alors? D'abord relocaliser les élus. Ensuite réhabiliter le Politique en pensant en dehors du cadre: stop aux discours qui se ressemblent tous, stop à la guerre des petites phrases, stop à la corruption. En donnant les clefs de compréhension de notre monde au plus grand nombre et surtout en faisant confiance à la jeunesse. Pour lui faire confiance, il en suffit pas de la flatter, il faut lui donner des responsabilités et la former. J'ai moi-même eu cette chance puisque depuis 2 ans, je suis rédacteur en chef du Peuple breton, un journal tiré à plus de 3000 exemplaires.

 

Paul est dans cette énergie de la transmission, du bien commun et de l'écoute. Et je lui souhaite de remporter cette élection car il sera, j'en suis sûr, un excellent élu.

 

Voilà. Ce que j'ai écrit, je le pense encore: Paul sera un excellent élu. Nous y veillerons.

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 09:12

courboin-1918.jpgLe premier tour des législatives est terminé. Grand bien nous fasse, nous allons enfin pouvoir faire de la politique! Commenter les résultats ne m'intéresse pas plus que ça puisque tout le monde a remarqué que le bipartisme était en marche. Il semblerait que cela ne gêne personne. Triste "démocratie" que la nôtre. Le monde politique a les yeux rivés sur Ploermel qui a une chance d'avoir un député à l'image de la Bretagne (Paul Molac), non comme le fils Guéant. 

 

Néanmoins, et parce que je fais partie d'un comité de vigilence contre le racisme et la xénophobie d'Etat à Rennes, je souhaitais pousser un coup de gueule contre le racisme latent qui a pollué la blogosphère durant ces élections et dont on ne sait si on doit en faire la pub en le dénonçant ou la fermer pour les laisser dans l'ombre. Concernant le racisme breton, il est urgent de réagir et surtout d'expliquer.

 

Cela fait plus de 10 ans que j'évolue dans le milieu politique breton et une chose persiste, aussi vieille que le monde, c'est cette foutue idée du "ni-droite/ni-gauche". Selon les "ni-ni", ce clivage est purement "français" et ne veut rien dire. Je pense le contraire. Certes le clivage gauche-droite n'est effectivement pas le seul qui existe. "Gauche-droite", c'est un clivage plutôt économique, mais aussi sociétal. On pourrait aussi dissocier les fédéralistes/autonomistes et jacobins... On peut donc être autonomiste et de droite, jacobins et de gauche...

 

Or, dans ce que l'on appelle l'Emsav (milieu breton), il y a un électorat flottant qui vote pour "le plus breton", quelque soit son étiquette. Ils n'ont que le mot "Bretagne" à la bouche comme si ce sésame était lié intrinsèquement à un projet de société clair. Vous comprendrez donc que les alliances électorales de l'UDB ne plaisent guère à cet électorat qui nous qualifie de "traitres" car nous pactisons avec "les français". Belle ouverture d'esprit! 

 

Pour ces fêlés de la caboche, nous serions comme qui dirait en guerre contre un ennemi qui n'est autre que le français colonisateur. Pour ceux dits "de gauche", le PS est l'ennemi absolu à tel point qu'ils en oublient de taper sur l'UMP. Dois-je parler des autres, les facho pour qui l'ennemi est le français ET l'imam barbu et pétri de mauvaises intentions envers les pauvres brebis égarées que nous sommes. Il est tellement facile de rejeter la faute sur l'Autre...

 

Généralement, ces "ni-ni" sont également partisans de "l'union des forces bretonnes". Autrement dit une liste allant de Breizhistance (X-gauche) à Adsav (X-droite) en passant par l'UDB, le Parti breton... Sans oublier les multiples groupuscules bretons type EAB ou MBP. Vive l'union sacrée! Comme dit le dicton, "trois bretons = deux partis"! Chers lecteurs, vous n'avez, je pense, qu'une mince idée du nombre de partis qui composent l'Emsav. La plupart sont nés d'une réaction à l'UDB ("l'UDB sectaire", "UDB staliens").... Tous réinventent régulièrement la poudre, invitent les bretons à "faire de la politique autrement" avec eux bien sûr, à "faire avancer la Bretagne" (dans quel sens, ils ne le disent pas!) et prédisent avec certitude la mort prochaine de l'UDB... depuis 1964! 

 

Vous imaginez, vous, une liste allant de Poutou à Le Pen en passant par Hollande et Bayrou? Sur la seule base idéologique qu'ils sont français? Moi, j'appellerais ça de la préférence nationale. Et pour les bretons, c'est exactement la même chose. Les "français, maitre chez soi" (FN) ou "bretons, maître chez soi" (Adsav) qui polluent nos 4 voies, méritent la même sentence: le mépris. 

 

"La Bretagne", c'est une idée qui est différente pour chacun et ni moi, ni mon parti n'avons à voir avec Adsav ou Jeune Bretagne. Qu'elle est belle leur Bretagne à eux! Marquée du sceau de la haine (voir la vidéo illustrant l'ouverture d'esprit de Yann Vallerie et Mickael Prima, les leaders de la branche bretonne du Bloc identitaire). Leur technique pour grossir est simple: multiplier les associations bidons pour faire croire qu'ils sont nombreux. Ces gentils "jeunes" qui s'élèvent contre "l'islamisation" ratissent généralement les voix des anti-musulmans. J'allais oublier de vous dire que ces dingues ont aussi une maison à Guerlesquin dans laquelle ils s'entrainent au combat entre autres joyeusetés. Le collectif antifa le dit mieux que moi et je vous invite à lire leur dossier sur le sujet.

 

Suite à ce dernier paragraphe, ne vous barricadez pas chez vous, ces types sont une poignée, une minorité d'excités, violents et dont le niveau intellectuel est à peu près égal à celui d'une huître. Ils ne manqueront pas de m'insulter sur le net s'ils lisent cet article. Sauf que ces types sont violents et fortunés, qu'ils ont présenté 10 candidats aux législatives sous l'étiquette "Bretagne, nous avons foi en toi" (en réalité, c'est plutôt Jeune connard Bretagne). Ne mettez pas tous les bretons dans le même panier, mais -si vous les avez gardés- mettez les professions de foi de ceux-là dans la corbeille vite fait (dès fois que ça contamine vos enfants) ou servez-vous en pour faire partir votre barbecue.

 

Tant que le discours est haineux, il ne peut être crédible. Quant à l'idée d'indépendance, si elle est animée par une haine des français, alors, elle restera dans un tiroir. 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 11:19

2012-by-gchampin-Sarko-vs-Hollande.jpg

 

Montés sur le ring, les deux candidats à l'élection présidentielle 2012 ont fait leur show hier soir et l'opinion générale semble donner Hollande vainqueur. Pour ma part, j'ai assisté à 15 minutes de débat et écouté la conclusion à la radio, vers minuit. Amplement suffisant pour me faire une idée.

 

D'un côté, Sarkozy et ses tocs de langage ("mensonges"), de l'autre un Hollande qui cherche à faire plus sérieux que la brêle qui nous a servi de président pendant 5 ans. ça donne un combat épique entre des gens qui assènent des chiffres à n'en plus finir, chiffres qui ne veulent pas dire grand chose et dont tout le monde se contre-fout. Mais voilà, si auparavant la présidentielle se gagnait "au centre", aujourd'hui, elle se gagne au point, aux chiffres. "Mes chiffres sont exacts", "les miens sont induscutables"... qui peut leur dire que l'on s'en contre-fiche de leurs chiffres? Au lieu de parler éducation, on nous parle du coût des fonctionnaires, au lieu de parler santé, on nous parle du coût de la sécu, au lieu de parler projet, on nous parle budget, croissance, croissance, croissance. Je lui brise les pattes à la croissance moi!

 

La Politique est malade de cette volonté de chiffrer tout. Hollande conditionne son projet à la croissance, Sarkozy promettait un chômage à 5% et finit son mandat avec le double (officiellement). Tout ceci pour moi ne veut absolument rien dire. Je n'attendais pas d'eux qu'ils nous parlent de projets de société, ils sont taris, leur imagination se borne à inventer des lois toujours plus complexes pour améliorer le sort des gens.

 

Pourquoi donc voterai-je Hollande le 6 mai? Déjà parce que je n'ai pas l'intention que l'on décide pour moi et parce que je pense toujours que le Politique est le meilleur rempart contre le capitalisme. Ensuite, parce que pour le président sortant, ratifier la charte des langues régionales, c'est ne pas aimer la France. Cette réflexion me fait comprendre la volonté de vote banc des indépendantistes! Sarko pour eux, c'est un peu comme Bush pour Ben Laden: ça les sert! Avec un tel crétin à la tête de la France, ça créé des vocations d'indépendantistes!

 

Mais Sarkozy, c'est aussi un président dont la réforme territoriale remet en cause 30 années de timides décentralisation, un président sortant qui a cassé les services publics (l'enseignement et la santé pour commencer), qui a une idée assez étrange de la justice sociale et qui souhaite tirer le pays en donnant plus aux villes et régions qui sont déjà les plus avancées! Pour couronner le tout, un mec qui conclu son débat télévisé en disant que "le monde est dangereux". Bah voyons, c'est vrai, il a connu la guerre papi! Il s'est senti en danger à Neuilly, menacé par ses hordes d'arabes venu lui voler son travail. C'est oublié un peu vite que si la guerre est omniprésente dans le monde, l'Union Européenne a permis d'éviter de mobiliser les civils à la guerre. Cet imbécile de président passe ses journées à nous expliquer à quel point la vie est dangereuse et qu'il faut nous protéger. Mais contre quoi bordel? Contre nous-mêmes surtout et contre ce modèle ultra-libéral qu'il met en place.

 

Alors, d'aucuns me disent qu'Hollande est pro-nucléaire et contre la réunification. J'en suis conscient. J'ai bien d'autres griefs contre lui, mais ça ne peut être un critère de choix dans la mesure où son adversaire ne pense pas mieux. Le vote blanc? Oui, c'est toujours une possibilité, mais ce faisant, je m'expose au risque de subir 5 années d'un arriéré idéologique à la tête de l'Etat qui, jusqu'à preuve du contraire, décide encore de l'avenir de la Bretagne. Je sais donc ce que je perds. Hollande ne sera pas idéal, loin de là, et la lutte, la vraie, commencera le 7 mai.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 16:38

Libe-25-avril.jpgJ'ai beau avoir été sacré "meilleur analyste politique de Franz Heller" (le bâtiment où travaille les collaborateurs de groupe du Conseil régional de Bretagne), je n'en ai pas moins été surpris par le fort score de Le Pen. Pour dire vrai, c'est grace à ma prévision du taux de participation que j'ai raflé la mise, mais c'est Julien Houzé, un copain socialiste qui était le plus proche sinon. ça me fait bien marrer qu'un autonomiste ait mieux perçu l'élection présidentielle qu'eux! Toujours est-il que l'autonomiste avait sous-évalué le vote FN (et pourtant)...

 

Alors depuis dimanche soir, j'entends des gens qui veulent se rassurer en disant que le vote FN n'est pas qu'un vote raciste. Il faudrait comprendre. Et bien merde! Ces types "qui souffrent" doivent être sérieusement maso pour vouloir souffrir encore plus en votant Le Pen! J'en ai ma claque du politiquement correct qui nous force à abaisser nos exigences démocratiques au motif que les gens, les pauvres, ne savent pas ce qu'ils font. Si le Christ pardonne, excuse-t-il pour autant? Et la politique a-t-il pour but de prendre les gens pour des idiots? Ce vote est grave et il faut cesser de dire que ça n'est pas si grave de contester. Oui à la résistance, mais constructive. Bientôt, on nous dira que pour être compris, il faut écrire en texto. Et qui sait, à terme, on fera tous ensemble de joyeux grognements devant nos téléviseurs!


Ces 18% de couillons, s'ils ne sont pas xénophobes, ont fait le lit d'une droite encore plus réactionnaire qu'avant (voir la Une de Libé ci-contre). On vire dans le franquisme là, dans le Parti Populaire d'Aznar et ses amis non seulement libéraux, mais catho radical (ceux qui croient que le FN est laïc sont franchement naïfs...). Faut dire qu'on avait déjà les pieds dans la merde avant, avec les Guéant et consort. En 5 années de mandat, Sarkozy a sorti du ghetto le FN, belle performance.

 

Le pire dans tout ça, c'est qu'avant, nous autres bretons pouvions nous donner bonne conscience car le FN était faible. Aujourd'hui, il est toujours plus faible (autour de 12%), mais il a doublé ses voix. Alors, le couplet du breton plus ouvert sur le monde, c'est raté! Il y a aussi du travail à faire chez nous.


resultats-eva-joly-2012.jpgMon analyse à moi est sensiblement différente de celle que j'ai pu entendre ici ou là. Pour ma part, ce premier tour exprime un sentiment de repli, un vote anti-mondialisation, anti-européen, un bon vieux vote français. Parce que merde, la meilleure façon de se protéger, c'est bien sûr de rester entre consanguins! Et après ça, c'est nous les autonomistes que l'on traite de "communautaristes". Mais vous n'avez qu'à vérifier, c'est dans les régions où sont implantés les partis de Régions et Peuples solidaires (donc la Bretagne) qu'Eva Joly fait ses plus gros scores (pays basque, Bretagne, Savoie, Alsace, Occitanie, Corse, Catalogne).

 

Mélenchon n'a finalement réussi qu'à drainer autour de son nom l'électorat d'extrême-gauche classique. Il doit l'avoir mauvaise car il se donnait pour objectif d'être le troisième homme (je comprends mieux l'intérêt quand je vois que Marine Le Pen est plus citée que les deux finalistes de cette élection présidentielles) et surtout de distancer Le Pen. Pour ma part, je jubile de ce score "faible" (le "faible" est relatif avec un score à deux chiffres et en Bretagne aussi). Alors on me dit dans l'oreillette que je suis un gros connard et que franchement, je devrais regretter que Mélenchon ne soit pas le troisième homme de cette campagne. Ah bah oui, la pensée magique: si je suis contre Mélenchon, je suis donc pour Le Pen! Entre nous, j'aurais préféré qu'Eva Joly soit en troisième place, voir même en première place, mais cela change-t-il le résultat?

 

Là encore, je devrais accepter l'idée qu'un vote puisse se ballader entre l'extrême-droite et l'extrême-gauche? ça ne vous choque pas vous qu'un électeur qui puisse voter Le Pen se reporte sur Mélenchon ou vice-versa? Là encore, n'est-ce pas un vote bien nationaliste, bien franchouillard? Entre la cocarde de Marine et celle de Jean-Luc, il y a bien sûr des idées différentes, mais il y a bel et bien un refus d'Europe. Car il y a ce que pensent les militants, sincères j'en suis persuadé, et ceux qui votent dont les finalités ne sont pas toujours les mêmes. C'est le principe du vote populiste: il aggrège un peu de tout. Rassurez-vous, c'est pareil à l'UDB. On trouvera bien quelques tarés d'Adsav à voter UDB quand il n'y que nous de bretons aux élections! Il est temps de redonner du sens au vote et de ne pas se contenter d'un "je ne vote pas Eva Joly car elle est trop bas dans les sondages". Quelle pitié cet argumentaire! Dans ce cas, supprimons les sondages s'ils influencent les votes...

 

Je me souviens de ma première élection. Cantonales 2008. J'avais sillonné le terrain, fait du porte-à-porte et été reçu par des centaines de personnes... pour faire 100 voix de plus qu'un type que personne ne connaissait, dont le site était truffé de fautes d'orthographe et qui n'avait pour programme que 5 mots clefs: écologie, sécurité, logement, emploi et je ne sais plus quoi d'autres. Bref, vous imaginez la déception! Et puis, un ami m'avait dit à l'époque: "tu aurais préféré avoir la voix des idiots?". Cette phrase, je la garde sous le coude quand l'UDB fait de petits scores. Je me dis qu'on ne doit jamais accepter de sombrer dans le populisme pour faire du chiffre. Sans ça, c'est notre âme que l'on perd. Pour convaincre, il faut persévérer, parler complexe et élever le niveau intellectuel de la société en s'enrichissant mutuellement. ça nécessite de se former, toujours, chaque jour (le Peuple breton est un bon outil pour penser en dehors du cadre).

 

Au final, Philippe Poutou, tout troskyste qu'il soit, a raison sur un point: putain, les politiques professionnels, au lieu de brandir de beaux discours sur "la République en danger", vous feriez bien d'atterir. Il y a un monde que vous ne connaissez pas. La solution? Relocaliser les politique! Autonomie, une bonne fois pour toute!

 

Lire aussi l'analyse du camarade Jef Monnier.


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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 15:38

Eva-Joly-2012-profession-de-foiJe n'ai aucun complexe à le dire: je voterai Eva Joly au premier tour de la présidentielles. J'ai régulièrement des accroches avec EELV, je ne suis pas toujours en phase avec ce parti pour moults raisons et pour moi, il y a de véritables différences entre l'UDB et EELV. Ceci dit, Eva Joly porte un discours qui, pour moi, est révolutionnaire.

 

Loin du carnaval révolutionnaire de Mélenchon que cet article du Monde résume assez bien (lire ici), Eva Joly porte une idée moderne et originale du projet de société national... c'est que déjà, on gomme le côté cocardier et qu'on s'attache à travailler au-delà des nationalités. Oui, vous avez bien lu ce texte sur le blog d'un militant autonomiste que d'aucuns prétendent "identitaires". Pour moi, les identités, les cultures sont importantes, mais elles ne sont en aucun cas un mur entre les gens. Je peux dire par exemple à un noir qu'il est noir (pas "black", "bronzé" ou de "couleur"), que nous sommes différents car c'est justement la différence que je recherche chez les autres. La différence est une richesse et je la revendique. La façon dont on traite les minorités (quelles qu'elles soient) est révélatrice de beaucoup de choses. Quand l'égalité passe par l'uniformisation (tous français), c'est une société de robots que nous fabriquons!

 

Eva Joly a déjà cet avantage d'avoir un recul sur la société française car elle a une double nationalité. N'allez pas croire qu'elle ne connait pas la France, elle y vit depuis plusieurs décennies et sans doute avant que je ne naîsse. C'est d'ailleurs ce recul qui lui permet d'avoir une position très proche de celle de l'UDB concernant les langues régionales ou les institutions. L'autonomie est un gros mot en France, pas ailleurs en Europe. Eva Joly n'a donc pas peur d'utiliser ce mot qui fâchent. On raille la candidate Joly, on déforme ses propos... comme on le fait pour l'UDB qui est présente aux législatives, mais dont on dira sans doute encore que ce n'est pas sérieux. Tout est question de "confiance" et les contestataires n'ont confiance que dans ceux qui promettent et qui parlent fort.

 

Une-avril.jpgJe reste donc sur ma ligne: au premier tour, on choisit, au deuxième tour, on élimine. Je vote le projet de société d'Eva Joly, la fin du mythe de la croissance (le PIB n'a jamais garanti le bien-être) et j'en assumerais les conséquences si conséquences il doit y avoir (ce dont je doute). Je vote pour sortir du cadre!

 

Le deuxième tour, j'en fais le pari, sera classique: PS-UMP. Là encore, on me reprochera de voter Hollande, un Hollande qui, malgré ses soutiens plus engagés sur la question, s'est prononcé contre la réunification récemment, sujet pourtant essentiel pour moi. C'est vrai, il ne nous facilite pas la tâche, mais je crois bien me souvenir que ceux qui l'ont promise ne l'ont pas apporté. Le discours du candidat socialiste a au moins le mérite d'être clair. Et soyons honnête, à part une frange réduite de la population, personne ne vote pour UN élément de programme, si? Si c'est le cas, comment expliquer le fait que Mélenchon a des soutiens dans le monde bretonnant? La "vraie" gauche... n'est pas la mienne comme je l'ai déjà dit. La Politique est destinée à tous, mais c'est plus complexe qu'un vague slogan rassembleur. On connait le fameux "pendons les patrons", mais quand il s'agit de son cousin ou de sa petite amie, "c'est pas pareil"! Ce genre de discours est absurde. Les véritables responsables de la crise, c'est nous. C'est cette société qui s'individualise, ce sont ces gens qui se détournent de la Politique et laissent les mains libres au monde de la finance, c'est vous et moi qui achetons une Pink Lady (variété de pomme) en provenance du Québec quand je peux acheter une Elstar en provenance de Bretagne!

 

Et c'est là le vrai sujet de cet article. Quelque soit le résultat de cette campagne, elle m'aurait ouvert les yeux sur une chose: le vote français est conservateur. Que le vote soit de gauche ou de droite, nous refusons l'imagination, nous refusons de faire des choix et accusons ceux qui entendent en faire avec nos votes (car les votes se suivent et se ressemblent). Un utopiste est devenu un criminel. Et qu'on ne me parle pas de ceux qui nous promettent la France des années 60, les gaullistes, communistes, nationalistes refermés sur leurs petites frontières... ceux-ci ne pensent leur idéal qu'à travers leurs héros et refusent de se projeter dans l'avenir... ce que font très bien ceux qu'on accuse justement de vouloir revenir à la bougie!

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:41

meluche-le-pen.jpg La démocratie s'effrite et LE peuple a besoin de champion. Ah, la belle élection que voilà favorable aux mégalo de tous poils. Parmi eux, Mélenchon!

 

Dans cet océan de minables, j'aurais pu faire la peau à Sarko encore une fois, mais je ne suis pas sûr qu'il ait besoin de moi pour être impopulaire bien qu'il soit un vrai athlète en ce qui concerne la lutte des places. J'ai déjà craché ma bile sur Marine Le Pen et son programme ridicule figé dans une France mythifiée qui serait source de bonheur pour chacun (voir aussi le tract de l'UDB Jeunes). Aujourd'hui, j'ai choisi aujourd'hui de faire la peau à Mélenchon car il me fait flipper et pour annoncer la couleur, j'ai volontairement utilisé la caricature de Plantu qui avait fait scandale et dont je partage le message. Le populisme n'est pas l'apanage de la droite!

 

On me reprochera sûrement cet article car "Mélenchon est de gauche". Certes, il l'est, mais désolé, nous n'appartenons pas à la même gauche. Issu de l'organisation communiste internationale puis du PS Mitterrandien, Jean-Luc Mélenchon est un opposant au PSU courant socialiste qui, en tant qu'autonomiste, me plait plus que cet idéal faussement égalitaire qui s'auto-persuade que la République française est universelle. Je préfère le "décoloniser la province" à ce ramassi de légendes pour enfants. Quoi de plus normal que de s'opposer au socialisme de la décentralisation pour un jacobin. Oh, inutile de lever les yeux, "jacobin" n'est pas une insulte pour lui et il s'assume comme tel (voir la vidéo de France 3 Corse). Je constate juste nos différences.

 

Alors oui, je pourrais parler de son antipathie pour les langues régionales qu'il dit "aimer comme Jaurès aimait l'occitan". Oui, mais Jean-Luc Mélenchon aime tellement les langues qu'il souhaite les étouffer dans ses petits bras. En bref, après l'épisode de la "secte" pour parler de Diwan au Sénat en 2008 (voir ici), la blague des 5 langues bretonnes (voir ici) et son opposition à l'immersion qui est pourtant la seule option pour sauvegarder et développer nos langues... je n'ai plus envie de parler de cet aspect du personnage. Après tout, il n'est pas seul à penser ainsi malheureusement.

 

Le héros Mélenchon est évidemment contre l'autonomie (là encore il n'est pas le seul) et continue de véhiculer des idées selon lesquelles nous voudrions casser le code du travail. Quand on confond Etat et service public, il est logique de penser ainsi. Mais vous qui dénoncez l'Europe libérale, n'oubliez pas qu'elle l'est car c'est une Europe des Etats et que les Etats sont libéraux. Et en l'occurence, ceux qui cassent le code du travail ne sont pas autonomistes aujourd'hui. Certes, nous voulons des lois adaptées aux territoires, cela n'empêche nullement la péréquation et la redistribution. Aujourd'hui, le mythe de la France redistributrice et égalitaire, plus personne n'y croit! Celle-ci est centralisée et promeut les "pôles d'excellence" dont "la France a 22 vitesses" que dénonce Mélenchon (sous-entendu, pas question de réunification, mais on s'en serait douter).

 

Passons aussi sur cet aspect, mais restons sur les questions institutionnelles. Mélenchon souhaite une 6ème République parlementaire. Dingue, comme nous! Sauf que ce n'est pas exactement la même. En guise de 6ème, il ferait mieux de parler de la 3ème, celle qui lui ressemble le plus avec ses hussards noirs, sa laïcité qui ressemble plus à une nouvelle religion qu'à une vraie séparation du culte et de l'Etat! Je serais curieux de savoir ce qu'il pense de Jules Ferry, ce grand républicain laïc pour l'expension coloniale et principal adversaire des communards.

 

Vous l'aurez compris, le souhait du candidat, c'est une France Une et Indivisible. Ils ont beau dos les militants à parler de diversité culturelle en Bretagne ou ailleurs quand leur candidat ne reconnaît qu'une culture officielle. On notera aussi tout l'ambiguïté d'un type qui parle de parlementarisme, mais qui, sur son nom et sa gouaille (car il est talentueux reconnaissons-le), réunit 100000 personnes à la Bastille et 20000 à Lille. Etonnant comme paradoxe, mais le Front de Gauche ne tient que parce que son leader est bon...

 

... et contestaire! Car qu'est-ce qui lie les différents partis entre eux si ce n'est un slogan "unité de la gauche"? Avez-vous déjà écouté un discours de Mélenchon? De belles tournures, des bons mots, du lyrisme même, mais quoi sur le fond? Sur le nucléaire, le PCF est pour et le Parti de Gauche contre. Côté écolo, Mélenchon fait beaucoup d'effort, mais la plannification écologique n'est guère crédible! Sur la centrale à gaz de Landivisiau le PG se dit contre et le PCF vote pour au Conseil régional.  Et oui, le gros problème du Front de Gauche, c'est le PCF car il joue sur deux tableaux: élus dans les majo socialistes et indépendant aux élections. Je ne dis pas que c'est impossible puisque nous-même le faisons, mais encore faut-il être cohérent dans ses votes (et nous le sommes). Le PCF a donc deux choix: suivre une logique Die Linke avec un projet qui n'est pas clair. Ceci suppose de refuser de siéger avec le PS et ainsi perdre tous les élus locaux qui font la force du plus vieux parti de France (ou presque). L'autre choix, c'est de rester le partenaire privilégié du PS et continuer le déclin. Choix cornélien!

 

Quelques anecdotes quand même, juste par méchanceté. Mélenchon qui se targue de faire de la Politique avec un grand "P", Mélenchon le Juste est-il si clean? Il n'aime pas beaucoup qu'on le titille comme le fait Jean Quatremer, sur son temps de présence au Parlement européen où il se classe parmi les bonnets d'âne (voir ici). Mais après tout, encore une fois, il est cohérent avec lui-même puisqu'il est clairement anti-européen. Et qu'on ne me dise pas qu'il est juste "contre cette Europe-là" car il est contre l'idée même d'Europe qui remet en cause la souveraineté nationale de la Frrrance! Là encore, je ne suis pas de cette gauche nationaliste-là!

 

Allez, une autre, pour le plaisir et parce que je participais récemment à une action pour dénoncer la dictature en Biélorussie (voir ici). Mélenchon, lui, ne dénonce pas les dictatures communistes! Ainsi, il refuse de dénoncer la dernière dictature (même si le caractère démocratique de certains autres Etats reste à prouver) d'Europe (voir ici). Faut dire qu'on peut difficilement dénoncer les crimes de types qu'on prend en modèle pour ses affiche (Lénine, Staline...). Sauf que voilà, on peut être de gauche et affirmer qu'une dictature n'est pas de gauche, fusse-t-elle d'obédience communiste!

 

On pourrait continuer comme ça en disant que Mélenchon est un produit du système qu'il dénonce (n'a-t-il pas été sénateur et même ministre?), qu'il joue sur les peurs des gens et promet une France qui n'existe plus et qui n'est pas prête de se relever.

 

On devrait surtout retenir de ces bons sondages pour Mélenchon que LE peuple a besoin de rêver. Certes, moi aussi, j'ai besoin de rêve, mais pas de Messie. L'homme providentiel, fusse-t-il à l'UDB, je n'y crois pas. Et Mélenchon n'aura pas ma voix. Comme je sais qu'il aura celle de personnes que j'apprécie, je tiens malgré tout à dire que ce n'est pas eux, ni leur engagement que je dénonce, mais l'homme qui les porte. Le Christ avait lui aussi un message révolutionnaire: le Pardon! Si lui peut le faire, j'en ferais autant...

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