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Klask

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 11:25

zebre-racisme.jpg

 

Alors qu'il est de bon ton de parler de collaboration bretonne durant la deuxième guerre mondiale et de ne retenir que cela, alors que le FN n'en finit plus d'être interrogé par les médias, relisons ensemble un court extrait de l'ouvrage de Goulven Mazéas, militant breton auteur de l'ouvrage social-démocratie (pages 38-39-40). Pour info, nous sommes en 1934.

 

Racisme

 

Notre siècle [le XXème], triomphe des nationalismes, aura eu mieux encore: le Racisme excès poussé à son extrême excès.

 

Comme s'il convenait de soulever un problème aussi subtil que celui des races, dont personne n'est seulement capable de poser l'équation.

 

Si les Etats actuels sont un composé de peuples divers, quels mélanges amalgamés dans le recul des siècles! On ne peut décemment ignorer que les races n'ont cessé de s'entremêler depuis le commencement du monde.

 

Pour qu'un peuple soit, c'est à dire pour qu'un groupe d'hommes entre dans la catégorie des peuples, il suffit qu'il remplisse telles conditions d'existence témoignant d'une ethnie positive: langues propres, expression de moeurs, passé historique de nations, qu'il constitue un groupe familial par "cousinage" et soit, par ce fait, un fragment ethnique de l'Humanité. Ces conditions, totales ou même partielles, lui confèrent les caractères de la vraie nation, de la vraie nationalité qui, seule, détermine la qualité de patrie.

 

Mais un peuple ne signifie pas une race. Dans chaque pays, les types les plus divers se côtoient et se rencontrent jusqu'au sein des familles: blonds, roux, bruns, chatains, trapus, membrus, toutes les tailles, tous les profils, toutes les teintes d'yeux, fraternisent en fait, parlent les mêmes langages, vivent uniformément. Où chercher, dans le genre humain, les définitions des races quand les peuples ont été soumis à tant de mélanges depuis les âges primitifs, au hasard des invasions, des incursions, des conquêtes.

 

Nos livres d'histoire nous ont appris, tout comme aux petits Zoulous, que nos aïeux s'appelaient les Gaulois, qu'ils avaient les yeux bleus et les cheveux blonds. A quelle portion congrue sera réduite la population française si, par souci de racisme, au prochain recensement, il y a lieu de mettre à mort, afin d'épurer la race, les roux, les bruns et les chatains?

 

Il y a une égale diversité de races entre le blond et le brun, le roux et le chatain, qu'il y a entre le fox et le lévrier, le caniche et le St Bernard. Aussi saugraunue qu'est cette comparaison, ne souligne-t-elle pas combien est dérisoire la question que l'on nomme racisme?

 

 

Malgré quelques termes désuets (dont le terme "race" lui-même) et une rhétorique de l'époque (mais on est dans les années 30 donc pas d'anachronisme), cela me paraît toujours d'actualité! Cet extrait est d'autant plus fort qu'on était entre deux-guerres, époque durant laquelle les nationalismes français et allemand étaient poussés à leur paroxysme. Martelons encore et toujours que le racisme n'a aucun sens, que la différence n'est pas un handicap, mais une richesse. 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 18:15

illegalite-joyeuse-monsieur-roux.jpgUn article rapide pour faire la promo du dernier CD de Monsieur Roux. Hier soir, au Sablier, café concert de Rennes, mon pote Kevin (le bassiste) m'avait invité à un "show case" (wahoù!).

 

Outre cette pochette digne de Plonk et replonk, le dernier album mérite d'être écouté plusieurs fois avant de se faire un avis définitif. Car sous l'aspect décontracté des musiques se cache une écriture plus ciselée que dans dans les albums précédents (enfin, moi je trouve en tout cas).

 

Spéciale dédicace par exemple à la chanson "Le jour de gloire" qui - Erwan s'en défendra peut-être - est un vrai message politique sur le thème de l'immigration et des sans-papiers. Vraiment une chanson poignante.

 

Pour le reste, un petit côté "absurde, mais pas tant que ça" qui m'a bien plu. Bref, comme je l'avais dit, un petit coup de pub. Et si Erwan me lit, "être citoyen du monde n'empêche nullement d'être de quelque part", même si, tu as raison, la Marseillaise, c'est bien pourri! Entre nous, les hymnes d'où qu'ils soient, ôdes à la grandeur d'un peuple en particulier, ça me laisse indifférent.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 10:38

NoOoOoN.png

 

Les Jeux Olympiques ressemblent aujourd'hui plus à une foire à la saucisse qu'à une compétition pour la paix! Pour les "amateurs" (je m'étouffe de rire), c'est le grand déballage des performances, des chrono "historiques", la création artificielle de "légendes" capables d'être au sommet d'un sport durant une décennie.

 

Alors oui, pour continuer sur ma lancée, je joue mon rabat-joie, mais la compétition a tué tout espoir de fraternisation entre les peuples et de "beau jeu". Pour l'anecdote personnelle, j'ai cessé le judo (que je pratiquais depuis 10 ans) quand on a commencé à faire pression sur moi pour que je fasse de la compétition, je n'ai jamais fait de football dans un club parce que celui que ma mère a appelé à l'époque où je jouais au foot de rue avec mes voisins a refusé de me licencier car je ne souhaitais participer qu'aux entrainements. Bref, compter les points n'a jamais été mon truc car ça oppose plus que ça unit. Entre nous, quand à 5 ans, on t'apprend les valeurs du judo (respect, politesse, courage, modestie, contrôle de soi, honneur, sincérité, amitié) et qu'en compèt', tu entends des mecs dire à leur rejeton "tue-le", ça te refroidis!

 

Le sport rend con. Pas tout le monde fort heureusement. Mais les "champions", ces icônes de papier qu'on fait brûler comme de l'encens et qu'on oublie s'ils n'ont pas été "les meilleurs de l'Histoire" de telle ou telle discipline, se prennent vite la grosse tête. Usain Bolt à qui tout réussi (et surtout l'épreuve reine des JO à savoir le sprint) qui crache sur Lewis (l'américain n'étant guère mieux dans son discours), les multiples sportifs "déçus" car "ils venaient pour l'or". Ah, merde, moi, on m'avait dit que "l'essentiel, c'était de participer".

 

 

On ne parle jamais des autres, ceux qui vont au JO comme dans un rêve, sans aucun espoir si ce n'est celui d'être un athlète bien dans sa peau et de montrer du beau spectacle. On parle peu des femmes (les performances sont moins impressionnantes que les hommes), pratiquement pas des handisport (et leurs exploits à eux ne sont surtout pas retransmis à la TV). Le beau spectacle, ce n'est pas la finalité! Ce que veulent les Etats et les journalistes, c'est étaler les médailles ("malheureusement, la France plafonne à X médailles").

 

 

tableau-des-medailles-au-9-aout-2012.jpg

On parle du couple Culture-Politique (dur pour un socialiste de laisser le populaire poste d'adjoint à la culture dans une mairie car c'est très proche des citoyens), mais on parle moins du couple Sport-Politique (souvent tenu, à gauche, par les communistes d'ailleurs). Plus nationalistes tu meurs!

 

Car ce qui compte, à la ligne d'arrivée, c'est de faire partie du podium de tête (cf. Tableau des médailles par pays ci-contre issu de l'édition du Monde du 9 août 2012). Vous ne me croyez pas? Etrange alors que les classements changent. Les Etats-Unis qui refusent d'être deuxième refont aujourd'hui les classements par nombre de médailles quand l'officiel ne plait pas! Histoire de montrer la supériorité de leur pays sur le reste du monde! Et après, on nous parle de paix! Les plus grandes dictatures mettent l'accent sur le sport pour faire rayonner leur pays: il n'y a qu'à voir le sommet du tableau ci-contre, mais on pourrait parler des JO de Berlin en 36 (où d'ailleurs Coubertin n'a pas été très clair) ou des sportifs italiens de Mussolini.

 

D'après les anarchistes (et je partage pleinement leur avis), le sport s'est développé en parallèle de la culture d'entreprise. Il faut être "performant", aller plus vite, plus loin, au-delà des limites humaines. Prouver que l'Homme est au-dessus du royaume animal! Quitte à se doper et enrichir une mafia de narco-traficants au passage. Il y a également une hiérarchie chez les sportifs. Le capitaine (mâle dominant) sans qui "l'équipe" (on se demande l'utilité du mot du coup) ne fonctionne pas. La collégialité, c'est trop compliqué, il vaut mieux des leaders! On ne se dit jamais que sans les défenseurs qui relancent, l'attaquant ne peut pas marquer car il est tout seul à attendre le ballon.

 

Je ne parlerais même pas du football professionnel et de la traite des êtres humains qui va avec. Etrange que les régularisations et les naturalisations soient plus rapides pour des athlètes de haut niveau que pour le pauvre bougre qui veut manger à sa faim, non? Ah, ces transferts de joueurs qui ravissent les supporters, flatter d'appartenir à "de grandes nations". Aujourd'hui, un gamin peur plaindre des joueurs de football gagnant annuellement 300 fois le salaire mensuel de son père ouvrier.

 

Dernier problème que je soulèverai: celui des infrastructures. On fabrique pour quelques privilégiés des nouveaux stades, des nouvelles pistes qui ne seront presque pas utilisées. Aujourd'hui, pour être en Ligue 1, il faut avoir un stade suffisamment important. Bah oui, on ne va pas faire jouer Ribéry sur une pelouse de jardin quand même! Tout ça aux frais du pékin qui trime pour se payer son abonnement annuel au stade! A petite échelle, l'avenir de l'aéroport de St Brieuc serait déjà réglé s'il n'y avait l'équipe de foot de Guingamp. Brest, c'est trop loin sans doute!

 

podium.jpgSauf que la magie n'opère plus. La Grèce a crevé le plafond de sa dette en accueillant les JO en 2004, Londres commence à tousser en voyant que les stades sont plutôt vides et la ville déserte (tout est relatif, mais déserté par les locaux si j'en crois les journaux). A part le matraquage médiatique et publicitaire, les retombées sont bien modestes et on en vient à se dire que le nationalisme, sportivement parlant, c'est quand même très cher!

 

Albert Jacquard propose de rajouter une 4ème marche au Podium, moi, je préfère proposer carrément qu'on ne compte plus les points. Fini les podiums! Rien ne nous empêche de jouer ou de regarder une équipe jouer, mais sans vainqueur ni perdant, ça change la relation au sport. Car aujourd'hui, ce n'est pas du plaisir, c'est de la lobotomie, c'est du pain et des jeux... sans le pain! Mais puisqu'on vous dit que le peuple en redemande!

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 16:06

Remi--premier-punk-a-chien.jpg

Ou quand des êtres humains deviennent de la « pollution visuelle »...

 

Jeudi dernier, place du Colombier à Rennes, des policiers accompagnés par la fourrière ont embarqué une dizaine de chiens appartenant à des « punks » (dixit Ouest-France. En réalité, ces "marginaux" ne sont pour la plupart pas des punks) habitués des lieux. Une opération commanditée par la mairie de Rennes suite à des plaintes de riverains. Celle-ci entendait faire respecter un arrêté municipal qui interdit les regroupements de chiens.

 

Passée l'émotion de l'action policière, on est en droit de se poser des questions sur l'état de notre société qui, pour faire plaisir à une certaine bourgeoisie, n'hésite pas à retirer à leurs propriétaires des animaux qui étaient pourtant attachés et non dangereux sous prétexte qu'ils gênent. Plus pervers encore, l'ultimatum d'une semaine fixé par la mairie pour récupérer les chiens (moyennant une amende de 89€) sous peine de piquer les bêtes. Un racket légal ! Si j'ai bien suivi, les dits "punks" ont récupéré leur chien grâce à l'argent qu'ils ont collecté. 

 

« Le but est de les décourager de rester à Rennes » aurait dit un officier au Ouest-France. La prochaine étape sera-t-elle de déplacer les SDF ? Cacher la misère ne la réduit pas. Il n'appartient pas à la mairie de Rennes de normaliser les modes de vie. Tant que les dits « punks » ne mettent pas la vie d'autrui en danger, ils ont toute légitimité à rester dans la rue même s'ils dérangent la bonne conscience de certains.

 

A défaut d'argumentaire, on me dira sans aucun doute que "j'exagère", mais j'y vois quand même le signe d'une société malade. La philosophie qui consiste à virer tout ce qui n'est pas "propre", "beau", bref conforme à l'image que la municipalité veut donner de la ville me dégoûte. Ainsi, à Lorient, on cache la misère sociale et le chômage à grands coups de millions dans le nautisme. Du pain et des jeux! On a guère avancé depuis la Rome Antique.

 

Les exemples sont légions. On enterre les fils qui nous rappellent que ce que nous produisons à des conséquences visuels, on cache nos morts qui nous rappellent que nous sommes mortels... soyons heureux, soyons aveugles! Ce n'est pas la politique que je défends. Je ne fais pas de politique pour dresser des constats, mais pour résoudre des problèmes.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:03

pute.jpgIl y a un peu plus d'un an, je vous entretenais sur ce blog d'un sujet très complexe: la prostitution (voir ici). Suite à un article de presse paru dans Rue 89 (voir ici), mais surtout au fait que tout le monde avait l'air de trouver ça "normal", j'ai cogité tout l'après-midi sur le sujet et longuement échangé avec plusieurs personnes sur le sujet. Je précise que je me fous complètement que le jeune qui témoigne soit homo, ce n'est pas la question. C'est sur la prostitution que je tique.

 

Je ne compte donc pas refaire la même argumentation bien que mon avis n'ait pas changé: la banalisation de la prostitution et son acceptation croissante sont la résultante d'une société gangrenée par le capitalisme. Désolé, mais "prostitution" pour moi, n'est pas une valeur de gauche!

 

J'ai particulièrement apprécié le témoignage de Simon. Celui-ci prétend ne pas pouvoir travailler au Mc Do, symbole du capitalisme, "déni de l'être humain". Vendre son corps n'est pas spécifiquement humain non plus. Et puis, s'il aime dire à des gens qu'ils sont beaux, il peut le faire gratuitement (la notion de propriété contre celle du libre). Lui préférerait "vendre de la coke" qu'une merde de Big Mac! C'est vrai que la coke, c'est très sain! C'est pas engraisser la mafia peut-être? Je n'engraisse pas Mc Do, mais la plus grosse multinationale du monde, youpi! Très fataliste comme vision du monde. C'est la vie en somme, c'est l'Histoire va-t-on nous dire. Le fameux "sens de l'histoire".

 

Alors ouais, j'ai plus de respect pour un mec qui trime 8h par jour dans l'huile de friture que pour un type qui généralise sa situation avec celles d'immigrés à qui on a volé le passeport et qui doivent rembourser en tapinant un voyage qu'elles n'ont pas demandé. Dans cette interview, je ne vois qu'un opportuniste, un type qui se dit qu'il gagne plus facilement sa vie à tailler des pipes qu'à avoir un "métier" au sens "normal" du terme.

 

ni-victime--ni-coupable.jpg"Libre" me dit-on. Il a choisi. Oui, il a choisi parmi deux voies: celle d'être un con (car c'est ce qu'il sous-entend) ou celle de jouer avec un système qui rend possible de gagner du fric "facilement". Mais lui ne nous insulte pas, non? Et ce n'est pas du tout être capitaliste çà.

 

Au final, ce n'est pas à ce pseudo-intellectuel que j'en veux. C'est à tous ces journaux, ces chaines de télévision qui lavent le cerveaux des gens. On voit plus d'émissions aujourd'hui qui vantent les métiers du sexe que d'émissions qui exposent  la situation réelle de la prostitution. Oh, les putes ne sont pas des victimes non, des objets plutôt. Les joies d'M6...

 

Parce que derrière ce 1% de "libertins" (mon cul), il y a enlèvements, séquestrations, traites des êtres humains (voir ce bon film à ce sujet). Celui qui ose dire le contraire, je lui ferai bouffer du reportage! J'en ai vu suffisamment de glauques et ai croisé suffisamment de putes dans ma vie (de Berlin à Amsterdam en passant par Paris et Barcelone) pour dire que ça ne respire pas la joie de vivre dans ce milieu. Ce n'est pas mépriser les gens que d'aspirer à ce qu'ils soient heureux, si? Faire comme s'ils l'étaient n'est pas non plus une forme de respect. Mais ça nous rassure nous qui ne savons pas comment stopper la prostitution. En gros, l'accepter et dire que c'est être progressiste rassure notre  jolie conscience bourgeoise. Désolé, je suis de gauche, mais je ne marche pas dans cette combine. Je suis contre la loi sur le raccolage passif, je préfère des putes dans la rue que planquées, je suis contre les maisons closes, pour les rondes de médecins, pour les programmes de sortie et le démantèlement des filières d'esclavage. 

 

La prostitution, ne vous en déplaise, est la traite des êtres humains par d'autres êtres humains dans 99% des cas.  Alors quoi, on va se laisser intimider par un pauvre type qui croit être le porte-parole des prostitué(e)s! C'est SON témoignage, pas LA vérité. S'il allait jusqu'au bout de sa logique, il en aurait parlé avec ses parents. Si ce n'est pas le cas, ça ne dépend pas du regard de la société sur sa personne (après tout, qu'il monnaye son cul, je m'en balance), mais du fait qu'il assume ou non ce regard.

 

Suis-je réac'? Sérieusement, si vous aimez vous envoyez en l'air, faites le gratuitement, ça vous fera plus de bien!

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 12:58

ToleranceAu cours d'une récente discussion, j'ai été frappé de voir à quel point une idée pouvait être ancrée profondément dans la tête d'une personne et surtout à quel point on pouvait prêter le flanc au racisme sans le savoir (et sans l'être d'ailleurs).  D'ailleurs, je crois que l'utilisation du terme "racisme" est erronée car la plupart des gens que l'on dit racistes considèrent les "étrangers" comme des êtres humains (de la même "espèce") et devraient plutôt être qualifiés de xénophobes (haine de l'étranger).

 

Tout est parti d'une banale discussion sur l'identité où mon interlocutrice me disait que si (ce fameux "si") tous les gens se disaient humain avant d'être de quelque part, on aurait moins de problème à s'entendre. Ce à quoi je lui ai rétorqué qu'en disant cela, elle m'excluait de la communauté humaine sous prétexte que je me prétendais breton. Bref, j'ai creusé pour essayer d'affûter mes arguments face à l'incompréhension de notre combat pour la reconnaissance.

 

Selon elle, en nommant un être par une identité, je lui ôte le droit d'être mon semblable. En gros, je vois en lui l'autre, le différent. Car oui, je revendique le droit de dire d'un noir qu'il est noir et de dire qu'une personne est juive ou catholique sans le résumer à cela, sans que cela doive être pris pour une insulte. En quoi l'est-ce? Je déteste les périphrases du genre "black"... pourquoi pas "negro" dans ce cas? Cela n'est rien d'autre que "noir" dans une autre langue! Tout ces gens qui ont peur de nommer un chat, qui se cachent, qui confondent un mot comme "musulman" avec "terrorisme". Quel piètre aveu de faiblesse! 

 

Bref, pour moi, l'intérêt de l'altérité, c'est justement la différence, pas la ressemblance. Je cherche chez l'autre ce qui n'est pas moi et qui m'intéresse car il m'élève. Le faisant, lui enlève-je pour autant de la valeur? Le considère-je comme inférieur à moi? Je ne le crois pas. Au contraire. L'inverse par contre relève à mon avis de l'hypocrisie intellectuelle, de ce que d'aucuns nomment les biens pensants. Ceux qui tolèrent.

 

J'ai toujours détesté ce mot et je ne comprenais pas pourquoi. Jusqu'à ce que j'en trouve une définition. Vient du latin tolerare, supporter. Et oui, dans le mot "tolérance", il y a une notion sous-entendue d'incompréhension. L'acceptation n'empêche nullement le mépris. C'est la capacité à accepter ce qu'on désapprouve. Exemple: je tolère les fumeurs. Je n'aime pas ça, mais j'accepte de les fréquenter même si la fumée me gêne et que je trouve que mes vêtements puent. J'accepte car je souhaite partager avec eux, mais je ne respecte pas pour autant leur choix.

 

Si j'essaye de voir en l'autre ce qui nous rassemble, ce qui est moi et seulement ça, alors je cherche à cotoyer des gens comme moi. Que mon interlocuteur soit un être humain, c'est d'une telle évidence (quelle que soit sa couleur de peau ou sa nationalité) que je n'ai pas besoin d'en faire une priorité. Je ne parle malheureusement pas aux arbres (ou plutôt ils ne me répondent pas). Quant aux animaux, nos codes sont différents! Donc, je comprends et me fais comprendre par un humain et qu'il le soit ne veut pas dire que je le respecte, que je respecte ce qu'il est.

 

respect-copie-1.jpg

Pour moi, en matière d'identité, je trouve autrement plus fort le terme de respect. Le respect, c'est l'estime de soi ou de l'autre. C'est un lien qui, justement, accepte l'autre pour ce qu'il est (dans toute sa multiplicité). On ne dira jamais assez que le "OU" est tyrannique. Ceux qui disent qu'on ne peut être breton et noir, ceux qui disent qu'on ne peut être breton et français, ceux qui disent qu'on ne peut être QUE français (on parle d'abolir la double nationalité en France, c'est d'actualité donc!), ceux qui disent qu'on est d'abord de quelque chose (musulman ou juif ou...). Je me fous du "d'abord". Je me définis en fonction de l'instant, de ce que j'ai envie d'être au moment T avec la personne qui est en face de moi. Et ce n'est pas parce que je me dis breton que je ne respecte pas mon interlocuteur qui ne l'est pas!

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 18:48

william-kate.jpgRegardez bien cette photo! Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont riches... et surtout ils vous font oublier vos petits soucis! Le mythe de la princesse est encore très ancrée dans notre société soi-disant républicaine!

 

Je n'ai plus la télévision depuis des mois et à chaque fois que je la regarde, je suis satisfait de ce choix! La télévision est un outil d'abrutissement collectif (puisqu'elle est mal utilisée) où les films disparaissent au profit de séries pourries, de jeux pour débiles, de débats consanguins dans lesquels les invités sont toujours les mêmes! Ces dernières semaines, nous avons frolé le degré zéro du journalisme avec le mariage princier outre-Manche. Sérieusement, cet "évènement" qui n'aurait du faire qu'un reportage de 10 minutes ce soir s'est transformé en show! France 2 allant même jusqu'à nous imposer un compte-à-rebours! Mais Bon Dieu, la télévision en France a décidé de ne plus informer ou bien?

 

Il devient difficile malgré l'oppulence de l'information sur le net de trouver un truc sérieux. D'un côté les lobbyistes de tout poil qui nous prédisent le pire pour le moindre texte de loi qui sort, de l'autre ceux qui sont payés pour faire rire les gens ou les faire rêver pour que la vie soit moins dure.

 

Mickey (le titre est emprunté à une chanson de la compagnie "Jolie Môme"), le prince William, Sarkozy's life, le bébé Carla, la primaire socialiste ou écolo... tout ceci est un marché juteux qui n'est destiné qu'à nous faire acheter du papier en flattant nos instincts les plus bas à savoir le commérage et l'envie.

 

loto.jpgRêver braves gens! De même que la loterie, nous voudrions tellement la même chose qu'on oublie que c'est grace à nous qu'ils ont ça. Vous remerciez votre patron qui vous paye vous? Pourquoi le ferait-on dès lors que l'on travaille? Il en bénéficie autant que nous, non? Je ne joue pas au loto car je sais que je perdrais toute ma vie et que je trouve qu'il y a plus simple que d'espérer (la dernière chance?) gagner le gros lot en investissant au final une fortune dans un jeu créé par l'Etat pour rappeler que "tout le monde peut réussir".

 

Et oui, aujourd'hui, l'école, c'est has been. Il faut être footballeur! Les gamins sont plus intelligents que nous ne croyons car ils analysent bien la société: le coût d'opportunité de faire des études n'est plus assez intéressant. Aujourd'hui, un doctorant est au chômage et un diplômé ne s'en sort pas aussi bien que certains petits malins qui exploitent le système! Sauf que le diplômé, il a quand même plus de chance de faire ce qui lui plait. Quant à gagner du fric... pour en faire quoi? La plupart des nouveaux riches ne savent même pas s'en servir!

 

 

Jetez donc vos téléviseurs et rendez-vous dans les bistrots ou autour d'un repas! Causons un peu quoi merde! Et si c'est trop dur, lancez des débats. Je vous donne le premier thème: la télévision, opium du peuple? Et un autre, pour le plaisir: Mickey, pourriture capitaliste ou ami des enfants?

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 17:35

no-future.jpg

La politique, c'est avant tout la défense d'un projet de société. Un projet de société, par définition, ne peut être porté par une seule personne. D'où ma révulsion pour l'individualisme forcené en cours aujourd'hui!

 

Le drame social français, c'est de ne plus avoir de projet! Au moins sur ce point, le milieu breton est mieux loti car les projets ne manquent pas.

 

Pourquoi est-on sur Terre? Grande question! Je suis bien incapable d'y répondre. Par contre, que faire de nos vies, quel sens leur donner, ça je sais! Quand je vois certains de mes camarades (et bien d'autres) qui s'engagent bien au-delà que la simple adhésion, ça donne espoir dans l'Humanité. A l'inverse, quand je constate que Sarkozy gagne une élection sur le projet de société de "gagner plus", j'ai pitié de la société occidentale, désabusée et sans rêve! Aujourd'hui, la jeunesse n'a plus foi en l'avenir, les collégiens ne pensent plus qu'au lendemain, les lycéens ne pensent plus qu'à leurs soirées, les universitaires ne pensent plus au boulot, inexistant!

 

sarko-marianne.jpgLes Le Pen et consort dont le seul projet est de vivre tranquille chez soi, sans curiosité et engoncé dans ses préjugés, les libéraux qui ne vivent que pour amasser, empiler, collectionner... qu'elle doit être triste leur vie! Et la nôtre? Quand on élit un président sans projet, par égoïsme, quelle image doit-on avoir de soi? M'est avis que notre inconscient collectif doit se dire que nous ne valons pas grand chose pour brader l'idéal sur l'autel du pragmatisme, du "réalisme". Sauf qu'aujourd'hui, le réalisme, c'est l'imagination. Si l'on veut éviter le "demain, j'arrête" ou le "après moi le déluge", il serait temps de laisser la parole à ceux qui ont des idées et de remercier les vieux barbons qui nous serinent encore "pas possible" alors qu'eux-mêmes n'ont jamais réussi!

 

 

Pour cela, il faut commencer par donner de l'oxygène à tous les espaces collectifs, les systèmes alternatifs, revoir le système de propriété absolue et inventer, inventer, inventer. Faire cesser le diktat des "personnalités" qui n'engagent qu'elle-même, mais pour tout le monde! Etrange pour une société dite "laïque" de remplacer les Messies tel que Jésus, Mahomet ou Moïse par des icônes télévisuelles comme Zidane, Hulot ou Onfray.

 

Le pire dans cette histoire, c'est que nous avons tellement complexifié notre société que tout changement, même voté, est un casse-tête à mettre en place. La Loi favorise finalement le système en place et impose la radicalité. Que chacun retrouve sa juste place et les choses iraient déjà mieux. Que le politique questionne et tranche, que le fonctionnaire conseille et mette en place les décisions.

 

La conclusion de cet article hâtif? "Engage-toi, ô engage-toi, sur tous les fronts, tous les combats" et vive les béruriers noirs... L'avenir se construit, il ne s'attend pas! Or, aujourd'hui, on assassine Mozart tous les jours, les anciens n'ont pas confiance dans la jeunesse quoi qu'ils en disent. On en parle sans leur laisser de place, sans voir leur valeur. Pourquoi? Parce qu'on les "note" en fonction de critères obsolètes! Je connais des dizaines de jeunes aux mains d'or. Voir plus loin que demain devient urgent!

 

dessin: trouvé au hasard du net. Stringer?

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 15:09

offshore.png

 

Transparence des coûts sur l’éolien offshore : et sur le nucléaire ?

 

 

L’UDB apprécie à sa juste valeur l’engagement pris hier en conseil des ministres de permettre à l’éolien offshore de prendre son envol. La France ne sera jamais que le 11èmepays européen à s’y engager. En Europe 3.000 MW sont d’ores et déjà installés. Il était donc plus que temps d’agir.

 

L’UDB note avec satisfaction que le programme gouvernemental prévoit deux sites d’implantation près du littoral breton, pour 500 MW au large de St-Brieuc et pour 750 MW au large de Saint-Nazaire. Cette puissance électrique totale de 1.250 MW représente l’équivalent d’un réacteur nucléaire (34 des 58 réacteurs français ne font que 900 MW) ou encore trois fois le très néfaste projet de centrale électrique à gaz de Guipavas – Saint-Divy, près de Brest. Avec l’éolien offshore les énergies renouvelables sortent donc de la marginalité dans laquelle le système politique en place a longtemps voulu les cantonner.

 

L’enjeu est fort du point de vue de l’autonomie énergétique des territoires, rendue indispensable par les perspectives d’épuisement des combustibles (hydrocarbures mais aussi uranium) à l’échéance de quelques décennies, voire quelques années. Il l’est tout autant du point de vue de l’emploi et notamment de l’emploi industriel qui est la principale victime des délocalisations. 10.000 emplois sur la France sont en jeu d’ici 2015 dont peut-être plusieurs milliers en Bretagne, ce qui n’est pas rien.

 

La Bretagne divisée… aussi sur l’éolien offshore

 

Au sujet du développement industriel autour de l’éolien offshore, force est de constater que la division administrative de la Bretagne a encore frappé. En effet, tandis qu’un pôle s’organise autour de Brest et Lorient, de son côté le pôle industriel nazairien a fait alliance avec Le Havre. Il reste à espérer que cette concurrence ne se fera pas au détriment de l’emploi en Bretagne. L’inquiétude est fondée quand on sait que, s’agissant de l’avenir du transport maritime, l’Etat a décidé de concentrer ses futurs investissements sur les seuls ports de Marseille et du Havre précisément (cf projet de SNIT : Schéma national des infrastructures de transport). Les géographes de l’Université de Nantes ont montré depuis longtemps que, attraction parisienne oblige, les investissements faits à l’est des limites de la Bretagne ne lui profitaient pas. Le risque est d’autant plus grand avec le projet du Grand Paris sur lequel l’Etat et la Région Ile-de-France viennent de s’entendre pour un programme d’investissement de 32,5 milliards € d’ici 2025 (dont 9 milliards € de l’Etat). N. Sarkozy a annoncé clairement que la vocation du Havre était d’être l’avant-port de ce Grand Paris.

 

Quand l’UDB milite avec détermination pour la réunification administrative de la Bretagne, elle ne le fait pas par nostalgie mais parce que c’est l’intérêt de tous les Bretons, économiquement parlant. Si les Bretons restent divisés, s’ils ne se donnent pas eux-mêmes les moyens d’un système productif durable, le secours ne viendra pas de l’extérieur.

 

Transparence sur l’éolien offshore, opacité sur le nucléaire

 

Par ailleurs l’UDB constate que le gouvernement joue la transparence sur ce que le déploiement de l’éolien offshore en France (6.000 mégawatts d’ici 2020) pourrait coûter au consommateur : une augmentation de 4% de la facture d’électricité entre 2015 et 2020. On notera au passage que cette perspective d’augmentation ne peut que justifier une politique publique forte en faveur des économies d’électricité qui doit passer par l’écoconstruction et l’isolation thermique du bâti existant mais aussi l’éradication du chauffage électrique, ce que n’ont pas encore compris l’Etat et l’exécutif de la Région Bretagne. Cette transparence gouvernementale sur le coût du lancement de l’éolien offshore est normale. Ce qui l’est beaucoup moins c’est l’opacité entretenue autour du nucléaire.

 

Plogoff-NUKLEEL-NANN-TRUGAREZ.jpgLes observateurs savent que l’électricité nucléaire en France n’est pas payée à son prix réel par le consommateur. C’est là le résultat d’une volonté politique affirmée dès le lancement de la filière électro-nucléaire dans les années 70. La même opacité est pratiquée avec le nouveau programme nucléaire lancé par N. Sarkozy : EPR de Flamanville et Penly, ITER à Cadarache (dont le coût, plusieurs fois revu à la hausse, serait d’au moins 16 milliards €).

 

En effet, force est de constater que le gouvernement refuse de communiquer ce que coûtera au contribuable ou au consommateur français l’ensemble de la filière nucléairequi englobe non seulement la recherche, la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance mais aussi la gestion des déchets de courte et de longue durée et le démantèlement des centrales existantes (58 réacteurs). Les chiffres disponibles, quoique très parcellaires, sont pourtant impressionnants. Le seul démantèlement inachevé de la mini-centrale de Brennilis (fermée depuis 25 ans !) devrait coûter au moins 482 millions € (évaluation faite par la très sérieuse Cour des Comptes en 2006), soit 20 fois plus que ce que ses promoteurs annonçaient dans les années 60 ! Sur l’ensemble des réacteurs en fonctionnement ou arrêtés la Cour des Comptes a estimé fin 2004 à 65 milliards € les charges liées au démantèlement. Quant à la gestion des déchets, la très officielle ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a évalué qu’elle coûterait 35 milliards € rien que pour le stockage souterrain des déchets les plus radioactifs, solution par ailleurs controversée sur le plan de la sécurité. Il n’en est pas moins vrai que le gouvernement se refuse à traduire sur la facture d’électricité les charges induites par la filière nucléaire.

 

Si elle semble s’ouvrir enfin à l’éolien offshore, la France reste bien le pays de l’omerta nucléaire. La démocratie énergétique reste à construire. Elle passera forcément par une sortie des systèmes centralisés de production et de distribution (dont le nucléaire est la caricature) pour favoriser au contraire les bouquets énergétiques à un niveau local et régional.

 

Mona BRAS, conseillère régionale, porte-parole de l’UDB

Kristian GUYONVARC’H, conseiller régional, référent énergie du groupe UDB

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 01:00

retraite.pngAprès un temps plutôt long, me voici de retour. J'annonce que mes articles risquent d'être un peu plus espacés car mon travail pro et militant s'intensifie!

 

Thème du jour: les retraites. Illustré par ce logo du collectif retraite, collectif dont sont membres les Jeunes de l'UDB.

 

Après des manifestations géantes, place à la réflexion. Le gouvernement nous annonce que la réforme des retraites est inéluctable, que nos vieux vivent plus vieux et que bientôt, il n'y aura plus assez d'actifs pour payer les retraites. Et en déduit qu'il faut repousser l'âge de départ. En apparence, une mécanique bien huilée.

 

Sauf que: premièrement, en repoussant l'âge de la retraite, il y a fort à parier que c'est l'âge de la mort que le gouvernement va avancer. Bof, ils ne sont pas à ça près et l'élément humain n'est finalement pas leur priorité.

 

Sauf que: sauf que leurs beaux calculs sont biaisés dès lors qu'ils mentent par omission. Je préfère laisser deux comiques ma foi plutôt talentueux vous expliquer cette partie. C'est plus rigolo. Certes, c'est une vision toujours basée sur la croissance, mais même ainsi, cette réforme est une farce.

 

 


Sauf que: le problème des retraites, c'est avant tout le chômage! Et oui. Moins de cotisants, on se demande pourquoi! Avec le taux de chômage des jeunes le plus fort d'Europe, rien d'étonnant à ce qu'un système de retraite par répartition ne fonctionne pas. "Partager" n'est pas un verbe figurant dans le petit lexique du capitalisme!

Alors où trouvez de quoi financer les retraites? En privilégiant le travail sur le capital pour commencer et en partageant le travail aussi... Dans mes cours d'économie au lycée, on nous faisait croire que les bénéfices étaient réinvestis ou servaient à l'embauche en plus de payer les actionnaires. Ils sont naïfs les profs d'éco? Je ne crois pas et cela explique peut-être que Sarko les saque pas mal. Faudrait pas non plus que l'on explique aux gens comment fonctionne ce système pourri!
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