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Klask

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 12:40

aéroports

 

A la bonne heure! Enfin un article qui cause du fond. Cet article des Echos de jeudi dernier s'attaque au gaspillage d'argent public pour soutenir des aéroports qui, dans un monde idéal, n'auraient pas lieu d'exister! Un gaspillage confirmé par une analyse de Whichbudget (dont vous constaterez par vous-mêmes que ce ne sont pas des anti-aéroports) en ces termes: "Selon la cour des comptes française, la plupart des aéroports français survivent grâce au financement public. Entre 2000 et 2006, les aéroports de France ont reçu environ 590 millions euros d'argent public, ce qui représente plus de 100 euros par passager. Ces montants devraient même augmenter à l'avenir à cause de tous les investissements nécessaires en termes d'environnement et de normes de sécurité".

 

Flughäfen in DeutschlandAlors pourquoi tant d'argent? D'abord parce que la France compte, comparativement à ses voisins, un nombre hallucinant de "vrais" aéroports (171 pour 65 millions d'habitants). L'Allemagne et ses 82 millions d'habitants n'en compte que... 19 (des vrais)! Même l'Espagne dénoncée dans cet article n'est pas au niveau de la France.

 

Une déduction rapide pourrait être de dire que la France a une politique décentralisée des transports. Une telle analyse serait hélas un contre-sens. Car en regardant de plus près les chiffres, on constate que l'essentiel du trafic aérien se concentre à Paris (Roissy: 61,5 millions de passagers, Orly 27,2 millions sans parler de Beauvais considéré pourtant comme le troisième aéroport parisien). Viennent ensuite Nice avec 11,2 millions de passager, Lyon avec 8,4 millions et Marseille avec 8,2 millions (chiffres 2012). On tombe ensuite très rapidement jusqu'aux aéroports toujours subventionnés, mais dont on cherche désespérement les passagers. A titre d'exemple, St Brieuc dont la fiche wiki annonce: "l'aéroport a accueilli 4.610 passagers en 2008, 3.508 en 2009 et 581 en 2010 avec un déficit de 600 000 euros pour le budget 2010".

 

La France a donc une politique tout à fait exemplaire (sic): concentration du trafic sur 2% du territoire et baronnies aéroportuaires qui se plument pour savoir qui est l'aéroport "de province" le plus gros! La sacro-saint couple Etat-villes contre la logique dite "régionale". Métropoles, vous avez dit métropoles?

 

En Bretagne, Nantes détrône largement tous ses concurrents avec plus de 3 millions de passagers. Mais contrairement à beaucoup d'idées reçues, c'est Brest qui est en seconde place avec son million de passagers. Plutôt que de soutenir ces deux plate-formes (située à deux extrémités de la péninsule), on continue pourtant à renflouer les pertes de Lannion, St Brieuc, Quimper et même Lorient ou Rennes. Chacun veut son petit aéroport. L'UDB a déjà demandé la fermeture des aéroports de Quimper, de St Brieuc et de Rennes. Les opposants à Notre-Dame-des-Landes feraient bien de se pencher sur ce problème également. Car si une nouvelle plate-forme aéroportuaire est discutable (j'en conviens parfaitement), l'existant est scandaleux.

 

Cet article cependant laisse espérer quelques rationnalisations bienvenues. Il confirme qu'il est plus qu'urgent d'élaborer un vrai schéma aéroportuaire et pas se contenter d'un schéma régional multimodal des déplacements et des transports qui ne fait qu'additionner l'existant sans aucune prospective, ni aucune vision. C'est ce que demande l'UDB au Conseil régional depuis 2005 sans succès jusqu'à présent. Sauf que si Bruxelles interdit l'aide structurelle d'ici 10 ans, il y a fort à parier que certaines structures vont couler d'elles-mêmes! Les CCI ne paieront pas et si les collectivités ne mettent pas la main à la poche, elles accéléreront la chute des aéroports inutiles. Autant anticiper, non?

 

Un tel schéma doit être élaboré avant toute construction d'un nouvel équipement! En termes plus clairs: Notre-Dame-des-Landes doit attendre. Au préalable, il faut fermer les infrastructures inutiles du type Quimper, St Brieuc, Lannion, Lorient ou Rennes, ensuite redistribuer les liaisons en supprimant les vols vers Paris et pour finir étudier l'opportunité ou non d'une nouvelle infrastructure. L'Allemagne qui, je me répète, compte moins d'aéroports que la France a plus de gros aéroports internationaux! Elle complète ce réseau par un maillage ferroviaire qui contraste singulièrement avec l'étoile ferroviaire française. Pour beaucoup, aider les gros est une hérésie, mais en terme aéroportuaire, c'est pourtant une politique écologiste! Mieux vaut en effet soutenir de grosses structures bien réparties que des dizaines de petites. Pourquoi? Parce que la consommation carbone est plus importante au décollage et à l'atterrissage donc il faut réduire les sauts de puce, les correspondances pour privilégier les lignes internationales voire intercontinentales.

 

L'Allemagne fédérale l'a compris. Chez nous, on préfère aller à Paris. Misère...

 

Pour rappel: ma position sur NDDL.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 10:00

manifestants-opposes-au-projet-d-aeroport-de-nantes-le-17-.jpeg(prière de lire l'ensemble du papier avant de réagir. J'insiste!)

 

Samedi dernier, 17 novembre, a eu lieu probablement l'une des plus importantes manifestations en Bretagne depuis des décennies, celle contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). On parle de 40000 personnes présentes ce qui, il faut le reconnaître, n'est pas une paille surtout quand on connaît la taille modeste de la commune! Quelques camarades de l'UDB y ont participé. Pour ma part et pour les raisons évoquées ci-dessous, je suis resté à Rennes (je n'ai pas perdu mon temps non plus soit dit en passant car j'ai manifesté pour la mariage pour tous en réaction à un cortège de réactionnaires venus de tout l'ouest de la France).

 

Pour éviter que l'on ne parle à ma place sur l'aéroport en devenir de Notre-Dame-des-Landes à l'UDB, je me permettrais de donner mon point de vue ici. En 2007, j'en avais déjà donné un qui en étonnera plus d'un (lire ici).

 

Dans cet article, je me prononçai contre l'aéroport dans une première approche. Bien qu'un peu naïf, mon article de l'époque résume toujours assez bien mon point de vue. Je retiens surtout cette phrase: "Que l'on prenne l'avion pour aller outre atlantique, en Afrique ou en Asie voire en Europe de l'est, admettons, mais je ne comprends pas que l'on puisse prendre un avion Lorient-Paris quand le TGV met 4h pour réaliser le trajet". A l'époque, je n'avais pas compris qu'il pourrait s'agir d'un aéroport intercontinental. Comprenons-nous bien: si on résume la question à "pour" ou "contre", je dis "pour" (quoi qu'on puisse penser de moi) car je pense qu'on ne peut pas poser la question ainsi et, n'ayant jamais été partisan des "aéroports de proximité" (j'ai entendu ça dans la bouche d'écolo), je préfère deux gros aéroports à 14 petits. Pour... à condition néanmoins qu'il soit intercontinental. S'il ne l'est pas, il ne sert à rien et j'y suis opposé, farouchement même.


(je répète: prière de lire l'ensemble du papier avant de réagir. J'insiste encore!)


Ce qui m'a gêné et me gêne toujours dans ce débat, c'est que le temps du dialogue n'ait pas eu lieu. On est parti bille en tête (d'un côté comme de l'autre) les uns invectivant les autres, sans prendre le temps de réfléchir à une politique aéroportuaire bretonne. Non, on préfère l'invective et le degré zéro de la pensée: "l'aéroport, c'est mal". Les terres agricoles? Où sont les opposants quand il s'agit de bétonner 4 fois NDDL à Paris pour un troisième aéroport ou l'extension de Roissy, où sont-ils quand les zones d'activité fleurissent aux abords des routes bretonnes, où sont-ils quand il s'agit de lutter contre le mitage résidentiel? Epouvantail que cet aéroport, bonne conscience. Ce n'est pas l'aéroport qui est responsable du bétonnage de la Bretagne, ni d'ailleurs responsable de l'effet de serre, ce n'est qu'un (petit) élément du problème. Dire cela n'est pas être productiviste, mais connaître la Bretagne! Je circule et je regarde autour de moi.

 

Ce genres d'arguments, désolé, mais ça ne me convient pas. Aujourd'hui, que ça plaise ou non aux opposants, il existe un nombre considérable de gens qui prennent l'avion à Quimper pour aller à Paris, à Lorient pour aller à Paris et même à Rennes pour aller à Paris! Un saut de puce destiné à attraper un autre avion qui, lui, part à l'international. C'est lamentable, mais c'est une réalité. Voilà ce qui me pose problème: c'est la centralisation des transports. Ecoutons au moins cet argument même si cet aéroport de NDDL ne se fait pas. Cela, c'est le côté autonomiste et décentralisateur de mon parti. Mais mon parti est aussi écolo et anti-capitaliste et, évidemment, dans cette optique, on est pas "dans notre farine" avec cet aéroport comme on dirait en breton.

 

Si par contre, on prend le temps d'écouter, de poser les choses, on pourrait (on aurait pu en tout cas) sortir par le haut de cette impasse. Il y a un an, l'UDB organisait un débat d'arguments à Vannes sur le sujet. Une journée très intéressante où était intervenu des gens du parti comme Michel François (pour) ou Jean-François Lugué (contre), mais aussi Mme Verchère (une élue opposée), Hubert Rouaud (membre d'EELV curieusement pour), Yves Lebahy (géographe contre). De cette journée, nous étions ressortis sans consensus possible. Logique vu le clivage! Et pourtant...

 

Et pourtant, selon moi, l'UDB aurait du, au-delà du "oui" ou du "non", écrire il y a plusieurs années déjà un texte qui, en exposant toute la complexité du débat, aurait réclamé (dans l'ordre): 


1. Rationnaliser le transport aérien en supprimant les petits aéroports et les lignes intérieures qui ne servent à rien, concurrencent le train et coûtent au contribuable.


2. Etablir un schéma aéroportuaire breton, dans le cadre européen bien sûr. C'est ce que demande les élus régionaux depuis 2005. Sans succès à ce jour...


3. Réfléchir à la pertinence ou non de NDDL (dans une optique intercontinentale évidemment) eût égard à l'existant. Brest pourrait être intercontinental si j'ai bien compris. Nantes est aussi un aéroport qui fonctionne bien, très bien même avec plus de 3 millions de passagers. 

 

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Le congrès 2012 de l'UDB, organisé à Mur de Bretagne il y a deux semaines a laissé libre la parole des adhérents. Résultat, l'UDB Jeunes a pondu un texte que je trouve très intelligent (lire ici) à ce sujet. Certains manifestaient d'ailleurs à NDDL samedi dernier de même que Naig Le Gars, conseillère régionale UDB.

 

Tout ça pour dire que nous ne vivons pas dans un monde parfait, loin de là. Et qu'il ne le sera jamais. Qu'il le sera encore moins si les gens ne s'impliquent pas. Et je ne parle pas d'implication dans les "luttes", mais en amont de celles-ci pour éviter les blocages.

 

Il convient aussi de réfléchir à certains arguments franchement réducteurs. Pour ma part, je suis prêt à parier que, sauf catastrophe nucléaire, météorite géante ou fin du monde maya, les avions voleront toujours quand j'aurais 70 ans. Ils seront plus gros, utiliseront moins de carburant. La fin du pétrole dans 30 ans? C'est aussi ce qu'on disait il y a 30 ans. Alors le pic d'Hubert, on l'a sans doute dépassé, mais ça veut juste dire que le pétrole coûtera plus cher, pas qu'il n'y en aura plus. Il suffit, pour s'en convaincre de lire la presse internationale et les gisements que l'on découvre régulièrement (Guyane, Cuba, Antartique...).

 

Ne sous-estimez pas non plus l'ingéniosité du capitalisme: le pétrole de schiste assure encore de beaux jours à l'économie pétrolière (à lire cet article par exemple)! Je précise, à toute fin utile, que je suis contre l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste. Mais que JE sois contre ou que VOUS soyez contre, faites-moi confiance, ça se fera et en France aussi malgré le moratoire actuel (lire aussi les récents propos de Rocard à ce sujet). Et cela ne sera pas du fait de l'UDB ou d'EELV, mais parce que nos dirigeants sont des gestionnaires. Pour gagner un combat, il faut avoir en tête l'idéal et réfléchir à comment l'atteindre en partant de l'existant. Pas l'inverse! Et surtout, il faut avoir la confiance des gens, ce que nous n'avons pas à ce jour.

 

Pour conclure, à ce stade du conflit et vue la mobilisation importante qui a eu lieu samedi, le gouvernement serait intelligent s'il décidait d'un moratoire sur le projet pour (re)lancer des discussions. ça fait 40 ans que ce projet existe, on peut attendre quelques années supplémentaires, voir ne pas le faire du tout! Sans cela, le conflit va encore s'envenimer et le Politique sera encore plus désavoué... laissant place libre au marché! Et pour moi, c'est pire que ne pas décentraliser le transport aérien.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 13:32

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Pendant que certains nuisibles s'excitent à démonter l'UDB (sport national breton en vogue), le parti autonomiste, lui, travaille et tente avec ses maigres moyens de faire avancer la décentralisation dans le bon sens et pas dans la "déconcentralisation" technico-technique à laquelle les guerres de courants du PS nous mènent (départementalistes, métropolistes, jacobins, régionalistes).

 

Ainsi donc, alors que l'Acte 3 n'est pas encore rendu public et que le travail se poursuit, le président de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a présenté mardi 16 octobre le projet de Schéma directeur régional pour 2030: "Ile-de-France 2030". Son objectif : permettre de construire la métropole francilienne, "en s’adaptant aux modes de vie actuelle et future des franciliens en termes de mobilité, d’emploi, d’habitat, de loisirs et d’attentes environnementales". Car voyez-vous, du point de vue d'un parisien, ce projet de Grand Paris est très écolo, raison pour laquelle la ministre du logement, Cécile Duflot, s'est engagée dans cette démarche et posait il y a peu pour présenter le projet de la soixantaine de gares prévues. "D'un point de vue parisien" disais-je car voyez-vous, c'est regarder un sujet par le petit bout de la lorgnette, chose d'ailleurs que savent très bien faire les bretons aussi quand ils ne réfléchissent qu'à l'échelle bretonne.

 

Pour répondre donc à l'augmentation supposée de population en Ile-de-France (on parle de 15% de plus qu'aujourd'hui en 2030 pour 2% du territoire national), on imagine donc un plan d'anticipation. C'est la raison d'être de ce Sdrif: préparer la future métropole francilienne aux enjeux écologiques et économiques de demain. Comme j'essaye d'être cohérent avec moi-même et que je critique les agences d'urbanismes qui établissent des plans en partant de théorie et de perspectives tout sauf politiques, je vais en faire de même pour le Grand Paris.

 

Car qui nous oblige à accueillir 15% d'habitants en plus en région parisienne? Ne pourrait-on pas profiter de ce temps de réflexion pour décentraliser le travail et les infrastructures et ainsi essayer de désengorger Paris et assurer un avenir au reste de la France? Non, nos chers édiles (à grand coup de subvention d'Etat) nous prévoient au contraire une concentration des financements (de l'ordre de quelques milliards) sur Paris et sa banlieue, assurant un avenir radieux à la centralisation française! Qui entend-t-on sur ce sujet à part l'UDB? Cherchez bien...

 

Le schéma Ile-de-France 2030 enrobe ce scandale politique de bonnes intentions écologiques comme "valoriser et préserver les ressources naturelles". Le Sdrif veut promouvoir la reconquête de plus de 400 ha/an par rapport à 1994, veut créer pas moins de 80 espaces verts d'intérêt régional et de favoriser les liaisions vertes et les corridors biologiques. Ajoutez à ceci deux parcs naturels régionaux en cours de création! De quoi réjouir plus d'un écolo urbain, le type même de celui qui ne sait pas reconnaître une grive d'une mésange! Pour lui, s'il y a du vert, c'est bien!

 

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Ne nous laissons pas abuser par cette peinture verte! Car la concentration/centralisation produit la pollution, produit les déplacements de "province" (le mot veut tout dire) vers le "centre" (du monde?) et les TGV qui mènent tous à Rome Paris, mais qui sont incapables de relier Nantes à Bordeaux, produit l'appauvrissement économique ou culturel de nos "régions" (et vive la réunification au passage, pièce d'un même puzzle), produit donc l'assèchement de notre dynamisme économique et l'exil de nos jeunes en quête de métiers correspondant à leur niveau d'études, produit en fait la gestion plutôt que la politique et favorise les drames comme celui arrivé dans le Lot quand une mère a perdu son bébé faute d'hôpital/maternité à proximité. Le pilotage politique de Paris ou par les préfets (sbires du pouvoir centralisé), ça donne l'ARS, la disparition des écoles rurales, des services de Poste, des commerces de proximité... Tout cela est partie intégrante d'une même logique! J'ajouterai que la centralisation gaspille et coûte plus cher que la décentralisation plus efficace.

 

Michel François, mon camarade de St Herblain, explique régulièrement les effets de la centralisation sur la Bretagne et ne se laisse pas abuser par les beaux discours sur le logement qui, au final, vont annihiler tout espoir de décentralisation de ce pays! 1,5 millions de logements d'ici 2030 en Ile-de-France! Et pour les autres? 60 gares quand, en Bretagne, il est inimaginable ne serait-ce que d'envisager des lignes ferroviaires transversales! 237 kms de métro (!!!) quand, ici, les villes s'endettent pour faire une ou deux dizaines de kilomètres de tramway ou de métro (critiqués de surcroît par certains contestataires, conservateurs qui alimentent la centralisation à leurs corps défendants). 66 kms de RER et près de 75 kms de tramways en plus. L'objectit: que 90% des franciliens soient en 2030 à moins de 2kms d'une gare. On aimerait bien en dire autant pour le centre Bretagne que l'on accuse ensuite d'utiliser la voiture!

 

J'entends peu de monde dénoncer ces injustices là! Non, mieux vaut tacler les autonomistes, ennemis de l'intérieur, anti-républicains qui ne comprennent pas le "sens de l'histoire"... Eux veulent une France des inégalités. Bien sûr. Les oeillères sont solidement accrochées.


Mais attendez donc, j'ai gardé le meilleur pour la fin: objectif de 28000 emplois par an soit une croissance de 2,5% en moyenne. Comme je l'expliquai dans un article du Peuple breton d'octobre 2012, tout est pensé comme si la France était une vaste entreprise dont la stratégie commerciale serait de concentrer ses atouts dans un produit phare (Paris) et quelques produits annexes (les rares régions qui existent au niveau international).

 

Des questionnaires sont dans les boîtes aux lettres des franciliens. J'espère qu'ils seront un minimum solidaires et qu'ils refuseront ce vol pur et simple des contribuables français au bénéfice unique de la région parisienne! Car si les bretons de Paris (population estimée à 500000 personnes minimum) veulent "revenir au pays", c'est maintenant que cela se joue!

 

Alors, oui, Le Grand Paris est un scandale de plus dans cet Etat respectueux du "bien commun". Ce projet passe comme une lettre à la Poste! Sauf que le service postal n'est plus ce qu'il était (la faute à la privatisation et à une gestion centralisée?) et certaines voix (dont les nôtres) s'élèvent pour le dénoncer...

 

Sources des informations: Le Moniteur.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 11:48

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Lors de mes études de géographie, certains de mes professeurs faisaient mention des "gated communauties", lotissements privatisés et gardés, réservés à une élite fortunée. Le phénomène essentiellement concentré sur les Etats-Unis n'existait pas vraiment chez nous. C'était sans compter sur le groupe Pierre et Vacances qui vient d'annoncer le projet de réaliser en Bretagne plusieurs lotissements clôturés et gardiennés réservés à un public de retraités aisés. Un projet baptisé "senioriales" et qui commencerait à Pont Aven.

 

L'UDB est le premier parti (et pour le moment le seul) à s'être prononcé publiquement contre par la voix des élus régionaux: L'UDB estime que "ces projets immobiliers se situent à l'opposé des valeurs que porte la société bretonne où la mixité sociale et les rencontres intergénérationnelles sont partie intégrante de l'identité collective. Ils sont contraires à ce qui fait la Bretagne et le peuple breton".

 

 

Je pense en effet que ces projets sont malsains, contraires à l'esprit de mixité sociale et de "vivre-ensemble". Il suffit d'être amateur de SF comme je le suis pour savoir jusqu'où peut mener cette société où les habitants ne vivent plus ensemble, mais côte-à-côte. Après les résidences, l'eau, la nourriture, l'air, le pétrole... C'est une pente dangereuse que celle-ci!

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:18

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Photo Anthony Boigné

 

J'étais le week-end dernier à Ouessant dans le cadre de l'AG de l'association "Géographes de Bretagne" dont le président est mon ancien professeur, Yves Lebahy. Accueillis par la locale de l'étape, Françoise Péron, nous avons eu l'opportunité de visiter l'île, mais également de rencontrer le Maire et bien évidemment de parler géographie.

 

La réforme territoriale était dans les esprits de chacun puisque si elle venait à être adoptée, elle aurait forcément des conséquences en terme d'aménagement en Bretagne et notamment un déséquilibre accentué entre l'est et l'ouest de notre région. Mon week-end fut très instructif et outre les géographes que j'ai pu cotoyer durant mes années d'études (Ronan Le Délézir, Jacques Lescoat, Alain Le Sann), j'ai pu faire la connaissance de gens dont les noms m'étaient familiers. C'était le cas de Pierre-Yves Le Rhun, notre herblinois, mais aussi de Loeiz Laurent dont l'ouvrage "la fin des départements" a été l'une de mes premières lectures de géo!

 

Je remercie d'ailleurs Loeiz Laurent pour nos discussions historiques. J'en ai appris encore sur le mouvement breton!

 

Je terminerai sur Ouessant et sa difficulté, comme nombre d'îles, à maintenir un taux de population suffisamment élevé. Le taux est relativement stable pour le moment, mais il est vrai que les activités dépendent de peu de choses (motivation des habitants, école, commerce...). Nous avons abordé divers sujets comme l'autonomie énergétique ou le commerce. J'ai d'ailleurs pu rencontrer l'agriculteur (bio) de l'île lors d'une virée au bar le soir, je lui souhaite bon courage car ses pommes de terre m'ont l'air plutôt pas mal.

 

A noter pour finir que les sites touristiques (du phare du Créac'h au musée en passant par les plaques) sont bilingues. En voici une preuve. Une île à ne pas louper...

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 18:27

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Voici une carte (crédit: Gwenael Henry pour l'UDB) qui illustre bien un des problèmes majeurs en Bretagne: le déséquilibre de plus en plus affirmé entre l'est et l'ouest. Urbains contre ruraux, c'est l'inverse de la logique des "pays" dont la Bretagne est héritière depuis... pff... depuis toujours? La réforme des institutions mod-Sarkozy se fout bien de l'aménagement du territoire puisque les pays seraient purement et simplement supprimés et les grands centres urbains (Nantes et éventuellement Rennes) pourraient devenir des "métropoles" aux compétences plus larges qu'un conseil régional!


Bref, quand je vois l'intervention d'Eliane Leclercq à la communauté d'agglo de Rennes Métropole (oui, car Rennes n'est qu'une agglo qui veut se faire passer pour une ville à dimension internationale), je suis fier d'être à l'UDB (encore!). La section de Rennes que je fréquente désormais a pris la décision de voter CONTRE le voeu proposé par les socialistes. Pourquoi puisque Delaveau, le maire de Rennes, affirme que "cela n'a rien à voir avec la réforme des institutions"?


Mais qui est dupe? Pourquoi vouloir agrandir l'intercommunalité rennaise (qui se confondra bientôt avec le département!) si ce n'est pour atteindre la taille critique des villes pouvant accéder au statut de "métropole" (version Sarko). 450000 habitants, Rennes ne les a pas contrairement à Nantes. Horreur pour la "capitale" qui ne peut souffrir ce camouflet!


Ras-le-bol de cette concurrence inter-urbaine! C'est tout sauf de l'aménagement et tout sauf de la solidarité de gauche. J'attends donc que les socialistes qui sont majoritaires en Bretagne prennent position contre cette réforme Sarkozy! Et pas simplement du bout des lèvres. La recentralisation en projet va supprimer la clause de compétence générale aux Régions et aux Départements (sans les supprimer) réduisant son pouvoir déjà faible à peau de chagrin. Fin de la diversité politique aussi et fin de l'accès aux femmes à des reponsabilités (sisi!).


Mais j'arrête là ma diatribe. Lisez donc le Peuple breton en premier lieu et Koulmig, l'info des jeunes de l'UDB où cette réforme est constamment critiquée. Mais le silence qui règne en Bretagne dans le milieu politique est flippant: serions-nous les seuls à craindre pour la démocratie?

 

Rennes pourrait-elle un jour être un peu moins rennaise et un peu plus bretonne? Comprendra-t-elle un jour qu'elle n'est rien sans le reste de la Bretagne qui la fournit en étudiants, en travailleurs, en penseurs... et sans l'Etat qui la fournit en administrations? Pourquoi donc reproduire un modèle centralisé à l'échelle de la Bretagne? Je ne parlerai même pas de Nantes qui, en abandonnant politiquement l'idée de rejoindre la Région Bretagne, se construit autour d'elle-même, comme une forteresse. Mais ce sont les autonomistes que l'on traite de féodaux! 


Je vous invite à faire connaître le texte qui suit puisque les médias rennais nous ont snobé. On parle de ceux qui s'abstiennent, mais pas de l'unique personne à voter contre! Zéro pointé aux journalistes dans cette affaire!

 

 

"Monsieur le Président, chers/chères collègues,


Le vœu qui nous est présenté ce soir nous invite à continuer la réflexion sur la réforme de l'intercommunalité et ses conséquences pour Rennes Métropole, dans le cadre du projet de réforme territoriale.


La réforme de l'intercommunalité ne peut pas être dissociée du projet global dans lequel elle s'inscrit. Or, cette réforme territoriale voulue par le Gouvernement organise un véritable recul de notre démocratie territoriale.


- On attendait l’acte III de la décentralisation ; on nous a servi l’acte I de la recentralisation. Avec la suppression de la clause de compétence générale, les territoires et les Régions en particulier risquent de perdre leurs capacités d’action. C’est paradoxal parce que dans le même temps chez nos voisins européens (Espagne, Royaume-Uni, par exemple), l’évolution démocratique donne de plus en plus de moyens aux Régions pour améliorer le quotidien des habitants.


- On attendait que la parité entre enfin dans les habitudes. Au lieu de quoi, avec le mode de scrutin choisi, seulement 20 % des futurs conseillers territoriaux seraient des femmes.


 - On attendait que la diversité politique soit, enfin, mieux représentée dans nos assemblées régionales et départementales… on pourra toujours attendre ! Avec le mode de scrutin des nouveaux conseillers territoriaux, la droite met en place les conditions d’une reconquête des Régions et des Départements. Curieuse conception du jeu démocratique, où l’on change les règles quand on perd des élections !


Le projet de création des nouvelles Métropoles n’échappe pas à cette série noire d'autant que le projet de loi prévoit que ces Métropoles puissent s'approprier les compétences économiques des Régions et des départements car, je cite : « les compétences économiques sont en effet prioritaires pour la réussite des métropoles françaises dans la compétition urbaine européenne et internationale ».


L'idéologie sous-jacente est claire : celle de la mise en concurrence des territoires, au mépris des équilibres à l'intérieur des régions. Cette réforme signifie donc la casse du modèle breton d’équilibre territorial. Créer les Métropoles et supprimer les Pays, c’est reproduire à l’échelon régional un déséquilibre entre une ou deux grandes villes, qui concentreraient l’écrasante majorité des ressources et des activités, et les territoires périurbains ou ruraux, réduits aux fonctions de villes-dortoirs ou de lieux de villégiature.


Jusqu’à présent, le maillage du territoire par les villes petites et moyennes, qui fait la particularité de la Bretagne, est encore une réalité - malgré les menaces de fractures territoriales que l’on connaît. Il constitue un des facteurs clés de la qualité de vie en Bretagne.


Mais qu’en sera-t-il demain si nous décidons que Rennes et Nantes doivent acquérir toujours plus de compétences ? Nous ne savons pas, a priori, dans quel sens les vases communiqueront. L'aire métropolitaine va-t-elle "irriguer le territoire", ou bien va-t-elle capter le dynamisme breton au détriment de la Bretagne occidentale ou rurale ?


L'expérience nous a plutôt habitués à ce que les ressources bretonnes soient aspirées hors de nos territoires, lorsqu'il n'existe pas de perspective d'activité locale. L'exode des jeunes diplômés bretons est un phénomène tristement connu.


Nous qui définissons Rennes comme "capitale de la Bretagne", nous avons donc la responsabilité de penser aux conséquences de nos stratégies d’affirmation métropolitaine. Comment voit-on la métropolisation rennaise depuis le Centre-Bretagne, comment la voit-on depuis Redon ou Fougères ? Et à quoi nous servirait-il d’être la capitale d’une Bretagne fragilisée et déséquilibrée ?


Le dynamisme de Rennes est en partie dû à la centralisation sur son territoire des emplois administratifs et à la présence de l'université. Elle a donc un devoir de solidarité vis-à-vis du reste de la Bretagne. Son développement ne doit pas se faire au détriment des autres équilibres territoriaux de la Région et des autres solidarités qui fonctionnent autour de Rennes Metropole.



Le vœu de ce soir insiste sur la nécessité de placer l'avenir de notre agglomération sous le signe de la coopération et de la solidarité. C'est tout à son honneur, et vous l'aurez compris c'est ce que souhaite l'UDB.


Nous voulons que chacun puisse vivre dans son bassin de vie, sans avoir à subir des déplacements toujours plus coûteux pour aller travailler ou accéder aux services publics. Il s’agit bien, comme le dit l’UDB depuis longtemps, de « vivre, travailler et décider au pays ». Ce slogan est totalement en phase avec les préoccupations de notre société, consciente de l’urgence sociale et écologique de la relocalisation des activités.


Accepter la création des métropoles c’est se soumettre à un modèle de société inégalitaire, où l’aménagement des territoires renforce les discriminations liées au niveau de revenus. C'est bien la qualité de vie au quotidien qui est menacée. Ce qu'il faut c'est réduire la mobilité subie des habitants, c'est rapprocher le travail du lieu de résidence, c'est choisir la coopération plutôt que la compétition. Parce que etre attractif et rayonner sans être une mégalopole c'est possible, pour cela il faut avoir une réelle originalité à faire valoir : L’exemple de Fribourg nous l’a assez prouvé. Et pour cela il faut renforcer la dynamique régionale et aménager les territoires à l'échelle de la Région.


L'Union Démocratique Bretonne est favorable à un équilibre des territoires à l'échelle de la Bretagne et pense réellement qu'à trop renforcer l'un des territoires, fût-il celui de Rennes Metropole, par rapport aux autres, on risque de créer de nouveaux déséquilibres. C'est pourquoi je ne voterai pas ce voeu.


Eliane Leclercq, Rennes Métropole, le 29 avril 2010."

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 16:32

Europe-Ecologie-BreizhCandidat sur la liste du Morbihan et moi-même adhérent de l'association Géographes de Bretagne, je me devais de répondre au courrier qu'Yves Lebahy a lancé aux candidats. La lettre officielle d'Europe Ecologie Bretagne sera publiée ou non, mais je me permets de publier ici, sur mon blog, ma réponse par respect pour ma formation initiale. Après tout, il ne reste que 5 jours avant le premier tour donc c'est maintenant ou jamais.



G-ographes-de-Bretagne.jpg

Lorient, le 4 mars 2010

 

 

 

Objet : réponse à l’association des « Géographes de Bretagne » au sujet des élections Régionales.

 

 

Chers collègues géographes,

 

N’ayant pas connu l’époque du CELIB, je me plais à imaginer cette période d’espoir durant laquelle géographes, politiques et acteurs du monde économique ont lutté pour faire reconnaître des spécificités bretonnes dans un Etat hyper-centralisé. Il est indéniable que ces acteurs, par la seule volonté politique, ont réussi à sortir la Bretagne du marasme économique.

 

L’esprit du CELIB, j’en suis persuadé, est toujours présent et se manifeste sous forme de frondes sociales et de mobilisations tant sur la désertification hospitalière que judiciaire ou sur la privatisation de la Poste, bref sur le refus d’un monde ultra-libéral. Mais loin d’être simplement contestataire, cet esprit se traduit par les constructions ici ou là d’alternatives portées par des associations (AMAP, Système d’Echanges Locaux…) que j’ai toujours suivies avec attention. Les écoles Diwan (le germe) sont un parfait exemple de l’inventivité de la société bretonne refusant la résignation.

 

Les Régions ont ici un rôle essentiel à jouer car elles sont l’échelon pertinent pour répondre efficacement aux urgences auxquels nous faisons face. L’UDB le clame depuis 45 ans et pour la première fois de l’histoire, l’ONU vient de s’aligner sur cette position au sommet de Copenhague.

 

Croyez bien que je partage vos constats tant en matière d’urbanisme et d’étalement urbain qu’en matière de politique maritime. Toutes ces problématiques font en réalité partie d’un tout, d’un système. Emprunter une route équivaut à ne pas s’attarder sur les autres et je pense que notre société est dans une impasse et refuse de l’admettre. Mon engagement à l’UDB et consécutivement dans ce rassemblement Europe-Ecologie Bretagne repose sur la volonté de proposer des alternatives à ce système :

 

-         Alternative au système de gouvernance centralisé qu’a adopté la France. La centralisation a vidé les territoires de leur matière grise, de leur originalité culturelle ou sociale et conduit à la monopolisation par quelques villes des bénéfices produits par tous. « Paris nous pompe » n’est pas un slogan très flatteur, mais il n’en reste pas moins vrai. Je milite au contraire pour une autonomie qui laisse la possibilité aux Bretons de décider d’une part de leur avenir eux-mêmes. Régulièrement accusé d’être féodaliste, je constate au contraire que les parlements régionaux seraient un formidable contre-pouvoir et permettraient de renforcer la démocratie remise en cause petit à petit par Nicolas Sarkozy. Lui qui se targue d’être républicain ferait bien de relire Montesquieu ! Créer des métropoles, c’est adopter un système féodal, créer l’autonomie, c’est appliquer le principe de subsidiarité.

 

-         Alternative au capitalisme qui laisse sur le côté les personnes les plus fragiles. Aujourd’hui, les acteurs politiques se contentent trop souvent d’accompagner les décisions économiques rabaissant le Politique au rang de subalterne de l’Economique. Ce suivisme et le manque d’imagination ont abouti à la situation que vous décrivez si bien dans votre courrier : polarisation des activités économiques, éloignement des jeunes des centres actifs, urbanisation insoutenable sur le littoral, désertification du centre-Bretagne, zonage de l’espace de façon arithmétique et non plus humaine, continentalisation et métropolisation à Rennes et Nantes…

 

-         Alternative au découpage technocratique du territoire français. Retrouver un rapport à notre environnement et ainsi faire coincider administration et territoire vécu me semble primordial. D’où mon engagement en faveur de la réunification de la Bretagne. L’UDB a, en 2007, proposé une alternative au découpage de « l’ouest français » : réunification des deux Normandies, réunification de la Bretagne, intégration de la Vendée (Bas-Poitou) au Poitou-Charentes et création d’une région Val de Loire. Une proposition comme une autre qui mérite au moins qu’on s’y attarde.

 

-         Alternative au tout routier. La réunification est une opportunité de réouverture sur la mer. A l’heure actuelle, aucun plan stratégique du Conseil régional n’intègre le port de Nantes-St Nazaire, administrativement… ailleurs ! Or, il est impossible de mener une politique maritime cohérente sans en tenir compte. Le cabotage, par exemple, est un serpent de mer que chaque liste ressort lors des élections. Pour quel résultat effectif ? L’idéal serait que le Conseil régional se dote d’une flotte de caboteurs et puisse enfin changer les règles du jeu car il faut être conscient qu’en adoptant la règle internationale, les ports Bretons sont condamnés. Il faut donc trouver un moyen d’associer les chargeurs routiers au transport maritime pour éviter les concurrences route-mer et enfin cesser ce jeu stupide qui consiste à adapter nos ports aux navires ! Dans quel système ubuesque vit-on ?

 

-         Alternative à l’axe ouest-est Breton. La Bretagne, région maritime, était historiquement tournée vers la mer. La concentration des pouvoirs de décisions à Paris et aujourd’hui à Bruxelles a tourné la Bretagne vers l’est et s’est accompagné du développement d’infrastructures, notamment ferroviaires, vers ces deux capitales. Résultat, il est aujourd’hui plus rapide d’aller de Lorient à Paris en train que de Lorient à Lannion ! La réhabilitation des lignes ferroviaires Nord-Sud m’apparaît donc comme une priorité du mandat à venir. Ces lignes permettraient en outre de s’insérer plus efficacement dans l’Arc Atlantique, projet politique qui ne parvient pas à s’imposer, parallèlement à la centralisation bruxelloise ou à l’élargissement à l’est de l’Union.

 

-         Alternative au productivisme agricole. En premier lieu, il faut favoriser la consommation de produits locaux, non par préférence nationale, mais bien par nécessité écologique. Notre empreinte écologique doit être la plus faible possible à l’heure où les Etats les plus riches font peser sur le monde entier un risque de catastrophe climatique majeure. Le paysan (Breton), longtemps considéré comme un plouc regagne aujourd’hui ses titres de noblesse eut égard à son utilité sociale : fixation d’une activité sur le territoire, production de qualité, emploi non délocalisable… C’est pourquoi le Conseil régional doit engager un processus de valorisation de l’agriculture soutenable et encourager les productivistes à reconvertir leur activité.

 

-         Alternative à la résidentialisation et au tourisme de masse. L’économie de villégiature a conduit au mépris du territoire et à une urbanisation complètement irraisonnée. La tempête de la semaine dernière est une preuve de plus que lutter contre les éléments est une chimère et il ne tient qu’à nous d’adapter l’urbanisme à notre environnement et pas l’inverse. Pour ne prendre qu’un exemple, on se souvient du sort du centre aquatique de Trégastel, les pieds dans l’eau, lors de la tempête de 2007. Foncier de Bretagne, l’établissement public, devrait permettre d’apporter quelques réponses à ces problèmes. Favoriser la mixité générationnelle plutôt que de laisser faire la ségrégation spatiale actuelle (taux de résidences secondaires phénoménaux dans certaines communes) permettrait sans doute d’éviter la mono-activité, celle qui « tue l’activité permanente » pour reprendre les termes de Jean Ollivro.

 

-         Alternative énergétique. La Région Bretagne doit prendre sa part de responsabilité et tenter d’enrayer le gaspillage énergétique. Pour cela, il serait utile de revoir notre rapport au transport et à la vitesse. En effet, ce que l’on a appelé « progrès » durant des décennies nous a conduit à adapter la ville à la voiture de même que s’adaptent aujourd’hui les ports aux navires. Une fuite en avant qui est digne d’une pièce de Ionesco… Les jeunes ménages sont rejetés dans les terres et alimentent des villes dortoirs dans lesquelles le travail est absent et les condamnant à se déplacer toujours plus loin. Or, l’énergie que l’on ne produit pas n’est-elle pas la moins polluante ? En parallèle d’une véritable politique énergétique, la Région Bretagne devra donc se pencher sur ces économies d’énergie : reconstitution des bocages permettant de meilleurs rendements contre le vent, vision stratégique du transport permettant des coopérations plutôt que de la concurrence, concentration et réhabilitation de l’habitat, répartition du travail sur l’ensemble des pays...

 

-         Alternative à l’uniformisation culturelle. La Bretagne est riche de ses identités et il est triste de constater que les Bretons ne s’en rendent souvent pas compte. Au folklore, nous opposons une réelle prise en compte culturelle. Réconcilier Nature et Culture n’est plus une option, mais une nécessité eut égard aux urgences écologiques, sociales et économiques que connaît notre planète. Or, les langues sont les principaux vecteurs de ce territoire : parler une langue, c’est lire un paysage !

 

Je terminerai cette lettre par un appel à l’aide. Vous n’êtes pas sans savoir que Nicolas Sarkozy prévoit une réforme des institutions qui devrait prendre effet à partir de 2014. Or, ce projet ne règle pas le mille-feuille institutionnel (puisque le département jugé inutile par de nombreux observateurs perdure). Il complexifie davantage la lisibilité politique en créant des « métropoles » aussi puissante que des Régions et même plus puisque le fait régional, eut égard au mode de scrutin, risque de n’être à l’avenir qu’un doux rêve. Or, si je suis persuadé que notre empreinte écologique doit être la plus faible possible, je crois au contraire que nous avons tous le droit d’imprimer notre empreinte culturelle sur nos territoires. La Bretagne, terre de marins et de paysans, terre de solidarités et de cultures devrait-elle être uniformisée par un Etat qui ne reconnaît la diversité culturelle qu’à des dizaines de milliers de kilomètres ? J’espère que vous nous aiderez à dénoncer ce projet réactionnaire et dangereux pour la démocratie.

 

Ma gwellañ sonjoù a hetan deoc’h.

 

Gael Briand

Candidat de la liste Europe Ecologie Bretagne.

 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 14:55

Vous trouverez ci-après le communiqué de l'UDB que j'ai co-écrit, ravi que j'étais de l'annonce du cimentier Lafarge de renoncer au projet d'extraction de sable au large de Quiberon. 

Suite au procès perdu du Peuple des dunes, malgré leur tenacité et la justesse du propos de ce collectif, on aurait pu penser la multinationale plus motivée que jamais. C'était sans compter sur l'avis défavorable du Préfet maritime.

Il est tout de même triste de constater (pour un anti-militariste comme moi) que c'est l'armée qui préserve, par sa présence, les milieux qui, sans cela, seraient urbanisés. Le combat environnemental n'est cependant pas gagné et d'ailleurs Lafarge n'a pas l'intention d'abandonner le sable marin en général. S'il investit au port de Rohu à Lanester, c'est parce qu'il a l'intention de dominer l'ensemble des marchés publics de Bretagne sud. Souvenons-nous en!


Après l’abandon contraint de Lafarge, l’UDB appelle à une cohérence dans la gestion du littoral.

 

La fédération UDB du Morbihan se félicite de l'abandon du projet d'extraction de sable marin au large de Quiberon par Lafarge et félicite le Peuple des dunes qu’elle a activement soutenu.

Nous avions raison de dénoncer "l'insoutenabilité environnementale" du projet! Les experts ont confirmé que l'extraction du sable fragiliserait le secteur dunaire qui se prolonge sous la mer, et détruirait à terme un espace dunaire remarquable encore préservé d'une urbanisation anarchique. La décision de Lafarge  fait suite à un avis défavorable donné par le Préfet maritime, jugeant plus prudent de ne pas extraire de sable sur un site utilisé par la Marine dans le cadre d'exercice de tir. Le principe de précaution a donc primé. La fédération UDB du Morbihan regrette toutefois que ces considérations aient été prises pour des raisons militaires et non environnementales.

C’est le signe que la vigilance est encore d’actualité face aux intérêts financiers qui lorgnent sur le littoral de Bretagne-sud.

De nombreux élus locaux, dont les élus de l'UDB, s'opposent à cette logique mercantile et nuancent les arguments du cimentier qui, pour justifier son implantation au port du Rohu à Lanester, estime que "la Bretagne a besoin de sable". Certes, il n'est pas question de geler les constructions neuves, mais peut-être pourrait-on en premier lieu réfléchir à de nouvelles façons d'habiter, à travailler sur les logements vacants ou encore à recycler le béton! Les collectivités qui ont soutenus le Peuple des dunes doivent affirmer leur cohérence par une diversification des matériaux et modes de construction. Les marges de manoeuvre sont énormes.

Le responsable de la fédération UDB du Morbihan,
Jean-Jacques Page.
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:45


Le Peuple des dunes contre Larfarge, ça fait deux ans que ça dure! C'est un peu comme un match de football Vannes-Lyon: tout le monde défend le petit, mais au bout du compte, c'est le gros qui l'emporte... et pourtant, j'y crois encore malgré le rejet mardi du recours déposé par le collectif d'associations à l'encontre du permis de construire du sablier du Rohu, à Lanester.

L'objectif de Lafarge est de prélever du sable au large de Quiberon, ça tout le monde le sait et pour l'instant, le permis de recherche a expiré. Le second objectif de Lafarge, c'est de trouver un pied à terre et le verdict du tribunal administratif vient de lui en donner l'occasion. C'est donc de Lanester que se réalisera le troisième objectif de Lafarge: maîtriser les appels d'offre de Bretagne sud en contrôlant l'ensemble de la chaîne (de l'extraction à la vente). Cette multinationale soi-disant écolo va inonder le marché de sable sans se soucier de savoir s'il est ou non nécessaire. 

Certains politiques disent qu'il y aura toujours besoin de sable. Ils n'ont pas tort, mais ils oublient de dire que ce sable sert à faire des routes (alors que l'on peut améliorer le recyclage et le concassage) ou des maisons individuelles perdues au milieu des champs et voraces question espace. C'est toute la problématique du logement qui est en jeu derrière, c'est aussi toute la problématique de notre littoral breton qu'il nous faut revoir si nous ne voulons pas créer une Côte d'Azur bis.

Je regrette simplement que le dossier d'accusation soit un peu fouilli (bien documenté, mais mal présenté). Trop d'asso qui n'ont rien à voir avec les faits s'engagent dans la procédure, trop de points abordés (résidents, pollution, droit d'urbanisme)... la plaidoirie est un peu nébuleuse ce qui, à mon avis, dessert le but. Les avocats des collectivités ou de Lafarge sont généralement précis.

Bon courage à vous, ô peuple des dunes! Mon soutien indéfectible. J'étais au procès pour le permis de recherche, j'étais au procès pour ce procès-ci, je serai aux prochains...

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:27
Je me suis coltiné les 130 pages du rapport Balladur, mais je dois avouer que c'était un plaisir à lire... finances locales, efficience de l'action publique, architecture territoriale, certains passages m'ont rappelé mes années en aménagement du territoire.

Hors de question de vous recopier ma synthèse qui fait tout de même huit pages, mais plutôt de vous donner quelques réflexions sur cet épais rapport dont le préambule laisse rêveur: "il est temps de décider" (sous-entendu: jusqu'à présent, nous ne l'avons pas fait).

Et bien en premier lieu, je constate que ce rapport ne décide de rien car il ne fait pas de choix clairs. Un rapport peut pourtant se permettre quelques libertés puisqu'il n'a pas vocation a être repris tel quel. Mais non, ici, point de mesures chocs comme celles d'Attali! Simplement, un rapport consensuel qui ne change finalement pas grand chose.

Toutefois, j'ai noté avec plaisir que l'idéologie jacobine en prend un coup. Aujourd'hui, la centralisation est perçue comme une perte d'efficacité tant économique que politique car cela ne répond pas aux attentes des citoyens.

Le rapport s'attache à valoriser les régions même si, en ne remettant pas en cause le département, il fait perdurer la situation d'empilement des échelons. Dommage!

J'ai aussi pu constater que la fameuse "République Une et Indivisible" était battue en brèche. Aujourd'hui, le rapport propose trois collectivités à statut particulier: Paris, outre-mer et Corse. J'en déduis donc que notre statut particulier pour la Bretagne écrit en 1999 est légitime...

Question modification des limites territoriales, le rapport a étouffé tout exemple en se déclarant incompétent, mais il préconise tout de même 15 régions au lieu des 22 actuelles (France métropolitaine). Il estime aussi que le périmètre de certaines limites territoriales sont contestables.
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